İlk 200 satır.
- J'ai fini ? - D'accord, mais rejoue-moi la fin.
Oui.
- Ça allait mieux, madame ? - Aujourd'hui, oui.
- Quand puis-je revenir ? - Mais vous ne deviez pas partir ?
- Papa dit que Paris est tranquille. - Alors, après-demain.
- A 16h. - Bien, au revoir.
Salut, Edith. Salue ta maman !
- Oui, merci. Bonsoir, madame. - Et va tout de suite à la maison !
Au revoir !
Allô ?
Comment allez-vous, madame ?
Elle est à peine sortie.
Je peux essayer, mais elle est toujours pressée !
Oui, j'y vais tout de suite !
Non, madame.
Allô ? Allô ?
Reste ici, petite. N'y va pas !
Maman !
Edith ! Ma fille ! Pour l'amour de Dieu !
Donnez-moi ça.
A gauche !
A droite !
A gauche !
- Non ! Maman ! - Edith !
- Edith ! - Oui ?
- Demain, ils nous tueront tous ! - Comment le sais-tu ?
Je les ai entendus. Je connais l'allemand.
Ils tuent tous les enfants et les vieux.
- Deux SS l'ont dit. - Si je pouvais revoir mes parents !
Mais où ?
Silence ! Vous verrez maman demain !
Silence, j'ai dit ! Ça suffit !
Fuyons, Pierre ! Fuyons !
Mais où ?
Je veux revoir mon père et ma mère.
La porte est ouverte. Viens, Pierre, allons-nous-en.
C'est inutile !
Tiens-le !
Adieu, Pierre.
Et toi, qui es-tu ? Où vas-tu ?
- Laissez-moi entrer. - Où ? Ici ?
- Ils veulent me tuer ! - Tais-toi, imbécile !
- Tu es Juive ? - Oui.
Et alors ?
Tu n'en as plus besoin, maintenant.
Allez, viens avec moi, on pourrait s'être utiles.
Dépêche-toi !
Qu'y a-t-il, Sofia ?
Je t'ai amené celle-ci. Elle est arrivée cette nuit.
Elle est Juive. Sélectionnée pour le gaz.
Mais elle n'est pas encore fichée.
D'accord, Sofia. Va, maintenant.
- Tu ne me donnes rien ? - Je n'ai même pas un bout de pain.
- Alors un peu d'alcool. - Non, ça te fait du mal.
- Je m'en fiche ! - Tu es malade, Sofia.
- Une prochaine fois. - Quand ? Je pars demain.
Mon bloc part pour un camp de travail.
Salut, docteur.
On dit que c'est un bon camp. Essaie de la caser dans le convoi.
Rappelle-toi, bloc 12. Salut.
- Quel âge as-tu ? - Quatorze.
- Tu es seule ici ? - Non, il y a aussi mes parents.
Mais ils nous ont séparés.
Attends un moment.
Tu as de la chance.
Si aucune n'était morte cette nuit, je n'aurais pas pu t'aider.
Déshabille-toi, maintenant. Allez, vite !
Déshabille-toi... complètement.
Si tu ne veux pas être repérée.
Dépêche-toi !
Mets ça.
Allez !
Comme tu veux.
Mais si tu veux vivre, tu dois mettre cette blouse.
On a peu de temps !
Allez, vite !
Ce triangle noir, c'est pour les criminels.
Les prisonniers politiques ont le rouge, comme moi.
Les Juifs, une étoile jaune.
Mais les triangles noirs sont mieux traités que les autres.
Tu comprends ?
C'est parmi eux qu'on choisit les gardiens du camp.
On les appelle "Kapo".
Méfie-toi des Kapo !
Ce sont des salauds. Ils ont droit de vie ou de mort.
Mais avec ton triangle noir, tu as plus de chances de t'en sortir.
Tu prends la place d'une voleuse.
Je ne l'ai pas encore dénoncée, elle s'appelait Nicole.
Numéro 10.099.
Tu t'appelles Nicole, maintenant. Compris ?
N'oublie pas !
Alors ? Comment t'appelles-tu ?
- Nicole. - Nicole Niépou.
Nicole Niépou.
Numéro 10.099. En allemand, ça se dit...
Souviens-t'en !
Ne le montre pas au début, attends que ça cicatrise.
Je vais voir si je te trouve une baraque.
Mais pas celle de Nicole, ils te découvriraient.
Maman !
Papa !
Tu dois vivre, Nicole. Pense uniquement à vivre...
