প্রথম 200টি লাইন।
Au seuil de la vie.
BLESSES ET ADMISSION
Vous pouvez entrer maintenant.
Je suis l'instituteur Ellius. J'ai parlé au Dr Karlsson.
Il m'a dit de téléphoner à une ambulance et de venir ici.
- C'est votre femme qui saigne ? - Oui.
- Infirmière Mari. - Mme Ellius.
- Comment vous sentez-vous ? - J'ai mal.
- Sentez-vous des contractions ? - Ça fait mal, puis ça s'arrête...
...alors ça cogne encore et ça saigne. - Le docteur va vous recevoir bientôt.
- Vous pouvez vous asseoir et attendre. - Je vous remercie.
Soyez brave jeune fille, tout ira bien.
Je vais rester ici si tu as besoin de moi.
Rappelles-toi, Cissi. Ellius attend de sa femme qu'elle fasse son devoir.
Veux-tu vraiment ce bébé, Anders ? J'ai besoin de savoir.
Enfin, j'ai besoin de savoir. Je ne te l'avais jamais demandé.
Il n'y a plus rien à faire. Les médecins feront tout ce qu'ils peuvent.
Si il est humainement possible de sauver le bébé, il le sera.
Tu es entre les mains des médecins.
Un grand paquet avec un petit paquet à l'intérieur.
Restes calme, Cissi. Tout ira bien.
J'ai besoin de votre date de naissance.
Le 20 Mars 1930.
Votre nom et prénom de jeune fille.
Kristina Cecilia Ellius, Nom de jeune fille de Lindgren.
- Adresse et numéro de téléphone ? - 23 Cederdalsgatan.
201879.
- Et quelle est votre profession ? - Je travaille pour l'éducation.
Vous pouvez écrire "secrétaire".
La date de vos dernières règles ?
Je ne me souviens pas, infirmière. Le médecin a dit de se dépêcher...
Le docteur va vous voir, d'abord nous devons faire l'admission.
Le 27 Juin.
- Donc vous êtes enceinte de deux mois ? - Oui.
Le docteur arrive. Appelez moi, si besoin.
Infirmière! Infirmière...
Infirmière!
Je le perds!
- Comment ça va, docteur ? - Nous allons vous faire une piqure.
Je veux dire... comment va le bébé ?
Je veux savoir la vérité.
Mais je sais déjà.
Je l'ai perdu.
Oui. Malheureusement.
Ça aurait mal tourné même vous étiez venu plus tôt.
Quelque chose a échoué dès le début.
Je vois.
Qu'est-ce que ça pu être ?
Nous ne pouvons pas le dire.
Maintenant, il faut dormir, Mme Ellius, nous allons faire un curetage.
Pour faire la place pour la prochaine fois.
Je ne pense pas qu'il y aura une prochaine fois...
La pauvre, elle souffre.
Je me demande.
N'ayez pas de pitié, elle le sait déjà.
Oh, mon Dieu... Qu'est-ce qu'on va faire avec elle ?
Arrangez-vous et couvrez-vous
Elle est encore sous l'effet de l'anesthésie.
Bonjour, Madame Ellius. Je suis l'infirmière Brita.
Nous avons fait un curetage. Vous allez avoir des nausées pendant un moment.
Il y avait un problème dès le départ.
Je n'ai jamais eu le bébé.
Ce n'est pas la peine de dire n'importe quoi. Je sais déjà.
N'essayez pas de me réconforter,
Mais je dois dire une chose.
Je n'ai jamais rien vu si clairement dans ma vie.
Ce bébé n'était pas désiré.
Ni l'amour de son père...
...ni celui de sa mère n'étaient assez forts pour qu'il vive.
Aussi il ne pouvait finir que dans l'évacuation.
Ou dans un bocal à des fins médicales.
J'ai déjà entendu ça.
Vous avez évacué celui qui aurait dû être mon enfant.
Je l'ai mérité, car je n'ai pas été assez forte.
Je ne l'aimais pas assez.
Ne partez pas, infirmière. Vous devez m'écouter.
Je ne parle jamais d'habitude, mais maintenant je veux parler.
Je ne suis pas malade, j'ai l'esprit bien clair.
Je l'ai toujours su.
Je ne fus pas assez bonne.
Ni comme épouse, ni comme mère.
Certaines sont prédestinées d'autres pas.
Ne trouvez-vous pas, infirmière ?
Et elles le savent dès le départ.
Je ne m'en étais pas rendu compte jusqu'à présent.
Maintenant, c'est comme si je l'avais toujours su.
Quand j'ai su que j'étais enceinte, je n'étais pas heureuse.
Car quelque chose en moi me disait: "Ce bébé ne naîtra pas".
Je savais qu'Anders ne m'aimait pas.
Il ne me l'a jamais dit. Il n'a jamais rien dit.
Mais je l'ai vu dans ses yeux.
Je l'ai vu dans ses yeux quand je lui ai dis que nous allions avoir un bébé.
C'est du passé, c'est fini maintenant.
C'est fini. La douleur ne me tuera pas non plus.
Je vais manger, rire et me rendormir.
Tout le monde sera si gentil avec moi maintenant. Les fleurs et les livres.
Comme vous pouvez voir, je suis de ce style.
J'ai mes amis et mon travail, et toutes ces belles choses.
Je fais ces belles broderies.
Tout cela va revenir une fois sortie d'ici.
Ici tout est différent, je le sens.
On agit différemment ici.
Même la pauvre Cecilia Ellius a peur.
On ne force pas seulement l'utérus ici...
