প্রথম 200টি লাইন।
12 H 08 À L'EST DE BUCAREST
Bonjour.
Oui, un instant.
C'est qui ?
Allô, oui.
Salut, Virgil.
Oui.
Qu'est-ce que tu veux ?
Tu m'appelles pour savoir si j'ai bu hier soir ?
Ah oui, pour l'émission.
Dis-moi, qui d'autre vient ?
D'accord.
C'est tout ?
OK, tu klaxonnes et je descends.
Salut.
Rodica !
Où est le dictionnaire ?
Quel dictionnaire ?
- De mythologie. - Dans la bibliothèque.
- Où ça, dans la bibliothèque ? - Avec les dictionnaires.
Ils sont où, les dictionnaires ?
Premier rayon du bas, au-dessus.
Où ?
- Tu l'as trouvé ? - Non.
Regarde derrière le barbu.
Lequel ? Aristote ou Platon ?
Attends.
Voilà.
Pourquoi tu ne le mets pas là-haut ?
Voilà.
J'ai préparé ton costume.
Les chaussettes et le slip sont là. Je repasse ta chemise.
Avant que je n'oublie...
- Liliana a appelé. - Elle veut de l'argent ?
Non, te souhaiter bonne chance pour l'émission.
Merci.
J'ai trouvé ces papiers dans ton costume.
- Tu en as besoin ? - Ah oui, très bien.
M. Vasilache, ici M. Jderescu.
Vous deviez confirmer votre présence à l'émission, comme promis.
Vous pouvez me joindre chez moi au 32-16-66,
ou à la télévision au 32-17-47.
Je répète 32-17-47.
50 % de réduction sur le vin de Tutova au supermarché Racova...
Le vin de Tutova...
Bande d'ivrognes !
Allez...
Nous célébrons aujourd'hui
les 16 ans de notre révolution qui...
Remontons le temps jusqu'au 22 décembre.
Cet après-midi, notre émission "À la une"
vous propose un débat
sur les événements de décembre 1989,
événements qui ont changé le cours de nos vies.
Notre présentateur vedette Virgil Jderescu
recevra deux invités, témoins de cette époque.
Rendez-vous à 15 h, dans "À la une" pour en savoir plus...
Savoir quoi ?
Au diable.
Voyous ! Bande de sauvages !
C'est quoi, ce monstre ?
C'est ce que je me suis dit hier soir, quand je t'ai vu avec.
C'est moi qui l'ai amené ?
- Tu ne t'en souviens plus ? - Non.
Tu as même chanté l'hymne national.
Ce n'est pas moi...
Non, Manescu, tu as chanté la 5e de Beethoven.
Je chantais fort ?
Assez pour réveiller la moitié du quartier.
Écoute...
Aujourd'hui, je veux que tu m'amènes ta paye.
Je ne me serrerai pas la ceinture à Noël.
Je te l'amène, ne t'inquiète pas.
Si tu ne me donnes pas tout jusqu'au dernier centime...
- Ça va, la veste ? - Ne change pas de sujet.
Je sais combien tu gagnes.
Ça oui, tu le sais... Tu le sais mieux que moi !
- Qu'est-ce que tu as dit ? - Je te l'apporte...
- Ou tu ne remets plus les pieds ici. - J'ai la clef.
Et je dis à Ana que tu bois toute la journée.
Je te l'apporte, parole d'honneur.
Mais ne dis rien à Ana.
Qu'est-ce que je mets ?
Ton costume noir.
Noir et blanc, je n'ai pas envie de ressembler à Laurel et Hardy.
Mets ce que tu veux, mais apporte-moi ta paye.
Il faut que je change les pots.
Allô, la famille Grigoriu ?
Je voudrais parler à M. Grigoriu.
Virgil Jderescu, de la télévision.
Vous savez où je peux le joindre ?
Vous pourriez lui dire de me rappeler ?
Je l'ai invité à mon émission, j'aimerais savoir s'il vient ou pas.
Merci, au revoir.
Arrête de manger du pain, comme ça.
M. Vasilache, Virgil à l'appareil.
Vous deviez me confirmer votre présence à l'émission.
Vous deviez me rappeler avant 9 h, il est 9 h 30.
Rappelez-moi, s'il vous plaît.
Connard.
Ils te rappelleront.
Ils rêvent de passer à la télé.
