প্রথম 200টি লাইন।
La Havane, 1979
On aurait pas pu aller ailleurs ?
L'endroit n'est pas important, Vivian.
J'ai l'impression qu'on est venu ici pour faire quelque chose de mal.
On a déja parlé de ça.
Oui, mais...
M'amener dans un hôtel à deux balles avec des trous dans le mur !
Il n'y a pas de trous, mon amour.
Qu'est ce qu'il fait chaud ! J'enlève ma chemise.
Enlève ton haut.
Eteinds la lumière.
Il faut que j'aille aux toilettes.
Tu m'invites au cinéma mais en fait c'était que pour ça !
Je t'aime, Vivian.
Et tu me montres ton amour en m'amenant dans cet endroit ?
Tout ce que tu veux c'est le sexe, comme tous les hommes.
C'est toi que je veux, pas le sexe.
Je vais te le prouver.
Je ne te toucherai pas tant qu'on ne sera pas mariés.
Et dans un hôtel cinq étoiles.
Habille toi, on s'en va.
Quoi ?
FRAISE ET CHOCOLAT
Vivian ! Vivian arrive ! Mon Dieu, qu'est ce qu'elle est belle.
En vertue des articles 24-28...
Voulez-vous la prendre pour épouse ?
Oui.
Je peux ?
Je n'ai pas pu résister à la tentation.
J'adore la fraise !
C'est la seule bonne chose produite à Cuba.
Bientôt ils l'exporteront, et nous on aura du sucre, de l'eau.
Aujourd'hui c'est mon jour de chance !
Je ne trouve que des choses formidables.
Vole sur les ailes de l'imagination.
C'est le seul moyen possible.
J'ai le Cahier du Cinéma.
Tu t'intéresses à Vargas Llosa ?
Il m'a dédicacé ça mais j'en ai une autre copie chez moi.
J'ai aussi les oeuvres de Severo Sarduy et Gaytisolo.
Tu veux qu'on aille les chercher ?
Je ne vais pas chez les étrangers.
Ne rate pas l'occasion, chéri. Où trouverais tu ces livres sinon ?
D'accord !
Tu ne lis que des livres autorisés par la Ligue de la Jeunesse !
Couvre-les, mon ami...
Sois imaginatif !
Je n'en ai pas besoin. Je lis ce que je veux...
et je n'ai pas envie de parler.
Je te connais.
Je t'ai vu plusieurs fois sortir de l'université.
Ce n'était pas moi.
Bien sûr que c'était toi !
Ce n'était pas moi !
Désolé !
Camarade Torvaldo.
Tout ce que je voulais c'était te prêter des livres...
et te donner une photo de toi dans "La Maison des Poupées."
Des photos de moi ?
Nora et Torvaldo... Vous étiez superbes.
- Et ces photos ? - De la pièce.
Je suis photographe ; j'en ai plein.
Elles rendent fous tous ceux qui les voient.
Alors donne les moi !
Si tu les veux, elles sont à toi.
Elles sont où ?
Chez moi.
J'habite par ici.
Avec mes parents, mes neveux et tantes, qui ne sortent jamais.
D'accord, allons-y, mais je les veux toutes !
Laisse moi finir ma glace.
Prêt !
Tiens-moi les.
- Vous payez pour tous les deux ? - Oui. Gardez la monnaie.
Viens, chéri, tu ne peux pas partir sans tes photos.
Sors, chéri ! On est écrasées comme des sardines, derrière.
Quoi, maintenant ?
Juste une chose... Ne te fais pas de fausses idées.
Qu'est ce que tu veux dire, petit ?
Il parait que tu me veux morte
Pour avoir ruiné ta réputation
Qui est-elle ?
La Surveillante de Voisinage.
- Et alors ? - Je ne l'aime pas.
Bienvenue dans mon repère.
Tout le monde n'est pas le bienvenue ici.
Rentre donc.
N'aies pas peur.
Ces sculptures...
sont fantastiques.
Faites par un jeune artiste, Germán. Il est très talentueux.
On va faire une exposition... qui sera un succès...
bien qu'on ait encore besoin de régler quelques choses...
ça je l'ai eu par un ami d'une ambassade.
Où est tout le monde ?
Maman !
Papa ! Tata Chucha !
Les jumeaux !
Ils ont du sortir faire la queue pour manger.
Comme tu veux.
Ca sera plus facile pour les voisins.
Je vais faire du thé pour nous détendre.
Non ! Je ne bois pas de thé. Donne-moi les photos.
Les photos ?
Oui, mais il faut que je les trouve...
La dernière fois que je les ai vues...
