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Et merde !
Patrick, non !
Patrick, non ! non !
Patrick !
Y a un ravin ! - Non !
Patrick !
Patrick, ça va ?
C'est bon, j'ai rien...
Putain, j'ai eu chaud !
Et le pot de colle ?
Sami ! Oh Sami !
Tu... tu souffres ?
Surtout quand je respire...
Il paraît que j'ai un traumatisme crânien.
Mais... ça va ! Je tiens le coup. Ç'aurait pu être pire.
Vraiment... je sais pas quoi te dire.
Ouah ! C'est super !
Si t'as besoin de quoi que ce soit...
Tu pourras toujours compter sur moi. - Sympa !
- Je déconne pas, hein ? Moi quand je dis, je fais.
- C'est gentil ! - Bon, on y va ?
S'cusez moi. - Sami...
- Par exemple, l'influence du stress sur les maladies...
La médecine commence juste à l'admettre, alors que c'est la base
de la médecine ayurvédique.
- Il y a plein de maladies qu'ici on arrive pas à soigner.
- Il faut que tu lises le livre de Baba Triguna.
Le médecin du centre dans lequel j'ai été.
Les gens viennent du monde entier pour le voir.
Il a changé ma vie. - Ah oui ?
- Une secte, quoi ! - Mais non, une vraie médecine.
- Mais pardon Madame... ! Je savais pas.
- Un jour, un journaliste s'est chopé une dermite rampante...
Baba Tribuna l'a soigné, en 48h plus une trace.
- C'est quoi une dermite rampante, au fait ?
- Une mouche qui pond sous ta peau après avoir piqué un cochon.
Les œufs font des vers et ça commence à se balader partout...
Comme une super gale, et la peau se nécrose... fait des croûtes.
- Intéressant, hein ça Sami ? Il passe son temps chez le médecin...
- Arrête ça va ! - Mais attends, c'est vrai !
T'es hypocondriaque. Pas hypo, HYPER condriaque.
Hein ?
Excusez-moi, je reviens tout de suite.
- Il est mignon, non ? - Ah oui, il est mignon.
Enfin, je voudrais pas être rabat-joie mais c'est quoi son problème ?
- Il n'a pas de problème... - Aucun.
OK.
Ah merde !
Si les troubles de la mémoire persistent après 40 ans...
le médecin prescrira un scanner ou une IRM.
Dans la plupart des cas, il s'agit de troubles parfaitement bénins,
cependant la présence de taches sur les clichés du cerveau
peuvent révéler des pathologies plus graves.
Comme le terrible, mais heureusement rarissime, syndrome de Werner-Johnson.
Werner-Johnson, hein ?
Il sort d'où celui-là ? - De mon Larousse médical.
- C'est un progrès. Vous en êtes déjà à la lettre W, c'est bien.
- Je mets 10 min à trouver le nom d'une personne.
Vous l'avez déjà dit.
Ah bon ?
Vous voyez, je m'en souvenais pas. C'est un signe, non ?
Non, non.
Lundi soir, je suis dans le salon...
Je me lève pour aller chercher le... - Vidal.
Mon Vidal. Je vais dans la bibliothèque et là...
Impossible de me rappeler pourquoi je suis là.
Alors ? - Écoutez M. Perez...
Si par malheur vous étiez atteint du syndrome de Werner-Johnson,
on l'aurait remarqué sur les six... - Sept !
- Sept ! Sept séries de clichés que vous nous avez demandées en 3 ans.
Voilà, seulement on n'a rien vu.
- C'est pour ça que peut-être qu'avec le scanner,
on verra enfin quelque chose. - Bien sûr, allongez-vous.
Merci, docteur !
LE MÉDECIN : On aura tout fait,
après il faudra attendre les progrès de la technique.
Je ne suis pas pressé.
Le professeur interprète vos clichés, il arrive tout de suite.
- Caroline ! Vous pouvez venir un instant ?
Regardez-moi ça !
Toutes ces taches blanches m'inquiètent, il y a en beaucoup.
L'INFIRMIÈRE : Vous pensez qu'on peut le sauver ?
Franchement, non.
On aurait pu essayer l'ablation,
mais c'est sans espoir, les staminodes sont déjà atrophiés.
Regardez ça !
Ah ! - C'est horrible.
Il va falloir vous faire une raison, il passera pas l'hiver.
L'INFIRMIÈRE : Dommage, je commençais à m'y attacher.
M. Perez, vous pouvez...
Il est où ? - Qui ?
Allô ! Salut Sami, ça va ?
Ah très bien !
... des taches dans le cerveau, je suis condamné.
J'en ai plus que pour 3 mois.
Bon tant mieux ! Écoute...
Là, je peux pas te parler. On essaie de se croiser ce week-end !
