İlk 200 satır.
Mais ce n'est pas assez.
Je vais encore mendier ici dans une semaine.
Je suis sincèrement désolé, maestro.
Rome 1781
J'ai aussi ceci.
Je peux vous donner 10 ducats.
Elle vaut si peu ?
Je peux vous en donner 12. Mais seulement parce que c'est vous.
Venise 1765
Très bien. Vous vous êtes beaucoup améliorée depuis la dernière fois.
Votre musique est tellement belle.
Cela me désole de la massacrer ainsi.
Je ne la jouerai jamais comme il faut.
C'est facile pour vous.
Vous êtes né un violon dans les mains.
Non.
Mon père ne voulait pas que l’on devienne musiciens.
Ni moi, ni mon frère.
Reprenez…
depuis là.
Vous avez un frère ?
Un frère jumeau.
Il est aussi grand que vous ?
Oui.
Vous êtes tous aussi grands dans votre patrie ?
Même les femmes ?
Seulement nous deux.
Reprenons, s'il vous plaît.
Quel plaisir de vous voir.
Vous êtes si belle ce soir.
"Qui sait ?"
« Dans le ciel. »
Je dois entendre clairement “ciel”.
Sois tranquille. Tu parles déjà très bien.
Tu es doué, tu es un très bon compositeur.
Le récitatif est difficile pour tous les étrangers.
« La justice du Ciel descendra sur la Terre. »
« Je veux que le monde découvre
que c’est un traître. »
C'est merveilleux. Gracieux. Les chanteurs adoreront.
Chaque chanteur est unique. Il faut utiliser ses vertus et ses défauts,
et favoriser le meilleur en lui.
Sans l’écraser par l’effort technique.
Mais je pense que seule une voix qui s'approche de l'impossible,
de l'incroyable,
peut incarner une déesse, un dieu,
des personnages surhumains.
Les sentiments les plus puissants.
Fais attention. Ne joue pas avec le feu.
Monsieur Werner, excusez-moi…
A propos du loyer…
Je suis très embarrassé…
Monsieur Myslivecek, vous êtes un homme instruit, poli et honnête.
Vous ne pouvez pas vivre comme ça.
Vous devriez devenir commerçant. Vous serez riche et respecté.
Tu attends quelqu'un ?
Josef.
Bonjour.
Je voulais vous remercier pour vos leçons.
Venez écouter la Gabrielli avec moi.
Tout Venise ne parle que d'elle.
- Ce soir ? - Oui.
Mon père est invité ailleurs, notre loge à l’opéra est libre.
Avec plaisir.
Papa ?
Bonsoir, Monsieur Rezzi.
Je n'ai pas pu résister à l'invitation de votre père.
N’ayez pas peur, je ne resterai pas longtemps.
Je suis toujours en deuil.
- Je vous laisse, messieurs. - Non. Restez.
N'est-ce pas, papa ?
Bien sûr.
Merci de m'avoir permis d'écouter la Gabrielli.
Vous permettez ?
Quelle catin et quel incroyable talent !
Et dire que tout Venise s'extasie devant ces femmes sans valeur.
Mon Dieu, je te le demande.
Je t’en prie :
permets-moi de devenir musicien.
Aide-moi à atteindre mon but.
Je te célébrerai avec ma musique.
Excellent.
Seulement…
Parfois, il est préférable de faire quelques erreurs,
mais de laisser parler ses émotions.
La peur des erreurs conduit à la rigidité.
Jouez tout simplement avec le cœur.
Ce matin, près de Saint -Marc, j’ai visité un appartement très confortable.
Il serait parfait pour vous.
Vous pourriez vous y concentrer sur votre art.
Vous êtes très aimable.
Mais je ne crois pas que je puisse me le permettre.
Là où je vis, je ne paie pas cher.
- Bonsoir, Giuseppe. - Bonsoir.
Êtes-vous bien installé ?
Oui.
J’ignore comment vous remercier.
Je vous rembourserai tout.
Dès que je pourrai.
Vous vous plaisez ici ?
Oui, beaucoup.
Moi aussi, j’ai un rêve.
J'aimerais écrire un libretto.
Je sais. Je suis une femme.
Pourriez-vous nous imaginer écrire un opéra ensemble ?
J'écrirais le livret et vous m'aideriez à trouver les mots justes.
Je dois vous demander une chose d’urgence, Giuseppe.
