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CE FILM EST INSPIRÉ D'ÉVÉNEMENTS RÉELS S'ÉTANT DÉROULÉS À BARCELONE EN 2015.
LES INFORMATIONS PERMETTANT LEUR IDENTIFICATION ONT ÉTÉ EXCLUES
POUR PROTÉGER LES FAMILLES DES PERSONNES CONCERNÉES.
Attendez une seconde.
Si on raconte l'histoire, faisons-le bien.
Racontons-la depuis le début, avec tous les détails.
Quand les médias s'en son emparés, ils ont menti et exagéré.
On a beaucoup souffert.
Regardez !
Regardez combien j'ai souffert.
Ce sera comme une thérapie, ou une rédemption.
On dira la vérité, rien que la vérité.
Tous les coups sont permis.
Subjectivité. Reconstitution des événements.
Ma femme est une bombe. Une belle femme, magnifique.
INFORMATICIEN MARIÉ 10 ANS
La première fois que je l'ai vue nue,
c'était comme être devant l'autel de la Vierge Marie.
Imaginez, une femme comme ça, mariée avec moi.
Ma femme est la meilleure.
Elle aime le rock, elle est belle, drôle,
intelligente, maline...
SPÉCIALISTE DES FACES B MARIÉ 7 ANS
C'est la mère de mes filles.
Mais c'est comme ma mère aussi.
Elle s'occupe de moi.
Elle s'occupe vraiment de moi. Elle me fait bouger !
COMPTABLE MARIÉ 12 ANS
Elle a un corps parfait.
Ses yeux, ses cheveux, sa peau, son odeur...
Si vous la voyiez danser !
Et elle est intelligente, drôle, futée, amusante...
C'est une déesse. Une déesse, elle est époustouflante...
DIRECTEUR CRÉATIF MARIÉ 4 ANS
Mais...
Elle est très jolie.
Mais le seul problème, c'est que...
C'est que...
C'est que, vous savez...
Quand on ouvre un cadeau, c'est une surprise.
Mais si on ouvre le même cadeau cent fois ? Mille fois ?
Non, un million de fois. On fait quoi ?
On lui fait un bisou sur le front comme à sa petite-fille,
on lui pince les joues comme à un bébé.
On lui donne des surnoms mignons.
"Ma puce", "mon bébé".
On la voit comme quelqu'un de la famille,
comme une sœur, une cousine, une grand-mère.
Et coucher avec un membre de sa famille...
C'est de l'inceste, non ?
On est agacé par des petites choses qu'on ne voyait pas.
Les pieds sales.
Elle marche pieds-nus et elle se couche avec les pieds sales.
L'écharpe de grand-mère, le vieux pull, le maillot à col roulé...
On aime ce qu'il y a derrière l'apparence.
La crème de nuit. Sur son visage, sur tout son corps.
C'est comme dormir avec une poupée de cire.
On se considère chanceux.
Mais vous savez...
Elle ne...
D'accord. Je vais le dire.
Elle ne vous excite plus.
Vous l'aimez...
mais vous ne la désirez plus.
On était... Non, on est toujours de vieux amis.
On avait un serment qui disait :
"Je jure sur tous les plaisirs terrestres,
sur tous les vices et tout l'alcool,
que nous resterons toujours amis
quoi qu'il arrive,
même si c'est grave.
Peu importe ce que vous devenez. Amen !"
Amen.
Complètement inséparables.
On le disait tout le temps.
On a respecté notre serment,
on est allés à la fac et on est restés ensemble.
Enfin...
J'ai été le premier à me marier.
Marcos s'est marié, j'ai rencontré Nuria.
Le mariage, le travail, les responsabilités, les engagements...
C'est la vie, non ?
Puis on a tous reçu une invitation
à une réunion d'anciens élèves de notre lycée.
Je n'ai pas hésité.
C'était une occasion de revoir la bande.
Il fallait que j'y aille.
Comment ça va ?
Ils avaient vieilli.
Ils étaient plus vieux, plus chauves...
plus gros.
Il faut rester en forme !
Mettre de la crème, prendre du calcium, manger des bananes.
Où est Juan ?
- Pas encore là. - Il doit être en route.
Comment pouvait-on peser plus lourd avec moins de cheveux ?
Nous étions là, tous ensemble et...
Et c'était super de les revoir !
