প্রথম 200টি লাইন।
Je venais d'abandonner le droit quand j'ai rencontré Eve.
Elle était magnifique.
Pâle et élégante dans sa robe noire,
elle ne portait toujours qu'une simple rangée de perles.
Elle était distante. Posée et distante.
Quand les filles sont nées, tout était parfait, ordonné.
En y repensant, c'était plutôt rigide.
En fait, elle avait bâti un monde autour de nous dans lequel on évoluait
et oû tout avait sa place. un monde harmonieux,
empreint de dignité.
un véritable palais des glaces.
Et puis un jour,
pour une raison obscure,
un trou abyssal s'est ouvert sous nos pieds.
Je ne reconnaissais plus son visage.
"La popularité et l'attrait de Mao
chez ceux que l'on appelle les marxistes américains."
Ce passage va avec la séquence sur l'Afrique du Sud dans la 2ème bobine.
On va prendre deux exemples.
Le style de Mao était marxiste-léniniste,
mais son recours au sermon le mettait à la portée des classes les plus basses.
Voici un exemple: "le plus dur est de bien se conduire tout au long de sa vie."
Qu'est-ce que ça veut dire? Ou, pire...
Eve! Je ne m'attendais pas à vous voir.
- Je vous dérange? - Non. Je suis juste surpris.
- Joey est là? Oû est-elle? - Sous la douche. Je vous offre à boire?
Juste un café, si ça ne vous embête pas.
Pas le moins du monde.
J'ai trouvé un superbe vase pour l'entrée.
Vous allez penser que c'est une folie. Mais réflexion faite, ça n'en est pas une.
Ce genre d'objet est de plus en plus rare à trouver.
Il est raffiné, non?
J'espère qu'il vous plaît, il est parfait pour l'entrée.
Il y a déjà un vase dans l'entrée, Eve.
Il n'ira plus avec le sol une fois que celui-ci sera refait.
Pourquoi on doit faire refaire le sol?
On en a déjà parlé, Michael. Vous avez oublié? Vous étiez d'accord.
Ca coûte cher de tout faire refaire constamment!
C'est que... Cela représente un tel espace!
On avait convenu d'utiliser des tons plus pâles, un bois plus clair.
Je conviens jamais de rien. On me met devant le fait accompli.
- Ce n'est pas vrai. - Ah non?
Ca a commencé avec le salon jamais terminé.
Il a fallu faire refaire la chambre. Maintenant, c'est le sol.
- Vous avez changé un canapé tout neuf. - Il était superbe,
mais la taille n'allait pas. Ce n'est pas une science exacte.
Parfois, en voyant les choses en contexte, on sent que ça va ou pas.
- Elle n'allait pas dans la chambre? - J'en ai plus l'utilité ici.
Si vous en avez l'utilité ici, parfait. C'est fait pour ça.
Mais elle allait avec le décor de la chambre.
Elle est dans les tons qui conviennent. Elle est assortie au dessus-de-lit.
- Combien coûte le vase? - Ils en veulent 400 dollars.
- Vous avez perdu la tête, Eve! - Très bien, Michael. Je le rapporte.
Vous pourriez fermer la fenêtre? Les bruits de rue me rendent nerveuse.
- Vous ne vous disputez pas, j'espère. - Pas du tout.
Tu as un beau tailleur. La couleur est originale.
Renata appelle ça du gris glacé.
Il te va à ravir. Elle n'est pas magnifique, Michael?
- Superbe. - Je ne me sens pas superbe.
J'ai arpenté la deuxième avenue toute la journée.
Que c'est beau! C'est pour nous? C'est si raffiné!
- Non. Je le montrais juste à Michael. - C'est trop cher.
C'est vrai? Quel dommage!
- Eve, on va le garder. - Non!
Si. Il est superbe. On trouvera une solution.
Non. C'est juste un coup de foudre, je n'ai pas réfléchi.
Ca doit être son côté original. Je reconnais que c'est de la folie.
Je chercherai quelque chose dans le même genre, mais moins cher.
En revanche, la lampe retourne dans la chambre.
Elle est trop insignifiante ici.
L'abat-jour contraste complètement avec les murs brillants.
- Je la rapporte. - Non. Je voudrais l'essayer ailleurs.
Je vous en trouverai une autre
à un prix plus abordable.
J'en ai vu des anthracite et d'autres d'un gris foncé.
Je peux aussi faire un abat-jour avec un tissu plus lisse.
On devrait vraiment rester dans les tons de beige ou les couleurs terreuses.
- Beige... - Arrête de la critiquer.
- Je ne la critique pas. - Elle est malade.
- C'est bien. - Oui, c'est joli.
Comment tu te sens?
Ca va. Je suis juste un peu fatiguée.
- Ton café. - Merci.
C'est tellement de travail! Je suis épuisée!
Je me demande comment tu arrives à tout mener de front.
Ca me plaît. J'aime être occupée.
Je crois que j'ai passé la période difficile qui suit la reprise du travail, non?
Je suis d'accord. Tu te surpasses dans ton travail.
- Tu crois? - Oui.
J'avoue avoir reçu des compliments très particuliers récemment.
Le moral est bon. Je me sens bien.
Bien sûr, j'ai des jours avec et des jours sans,
mais il y avait longtemps que je n'avais pas eu autant confiance en moi.
Ca se voit. Il y a longtemps que je ne t'avais pas vue aussi épanouie.