à vivre et à rien d'autre. Viens.
Je t'ai fait assigner au bloc 12.
C'est celui de Sofia, celle qui t'a amenée ici.
Bloc 12. Tu as compris ? Le numéro est sur la baraque.
Tu pars demain pour un camp.
Tu seras mieux qu'ici. Nul ne te reconnaîtra.
Tu t'appelles Nicole. Ne l'oublie jamais.
Si on t'interroge, dis que tu étais à l'infirmerie.
Tu n'es plus une Juive. Tu as compris ?
Tu m'entends Nicole ?
Allez, allez !
C'est à toi, ma fille. Tâche de vivre.
Bonne chance. Bonne chance. Vas-y !
Tiens. Si tu mâches bien, ça ressemble à du pain. Essaie.
N'y pense pas, petite ! Laisse tomber !
Ici, on oublie tout, à part le froid et la faim.
Le reste n'existe pas.
- Ce n'est pas ainsi, peut-être ? - Non, je ne pense pas.
- Depuis quand tu es là ? - Six mois.
Alors, on en reparlera dans un an, si tu es encore en vie.
Crois-moi, ma petite... Ici, la plus propre a la gale.
Que vois-tu, Isabella ?
- Rien. Des bois. - Des bois de quoi ?
Je ne sais pas... On dirait des chênes.
Alors, c'est toujours cette saleté d'Allemagne !
J'échange une cigarette contre un bout de pain.
Mais où trouves-tu tout cela ?
Ce n'est pas vrai, tu sais.
Il y a une chose qu'on ne peut pas nous arracher...
notre dignité.
J'en suis sûre !
Qu'as-tu ?
Tu te sens mal ?
Pleure...
Il s'est de nouveau arrêté. Regarde un peu.
Qu'est-ce qu'on voit ?
Une gare. Mais il n'y a rien d'écrit.
- Ils ne parlent pas allemand. - Non ?
- Tu n'entends pas ? - C'est peut-être la France.
Ça te plairait !
Pologne !
Polska...
Tu as des nouvelles de Varsovie ? Comment vont-ils ?
Mieux que toi, ma fille !
Bonne chance !
D'où venez-vous ?
D'où venez-vous ?
Nicole.
J'ai tout de suite compris que tu étais une bonne fille.
Malgré ton triangle noir.
Qui t'a fait partir avec nous ? Le docteur, hein ?
C'est un brave homme. Il en a sauvées d'autres.
Tu es Juive, n'est-ce pas ?
Non, je ne suis pas Juive.
Il y a combien de prisonnières politiques ?
Cinquante pour cent.
Mais méfie-toi,
elles sont presque toutes ici depuis deux ans.
- Elles ont trahi ? - Elles se sont adaptées.
Il y en a une qui est même devenue Kapo, celle du bloc 10.
C'était une bonne partisane. Et peu à peu...
Dis... Moi, je parle bien l'allemand.
Cela pourrait me servir ?
Probablement.
S'ils te prennent comme interprète,
tu pourrais être utile pour beaucoup de choses.
A la fin, c'est beaucoup mieux ici qu'à Auschwitz.
Oui, on dort mieux, on mange mieux...
Tu l'as vu, ils veulent un rendement maximum.
C'est dans leur intérêt, évidemment.
Mais il y a le cauchemar de la sélection.
Ici aussi ?
Oui. Tous les quatre mois, le médecin SS fait une visite.
Les plus vieilles
et les plus maigres, ils les renvoient.
Il suffit d'une plaie pour qu'ils te remplacent.
Vous êtes arrivées à la place de cent autres.
Où sont-elles ?
On ne sait pas.
Mais tu peux en être sûre...
dans un endroit où il y a une chambre à gaz !
Qu'est-ce que tu as, idiote ?
Je ne veux pas mourir !
Empotée ! Regarde où tu marches !
Bonne à rien !
Je t'apprendrai à laisser le travail ! Je vais te réchauffer, moi !
Quinze jours d'isolement.
Salut, Carol.
Qu'est-ce que tu as dit ?
- Mais de quelle race es-tu ? - Russe, elle est à peine arrivée.
Elle est un peu...
Anna, l'Armée Rouge va-t-elle arriver ?
Interprète !
Bravo Nicole, ils t'ont relâchée. Je n'y croyais pas.
Ils t'ont encore battue ?
Ecoutez bien ! La Kapo a dit...
Qui a pris ma pomme de terre ?
Rends-la Nicole, c'est la mienne.
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