İlk 200 satır.
CAPITAINE KING
Inde - 1857- La centième année de la domination britannique...
Sonnez l'alarme !
Abritez-vous derrière les chariots sous la corniche !
Caporal ! Répétez l'ordre à la fin de la colonne ! Tous les chariots sous la corniche !
Feu roulant en ligne !
Espacez les tirs !
Cessez le feu.
Sergent, prenez la première section et ratissez les collines !
Vous semblez avoir fait une mauvaise rencontre, Capitaine King.
Lieutenant Heath de la garnison de Peshawar. Je suis venu vous escorter.
- Je suis ravi que vous soyez arrivé à temps, Mr Heath. - Moi aussi.
Le général Maitland attend avec impatience ces chariots.
Caporal, allez chercher l'Afridi.
Vous avez fait un prisonnier ?
Non. Il est venu des collines nous prévenir de l'attaque.
Vous avez eu la chance du débutant, si je peux me permettre, Monsieur.
Il pouvait très bien vous attirer dans l'embuscade au lieu de venir à votre secours.
Le genre de perfidie que vous apprendrez à redouter de la part des indigènes, avec le temps.
Et les indigènes qui portent l'uniforme britannique, Monsieur Heath ?
Ils sont juste mieux habillés. Entre nous, ils ne changent pas de couleur en s'enrôlant.
Ils sont tous frères de race.
- Je tâcherai de m'en souvenir, Mr Heath. - Pardon, Monsieur. Le voilà.
Tu as sauvé nos vies. Nous te sommes très reconnaissants.
- Comment t'appelles-tu ? - Nous l'interrogerons plus tard.
Il dit se nommer Ahmed. Il a déserté et quitté les forces qui nous ont attaqués.
Un groupe mené par un fanatique appelé Kurram Khan.
Oui, c'est bien le style de Kurram Khan. Ce chien de meute s'en est pris à nous récemment.
Il opère depuis Jethri, un endroit situé après la passe de Khyber.
Très difficile à atteindre. Nous avons essayé deux fois et nous n'y sommes même pas parvenus.
Il va nous accompagner jusqu'à la garnison.
Vous maîtrisez bien leur dialecte. Déjà servi sur la Frontière ?
Non, Mr Heath. Jamais.
- Cela vous ennuierait-il de nous aider ? - Non, bien sûr que non !
- Du calme, Morning Boy, du calme. - Le général est très en colère.
Lali, il fait trop chaud pour un sermon.
Il vaut mieux un sermon que des funérailles.
Pal-Singh, étrille-le ! Qu'il ait une double ration de tourteaux, bien méritée !
- Sergent, arrêtez la colonne ! - Colonne, à gauche, gauche !
Nous allons nous charger de la colonne, Monsieur. Le Général vous attend.
J'ai trois blessés, dont l'un très grave.
Vos instructions, Monsieur.
- Le quartier général est par là, Monsieur. - Merci.
À mon avis, cette attaque annonce un plus grand soulèvement.
À Peshawar, les mollahs enflamment déjà les masses.
Ahmed dit qu'ils pensent nous attaquer durant ce qu'ils appellent...
"La Nuit des Longs Couteaux".
Les mollahs ? S'ils s'en mêlent, ce sera la guerre sainte.
Pourquoi nous a-t-il apporté ces informations ?
Il y a une semaine, son frère a osé critiquer Karram Khan.
On lui a arraché la langue et il a été écorché vif.
Pour le venger, Ahmed demande à s'enrôler et à rejoindre ses cousins...
dans les Fusiliers de Khyber.
Mr White, vérifiez ses déclarations et faites-lui prêter serment.
Nous avons entendu beaucoup de rumeurs comme celle-là récemment, Capitaine King.
Vous êtes passé par Delhi. On y parle de cette "Nuit des Longs Couteaux" ?
Mon Général, il y a des rumeurs de soulèvement dans toute l'Inde.
Mais rien d'aussi précis que ce dont nous a parlé Ahmed.
- Mr Heath ? - Monsieur. - Trouvez un logement au Capitaine King.
Il y a une chambre dans mon bungalow, Monsieur. Inoccupée depuis la mort du Capitaine Walsh.
Ce sera tout, Messieurs.
Un type très bien, Walsh. Je ne sais pas si vous l'avez connu.
De bonnes nouvelles du QG, pour une fois. Ils ont obtenu le nouveau fusil,...
l'Enfield, qui permet de tirer deux fois plus loin qu'avant.
Ils nous en feront parvenir le mois prochain.
Si le rapport du Capitaine King est exact, le plus tôt sera le mieux.
