প্রথম 200টি লাইন।
La grande question, c'est :
comment te sens-tu juste avant de te lancer
dans cette aventure qui a mis 30 ans ?
Je dois avoir un peu peur,
mais c'est plutôt bon signe.
Si j'ai un peu peur,
ça montre que je...
je ne fais pas juste quelque chose
que je sais faire ou...
qui ne me stresse pas du tout.
Je me lance dans l'inconnu
sans savoir comment ça va finir,
mais c'est bien comme ça.
Jacques Tati, pour son dernier film,
a investi tout son argent et il est mort ruiné.
Mais qu'importe de mourir ruiné
si on crée quelque chose de beau à nos yeux.
Direction le studio.
Je suis intrigué.
Je n'ai jamais vu un autre réalisateur au travail.
Je ne rencontre des réalisateurs
qu'aux festivals ou cérémonies.
Je n'en ai jamais vraiment vu travailler.
Aussi, je suis curieux de voir
comment on peut dépenser 120 millions
de sa propre poche sur un film.
Quel conseil donneriez-vous à quelqu'un
qui voudrait faire un documentaire sur votre mari ?
Difficile à dire.
Je pense qu'il faut observer ce qui se passe
et qui vous semble intéressant, vivant...
quelque chose qui vous captive en tant que réalisateur,
car il aura des idées et...
ils vont difficilement tomber d'accord.
Je n'aime pas trop filmer ça,
mais si vous voulez, je serai ravi de vous en parler
et de faire une interview.
Très bien.
Le reste du temps, je serai nu dans ma baignoire, donc...
- C'est là que je dois filmer ? - Non.
Francis arrive sur le plateau.
Vous connaissez tous le fameux
"lasciate ogne speranza, voi ch'entrate."
Qui sait ce que c'est ?
Personne ? Personne ne parle italien,
ou je ne le parle pas bien.
Ça veut dire : "Abandonnez tout espoir".
C'est écrit sur le panneau de l'enfer.
Si j'ai un panneau et que vous le voyez,
il est censé être accroché et dire, en gros :
"Abandonnez vos soucis,
vous qui entrez ici", car ici,
durant ce tournage, personne ne peut mal faire,
personne ne peut avoir d'ennuis.
Abandonnez vos soucis,
mais ce n'est pas sans prix
car je vais vous dire quelque chose.
Ici, vous n'êtes pas vous.
Vous êtes le personnage que vous jouez.
Je veux que vous imaginiez
venir à un bal masqué d'Halloween.
Pas ce que vous porteriez,
mais ce que votre personnage porterait.
Et pas ce que Shia penserait,
mais ce que Clodio penserait.
Vous avez donc ce costume imaginaire
et le jeu consistera à deviner
en 20 questions qui vous êtes.
Qui sait jouer à ce jeu de son ?
- Back ! - Back !
- Circus ! - Circus !
- Dock ! - Dock !
Yama !
Si vous faites ça chaque jour, vous serez géniaux dans le film.
Vraiment.
Les jeux ont des règles.
La règle de ce jeu est : quand tu es en colère,
tu la transmets à la personne suivante,
ce qui arrive dans la vraie vie
et dans la plupart des pièces.
Prends ton chapeau, et quand tu le jettes,
tu dois dire au suivant de le ramasser,
et tu continues ton impro.
- Ramasse mon chapeau ! - Ramasse mon chapeau !
J'aimerais bien que tu baisses d'un ton.
Calme toute cette colère,
toute cette rage, toute cette vulgarité.
Bien, on va essayer autre chose.
Je vais être le patron.
- Tu dois t'occuper de mon équipe. - Tu es viré.
Toi, va parler au maire.
Dis-lui que trois trucs me chiffonnent.
Primo, leur politique de...
Une seconde.
Tu es viré.
Fais attention ! Prends note.
Tu t'es assis sur ma chaise. Tu sais ce que tu dois faire ?
C'est une vieille règle.
Qui connaît la règle qui s'applique
quand quelqu'un s'assoit sur la chaise du réalisateur ?