On s'est assis et on n'a pas arrêté de parler.
La vie est super, le travail est génial, la vie est fantastique.
La nuit a passé, on était saouls, le restaurant a fermé,
on ne savait pas où aller, et...
- Je crois que c'était Juan. - Je crois que c'était Carlos.
Je crois que c'était Marcos.
Je crois que c'était David.
Fais attention, mec !
OK ! Par là !
- Tu fais quoi ? - Tais-toi, OK ?
Fais gaffe, mec !
- Oh merde ! - Fais attention !
Vous pouvez faire moins de bruit ?
Arrête, merde !
Tu vas réveiller tout le quartier !
Attention à tes couilles !
- Tu n'as pas le vertige ? - Tais-toi !
OK. On y est !
Trop génial.
On avait de nouveau 15 ans.
Ouah. C'était fou.
Ça fait longtemps que j'ai pas fumé un joint.
Elle est bonne, hein ? C'est à mon cousin. Je lui en reprends ?
Oui !
Si ma femme apprend que je fume, elle va me couper la bite.
Fais-lui l'amour en rentrant, et ça ira.
Ouais. Je ne fais plus l'amour.
- Tu fais quoi, alors ? - Je suis un animal.
- Fini, l'homme-loup ! - Ouais !
Passe-moi le joint. Allez, mec !
Ouah, cette odeur !
Oui, ça pue.
Vous couchez beaucoup avec vos femmes ?
Ouais ! Je suis un étalon.
- Un étalon. Bien sûr. - Imbécile.
Mais combien de fois ?
Je ne sais pas. Par an ? Par mois ?
Par semaine.
Non, la semaine, c'est compliqué avec les filles.
Mais avec ma femme, on y arrive, de temps en temps.
Oui. Si on fait un effort, on peut le faire...
une fois.
- Une fois ? - Une fois.
- Et toi, Juan ? - Plus ! Beaucoup plus.
Et toi, Carlos ?
Je ne sais pas, une ou deux fois.
Donc vous êtes comme moi, non ?
Comment ça ?
Vous n'avez pas envie de coucher avec votre femme.
- Qu'est-ce que tu dis ? - N'importe quoi, mec.
Parle pour toi !
OK, d'accord ! Ne vous énervez pas !
Pendant la semaine,
ma belle-mère dort chez nous
pour aider avec les filles.
La passion s'étiole.
La passion ne s'étiole pas. La passion, c'est la passion.
On a accepté ça comme si c'était normal.
Ça ne vous inquiète pas ?
Ça ne vous inquiète vraiment pas ?
Ça ne vous inquiète pas ?
David.
Moi, ça m'inquiète.
Merde alors ! Un gars honnête !
Alors, tu fais quoi ?
Je ne sais pas. Je peux faire quoi ? Rien.
Rien du tout.
Certains soirs, je n'ai pas envie et je m'enferme dans la salle de bain.
J'ouvre le robinet, je laisse l'eau couler...
Et j'attends qu'elle s'endorme.
C'est comme ça.
- J'ai une technique secrète. - Ah bon ?
Le sexe télékinésique.
Quand je suis au lit avec ma femme, j'imagine une autre femme.
Ça casse la monotonie.
Avec ma méthode, j'ai couché...
avec Sara Carbonero, Beyoncé,
- même Letizia. - Letizia ?
Elle est maigre, mais c'est la reine !
Mince, on n'est pas en forme.
Ce n'est pas grave, si ?
L'autre soir, je suis sorti du boulot plus stressé que d'habitude.
Je suis entré dans un bar disco.
Il y a du bonheur, de la vie...
Des gens qui s'amusent, des femmes !
Vous voyez, des femmes ?
Je me suis enfui, terrifié, j'ai paniqué.
Je suis rentré et je ne pensais à rien d'autre.
J'avais besoin d'aller boire, danser, me torcher.
Putain, j'avais besoin de vous.
J'avais besoin de tomatifier.
- "Tomatifier". - Pfiou !
On était mariés !
"Tomatifier."
C'était notre mot pour aller draguer des filles,
quand on était jeunes.
Ça semblait tellement loin.
Il était très tard et on travaillait le lendemain
donc on s'est dit bonne nuit, et on est rentrés.
Il était si tard qu'il faisait jour.
On est tous rentrés.
Mais quelque chose avait changé.
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