প্রথম 200টি লাইন।
J'ai grandi entre marées et marécages, sur une île de la Caroline.
Nous habitions une petite maison blanche...
gagnée par mon arrière-arrière-grand-père...
Winston Shadrach Wingo...
au cours d'une partie de fer à cheval.
Le dernier arrivé est un cornichon !
Les garçons, attention !
- On fait la course. - Attends.
Certaines familles vivent sans qu'il ne leur arrive rien d'intéressant.
Cours moins vite, Tom !
Je les envie.
Luke, laisse ce chien tranquille.
C'est mon chien !
Tu vas lui marcher dessus. Il est petit !
Maman, tu m'as vue courir ?
Savannah, tu veux un bonbon ?
Les garçons, vous en voulez ?
Arrête de hurler, Savannah.
C'est ton tour, Tom.
Fils d'une femme superbe et d'un pêcheur, les bateaux me fascinaient.
Luke, il me pousse.
C'est pas vrai !
J'adorais naviguer sur le crevettier de mon père, entre les bancs de sable.
J'imagine qu'Henry Wingo aurait pu être un bon père...
s'il n'avait pas été si violent.
De ma mère...
j'ai hérité l'amour de la langue et la connaissance de la nature.
Avec elle, une balade sur l'île...
devenait un voyage plein de découvertes.
Pour moi, elle était la femme la plus extraordinaire du monde.
Je n'étais pas le premier fils à se tromper sur sa mère.
J'en ai marre...
que tu me manques de respect dans ma propre maison !
J'ignore quand mes parents ont commencé à se faire la guerre.
Mais je sais qu'on était leurs seuls prisonniers.
Attendez, je perds mes chaussures !
Allez, Savannah.
Pour nous évader, mon frère, ma sœur et moi avions inventé un rituel.
On retrouvait un monde de silence et de réconfort, dénué de douleur.
Un monde sans mères et sans pères.
Nous formions un cercle lié par la chair, le sang...
et l'eau.
Quand nos poumons nous lâchaient, nous retrouvions la lumière...
et la peur de ce qui nous attendait à la surface.
Tout cela remonte à bien longtemps...
avant que je ne décide de perdre la mémoire.
Papa !
Quelque chose m'a mordue !
M. Brighton, vous vendez de la drogue à mes filles ?
Arrête de nous embêter, papa.
- Au revoir M. Brighton. - Venez. Il est tard !
C'est une conque.
Invite-le. Je l'enverrai au lycée.
C'est un garçon ?
On va l'examiner.
Je vous ai expliqué les choses de la vie ?
Pitié, pas ça, encore !
Évitez les garçons, c'est qu'un tas de cochons...
qui pissent sur les buissons et se curent le nez.
C'est dégoûtant !
Complètement dégoûtant !
Moi, je ne vais pas les éviter.
C'est ça, n'écoute jamais tes parents !
Maman, regarde ce que j'ai trouvé !
Si tu continues à fumer, tu vas mourir. Ils l'ont dit à l'école.
Alors, arrête l'école.
Papa recommence à fumer !
Tu sais ce que tu dois faire. Mets-la dans l'évier.
Fais-moi un bisou.
Je veux jouer.
Vous avez l'air fatigué, docteur. Un petit verre ?
Avec plaisir. J'ai eu une dure journée.
C'est pas facile d'être une sainte.
Sal, tu réponds ?
Ça sent bon.
Papa, viens jouer avec nous.
Plus tard.
Ta mère, sur son portable.
Je suis pas là.
Entendu, Lila. Elle arrive.
Fallait dire qu'on était en quarantaine.
Elle a dit qu'elle voulait te voir.
- Elles partagent pas ! - Débrouillez-vous.
C'était urgent. Elle pleurait.
Mais elle pleure tous les jours !
Sois gentil avec elle, Tom.
Je déteste ma mère. Et j'adore ça !
Ne me prive pas de ce plaisir.
On parle d'autre chose ?
- De quoi ? - De nous.
Alors, il me faut un bon verre.
Les filles ?
- Les filles ! - Quoi ?
Qui vient sur mes genoux ?
- Il y a de l'argent en jeu. - D'accord !
J'ai une question importante à vous poser. Soyez franches.
- Je la connais déjà ! - Qui est l'être le plus formidable ?
Maman ? Il faut que je change de numéro.
Venez, tout le monde.
C'est l'heure du bain.
