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Votre patron vous a donné cette usine.
Que pensez-vous de son geste?
Le vrai héros dans tout ça, c'est votre patron.
Ne vous prive-t-il pas de l'espoir d'une révolution future?
Est-ce un acte isolé
ou correspond-t-il à une tendance du monde moderne?
A une tendance du monde moderne.
Il semble s'agir d'une nouvelle forme de course au pouvoir.
N'est-ce pas un premier pas
vers une transformation des hommes en petits-bourgeois?
La bourgeoisie n'arrivera jamais à faire des hommes des bourgeois.
Alors, un bourgeois, par ce geste original,
commet donc une erreur?
Je ne peux pas vous répondre.
La bourgeoisie change de façon révolutionnaire.
Si la bourgeoisie faisait de l'humanité une bourgeoisie,
elle n'aurait plus à triompher d'une lutte de classe
ni avec l'armée, ni la nation, ni l'Eglise confessionnelle.
Sans des alliés naturels, elle est destinée à perdre cette lutte.
Nous voilà devant de nouvelles demandes, qu'il faut répondre
Il faut répondre à ces demandes, de la nouvelle bourgeoisie...
THÉORÈME
Sous-titres et réencodage : Lucas DI NUZZO
"Et Dieu conduisit son peuple au désert..."
Arrive demain.
Mets-nous de la musique.
Alors, tu te sens mieux?
Ce n'est rien.
Ce n'est pas très confortable.
Mais non, ça va...
C'est une véritable invasion!
C'est ici que je couchais, quand j'étais gamin.
Excuse-moi...
Je suis ici.
Excuse-moi...
Voilà tes amis.
Tu es un vrai sportif.
Je te présente mes amis...
Mais quelle heure est-il donc?
Je ne sais pas. Quelle importance?
Il est six heures!
Ça parle d'un homme malade, comme moi.
"Dans un tel état, lvan Illitch trouva une consolation.
"Guérassime était chargé du nettoyage.
"C'était un jeune paysan propre, sain..."
Merci.
Que lis-tu?
"Elle était toute sa vie.
"Le tour de bonté serait plus long à se reproduire qu'une étoile."
"L'Adorable qui s'était rendue chez moi
"n'est pas revenue et ne reviendra jamais."
Tu n'es pas comme Guérassime.
C'est difficile de t'affronter...
Il y a deux raisons qui m'obligent à te parler.
La première, c'est mon sens moral.
Et puis, quelque chose de confus...
que je n'entrevois clairement qu'en te parlant.
Tu m'as séduit, mon Dieu! Et je me suis laissé faire.
Tu m'as violenté et tu as gagné.
Je suis la risée de tous,
on se moque de moi.
La calomnie hurlait, autour de moi:
"Dénoncez-le!" ...et tu m'as accusé.
Mes amis gueulaient ma chute.
"Il se laissera sûrement séduire. Alors nous vaincrons.
"Nous prendrons sur lui notre revanche."
Comment?
Alors tu parles?
Je suis tellement content.
Je dois m'en aller...
demain.
Je ne me reconnais plus.
Ce qui me faisait de moi l'égal des autres, n'existe plus.
J'étais comme les autres, avec de nombreux défauts bien-sûr.
Les miens et ceux de mon monde.
Tu m'as soustrait à l'ordre naturel des choses.
Je ne m'en suis pas rendu compte lors de ton séjour.
Je m'en aperçois, alors que tu t'en vas.
En te perdant, je prends conscience de ma diversité.
Qu'adviendra-t-il de moi?
Ce sera comme vivre tout près d'un autre moi-même,
qui n'a rien de commun avec moi.
Dois-je toucher le fond de cette diversité
que tu m'as révélée,
et qui est ma vraie nature angoissée?
Sans le vouloir,
ne vais-je pas tous me les mettre à dos?
Je n'ai jamais eu...
d'intérêt pour rien.
Je ne parle pas d'intérêts majeurs...
mais simples, comme ceux de mon mari pour son usine,
de mon fils pour ses études, de ma fille pour la famille.
Moi... Rien.
J'ignore comment j'ai pu supporter un tel vide.
et pourtant je l'ai fait.
S'il existait quelque chose...
un amour instinctif, contre cette vie stérile..
comme un jardin, où plus personne ne passe.
Ce vide était en fait plein de valeurs erronées
et d'un horrible fouillis d'idées fausses.
Je m'en rends compte aujourd'hui.
Tu as rempli ma vie d'un intérêt total et réel.
Ton départ ne détruit rien de ce qui était en moi,
sauf une réputation de bourgeoise chaste.
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