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Angleterre - 1 935
FlN
THE TRlALS OF ARABELLA par BRlONY TALLlS
- J'ai terminé ma pièce. - Bravo.
Avez-vous vu maman ?
Elle doit être dans le salon.
J'espère que vous ne nous dérangerez pas aujourd'hui, Mlle Briony.
On doit préparer un souper pour dix personnes.
- J'ai su que tu allais présenter une pièce. - Qui te l'a dit ?
Mystère et boule de gomme.
- Viendras-tu la voir ? - Je ne crois pas que ce serait...
Je pourrais la lire.
Tu m'offrais toujours une copie reliée de tes écrits.
- J'ai tout gardé. - J'aimerais que tu viennes.
- Laisse-moi la lire. - Je dois y aller.
Maman, j'ai besoin de vous !
C'est remarquable, chérie. Ta première pièce.
Croyez-vous que Léon l'aimera ?
Bien sûr que oui.
The Trials ofArabella, par Briony Tallis.
- Cee. - Oui ?
Comment ce serait d'être quelqu'un d'autre ?
Plus frais, j'espère.
- La pièce me préoccupe. - Elle sera un chef-d'oeuvre.
ll me reste peu de temps. Et si les jumeaux étaient mauvais ?
Sois gentille avec eux. Comment te sentirais-tu
si ta mère s'était enfuie avec le gars qui présente les informations ?
J'aurais peut-être dû écrire une histoire pour Léon.
Dans une histoire, on n'a qu'à écrire le mot "château"
et on s'imagine les tours, la forêt et le village, mais...
Dans une pièce, c'est...
ça dépend des gens.
- Cee. - Oui ?
Pourquoi ne parles-tu plus à Robbie ?
Je lui parle toujours, mais on évolue dans des cercles différents.
- On doit jouer dans une pièce ? - Pourquoi ?
- Pour célébrer la visite de mon frère, Léon. - Je déteste ça.
- Moi aussi. - Comment pouvez-vous haïr les pièces ?
- Ce n'est que de la frime. - Vous jouerez ou gare à vous.
- Et je le dirai aux parents. - Tu ne peux pas nous faire mal.
On est des invités. Comment les parents nous ont-ils dit de nous comporter ?
- Eh bien, Pierrot ? - Raisonnablement.
- Jackson ? Raisonnablement, voilà. - Raisonnablement.
Alors, Briony, de quoi parle la pièce ?
Eh bien, ça parle d'amour,
mais ça dit aussi qu'il ne faut pas perdre la tête.
- Et tu seras Arabella. - Pas nécessairement.
- Puis-je l'interpréter ? - Lola a déjà joué à l'école.
Dis oui. Ce serait la meilleure chose qui me soit arrivée depuis des mois.
Oui, d'accord.
J'imagine qu'on devrait la lire.
Si tu joues Arabella, je serai metteure en scène, c'est compris ?
Excuse-moi.
Je vais lire le prologue.
"Prologue.
"Voici l'histoire de la spontanée Arabella,
"qui s'est enfuie avec un homme extrinsèque.
"Ses parents furent peinés de voir leur aînée
"disparaître de la maison pour aller à Eastbourne."
Oui ?
- Rien. Je voulais regarder. - Les répétitions sont privées. Désolée.
Tu pourras voir la pièce ce soir.
- Je devrai travailler. - Je suis désolée, Danny.
- Peut-on aller se baigner ? - Oui, oui, oui !
- Non, on n'a pas le temps ! - Cécilia sera d'accord.
Une pause d'une demi-heure nous fera du bien.
Cécilia ? Cécilia !
Cécilia !
Cécilia ! Cécilia, Cécilia. Peut-on aller se baigner, Cécilia ?
Oui, je n'y vois pas d'inconvénients. Nagez près du rivage !
Tu me roules une de tes cigarettes bolcheviques ?
- C'est une belle journée. - Je trouve qu'il fait trop chaud.
- Aimes-tu le livre ? - Pas vraiment.
ça va s'améliorer.
Je préfère de loin Fielding.
ll est beaucoup plus passionné.
- Léon arrive demain. Le savais-tu ? - J'ai entendu la rumeur.
ll emmène un ami. Paul Marshall, le magnat du chocolat.
- Les fleurs sont pour lui ? - Et pourquoi pas ?
Léon dit qu'il est charmant.
Mon père a appelé hier. ll dit que tu veux être médecin.
- J'y pense. - Six autres années d'études.
- Comment faire autrement ? - En enseignant.
- Tu as une mention. - Je ne veux pas.
J'ai promis à ton père de le rembourser.
Ce n'est pas ce que j'insinuais.
- Laisse-moi t'aider. - ça va, merci.
- Prends les fleurs. - ça va. ça va.
Espèce d'idiot.
ça avait énormément de valeur.
Plus maintenant.
Attention !
Je suis...
Salut, Robbie !
Ne l'encouragez pas.
Cee ?
Maman ?
- Où sont-ils tous passés, Danny ? - Je ne sais pas, monsieur.
- Monsieur. - Je meurs de soif.
- En veux-tu un ? - Certainement.
- Un whisky ? - S'il te plaît.
- Léon ! - La voilà.
Tu m'as manqué. Je m'ennuie à mourir ici.
- Voici ma soeur, Cécilia. Paul Marshall. - J'ai entendu parler de vous.