...mais toute la personne.
Je n'oublierai jamais ce moment.
Je n'ai jamais été aussi proche de la vie.
Elle est passée à travers moi, à travers mon corps.
Mais comme l'eau.
Comme l'eau.
Qui ne laisse aucune trace.
Ma mère me prenait comme ça. je ne sais pas si ça servait, mais je me sentais mieux.
Ma mère aussi
ça va mieux .
Je suppose que c'est l'effet de l'anesthésie.
J'ai parlé beaucoup.
Je ne sais comment je me suis retrouvé dans ce lit ?
- Tu étais comme une poupée de chiffon. - Une poupée de chiffon ?
- Excuse-moi d'être aussi franche. - Il n'y a pas de mal.
- Mon nom est Cecilia. - Moi c'est Stina.
Et elle c'est Hjördis.
Ton mari te rendra visite bientôt.
Les visiteurs ne sont pas autorisés de jour, mais l'infirmière Brita fait une exception.
Si tu veux on peut quitter la chambre, et marcher.
Ce ne sera pas nécessaire.
Si seulement je pouvais pleurer.
Tu as déjà pleuré pendant que tu dormais.
Tu étais assise dans son lit tu criais. J'avais tellement de peine pour toi.
Beaucoup de choses se sont passées sans que je m'en aperçoive.
Mais c'est comme si je l'avais toujours su.
- Su quoi ? - Que le bébé ne viendrait pas.
Ce n'est pas inhabituel la première fois.
Ma mère a fait une fausse couche la première fois.
Après elle a eu sept enfants en 9 ans
je n'en aurai pas d'autre.
- Comment vous vous sentez, Mme Ellius ? - Beaucoup mieux merci.
L'instituteur Ellius sera ici dans un moment.
- Combien de temps devrai-je rester ici ? - Trois, quatre jours, je suppose.
Infirmière Brita ? Les langes sont faites maintenant.
Nous devrions reporter votre accouchement pour que vous puissiez faire tout notre linge.
Mais c'est contre les règles. Les patients ne peuvent pas travailler.
Je dois m'occuper. Ce garçon qui ne veut pas venir me met sur les nerfs.
- Appelons-ça une thérapie, alors. - C'en est une grande.
Pour vous empêcher de grimper aux rideaux.
- Je ne pourrais jamais avec mon poids. - On ne sait jamais.
- Que pouvons-nous faire pour Mme Ellius ? - Rien, je vous remercie.
- Oh oui, un peu de thé ou de soupe. - Je vous remercie.
- Il est là. - Votre mari est déjà là.
S'il vous plaît, installez un paravent.
- Bonsoir. - Bonsoir.
Merci.
- C'est gentil. - Sans façon, Cissi.
- Ce n'est pas bien ? - Tu me parles comme un étranger.
N'est-ce pas ce que tu es ? Tu as toujours été bonne avec moi.
Comme un étranger. Toujours à distance.
Ne m'interromps pas. Laisses-moi parler.
Je dois le dire ici, en ce moment.
Je vous remercie, infirmière.
- Tu ne veux pas du thé ? - Je vais essayer.
Je ne veux pas discuter avec toi. Dis ce que tu as à dire.
- Mais ne te forces pas. - Je voulais dire...
...que je sais que tu ne m'aimes pas. - Il vaut mieux attendre...
- Tu ne voulais pas du bébé. - Tu es fatiguée et contrariée.
- Sois raisonnable maintenant. - Nous avons été toujours sensés et raisonnables.
- Si l'on avait crié une seule fois... - Cecilia, je t'en prie...
Tu as sans doute pensé quelquefois que tu m'aimais.
Puis nous nous sommes mariés, tu étais trop fier pour admettre ton erreur.
Quand as-tu réalisé que c'était une erreur ?
Hier.
Dans l'escalier, quand je perdais mon sang.
J'ai eu peur. Je me suis retournée pour te regarder.
- J'ai vu la vérité dans tes yeux. - Eh bien ...
Quelle vérité, je peux savoir ?
Tes yeux disaient : "Je ne t'aime pas. Le mariage était une erreur."
- "Ce bébé ne devrait pas naître." - Je n'ai jamais laissé entendre cela.
Tu ne m'aimes pas. C'est tout.
Je suis une déception et une douleur. Pas ce que tu avais espéré.
Je ne peux même pas porter un enfant.
Une horrible preuve de mon incapacité ?
Je dois te libérer. Je veux que tu sois heureux.
Tu veux que je sois heureux, et toi-même ?
Je serai heureuse si je sais que tu es heureux.
Je veux m'en aller, Anders.
C'est ce que j'ai toujours voulu. Je ne suis pas une personne forte.
Je ne suis pas adaptée à la vie.
Du moins, je ne suis pas apte au mariage.
Tu veux dire que tu veux divorcer ?
Je veux te rendre ta liberté, Anders.
Je crois que je le savais depuis longtemps.
Mais j'en suis sûr après ce qui s'est passé hier soir.
Et c'est plus facile maintenant.
Mais tout ce que nous avons bâti ensemble... ...la maison.
- Nos meubles et les livres... - La morale.
Laisses-la pour plus tard.
Et après ? Qu'arrivera-t-il.
Tu dois me donner le temps.
- Si je ne revenais pas ? - C'est mieux comme ça.
- Dois-je reprendre ces fleurs aussi. - Permets-moi de les garder. S'il te plaît.
- Cissi ... - Vas-t'en maintenant, Anders.
Au moins j'appellerais l'infirmière pour savoir.
No comments yet. Be the first to leave one.