প্রথম 200টি লাইন।
Musique légère des années 1920
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Musique légère des années 1920
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Hélas, je pense que tu as raison.
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Ne les crois pas, mon trésor.
Il n'y aura plus jamais de guerre !
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Applaudissements
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Coup de feu
La musique grésille et ralentit.
La musique reprend normalement.
...
La musique s'arrête.
Je suis arménien !
Il est turc !
C'est Un assassin !
- Au commissariat de Charlottenburg, vous avez déclaré
vous nommer Soghomon Tehlirian.
Né le 2 avril 1897 à Pakaridj en Turquie,
vous êtes arménien protestant,
étudiant en mécanique
et vous êtes arrivé à Berlin début décembre.
C'est exact, M. le président.
- Vous connaissiez personnellement la victime ?
Non, M. le président.
Mais je sais qu'il a donné l'ordre de massacrer ma famille,
ma mère, mon père, ma sœur
et tout mon peuple.
- Quand avez-vous pris la décision d'assassiner Talaat Pacha ?
Quand ma mère me l'a demandé.
Votre mère ?
- Il y a deux semaines, j'ai fait un cauchemar.
J'ai vu le cadavre de ma mère.
Son cadavre s'est levé, s'est approché de moi
et m'a dit :
"Talaat Pacha est à Berlin et tu restes indifférent ?
"Tu n'es plus mon fils."
Quand je me suis réveillé, j'ai décidé de le tuer.
Vous reconnaissez donc
l'acte avec préméditation ?
Non.
Je ne me sens pas coupable.
J'ai tué un homme,
mais je ne suis pas un assassin !
Exclamations choquées
- Je demande une suspension de séance.
Je vous l'accorde.
Nous reprendrons l'audience dans une heure.
Talaat Pacha s'est écroulé.
L'autopsie précise que le cerveau de la victime a éclaté
et a subi une telle pression que la mort a été instantanée.
M. Tehlirian,
qu'avez-vous éprouvé à cet instant ?
- J'ai senti un contentement dans mon cœur, M. le président.
Et aujourd'hui ?
- Aujourd'hui encore, je suis très content de mon acte.
Brouhaha réprobateur
Tintement - Silence !
Vous savez quand même
que personne n'a le droit d'être justicier,
même s’il a été outragé cruellement.
- Quand ma mère m'a ordonné de tuer Talaat Pacha,
mon âme était si bouleversée que…
Que j'ai oublié que je n'avais pas le droit de tuer.
- La tradition de la vengeance existe-t-elle
en Arménie ?
Nos lois interdisent
de tuer un homme par vengeance.
- À mort les Turcs ! - À MORT !
Tumulte virulent
Gendarmes,
faites évacuer la salle.
- Si vous continuez comme ça, vous êtes foutu !
C'est ce que vous voulez ?
Que le jury vous condamne à mort ?
- LIBERTÉ POUR L'ARMÉNIE ! LIBERTÉ POUR L'ARMÉNIE !
"Le martyre du peuple arménien
"n'a été connu en Allemagne qu'à la fin de la guerre."
Phrase suivante.
"Au nom de son alliance avec la Turquie,
"notre pays s'est fait le complice d'une abominable boucherie."
Point final.
Ce procès doit être celui de la raison d'État !
À plus tard.
- M. Tehlirian, je dois vous prévenir
que toute manifestation sera retenue à votre charge.
Ce procès doit se dérouler dans la sérénité.
- Je suis d'accord avec vous, M. le président.
Murmures
- Vous avez vécu avec votre famille à Erzingian.
Combien y avait-il d'Arméniens ?
- Environ 20 000. Tous chrétiens.
Et combien de Kurdes et de Turcs ?
À peu près 30 000.
- Un matin, l'ordre a été donné aux Arméniens d'évacuer la ville.
- Oui, cet ordre venait de Constantinople.
- On a dit que cet ordre émanait de Talaat Pacha,
alors ministre de l'Intérieur.
