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Big Maeck Gangsters and Gold 2023 720p WEB h264-EDITH
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France : Lucas Saïdi

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720p
720
Yayınlandı: 2023-03-30
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French altyazı önizlemesi

İlk 200 satır.

Allô ?

Oui ? Big Mäck ?

Mais oui ! Incroyable !

Salut, Falko !

Salut, Big Mäck.

- Mon pote… - Ça fait plaisir.

Tu n'imagines pas à quel point je suis ravi.

- Je… - Pourquoi ont-ils dit que tu étais mort ?

Qui t'a dit que j'étais mort ?

Les gars de la prison.

Quoi ?

Tu sais combien de lettres j'ai envoyées ?

- Des télégrammes, et tout ! - Je n'ai rien reçu.

J'ai commencé par Facebook, je voulais savoir où tu étais.

- Rien. Rien du tout, je n'ai rien trouvé. - Je vois.

Tu sais bien que je n'aurais jamais coupé les ponts.

Ils sont en train de tourner un documentaire pour Netflix.

Super.

Oui, j'ai toujours été un battant.

Ça va pour de vrai, Big Mäck ?

Je vais vous raconter une histoire hypothétique.

Purement hypothétique. Rien à voir avec moi.

Parfois, la vie dépasse les films hollywoodiens.

J'étais promis à une brillante carrière.

Donald est fascinant dès qu'il s'agit de captiver les gens.

Complètement légal.

Deux braquages, à 20 ans d'écart,

où Donald Stellwag aurait été impliqué.

Il a toujours eu un côté voyou.

Ça arrive une fois ? D'accord, c'est bizarre.

Des mensonges, à 100 %.

Mais deux fois, ça devient très étrange.

Purement hypothétique.

BIG MÄCK BRAQUAGES ET MICMAC

Cela ne vous étonne pas

d'avoir vécu deux événements pareils dans votre vie ?

Pas du tout.

Du tout.

BANQUE SPARKASSE

PREMIER BRAQUAGE

NUREMBERG 19 DÉCEMBRE 1991

Soixante-dix, quatre-vingts, quatre-vingt-dix…

C'était l'après-midi, vers 15h30.

- Votre petite-fille sera ravie. - J'espère !

Et bonjour à votre femme.

Il est entré. Il était grand. Gros.

Chapeau, long manteau, écharpe, lunettes.

Soudain, il a sorti son arme. Il m'a dit : "L'argent, ici. Vite !"

- Plus vite, plus vite. - Je me dépêche.

Il a aussi menacé les clients et mes collègues.

Voilà, ici.

J'ai ouvert la caisse.

Les francs suisses, la monnaie italienne… Je lui ai tout donné.

Allez, allez !

Il y en avait pour 54 000 Deutschmarks.

Donnez-moi ça.

Téléphone.

J'étais devant, je l'attendais. Il avait dit qu'il revenait.

J'ignorais ce qui se passait dans la banque.

Il est monté et m'a dit de partir.

Je suis partie.

Démarrez !

J'allais tourner à droite au bout de la rue.

C'était à sens unique. Mais…

À gauche !

Il avait une arme à la main.

À 20 cm de ma tête. Puis il a dit…

À gauche, ou je te bute !

J'ai donc pris l'autre rue, à contresens.

- Plus vite ! - J'ai même grillé un feu.

On s'en fout, roule. Allez !

Il a fini par descendre, et il a disparu.

Bien sûr que je me souviens de son allure. Très grand, un bon 1,90 m.

Environ 35 ans, et très costaud.

J'ai rencontré M. Stellwag il y a bientôt 30 ans.

Il s'était rendu dans le cabinet où je travaillais à l'époque.

Je m'en souviens. Il a sorti 500 Deutschmarks.

Il les a fourrés dans ma main et m'a dit

que la police le cherchait, qu'il y avait un malentendu.

AFFAIRE XY

À la fin de notre émission, nous vous remontrerons des photos

prises par les caméras automatiques lors de ces braquages.

En décembre 1991,

cet homme a braqué une agence Sparkasse de Nuremberg.

POLICE CRIMINELLE DE NUREMBERG

Voilà le début de notre histoire.

Description du suspect : entre 35 et 40 ans,

très grand, au moins 1,95 m, et passablement obèse.

Il a braqué une banque et…

Un policier l'a reconnu dans Affaire XY, il a alors appelé et dit :

"C'est Stellwag, je le connais."

Poursuivi pour braquage ? Ça ne pouvait pas être moi.

D'ailleurs, un braquage, un meurtre, peu importe.

Je n'avais pas peur.

Car je savais que je n'avais rien fait.

Ça avait l'air assez anodin.

"Allez au commissariat, et réglez ce malentendu.

"Je n'ai rien fait de mal."

Mes clients le disent souvent lorsqu'il faut aller au tribunal.

"Mais c'est impossible, je suis innocent."

Il m'avait l'air très calme.

Il faut alors réussir à lire la personne.