Toutes à l'inspection ! Lila arrive.
"Lila." Pourquoi on ne l'appelle pas mamie ?
- Attends d'être grand-mère. - Ah bon ?
Allez, dans la baignoire !
Ça te dit, une bouillabaisse ?
On pourrait manger normalement ?
On pourrait parler sérieusement ?
Ma mère arrive ! Tu trouves pas que l'air est plus épais ?
Parfois, je me dis qu'une bonne claque te ferait du bien !
La voilà ! Attache cet ail autour de mon cou !
On doit l'inviter à dîner ?
Elle ne restera pas. Tu le sais bien.
On l'invite, alors.
Lila.
Bonjour, ma chérie.
Ces arbustes ont besoin d'eau.
Oui. Je vais m'en occuper.
- Tu as bonne mine. - N'en fais pas trop.
- Tu restes dîner ? - Je ne reste pas longtemps.
Quel dommage !
Où sont les enfants ?
Dans leur bain. Pourquoi ?
J'ai de mauvaises nouvelles.
On t'a retiré ta carte de crédit ?
Ta sœur a encore essayé de se suicider.
Toujours envie de rire ?
Mon Dieu... Quand ça ?
Je ne sais pas trop.
On l'a trouvée dans le coma.
Comment elle va ?
Elle est vivante, heureusement.
J'ai parlé à son psychiatre.
Une juive de New York.
Elle veut qu'on y aille. J'ai dit que tu irais.
Elle est psy et juive, donc tu n'y vas pas ?
Je n'ai pas dit ça ! Mais j'ai peur de ne pas être la bienvenue.
Savannah va me faire des reproches. Mes enfants m'en font tous.
Tiens, un brin de culpabilité ?
Ne me sers pas ta psychologie de bazar !
Vas-y, dis-le !
Je suis la cause de tous vos maux, et du fait que tu sois au chômage !
Un coup bas !
Tu n'as pas commencé, peut-être ?
Je dois rester. C'est l'anniversaire de ton beau-père.
Moi aussi. Je dois laver le collant de Sally !
Au pressing.
Monte donc un spectacle comique !
Ça paie mieux que d'être prof...
Indigne de moi, hein ?
Indigne de tes capacités, oui.
Qu'est-ce que t'en sais, de mes capacités ?
Ça suffit, maintenant, vous deux !
Désolée que tu aies de la peine.
Tu voulais qu'on parle ?
Ça peut attendre.
Marchons un peu.
À quoi tu penses ?
J'essaie de comprendre à quel moment ça a merdé.
Et puis, j'ai peur que les Braves perdent.
J'ai pas le cœur à rire.
Allez, Sally...
Tu sais que tu ne m'as pas touchée depuis des semaines ?
Ma vie est sens dessus dessous.
Notre vie, tu veux dire.
Regarde, la Grande Ourse !
J'en ai rien à foutre, de la Grande Ourse !
C'est de nous que je me préoccupe !
Et de savoir pourquoi tu t'éloignes de moi.
Je croyais que ça pouvait attendre.
J'attends depuis deux ans. Depuis que Luke est mort.
Je sais ce que tu ressentais pour lui.
Mais je ne sais plus ce que tu ressens pour moi.
T'es pas la seule, moi aussi j'ai des doutes sur tout.
Tu es pitoyable.
C'est pas à nous qu'il faut se plaindre !
Faites dégager ce camion !
Allez, je suis pressée !
J'ai rendez-vous chez le médecin.
À quoi ça vous sert de klaxonner ?
Seule ma sœur pouvait m'attirer dans cette ville infernale.
La ville dont le vacarme vous anéantit.
Elle adorait ça. Les voyous, les poivrots...
les clochardes, le bruit omniprésent...
Elle adorait ça, parce que ça ne ressemblait en rien à notre enfance.
Luke et moi, on détestait cette ville pour les mêmes raisons.
Vous...
Bonjour.
Je suis le Dr Lowenstein. Tom, c'est bien ça ?
Oui, madame.
Entrez donc.
Laissez vos affaires.
Je m'allonge sur le divan, ou on échange d'abord des banalités ?
Une tasse de café ?
On commence par les banalités.
Oui ou non, pour le café ?
C'est oui, madame.
Lait et sucre ? Et ne m'appelez pas madame.
C'est mon éducation. Et je suis un peu tendu.
Juste du lait.
Pourquoi êtes-vous tendu ?
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