- Moi aussi. - Où logera-t-il ?
Dans la chambre bleue. Maman se repose, elle a une migraine.
Je ne suis pas surpris avec cette chaleur.
La grande chambre près de la chambre d'enfants.
Le père reste en ville ?
On dirait bien. Une urgence au ministère.
- Va-t-on faire la pièce ? - Non.
- Pourquoi pas ? - Ne me le demande pas.
Je n'aime pas ça, ici.
Une nouvelle marque complique tout :
la publicité, l'emballage, la forme.
Même la saveur, parfois, ou une toute nouvelle technologie.
Le principal défi est de savoir s'il faut lancer la nouvelle Amo.
L'Amo de l'armée. Tu comprends ? ça ressemble un peu à "munitions".
D'après ma source au ministère,
dont j'ai déjà ciré les souliers, elle fera partie
des rations militaires.
Je devrai alors ouvrir au moins trois autres usines.
Encore plus quand la conscription sera obligatoire,
à moins qu'Herr Hitler ne se calme.
ll serait plus surprenant de le voir acheter
des actions de Marks and Spencer's, non ?
- Ce n'est pas très bon. - Je fais un cocktail avec des glaçons,
du rhum et du chocolat noir fondu. C'est tout simplement délicieux.
- Devine à qui on a parlé en arrivant. - À Robbie.
- Je lui ai dit de se joindre à nous ce soir. - Léon, pourquoi ?
Robbie est le fils de la gouvernante. Son père les a quittés il y a 20 ans.
ll a reçu une bourse au primaire, puis notre père l'a envoyé à Cambridge.
ll y a étudié en même temps que Cee, mais elle ne lui a pas dit deux mots.
ll ne pouvait s'approcher de ses amies snobs.
Quelqu'un a une cigarette ?
J'ignore pourquoi il perd son temps à faire du jardinage.
En fait, il veut étudier la médecine.
Le père est d'accord ?
Tu devrais aller le trouver et lui demander de ne pas venir.
Pourquoi ? ll s'est passé quelque chose entre vous deux ?
Pour l'amour !
- Quand rentrerons-nous à la maison ? - Bientôt.
On ne peut pas rentrer. C'est un divorce.
- Comment oses-tu dire ça ? - C'est vrai !
Ne répète plus jamais ce mot ! Tu comprends ?
- Et maintenant, que va-t-on faire ? - Je me le demandais justement.
Je m'appelle Paul Marshall. Vous devez être les cousins du nord.
- Comment vous appelez-vous ? - Pierrot.
- Jackson. - Des noms merveilleux.
- Connaissez-vous nos parents ? - J'ai lu à propos d'eux.
- Qu'avez-vous lu, au juste ? - Les absurdités courantes.
Je vous remercierais de ne pas en parler devant les enfants.
Vos parents sont des gens merveilleux.
lls vous aiment et pensent à vous tout le temps.
C'est un beau pantalon.
ll vient de Londres. On y a vu une pièce.
- Quelle pièce ? - Hamlet.
Ah oui ! "Être ou ne pas être."
J'aime vos chaussures.
Des Duckers achetés sur la rue Turl. lls font un moule en bois du pied.
C'est bon à vie.
J'ai faim. À quelle heure mange-t-on ?
Je pourrais y voir si vous devinez ce que je fais dans la vie.
- Vous avez une usine de chocolat. - Tout le monde le sait.
Vous n'avez pas deviné, alors.
On en retrouvera dans les rations des soldats britanniques.
- Enrobage en sucre pour éviter qu'il fonde. - Pourquoi ont-ils des sucreries gratuites ?
Car ils se battront pour leur pays.
Notre père dit qu'il n'y aura pas de guerre.
Votre père a tort.
- ça s'appelle l'Amo de l'armée. - Amo, amas, amat.
Parfait.
C'est ennuyant. Tout finit en o. "Polo" et "Aéro".
- "Oxo" et "Brillo". - Si vous n'en voulez pas,
je devrai la donner à votre soeur.
Mordez-la.
ll faut la morde.
La princesse connaissait sa méchanceté impitoyable.
Malgré tout, elle pouvait difficilement renier l'amour volumineux
qu'elle ressentait pour sir Romulus. La princesse savait d'instinct
que l'homme roux n'était pas de confiance.
Pendant que son jeune pupille plongeait dans les profondeurs du lac
à la recherche du calice enchanté, sir Romulus tortillait sa moustache touffue.
Sir Romulus chevauchait vers le nord avec ses deux compagnons, s'approchant
d'une mer étincelante.
À cause de ses manières héroïques et de ses paroles valeureuses,
personne ne se doutait de la noirceur
se cachant dans le coeur obscur de sir Romulus Turnbull.
ll était l'homme le plus dangereux au monde.
"Chère Cécilia, je t'écris pour m'excuser de mon comportement maladroit
"et sans égard."
"Pardonne-moi si ça paraît étrange, mais je..."
Dans mes rêves
J'embrasse ta chatte,
ta douce chatte mouillée.
Chère Cécilia, je comprendrais si tu me croyais fou
à cause de mon comportement d'aujourd'hui.
En vérité, je me sens un peu étourdi et idiot en ta présence, Cee,
et la chaleur n'en est pas la cause.
"Me pardonneras-tu ?
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