প্রথম 200টি লাইন।
"Veuillez descendre du train ! Veuillez descendre du train" !
"Journaux de toute l'Europe" !
Examen des passeports à l'intérieur, s'il vous plaît.
Quelle est encore cette stupidité à propos de passeports ? Des passeports à la frontière, voyez-vous ça !
Il y a de l'agitation politique dans ces contrées.
- Prix spéciaux pour le Couronnement ! - Prix spécialement élevés.
Tous les passeports sont examinés à l'intérieur. Veuillez entrer.
"Rodolphe Rassendyll, sujet britannique. En voyage d'agrément."
Dans quel hôtel descendrez-vous à Strelsau, Monsieur Rassendyll ?
Oh, je n'y ai pas encore songé.
Vous feriez mieux d'y penser, si vous ne voulez pas dormir à la belle étoile.
Signalez votre adresse à la police dans les 24 heures suivant votre arrivée dans la capitale.
Ce sont les ordres.
En y repensant, je n'irai pas à Strelsau avant que le Couronnement soit passé.
J'espère que cela ne vous offense pas, mais, vous voyez, je suis né...
avec un dégoût naturel des foules.
Et, en vérité, je ne suis venu dans votre pays que pour...
Je vous demande pardon, quelque chose ne va pas ?
Bien sûr, je suis conscient qu'on ne s'habille pas ainsi en Ruritanie...
mais, vous voyez, nous ne portons pas les mêmes vêtements que vous en Angleterre !
Examen des bagages, par ici.
Merci.
Merci infiniment de me faire me sentir comme chez moi si rapidement.
Votre train, Monsieur ! Votre train est reparti !
Je ne vais pas assister au Couronnement. Les meilleurs coins pour pêcher se trouvent par ici. Pardon.
Et je suis venu pour ça, la pêche, pas les couronnements.
Je n'aime pas les couronnements et j'apprécie la pêche.
Maintenant, soyez assez aimable pour m'indiquer où je dois me rendre pour obtenir une licence de pêche...
Êtes-vous stupide ?
Si je fascine vos truites autant que vous paraissez l'être,...
je vais faire une très bonne pêche !
Que je sois damné !
Rasez-le, et on ne pourrait le distinguer du Roi !
Pourrais-je connaître votre nom, Monsieur ?
Puisque vous semblez avoir une longueur d'avance sur moi,...
veuillez vous présenter d'abord.
Voici le Colonel Sapt, et je m'appelle Fritz von Tarlenheim.
Nous sommes au service de Sa Majesté le Roi.
Je suis Rodolphe Rassendyll, voyageur anglais,...
récemment encore au service de la Reine Victoria .
- Rassendyll ? - Alors, nous sommes tous frères d'armes !
Rassendyll ! Par le Ciel, votre visage vous trahit !
- Vous connaissez l'histoire, Fritz. - Oh, oui, j'en avais entendu parler.
Alors, ce honteux secret n'est pas seulement connu des Rassendyll ?
- Fritz ! Où êtes-vous ? - Ici, Votre Majesté !
Diantre, je croyais vous avoir perdu.
Qui est ce gentilhomme ?
Un de vos parents, en quelque sorte, Sire.
Un parent ? Que voulez-vous dire, un parent ?
C'est quelque chose dont je ne puis être rendu entièrement coupable, Votre Majesté.
Qui est responsable, alors ?
Si vous me permettez une suggestion, je dirais que les torts sont également partagés...
entre votre arrière-arrière-arrière-grand-père Rodolphe...
et mon arrière-arrière-arrière grand-mère Amélie.
- Quoi ? - C'est juste, par le Ciel !
- Cet homme est un Rassendyll d'Angleterre. - D'Angleterre ? Un Rassendyll !
Et, depuis l'époque d'Amélie, Sire,...
les traits des Elphberg ressurgissent chez l'un d'entre nous, de temps en temps.
Quelle heureuse rencontre, cousin !
Vous devez me pardonner ma surprise excessive.
On ne s'attend pas à voir double si tôt dans la journée, hein, Fritz ?
Que venez-vous faire en Ruritanie, cousin ?
Je dois admettre, Sire, qu'il est possible que je sois coupable...
de la même offense que notre ancêtre commun.
- C'est-à-dire ? - Pêcher en eaux interdites.