Je crois qu'elles sont dans cette boite !
Cherche pendant que je fais le thé.
Je ne peux pas manquer à mes devoirs pour un tel invité de marque.
Fais comme chez toi. Assieds-toi dans ce fauteuil.
Il est spécial.
Rocco, tu coules encore !
Imbécile !
Rocco, j'en ai marre de ca !
Tu ne les as pas trouvées ?
Ne t'inquiètes pas, on va les chercher dans cette autre boite.
Tu veux du citron ?
Je t'ai dit pas de thé. Je n'ai pas mal au ventre.
Laisse tomber et trouve mes photos. Il faut que je sois quelque part à 5:00.
Alors je te fais un café !
Les gens civilisés boivent du thé, mais pas nous.
Nous on préfère le café.
Nous les noirs on boit du café
Fais comme chez toi, mon ami. Assieds-toi dans ce fauteuil ; il est spécial.
Quand je lis John Donne ou Cavafis, c'est là que je m'assieds.
De magnifiques poètes. Tu as entendu parler d'eux ?
Comment un pays peut-il avancer...
si sa jeunesse ne connait pas John Donne ou Cavafis ! Là...
Je les fais toujours découvrir aux jeunes.
Tu seras le prochain.
Je vais mettre de la musique pour que les voisins ne nous entendent pas.
Je l'ai appris par la Surveillante qui l'a appris par la Sécurité.
Ecoute les.
Qu'est-ce que tu préfère ? Maria Callas, Teresa Stratas, Renata Tebaldi ?
Ou tu préfères Goldfinch de Cienfuegos ?
Mon Dieu, quelle voix !
Pourquoi ne trouve t'on pas de voix pareil sur cette île ?
On a tellement besoin d'une nouvelle voix !
On en a marre de Maria Remolá !
Sortez, voisins !
Les oignons sont enfin arrivés au marché
Les oignons sont arrivés ?
Non.
Désolé ! Je pensais que Dieguito était tout seul...
puisque la porte était ouverte.
Qui était-ce ?
La Surveillante.
Qu'est ce que je te disais...
Celles-ci ne sont pas les tiennes.
Alors, donne-moi les miennes.
D'abord, le café.
Assieds-toi, petit. N'aies pas peur, je ne mords pas.
Excuse moi ! Mon Dieu ! Je t'ai brûlé ?
Je suis confu ! Comment cela a-t-il pu arriver ?
Fais moi voir.
Vite, enlève ta chemise. Ca va partir.
- Donne-moi un torchon mouillé. - Non, enlève ta chemise !
Je suis gêné ! C'est allé si vite...
- Donne moi quelque chose à mettre. - Bien sûr.
Prends ca.
Pourquoi ca m'arrive à moi ?
Ma chemise neuve !
Regarde, pas de trace de tâche.
Je suis désolé.
Je sais... Je vais me faire pardonner.
Goute ce thé.
Il vient d'Inde.
Les personnages de Dostoyevski buvaient du thé...
et les Anglais, bien sûr.
00, toute l'Angleterre...
s'assied pour le thé. Quelle heure est-il ?
5:00. Tu vois, je t'avais dit qu'il fallait que j'aille quelque part.
Il est magique !
Goute-le et dis-moi.
Alors ?
Il manque de sucre.
Ca serait un crime. Re-goute le.
C'est pas grave. Je vais le boire.
Mais s'il te plait, donne-moi les photos.
Les photos...
Je ne trouve rien ici.
Je les chercherai, et te les donnerai un autre jour.
Un autre jour ? Pas question.
Une promesse est une promesse.
Ce n'est pas magnifique ?
Dehors les gens s'entassent dans les bus...
tout le monde crie, et toi et moi on est là...
à écouter Maria Callas...
et à boire du thé indien dans de la porcelaine française...
qui appartenait à la famille Laynaz del Castillos.
Tu es raciste ?
Moi un raciste ? Je sais ce que vaut un noir.
Malheureusement, ils ne prennent pas le thé avec nous.
En un clin d'oeil, et hop, il est parti et la porcelaine de Sèvre avec.
Ecoutes, les noirs sont des humains comme les autres.
Et dans ce pays, c'est une bonne chose que le racisme ait disparu. On vient tous d'Afrique, tu sais.
Eux ils viennent d'Afrique, nous, non.
Toi et moi venons d'Espagne. Ces yeux gitans ne viennent pas du Nigeria ou du Sénégal.
Ils ont été ammenés ici d'Andalousie par ton grand-père, mon cher.
Et bien écoute, je n'ai pas le temps de rester à parler de conneries.
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