Au fait, vous n'avez rien remarqué chez lui, quelque chose d'étrange ?
D'étrange ? Non, rien. À part sa parfaite maîtrise du pachtoune.
Meilleure que la mienne, après toutes ces années.
Faites-moi voir ses états de service.
Punkawallah ! Secoue-toi, fainéant !
Si je te reprends à dormir, tu retourneras mendier.
- Certain de ne pas en vouloir un ? - Non, merci.
Elle est longue et poussiéreuse, la route de Peshawar !
Allons, on a tout de même moins chaud pendant un moment.
- Un verre, Baird ? - Et comment ! Merci, mon vieux.
Pas trop d'eau. Garde-la pour un usage externe.
À propos, Capitaine King, avec votre arrivée, il va falloir revoir les horaires des bains.
Prenez-en au moins trois par jour dans ce maudit climat.
Je suis sûr que nous allons nous arranger, Mr Baird.
Qu'est-ce qui vous attire donc à Peshawar ?
Ce ne serait pas une jolie danseuse ?
Dans ce cas, la danseuse est en fait un vieil homme de 70 ans.
Il m'a élevé après la mort de mes parents. Merci.
Oh, alors, vous êtes déjà venu dans cette partie du monde ?
- J'y suis né. - Ah, c'est ça. Vous m'intriguiez depuis un moment.
Vous entendez, Baird ? Nous cohabitons avec un indigène.
- Salam, Capitaine Sahib... - Au fait, soyez de retour avant le crépuscule.
- Les portes sont closes, après. - Il y a tout le temps.
- Peste ! Puis-je ? - Oui.
Regardez ça. C'est une montre magnifique.
- Votre père ? - Oui.
Major au 3ème Lanciers. Tué avec sa garnison pendant la rébellion en 1833.
On m'a dit que ç'avait été plutôt dur.
- Ma mère. - Oui. Elle... est très belle.
Merci. Les musulmanes le sont souvent.
- Bienvenue, Capitaine Sahib. - Bonjour.
Si le Capitaine Sahib est venu parce qu'il a entendu certaines rumeurs...
au sujet de mon établissement, je l'assure que ce sont des mensonges répandus par mes ennemis.
Comme il peut le voir, ce ne n'est rien de plus qu'un lieu de repos pour le voyageur fatigué.
Non. Je ne cherche qu'à savoir ce qu'est devenu Ahmed Bahra qui a vécu ici à une époque.
Le marchand de soie. Il habitait ici avec son fils, Hassan.
C'était il y a des années, Capitaine Sahib.
Que lui est-il arrivé ? Est-il en vie ?
Les hommes comme Ahmed Bahra ne meurent pas facilement.
Où puis-je le trouver ?
Le lieu où vit un dévot de la vraie foi n'est pas un secret.
- C'est un saint homme ? - Chaque homme doit trouver sa voie, Capitaine Sahib.
Vous le trouverez à la mosquée de la colline, derrière le bazar.
Merci.
- Que dit-il ? - Il parle d'une prophétie.
Les Anglais doivent dominer l'Inde pendant cent ans, pas plus.
Cette année est la centième.
Bientôt, la "Nuit des Longs Couteaux" purifiera cette terre.
La mort s'abattra sur tous les infidèles...
comme les oiseaux qu'il appelle s'abattent du haut du ciel.
- Comment fait-il cela ? - Qui sait ?
J'ai vu les mollahs changer les esprits des hommes,...
pourquoi pas le vol des oiseaux ?
- Ne restez pas ici. Trop dangereux. Où habitez-vous ? - Au cantonnement de la garnison.
Retournez-y tout de suite.
- Un moment... - Faites ce que je dis.
- Vous avez retrouvé l'homme que vous cherchiez ? - Oui. Oui, merci.
Vous prenez un verre ?
Vous ne pensez pas que vous êtes un peu trop généreux avec la bouteille de Mr Heath ?
Il l'a laissée. Dites-moi quand je dois arrêter.
- Laissée ? - En cadeau d'adieu.
Il a déménagé chez ses camarades. Pas d'esprit d'équipe, des mots durs.
Cette sorte de choses.
De toute façon, ça simplifie le problème des bains.
J'apprécie votre geste, Mr Baird.
Mais ne vous sentez pas obligé de rester.
Je préférerais, si ça ne vous gêne pas.
Après tout, nous autres métis devons nous entraider.
Vous ne saviez pas ? Ma mère est irlandaise.
Ça ne devait être qu'une expédition au bazar...
et c'est devenu l'après-midi la plus excitante de ma vie.