C'est bon, c'est très bon ! Cet homme a de l'esprit.
Vous devez assister à mon couronnement demain.
Je donnerais mille couronnes pour observer le visage de Michel...
quand il nous verra tous les deux.
Mais vous ne connaissez pas mon frère Michel, n'est-ce pas ?
J'ai peur, Sire, de ne pas avoir cet honneur.
Nous devons remédier à cela au plus tôt, hein, Fritz ?
Vous allez venir vous installer dans mon pavillon de chasse.
Et, ce soir, Nous vous offrirons un dîner vraiment royal.
Nos ancêtres ont laissé quelques bonnes bouteilles ici, au pavillon, cousin.
Ils n'ont certainement jamais pensé que certaines d'entre elles vous étaient réservées.
Cela reste en famille. Cela reste en famille.
- Je lève mon verre, cousin Rodolphe. - Je vous écoute.
Un toast.
Un toast à notre ancêtre, ce scandaleux fripon Rodolphe II, Dieu le bénisse.
À Rodolphe II.
Un toast.
Avec votre permission, Sire,...
je propose que nous levions aussi nos verres en l'honneur de mon arrière-arrière-arrière grand-mère Amélie.
Splendide !
Un toast.
- À l'arrière-arrière-arrière grand-mère Amélie ! - À l'arrière-arrière-arrière grand-mère Amélie !
Un toast.
- Avec votre permission, Sire ? - Permission accordée.
- Un autre toast, par tous les saints ! - Un toast.
- Voyons, à la santé de qui boirons-nous ? - À celle de votre frère Michel, peut-être ?
À Michel ? Pourquoi gâcher du bon vin ?
Non, je vais vous dire un secret à propos de mon frère Michel.
- Il ne m'aime pas. - Pas possible ?
Non. Michel pense que le monde est à l'envers.
Il croit qu'il devrait être à ma place, et moi à la sienne.
Mais ne perdons pas un temps précieux à parler de Michel. Portons un toast à...à ma cousine Flavie.
Bientôt mon épouse et ma reine.
Volontiers.
Oh, c'est pitié que vous ne puissiez la rencontrer.
Eh bien, du moins, on ne cesse de me répéter que c'est dommage. Je ne l'ai pas vue depuis des années.
Nous ne nous entendions pas très bien, alors. Peut-être cela aura-t-il changé.
Oh, je l'espère de tout mon coeur, Sire, puisque vous devez l'épouser.
On dit qu'elle est beaucoup trop bien pour moi. C'est probablement le cas.
Vous savez ce qui se colporte à mon sujet, n'est-ce pas ? Je bois trop.
Je suppose que vous savez ce que vous pouvez vous permettre en cette matière, Votre Majesté.
Oh, je me suis souvent enivré en mon jeune temps, je ne le nierai pas.
Mais demain,...
dans la cathédrale,...
quand ils poseront la couronne sur ma tête et me proclameront leur Roi,...
je serai leur Roi pour le restant de mes jours.
Ce soir,...
Ce soir, je bois avec mes amis.
Mon ami.
Vous savez, je vous aime bien, Rassendyll. Vous êtes un brave garçon.
Oh, vous êtes un Anglais, mais vous êtes un brave garçon.
Je veux lever mon verre à votre santé.
Le Diable l'emporte, pourquoi n'y a-t-il plus de vin ? Joseph ! Joseph !
Je me dois de vous rappeler une fois de plus vos obligations pour demain.
- Quoi, de nouveau ? - De nouveau.
Eh bien, qu'il en soit ainsi, vous me les avez rappelées. Maintenant, asseyez-vous et prenez un verre.
- Votre devoir, Sire. - Mon devoir, mon devoir, alors que je vis mon ultime soirée d'homme libre ?
Je remets en question votre liberté de vous enivrer au point de...
e plus être en état d'être couronné demain.
Je me demande de quel droit vous osez me dire cela !
J'ai servi votre père toute sa vie, Sire !
Je suis outré que vous osiez mêler mon père à cette discussion !
Votre père connaissait ses obligations envers la Couronne !
Et moi pas.
C'est bien ce que vous voulez dire ?
Il n'a jamais pensé à lui-même, ou à ses plaisirs personnels !
Il n'a jamais oublié qu'il était le Roi !
Avec votre permission, Votre Majesté.