Cela ne peut attendre.
Dites-moi.
Je vous suis redevable.
Vous l’avez compris : ils veulent me marier avec le vieux en deuil.
Le noble Falier.
Seulement parce qu'il est riche et le cousin du doge.
Je ne lui donnerai jamais mon innocence.
Excusez-moi !
Que signifie "chamaille" ?
Cela veut dire une dispute.
Une petite escarmouche.
- Ah. Une querelle. - Voilà.
Bonsoir, Monsieur le Masque. Voulez-vous vous joindre à nous ?
Bonsoir, chers Masques.
Ce serait un plaisir, mais je ne joue pas.
Sérieusement ?
Bonsoir.
Ces dames là-bas ; regardez leur démarche, leur attitude.
Gracieuses. Magnifiques.
Des nobles, sans doute. Par contre ce duo-là, le voyez-vous ?
Vous pouvez les avoir toutes les deux pour quatre sous.
Monsieur le Masque, veuillez me suivre.
Je vous en prie.
Monsieur est de passage à Venise et ne vient pas me voir ?
Se cache-t-il ?
A t-il des doutes ? Ou peur ? Se sent-il coupable ?
Allez !
Monsieur… !
Je suis mortifiée.
Je suis désolée… C'est de ma faute.
Melchior, tu es un âne. Où es ta tête ?
Ce n’est pas possible.
Raccompagne ce monsieur immédiatement.
À peine arrivé et déjà dois-je repartir ?
Puis-je au moins savoir avec qui je fus confondu ?
Vous êtes bien indiscret.
Est-ce un trait de caractère allemand ?
- Vous êtes allemand, n'est-ce pas ? - Pas tout à fait.
Mais vous avez raison. Je suis un étranger.
Un musicien qui voudrait vivre et travailler ici.
Vous avez effectivement de nobles mains.
Intelligentes.
Avez-vous une amante ?
Oui.
Riche ? Belle ?
Pas autant que vous.
Quel âge a-t-elle ?
Mon Dieu.
Que vais-je faire de vous ?
Je l’avoue, je suis indécise.
Dès l’enfance, on nous incite à nous méfier de la raison.
Mais j'ai toujours pensé que ce qui séparait la vérité du mensonge,
n'était qu'un voile. Et afin de préserver ce voile,
il était nécessaire de croire à ce que disent les prêtres
qui nous maintiennent dans l’obéissance.
C’est comme cela que je me suis mariée.
Je ne l’ai jamais aimé.
Puis j'ai rencontré un homme qui m'a appris à penser
et à vivre.
J'ai arraché ce voile.
Et c’est comme ça que j’ai commencé à aimer profondément Dieu et la vie.
Je ne peux pas empêcher votre mariage.
Vous pourriez, bien sûr.
Si seulement vous me vouliez.
Mon père devrait se plier à ma volonté si seulement vous me désiriez pour de vrai.
Je serais rejetée jusqu’à la mort par lui et par la société.
Mais si vous m'aimiez, leur opinion ne signifierait rien à mes yeux.
Je pourrais leur tenir tête, être fière de nous, de moi-même.
Il suffirait d’attendre que vous deveniez célèbre.
Je vous en prie…
Ne me quittez pas.
Aimez-moi.
Personne ne vous aimera jamais autant que moi.
Je vous rendrai heureux. Je le sais. Je vous donnerai tout.
Le voilà ! Giuseppe Mizlicece.
Myslivecek.
Je suis désolée. J’écorche toujours votre nom, mon cher ami.
Aucune importance, il est imprononçable.
C’est un musicien très talentueux.
Je vous présente le célèbre impresario Orfeo Crispi.
Qui est, comme vous le savez, une grande figure de notre vie musicale.
Monsieur Crispi.
J’aurais préféré d’abord vous serrer la main.
Le Parnasse confus.
C'est de Métastase. Tout nouveau.
Le Maestro Gluck l'a laissé chanter à Vienne aux enfants de l'Impératrice.
C'est un petit opéra, une sérénade.
J'ai écrit ma version pour m'exercer.
Qu'est-ce qui vous amène à Venise ?
Le désir de me perfectionner chez Maestro Pescetti.
- Vous le connaissez ? - Bien sûr. Je l’apprécie beaucoup.
J'ai entendu son Ezio au théâtre italien de Prague.
Une vive émotion.
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