On disait cela. C'est exact.
- Venons-en aux faits. Après l'ordre d'évacuation, que s'est-il passé ?
- La population arménienne a été parquée
comme du bétail en dehors de la ville.
On nous a dit que nos objets de valeur
pouvaient être gardés par les autorités.
Plusieurs convois ont été formés.
Mes parents avaient une charrette tirée par un âne.
Qui escortait le convoi ?
Des gendarmes.
Enfin, si on veut… - Comment ça ?
- Les Turcs avaient fait sortir de prison
des brigands kurdes et leur avaient donné des uniformes de gendarmes.
C'étaient les pires.
Mais les Kurdes n'étaient pas tous des bêtes sauvages.
- Il y avait des soldats de l'armée régulière ?
Oui.
Des deux côtés de la route.
Personne ne pouvait s'échapper.
Un garçon que je connaissais bien a tenté de s'enfuir.
Il a été rattrapé
et battu à mort.
Que s'est-il passé ensuite ?
- Quand notre convoi s'est mis en route,
les gendarmes nous ont pris notre argent.
Ma mère a protesté.
Un gendarme a saisi brutalement ma sœur par la main
et est parti avec elle.
Ma mère hurlait.
Elle criait : "Que je devienne aveugle !"
À ce moment-là,
une fusillade a éclaté en tête de convoi.
Des Arméniens essayaient de se défendre.
Les soldats n'attendaient que ça
pour donner le signal du carnage
et la populace s'en est mêlée.
Quelle populace ?
Les Turcs d'Erzingian.
Mon jeune frère…
A eu le crâne fendu d'un coup de hache.
Et ma mère est tombée presque aussitôt.
Une balle de fusil, mais…
Je ne suis pas sûr.
Partout, il y avait des cris.
Et votre père ?
Il était plus loin.
Je ne l'ai jamais revu.
Et vous ?
- J'ai reçu un coup sur la tête et je suis tombé.
On m'a laissé pour mort.
Combien de temps je suis resté ?
Je ne sais pas.
Peut-être deux jours…
- Deux jours ? - Je ne sais pas.
Quand je me suis réveillé, il y avait des cadavres partout.
Mon frère était couché sur moi.
Toute la caravane avait été massacrée.
J'étais blessé à la tête et à la jambe.
Mais je me suis mis à marcher.
Je suis allé dans un village de montagne.
Une vieille femme m'a hébergé
et m'a soigné.
Une Arménienne ?
Une famille kurde.
Des braves gens
qui m'ont conseillé d'aller en Perse.
Et qui m'ont donné des habits traditionnels kurdes
pour que je ne sois pas arrêté.
M. le président,
je tiens à rappeler qu'un million cinq cent mille Arméniens
ont ainsi été déportés.
Que cette déportation a été décidée par le Comité Jeune Turc
sous les ordres de Talaat Pacha
et d'Enver Pacha, ministre de la guerre.
Soghomon Tehlirian fait partie des 10 % de déportés
qui ont survécu aux massacres.
Professeur Johannes Lepsius,
jurez sur la Bible de dire rien que la vérité.
Je le jure.
Nous écoutons.
- Au terme de toutes mes recherches, je puis certifier
que les Arméniens expulsés d'Anatolie, de Cilicie et de Syrie
ont été déportés aux bords du désert,
dans des camps de concentration
et ont été exterminés par une famine systématique
et des massacres périodiques.
Des récits comme celui de Soghomon Tehlirian
existent par centaines. Les faits sont indiscutables.
Comment peut-on anéantir un million de personnes en si peu de temps ?
Sinon de la manière la plus brutale et la plus organisée ?
Professeur Lepsius,
à la fin de la guerre, les nouveaux dirigeants turcs
ont jugé Talaat Pacha.
La cour martiale a insisté sur les massacres des Arméniens.
Quelle a été la sentence ?
- Talaat Pacha et de nombreux dirigeants
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