Sapt ?
- Que veux-tu ? - La bouteille du cru 1868, Votre Majesté. Vous m'avez envoyé la chercher.
Vraiment ?
- Joseph. - Votre Majesté ?
J'ai beaucoup trop bu.
- Remporte-la, ça vaut mieux. - Oui, Votre Majesté.
Non, attends, attends, nous avons un invité.
Un garçon merveilleux. Un Anglais.
Un garçon merveilleux, Joseph, mais il ne tient pas la boisson.
Je peux boire. Je suis le Roi.
Va te coucher, Joseph.
- Bonne nuit, Votre Majesté. - Bonne nuit.
Dors bien, Joseph.
Que tout le monde dorme bien.
Tout le monde dort, sauf le Roi.
Je n'apprécie pas beaucoup cette plaisanterie, Monsieur !
Vous croyez que c'en est une, hein ?
Hélas non, l'Anglais.
Quelle soirée, n'est-ce pas ?
- Que s'est-il passé ? - Joseph l'a découvert étendu sur le sol ce matin.
Vous n'avez pas bu de cette dernière bouteille, je suppose ?
- Non, pas que je m'en souvienne. - Non, je crois que ce serait le cas si vous en aviez bu.
- Pourquoi ? Ce vin était-il drogué ? - Il l'était.
- Eh bien, avez-vous appelé un médecin ? - Non, il n'y en a aucun dans les environs.
Et mille médecins ne le feraient pas revenir à lui ce matin. J'ai reconnu le soporifique utilisé.
Le Roi ne bougera pas avant sept ou huit heures, au mieux.
- Mais comment ? Pourquoi ? Qui ? - Qui d'autre que Michel ?
- Qui d'autre ? - Michel !
- Son frère ? - Son demi-frère.
La mère du prince Michel était de trop humble extraction pour être admise à la Cour.
Mais c'est stupéfiant ! Impossible ! Qu'est-ce qui a bien pu traverser l'esprit de Michel ?
Il veut que la Couronne lui soit offerte par le peuple.
Il désire apparaître comme celui qui va le sauver des foucades d'un Roi incompétent.
Si Rodolphe n'est pas couronné aujourd'hui,...
il ne sera jamais Roi.
L'Anglais, je suis beaucoup plus âgé que vous.
Quand il vieillit, un homme commence à croire au Destin.
Le Destin vous a amené ici. Il vous envoie maintenant à Strelsau.
- Quoi ? - Cela paraît fou, n'est-ce pas ?
Mais, sans votre barbe, je parierais que vous pourriez tromper jusqu'à votre propre frère.
Vous délirez !
Mieux vaut tenter cette chance que se résigner à l'avènement de Michel.
Mon cher Colonel, je suis venu dans ce pays pour pêcher. J'aime la pêche.
Je suis un Anglais ordinaire.
Je ne saurais par où commencer pour agir en Roi, même si j'essayais.
Je ne bernerais personne.
Pourquoi souriez-vous ?
Quel spectacle ce serait, pas vrai ?
La cathédrale pleine comme un oeuf.
Les grandes orgues tonnant et moi, agenouillé pour être couronné.
Votre bon ami Michel s'avance et crie : ...
"Ce n'est pas le Roi. C'est un Anglais appelé Rodolphe Rassendyll !"
Non, j'ai peur de ne pouvoir accepter, Messieurs.
Alors, Michel deviendra Roi ce soir.
Et le vrai Roi moisira dans une geôle ou dans sa tombe.
Après tout, ce ne serait que pour une journée, n'est-ce pas ?
Ce soir même, vous aurez repassé la frontière en toute sécurité.
Roi pendant un jour.
Et si j'échouais, qu'arriverait-il ?
Cela signerait votre condamnation à mort, la mienne et celle de Fritz.
Diantre, je m'étais pourtant bien habitué à cette barbe.
J'espère que la couronne m'ira mieux.
- Qu'allons-nous faire du Roi, Monsieur ? - Le cacher.
Nous ne pouvons risquer que les sbires de Michel le découvrent.
- Au cellier, ce sera le mieux. Soulevez-le. - Et s'ils fouillent la demeure ?
- Joseph les en dissuadera. - Je sais, Monsieur, mais...
Ce n'est pas un jeu ! Vous croyez que je ne mesure pas les risques ?
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