Très hindoue. Parfaitement lugubre. Tenez, Geoffrey.
Continuez. Ne me faites pas languir. Que s'est-il passé ?
Voilà, nous étions entourées d'une foule nombreuse et menaçante.
Face à nous, un mollah au regard terrifiant annonçait la mort de tous les infidèles,...
les oiseaux s'abattant du haut du ciel à son appel.
Je ne sais pas ce qui serait arrivé si le Capitaine King n'était pas apparu.
C'était stupéfiant, la façon dont il leur parlait et comment ils l'écoutaient !
- Rien d'étonnant à cela. - Pourquoi dites-vous ça, Geoffrey ?
- Il est des leurs. - Un indigène ?
Presque. Il est métis. Né ici, à Peshawar. Sa mère était une musulmane.
Je savais qu'il avait quelque chose de différent.
Je comprends votre surprise. J'étais intrigué aussi avant de voir les photographies de ses parents.
- Un beau couple, je dois dire. - Bonsoir.
- Bonsoir, Père. - Bonsoir, Monsieur.
- Dois-je mourir de soif, Susan ? - Bien sûr que non, Père.
J'ai cru comprendre que vous aviez déménagé, Monsieur Heath.
- Il n'était pas confortable ? - Ce n'est pas ça, Monsieur.
Vous ne vous étiez pas plaint de votre logement durant l'année écoulée.
Jusqu'à aujourd'hui, je n'avais aucune raison de me plaindre. Vous voyez ce que je veux dire.
- Oui, je crois que oui. - Je ne pensais pas que vous vous en soucieriez.
- Voilà ton verre, Père. - Merci, ma chérie.
À propos, Mr Heath, je m'en soucie.
Rappelez-vous que, dans cette garnison, tous, qu'ils soient blancs, métis...
ou indigènes sont des soldats britanniques qui doivent être traités en conséquence.
J'ai compris, Monsieur.
Général Sahib, le Capitaine King.
- Bonsoir, King. - Général Maitland.
- Mlle Maitland. - Bonsoir, Capitaine.
- Vous connaissez Mr Heath ? - Bien sûr. Bonsoir, Mr Heath.
- Je vous prépare un verre. - Merci.
- Heureux que vous ayez pu venir. - C'est très aimable de m'avoir invité, Monsieur.
Susan m'a raconté son aventure de cet après-midi. Merci d'être intervenu.
Vous voyez, Capitaine, j'aime régler mes dettes dès que possible.
- Mem Sahib, le dîner est servi. - Vous vous assiérez à ma droite, Capitaine.
Apportez vos verres.
Venez, Heath.
Connaissez-vous une unité appelée "Les Fusiliers de Khyber", King ?
Non, Monsieur. Mais Ahmed, l'homme qui nous a prévenus, les appelle "cousins". Ils doivent donc être afridis.
C'est vrai, ce sont des volontaires, des guerriers des montagnes.
Le feu couve toujours entre eux et Kurram Khan.
La plupart désirent se venger de lui. Leurs familles torturées, leurs villages incendiés...
et autres cruautés.
S'ils sont comme Ahmed, ce sont certainement de bonnes recrues.
Heureux que vous le pensiez, car ce sera à vous de les entraîner.
- Je vous nomme à leur tête. - Merci, Monsieur !
Vous ne me remercierez peut-être pas après votre première journée.
Ils sont fort pittoresques. N'est-ce pas, Mr Heath ?
Je n'aurais su mieux dire, Monsieur.
Ils sont vaillants et fiers. Ils méprisent aussi complètement la discipline.
En fait, nous avons même échoué à leur enseigner le salut.
Un geste indigne d'eux, disent-ils.
Ils ont également la déplaisante habitude de partir du fort à leur guise.
- La semaine dernière, c'était le tour du sergent. - Il a tout bonnement déserté !
Je crois, oui, du moins selon le manuel.
Évidemment, ils ne savent pas le lire.
Capitaine King, je dois m'excuser pour mon père.
Il a coutume de transformer les dîners mondains...
- en réunions d'état-major. - Tu as sans doute raison, Susan. À ton tour.
Il m'a semblé comprendre que vous êtes né à Peshawar, Capitaine.
Oui, c'est vrai. J'y ai vécu jusqu'à mes 12 ans.
Pas besoin de vous dire que je suis très heureuse que vous soyez revenu aujourd'hui.
Je suppose que vous êtes allé en ville cet après-midi pour retrouver de vieux amis.
J'ai rendu visite à un homme qui m'a recueilli...
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