Mais qu'est-ce que tu fous là ?
- Tu te fous de moi là ? C'est tout ce que ça te fait ?
Quoi... ? Bon ben, entre !
De quoi tu parles ?
- Mais... de ce que je viens de t'annoncer au téléphone.
Que je vais mourir, Patrick.
- Ah bon ? Excuse-moi, j'avais pas entendu.
Qu'est-ce que tu veux boire ?
- Je viens de te dire que je vais mourir et toi...
Oui, enfin... Depuis que je te connais, tu vas mourir.
- Sauf que là un spécialiste m'a appris que j'en ai plus que pour 3 mois.
- Comment il s'appelle ton spécialiste ? Élisabeth Teissier ?
Le Pr Fontana, chef du service de radiologie de l'hôpital Bichat.
Tu déconnes !
Bon ! Alors c'est quoi ce coup-ci ?
Le syndrome de Werner-Johnson.
Ah bon. Et c'est grave ?
C'est pas grave, c'est fatal.
C'est fini, Patrick.
- Tu peux pas dire ça... Les médecins ils sont tout le temps à te dire...
Sami ?
Excuse-moi, je me sens pas très bien.
- Viens, on va t'allonger dans la chambre.
Tu vas voir...
Tu vas être bien là.
Je veux pas mourir, Patrick.
Ah non, mais...
C'est hors de question, ça. Viens là.
Viens.
Voilà, attends.
Tu me laisseras pas tomber, hein ?
Jamais.
Je te promets.
Tu vas t'installer ici. Je vais m'occuper de toi.
Tu me connais, quand je dis...
Il t'a parlé d'un traitement ?
- Tu parles, je les connais leurs traitements.
J'ai pas envie qu'ils fassent des expériences sur moi.
Je servirai pas de cobaye.
Non... Je veux profiter au maximum de mes derniers moments.
Tu sais quoi ?
Je vais prendre ma journée.
Et cette journée, on va la passer tous les deux.
- Je peux pas. J'ai un rendez-vous super important avec la chaîne.
Ben quoi ?
J'ai enfin un scénario qui va être tourné.
Si je laissais tomber aujourd'hui, ce serait...
comme si j'étais déjà mort.
T'as raison !
Je t'accompagne, j'ai la voiture. - Prends la mienne.
Ça sera plus confortable.
Vous êtes adorables,
mais pas question qu'on me traite comme un malade.
Ah mais ! Bien sûr.
- On est bien d'accord ? - Oui oui.
C'est un grand jour pour Bluepack, M. Knall.
Je signerai le protocole définitif que si la période d'essai est concluante.
- Elle le sera, j'en suis sûr. - Le berlingot, c'est l'avenir.
- Peut-être, mais je sors 20 000 modules de jus d'orange par jour.
Je ne tolérerai aucun problème.
Nous non plus, n'est-ce pas Machado ?
- Il n'y en aura pas, vous pouvez compter sur moi.
T'as été très bon Machado.
Si on conclut, je double votre prime et je vous passe à 100 000 euros annuel.
Cachez votre joie, mon vieux. C'est tout ce que ça vous fait ?
Ah ! Non, pardon.
Excusez-moi, je...
J'ai mon meilleur ami qui vient de passer un scanner.
On vient d'apprendre qu'il est condamné.
Ah oui, c'est moche.
Tiens, à propos de scanner Marie-France...
Faut vraiment que vous fassiez réparer celui de mon bureau...
Je m'en occupe, monsieur.
- C'est chiant ces trucs qui marchent jamais.
Oui effectivement, c'est...
- On voulait te dire que ta dernière version est bien meilleure.
- Mais on se demande si les guides de montagne
c'est pas une fausse bonne idée.
- Comment ça ? - On adore le scénario.
C'est juste le mot "Alpiniste".
On a peur que ça soit pas... très populaire, voilà.
- Adeline propose de les remplacer par une brigade fluviale.
C'est pas mal, non ?
Ben, c'est-à-dire que...
Il s'agit quand même d'un sauvetage en haute montagne.
- Après le boulot, les gens veulent pas se faire chier
avec un guide qui perd ses orteils dans une crevasse.
- Et on a toujours un problème à la fin...
Quand Bernard sauve la petite vieille de l'avalanche...
Désolé, on comprend pas ce qu'il fait.
- Hein, Sami ? - Hm ?
Sami, hou hou !
- Dans l'avant-dernière séquence, t'as Bernard qui sauve la vieille...
Après, il fait quoi ?
Il l'encule.
- Tu leur as dit ça ? - Et alors !
Mais attends, j'en pouvais plus !
Toute ma vie, j'ai accepté les pires compromis.
C'est fini.
Plus personne me dira ce que je dois faire.
- Tu veux que je te dise ? Des fois, je t'envie.
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