- Tu as parlé à papa récemment? - Non. Il est toujours en Grèce.
Quand il rentrera, j'espère que tu témoigneras de mon excellente forme.
Bien sûr.
Je me suis prise en main d'une façon qu'il n'aurait jamais crue possible!
Tu es épatante.
On pourra peut-être enfin envisager de se remettre ensemble.
Tu crois?
C'est très récent.
J'en sais rien.
- Pourquoi es-tu toujours si négative? - Je n'ai rien dit de négatif.
Tu ne m'encourages jamais. Je ne sais pas pourquoi.
Maman, tu as raison d'être optimiste, mais tu dois aussi être réaliste.
- Tu sais quelque chose que j'ignore? - Non.
Le Dr Lobel ne trouve pas irréaliste
que ton père et moi nous réconcilions. C'est juste une idée.
C'est parfait. Je ne voulais pas contrecarrer ton idée.
Avec toi, tout est toujours impossible.
- Je n'ai pas dit que c'était impossible. - Si. Tu l'as laissé entendre.
Renata dit que c'est possible.
- Ca m'étonnerait. - Si. Elle l'a laissé entendre.
- Tu t'imagines des choses. - Non. Elle est optimiste, c'est tout.
Super! Mais je ne pense pas que tu devrais te faire trop d'illusions.
Tu penses que ton père ne veut plus vivre avec moi?
- Je n'ai pas dit ça. - Renata pense que si.
- Attends de voir. - Tu refuses de m'encourager.
- Parles-en à Renata! - C'est ce que je vais faire.
Maman faisait sans arrêt les cent pas.
Elle...
Elle était insomniaque.
Je l'entendais, à l'étage,
arpenter les couloirs en pleine nuit.
Ca a empiré à son retour de l'hôpital.
Je...
J'étais là le jour oû elle est rentrée.
Elle avait eu un traitement par électrochocs.
Ses cheveux étaient devenus gris.
Je n'arrivais pas à y croire.
On aurait dit une étrangère.
Après ça, elle était tout le temps en train de sortir ou de rentrer...
On ne savait jamais.
Avant sa dépression, elle était brillante et débordée de travail.
Elle a poussé papa à reprendre son droit et a financé l'ouverture de son cabinet.
Dans un sens, c'était sa création.
On nous trimballait entre nos tantes et nos cousins.
C'est Joey qui l'a le plus mal vécu.
Joey avait un fort tempérament. Elle était très intelligente,
très sensible.
On voyait un peu notre père, surtout lors des petits-déjeuners du dimanche.
Je ne supportais pas sa relation avec elle. Je pensais qu'il préférait Joey.
Ils avaient l'air complices et je me sentais délaissée.
J'aime Frederick.
Il a de la dignité et un avenir d'écrivain prometteur.
Je suis du type visuel.
Tes images sont visuelles, Renata.
Et en toute honnêteté,
je préfère de loin Frederick à Mike.
Mike est très bien, maman.
Il utilise un après-rasage très fort.
- Toute la maison en est imprégnée! - Je refuse de parler de ça.
Tu crois que si je lui en achetais un autre, il en changerait?
- On peut parler d'autre chose? - Je vais lui en acheter.
Comme ça, plus besoin d'en parler. Ce sera mon cadeau.
On pourrait parler d'autre chose?
Je voudrais dire quelque chose. Je ne vais pas y aller par quatre chemins.
Je crois que l'occasion s'y prête.
J'ai beaucoup réfléchi à ce que je vais dire.
J'ai fait un vrai travail d'introspection.
Maintenant que les filles sont indépendantes, je sens
que je dois me résoudre à prendre cette décision.
Je suis loin de la prendre à la légère.
Je crois avoir été un mari dévoué et un père responsable.
Je ne regrette rien de tout ce que j'ai été appelé à faire.
Mais maintenant, je ressens le besoin d'être seul.
J'ai donc décidé de quitter la maison.
J'ignore ce que je ressentirai une fois parti. Ma décision n'est pas irrévocable,
mais j'ai besoin d'essayer.
Je le répète: ce n'est pas une situation irrévocable.
C'est une séparation.
Ce sera pour le meilleur, ou pour le pire.
Je tenais à jouer cartes sur table, ne rien vous cacher
et être aussi direct que possible.
Arrête de respirer aussi fort!
- Je pars. - Pardon?
- Je refuse de vivre dans cette maison. - Eve, réfléchis.
- Je pars! - J'ai dit que ce n'était pas irrévocable.
C'est une séparation temporaire.
Je ne veux pas rester seule.
- Eve... - Laissons les détails pour le moment.
C'est très dur pour moi.
Mon blocage est apparu il y a un an.
Ma paralysie.
Tout à coup, je ne pouvais plus écrire.
Non, pas tout à coup. Ca a commencé l'hiver dernier.
Des pensées morbides se sont mises à envahir mon esprit.
Je suis devenue obsédée par ma propre mort.
Mon travail s'est mis à me sembler futile.
Après tout, je lutte pour créer quoi?
Dans quel but, pour arriver à quoi?
Ca change quoi si on se souvient de 2 ou 3 de mes poèmes après ma mort?
C'est une compensation suffisante?
Avant, je croyais que oui.
Mais aujourd'hui, pour une raison inconnue,
je n'arrive pas à...
Je n'arrête pas de penser à ce que mourir signifie vraiment.
C'est terrifiant.
C'est si intime que j'en ai honte.
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