İlk 200 satır.
Plein de gens désemparés viennent me voir.
Pourquoi vous faire confiance ?
Le gouvernement n'a jamais été pro-homo.
Si vous faites une alliance
et que vous regroupez plusieurs associations,
on pourra vous avoir des fonds.
Vous donniez des préservatifs ?
Nous, prostituées, faisons la même chose.
Dans certains bordels.
C'est à toi ?
J'ai pas couché avec ton copain.
Il est sympa, mais c'est pas mon style.
C'est pas important.
Je passe tellement de temps tout seul.
Je me sentais seul.
Tu dois te détendre.
Vas-y, dis-moi comment me détendre.
Je resterai pas si on veut pas de moi.
Très bien.
Aux dernières nouvelles,
trois bébés sont décédés du sida au Queensland
après avoir reçu un don de sang du même donneur,
un homme homosexuel.
"Le sang homosexuel fait peur : mort de 3 bébés."
"Hawke est mis en cause."
"Du sang sur leurs mains."
"La crise homosexuelle."
Vous avez vu ça ? "À mort, les pervers !"
J'ai aussi "Des donneurs en liberté".
Que sait-on sur ce qui est arrivé ?
Le 1er bébé est mort en février.
- Ça fait... - Neuf mois, oui.
On l'ignorait totalement.
Un autre bébé est dans un état critique.
Dites-m'en plus.
Ils ont été transfusés avec le sang d'un même homme,
homosexuel et donneur régulier.
Il savait qu'il était malade ?
Il l'a appris il y a trois jours.
Il a eu 72 heures pour encaisser,
avant que la presse ne souhaite sa mort.
On ne doit pas en faire un enjeu politique.
Même si le timing est suspect.
Absolument.
Notre comité de liaison parlementaire doit rester uni.
Je m'en occupe.
Et le ministre de la Santé du Queensland ?
Il va connaître le fond de ma pensée.
Le comité de liaison parlementaire.
Roland.
Parti national.
À Canberra depuis longtemps.
Aimé de ses électeurs, toléré par le chef de son parti.
Vous auriez pu nous prévenir plus tôt.
Bien.
Merci à vous d'être là.
J'aimerais commencer par dire
que ce qu'il se passe au Queensland est une tragédie.
Nous avons formé ce groupe au début de la crise du sida
afin de rester unis face aux événements.
- J'espère... - Qu'en pense le Premier ministre ?
Lisa. Parti démocrate australien.
Ici pour que les salauds restent honnêtes.
Ce sont leurs mots.
Le Premier ministre est très affecté, comme nous tous,
par la mort de ces bébés.
Il se refuse à politiser cette affaire.
Il suit ses principes.
Bien.
Mais ce n'est pas tout.
David ?
Le gouvernement du Queensland a fait passer une nouvelle loi.
Deux ans de prison et jusqu'à 10 000 dollars d'amende
pour les donneurs d'un groupe à haut risque.
- "Haut risque" ? - Toxicomanes,
prostituées et homosexuels aux multiples partenaires.
- Tout le Queensland. - Attendez.
Attendez.
Pas tout le Queensland.
Le ministre de la Santé n'est pas votre allié
et j'ai lu des commentaires absurdes du Premier ministre du Queensland...
- Vous étiez au courant ? - Absolument pas.
Mon parti n'est pas devin.
Je n'apprécie guère qu'on s'adresse à moi de cette façon.
Toutes mes excuses.
Le chef de votre parti... Pas n'importe qui.
Le chef a déclaré :
"Si ce n'était pour la promotion de l'homosexualité
"comme une norme par..."
Oui, il n'aurait pas dû.
Inutile de...
Il a dit d'autres choses sur les familles "traditionnelles".
Certains de vos partisans
recommandent la peine de mort pour les homosexuels.
Oui, la perte de ces enfants a suscité un regain d'animosité
envers le Parti travailliste et les homosexuels.
Certains membres de mon parti veulent tout saboter, c'est vrai.
- Vous le direz en campagne ? - Quand on gagnera ?
On n'est pas là pour ça.
Les nourrissons morts au Queensland
et celui qui s'accroche à la vie
n'ont rien à voir avec l'homosexualité
ou avec ce qu'on aurait dû faire ou ne pas faire.