Il doit rincer l'équipe.
Il doit payer un verre à toute l'équipe,
mais je te pardonne car tu ne le savais pas.
- On est en répétition. - OK.
Je n'ai jamais vécu ça avant.
J'ai l'impression d'être dans un cours,
mais avec ces gens merveilleux.
C'est tellement inspirant et divertissant.
Mais c'est là toute la magie du cinéma.
Tu nous passes de la pommade ?
Jamais.
Je crois au principe militaire.
Ne pas cacher ni donner d'infos gratuitement.
Si tu me poses une question, je réponds.
Donc tes compliments et tes encouragements
sont honnêtes.
Je dois te dire un fait très honnête
dont je me suis rendu compte récemment,
c'est que quand je fais un casting,
par exemple, un casting ouvert dans cette salle,
j'ai rencontré environ 400 personnes et je leur ai serré la main.
Que ce soit un débutant
ou Marlon Brando,
je les soutiens quand je suis avec eux.
Vraiment.
À la fin de cette semaine de répétitions,
il avait créé un esprit de camaraderie
parmi les acteurs principaux,
qui ont apprécié ces jeux.
Et aussi avec un profond respect pour Francis,
ils faisaient tout ce qu'il demandait.
Ils sont dans leur personnage ?
Bien.
Ignorez la caméra. Elle n'est pas là.
Vous êtes proches ?
Vous vous voyez chaque semaine ?
De temps en temps.
C'est important, la famille.
Elle est essentielle pour moi.
On est très unis.
On se soutient mutuellement.
J'essaie d'être un bon capitaine
pour les guider vers l'avenir.
On a des personnalités fortes.
Très fortes.
Il est super musclé.
Mon unique compliment.
Il est très musclé.
Le banquier musclé, pas vrai ? Montre tes muscles à la caméra.
Les acteurs ont commencé à jouer car j'étais assez proche
et en tant que cinéaste, j'avais de bons angles.
Et Francis aimait le fait
qu'ils interagissent de façon cinématographique
en répétition, ça changeait tout.
À un moment, il a commencé à me diriger, c'était très drôle.
- À quoi bon être aussi musclé ? - J'ai une question.
- Tu fais du sport ? - Non.
Tu ne fais rien.
Il y aurait des rumeurs.
Je sais pas si vous êtes au courant,
mais il y aurait des rumeurs de légère instabilité.
D'instabilité ?
C'est de la frime.
- Tu as entendu ça ? - Tout va bien, là-bas ?
Mon petit-neveu musclé.
Il fait le malin.
- Voilà. - Il est parti.
8, 9, 10, 11.
Regardez-moi ça.
13, 14, 15, 16. Regardez-le.
17, 18, 19,
20, 21, 22...
4, 5, 6, 7, 8, 9.
Quel entrain.
J'ai lu le script.
La première version date d'il y a cinq ans.
Il a fait une lecture du script.
Pas mal. Pas mal du tout.
Entre cette lecture et ce film,
j'avais foutu ma vie en l'air.
Alors je me suis dit...
J'étais arrivé à la 9e étape du programme que je suis,
et je devais faire amende honorable parce que j'avais...
Jon Voight et moi n'avons pas les mêmes idées.
Je l'aime beaucoup.
Il était comme mon mentor.
C'était le premier acteur que j'avais rencontré.
Et c'est lui qui m'a fait découvrir le répertoire d'Hoffmann
et on regardait tous ces films ensemble.
Et tout ça m'a fait tomber amoureux de l'art du cinéma.
J'étais juste un gamin qui gagnait de l'argent.
Mais on s'est disputés au téléphone.
Je voulais débarquer chez lui et me battre avec lui.
Après ça, on s'est plus jamais parlé.
Je te vois comme un héritier potentiel
de tout ce que j'ai construit.
Et quand j'ai commencé ce programme,
c'était la première personne à qui je devais faire amende honorable.
Je t'aime beaucoup.
On s'est rabiboché et il a fini par me confier
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