- Je t'ai dit que Liliana avait appelé ? - Oui.
Elle a besoin de 500 lei.
Pour quoi faire ?
Pour passer le réveillon à Sinaia.
Je lui ai donné cet argent la semaine dernière.
Oui, mais elle voudrait s'acheter des skis.
Dis-lui de faire de la luge. Ça suffit, ce train de vie !
Tous ses collègues en ont...
Vous ne m'aurez pas avec vos pétards.
- Entrez. - Bonjour, pépé Piscoci.
- Entre, Petrica. - Nous sommes pressées.
Entrez. Restez pas devant la porte, ça va jaser...
Bonjour.
- Entrez, entrez. - Allez, Petrica.
- Reste ici, on est pressées. - Assieds-toi.
Je ne peux pas. J'ai une faveur à vous demander.
Pourriez-vous faire le Père Noël samedi ?
Il ne comprend pas.
Rico, mon beau-frère, s'est cassé la jambe, au foot hier,
je me suis souvenue que vous faisiez le Père Noël.
- Il y a 10 ans... - Vous avez le costume ?
Il a été bouffé par les mites.
J'en ai un, mais il faut l'ajuster.
Apporte-le.
Je reviens dans une demi-heure, d'accord ?
Je n'ai rien d'autre à faire.
Petrica, on se dépêche.
Regarde, pépé Piscoci te fait un cadeau.
Allez !
J'apporte son repas à Rico, et je reviens.
- Que lui as-tu fait de bon ? - Soupe, boulettes de porc...
- Prenez un coing ! - Merci beaucoup.
Allez, Petrica. On est pressées.
Prends la clochette, et chante des chansons de Noël.
Vous me direz combien je vous dois.
Je ne veux pas d'argent.
Combien je te dois ?
Pour hier soir, ou en tout ?
En tout.
Bon, voyons.
Ça, c'est Alecu...
Cornel, Sofronea... Manescu.
192 et 48 multiplié par 2... 6,
et pour hier... 326 lei.
Tant que ça ? Fais voir.
Hier, tu as claqué plus de cent balles.
C'était pas du champagne, quand même !
De la vodka, mais tu en as offert à tout le monde.
Passe-moi le balai.
Gigi, je t'ai demandé d'arrêter de me servir quand je suis ivre.
J'ai bien essayé, c'était impossible.
Bon...
Voilà ce qu'on va faire.
Tu me donnes une bouteille, je touche ma paie à l'école, et je reviens.
Manescu, je ne te sers plus.
Allez Gigi, j'ai une émission à la télé, j'ai le trac.
Quelle émission ?
- Sur la révolution. - Quelle révolution ?
Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi, Gigi...
Prof, tu vas me rendre fou.
Une cigarette ?
J'aurais dû te faire redoubler à l'époque !
Bon, on fait comme ça.
Je te la donne.
Mais si ce soir je n'ai pas mon argent,
je sonne à ta porte.
- J'ai encore insulté le Chinois ? - Oui.
- Beaucoup ? - Non, comme d'habitude.
Faut être con !
Tu me dois 340 lei.
Je n'aime pas cette fille.
Elle se la joue trop.
- Il n'y en avait pas d'autre ? - Attends.
Famille Grigoriu ?
Vous me reconnaissez ?
Mais où est-ce qu'il est ?
Qu'il tienne ses promesses dorénavant, bordel !
Dites-lui que c'est un imbécile,
et qu'il ne m'emmerde plus avec ses commentaires politiques.
- Virgil. - Je l'ai envoyé bouler.
- Regarde la photo que j'ai retrouvée. - Quelle photo ?
Celle avec Liliana, à Noël.
Comme elle était boulotte !
Quel âge avait-elle à l'époque, quatre ans...
- Et lui, qui est-ce ? - C'est toi.
Non, l'autre.
C'est le Père Noël !
- C'était qui ? - Je ne sais plus.
Regarde comme elle souriait !
Tu m'apportes ma veste ?
Tiens.
- Je n'ai plus d'argent. - 500, chéri...
- Tu arrêtes ! - Oui.
Apporte-moi l'annuaire.
- C'est rouge ! - Rouge ?
Je me pends si c'est rouge.
Alors qu'est-ce que c'est, pépé Piscoci ?
- C'est taché partout ! - Où ?
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