Ils ont contracté une infection.
Et nous sommes ici pour enrayer la propagation de cette infection.
Notre unique ennemi est l'infection.
Nous nous réunissons dans le respect.
Nous représentons tous les partis.
Ne laissons pas cet événement nuire à notre confiance mutuelle.
Vous êtes encore là. C'est bon signe.
Tu vis où, en ce moment ?
À St Peters.
- À deux rues de chez mes parents. - Tu rigoles ?
T'y crois ?
J'ai passé tant de temps à fuir, à prétendre être un autre.
Mais je ressemble de plus en plus à mon père.
Vous avez recollé les morceaux ?
En quelque sorte.
T'es heureux ?
Je crois que oui.
Alors...
Aux vieux amis.
Désolé d'interrompre votre rencard.
C'est pas un rencard.
D'accord. Je peux, alors ?
Mes amis disent que vous êtes médecin.
Je peux vous parler ? J'en ai pour 5 minutes.
Prends tout ton temps.
Je vais nous prendre à boire.
En général, je ne fais pas de consultation au bar,
mais comme tu es déjà là.
On m'a dit qu'il existait un test.
Il est fiable ?
Il est pas parfait, mais tu sauras
si tu as des anticorps anti-VIH dans ton sang.
Je dois le faire ?
Tu as eu des rapports non protégés ou partagé une seringue ?
- Dans ma vie ? - Ces trois dernières années.
Évidemment.
Tu es à risque.
Maintenant, je mets des capotes.
La période d'incubation peut aller jusqu'à 10 ans.
Tu pourrais l'avoir contracté à tout moment.
Tout le monde me dit de pas le faire.
À quoi ça sert de savoir si on va mourir ?
Mais tu veux savoir.
Pour le test, tu dois donner ton nom et ton adresse.
C'est la loi.
Mais je te poserai pas de question
si tu dis t'appeler Neville Wran ou Ned Kelly.
Mais demande-toi si tu es prêt à connaître le résultat
parce que s'il est positif,
tu ne pourras pas l'ignorer.
On a commencé à proposer les nouveaux tests.
Espérons que les gens voudront connaître leur statut.
Sinon, on finira comme les États-Unis.
Leur gouvernement transforme un problème gérable
en pandémie mondiale.
Tu te ferais tester ?
Je ne suis pas à haut risque.
Pas moi.
Contrairement à toi, je n'ai pas une relation monogame.
Je ne compte plus les fois où on m'a viré du Club 80 à l'aube.
J'ai pas fait le test non plus.
Non ?
Comment tu peux conseiller ce que tu ne veux pas faire ?
On compte sur moi pour rester fort.
Je suis pas sûr de le rester, si j'apprends que je suis positif.
C'est pas à moi de te dire quoi faire, mais...
je tiendrais pas.
Si je savais que j'étais à risque...
J'ai peur de perdre mes patients.
C'est pas rationnel,
mais qui voudrait d'un médecin mourant ?
Je vais passer pour un parano,
mais j'ai peur que quelqu'un tombe sur mes résultats.
Je dis aux gens de donner un faux nom.
Tu devrais suivre ton propre conseil.
Je pourrais m'appeler Oscar Wilde.
Allons chercher un sceau.
Salut ! Je prépare le petit-déjeuner.
T'as faim ? Je t'ai réveillé ?
Ça te pose problème ?
Enfin...
Tu veux que je parte ?
C'est bon.
Je mets pas de lait, que du beurre.
Attends, je vais enlever ça.
Je crois avoir vu ton travail sur un prospectus.
Des amis m'ont demandé de leur faire quelques illustrations.
Enfin, je le fais pas pour ça.
C'est un peu ma bouée de sauvetage, le dessin.
Ça se dit ? Ça m'empêche de sombrer.
- Ça se dit ? - Oui.
Parce que sinon...
Le monde a besoin de belles choses.
Mais c'est aussi un acte politique.
Ton prospectus aura plus d'impact que j'en aurai jamais.
C'est toi qui fais évoluer les choses.
Je dois faire attention à tout ce que je dis.
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