On lui parle pour la deviner. Il m'a dit que ce jour-là,

il était malade, donc rien à voir avec tout ça.

On y est allés.

Ils nous ont montré une partie du dossier, notamment cette photo.

Je l'ai reconnu au premier coup d'œil.

Je me suis alors dit : "Ça ne sent pas bon…"

La photo était floue, mais difficile de nier que ça lui ressemblait beaucoup.

Rien que la corpulence.

Et il a donc été officiellement accusé.

Je m'en souviens encore. L'inspecteur de police nous a dit :

"Braquage de banque avec otages. En plein Nuremberg."

J'ai répondu : "Mais je dois faire quoi ?"

Je savais que je n'étais même pas à Nuremberg ce jour-là.

Braquer une banque est un crime. 5 ans de prison, minimum.

Tu ne repars pas comme ça.

Même si ça peut te léser, même si tu as un travail,

une femme, des enfants, tu ne repars pas.

Tant qu'ils ne sont pas sûrs que c'est toi ou pas.

Quoi que tu dises.

Donald a répété que ce n'était pas lui, qu'il avait un alibi.

Il a dû se creuser les méninges pour se rappeler où il était.

Et le policier, qui était un inspecteur,

il a cru Donald. C'est l'impression que j'ai eue.

Il a dit : "Faisons une identification. Vous êtes d'accord ?"

J'ai répondu : "Bien sûr."

Imaginez-vous la scène.

La pièce est vide,

avec une immense vitre,

et j'attends là.

Mais aucun autre grand, aucun gros, n'arrive.

Il n'y en a qu'un. Je suis tout seul.

Six ou sept personnes arrivent, des clients de la banque.

Vous imaginez leur réponse ?

"Il est grand, il est gros. C'est lui."

16 personnes ont dit que j'étais le coupable.

J'étais K.-O. debout.

Je me suis dit : "C'est comme dans les films d'horreur."

L'inspecteur a alors demandé l'analyse d'un expert.

C'est ce qu'on appelle un rapport anthropologique.

Pour déterminer si la personne sur les photos est identique

au coupable présumé, Donald.

Ce sont des expertises assez fréquentes lorsque quelqu'un grille un feu,

ou se fait flasher par un radar et affirme que ce n'est pas lui.

On a donc pris des photos.

Ensuite, l'expert a comparé ces photos aux images des caméras.

Voyons ce que je peux en tirer.

DR CORNELIUS S. EXPERT DE L'AFFAIRE DONALD STELLWAG

L'expert est assez controversé dans le milieu.

Il a plutôt mauvaise réputation.

L'expert de l'affaire refuse encore de s'exprimer.

Il n'a pas répondu à nos sollicitations. Mais un de ses collègues nous a reçus.

Si l'on se fie à la littérature anthropologique,

on a entre 250 et 280 caractéristiques rien que pour la tête.

Dès qu'il faut analyser le visage d'une personne,

dans un cadre judiciaire, on entre en jeu.

L'expert doit présenter ses conclusions

avec des termes simples et clairs.

Et ensuite, donner un ordre de probabilité

quant à la certitude de ses conclusions.

Et l'expert avait fait un bon travail de superposition d'images.

Il avait toute une série

de très bons clichés du braqueur.

Et avec ces images mises côte à côte,

c'était très facile à comparer.

L'attente nous maintenait en haleine.

Parce que pour nous, cet expert était la porte de la liberté.

Mais il a dit : "Je ne peux pas exclure cette piste."

C'est devenu l'affaire de l'oreille. Son oreille a été décisive

parce qu'on la voyait bien sur la photo.

Il paraissait clair que Donald resterait un bon moment en détention provisoire.

Chaque semaine, chaque jour était un enfer.

J'étais à la merci du système judiciaire.

Et encaisser ça mentalement, ça a été une épreuve.

J'ai passé presque deux ans en détention provisoire.

Ça a été une sale période pour moi.

C'était long, très long.

Ce serait impensable aujourd'hui.

D'autant que rien ne s'est passé.

Rien du tout. Aucune avancée.

Puis il y a eu le procès.

PALAIS DE JUSTICE

25 JANVIER 1994 DÉBUT DU PROCÈS

Cinq juges ont pris place.

Trois juges professionnels et deux juges citoyens.

J'ai appris deux semaines à l'avance que le procès allait débuter.

L'affaire de l'oreille, évidemment,

c'était une super accroche pour le journal.

Des collègues chevronnés n'en avaient pas eu vent.

Moi, je voulais naturellement savoir s'il était vraiment possible

de condamner un coupable avec ce genre de rapport d'expertise.

Il n'y avait rien qui incrimine Donald dans les…

Dans les alentours de la banque. Rien du tout.

Pas de preuves, pas d'indices. Rien.

Les preuves, au contraire, appuyaient son innocence.

Sur la photo, le braqueur n'avait pas de gants.

Pourquoi, alors, n'y avait-il pas d'empreintes ?

Ils avaient trouvé des empreintes, mais pas celles de Donald.

En voyant ça, vous vous dites que ça cloche.

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