De første 200 linjer.
En 1897, un navire marchand russe fut affrêté
pour transporter une cargaison privée composée de 50 caisses en bois.
De la Roumanie à l'Angleterre.
Quand le bateau arriva, il était abandonné.
Le bateau s'appelait le Demeter , et voici l'histoire de l'équipage.
Basée sur le journal de bord du capitaine, d'après l'histoire de Dracula.
Un bateau a accosté à cause de la tempête.
Seigneur...
En avant !
WHITBY, ANGLETERRE 6 AOÛT 1897
Fletcher ?
Je suis monté à bord.
Pour voir s'il y avait des suvivants.
Et ?
Qu'est-ce que c'est ?
Le journal de bord du capitaine.
Ce journal de bord est un témoignage et en même temps un avertissement.
Et s'il vous parvient, que Dieu vous aide...
Tout comme il a quitté le Demeter.
On a tenté de le stopper.
Si on n'a pas réussi, puisse Dieu avoir pitié de vos âmes.
Je ne peux pas y retourner, monsieur.
En avant.
LE DERNIER VOYAGE DU DEMETER
QUATRE SEMAINES AUPARAVANT
Venez vous asseoir, c'est votre tour !
Le 6 juillet, on a fait escale dans le port de Varna, en Bulgarie.
Ne t'éloigne pas, Toby. On ne reste pas longtemps.
Non, grand-père, promis.
Il nous manquait quelques membres d'équipage.
Capitaine.
J'ai demandé à M. Wojchek d'arranger ça avant de charger la cargaison à bord.
Le Demeter recherche des matelots pour aller en Angleterre.
Je me couche.
Ouvrez les oreilles, messieurs !
Le Demeter recherche trois matelots capables.
Destination Londres. Paiement en or.
Je suis capable et fort comme un bœuf.
Qui es-tu, boy ?
Clemens.
Vous vous habillez comme un érudit. Où avez-vous étudié ?
Université de Cambridge.
J'ai la main ferme avec une aiguille...
et j'ai le nécessaire s'il vous faut un médecin de bord.
Ça fait un bail, mais je peux me débrouiller sur un bateau.
Connaître les bateaux, c'est pas la même chose que maintenir un navire à flot.
Que peut-on apprendre dans un livre, quand on est perdu en mer ?
L'astronomie, pour commencer.
On peut perdre une carte ou sa boussole, mais pas les étoiles.
Je n'ai encore jamais vu un Anglais qui avait autant hâte de rentrer chez lui.
Et qui poursuivra sa route quand on arrivera là-bas.
Il nous faut des hommes robustes, pas des passagers.
Moi ?
Toi.
Non, oublie ça.
On a besoin d'aide pour le chargement.
Que dit-il ?
Il dit qu'ils ne peuvent pas rester. - Ils peuvent rester.
On a besoin de leur aide, sinon on va rater la marée.
Ils veulent partir avant le crépuscule.
C'est quoi, ces histoires ?
Silence, tout le monde !
Pour vos hommes.
Nous partons maintenant.
Bonne chance.
Puissiez-vous arriver à bon port.
Les gars !
C'est davantage que ce que j'ai payé pour acheminer la cargaison jusqu'ici.
C'était quoi, sa dernière phrase ? Bon voyage ou bon débarras ?
Bonne chance.
Allez, hissez !
Oh, hisse !
Plus fort !
Toby ! -Ça va, petit ?
Toby !
M. Wojchek, retenez cet homme !
Vous n'aviez pas parlé de dragons. Je connais ce signe.
C'est un mauvais présage.
Tu aurais pu tuer le gamin ! Rien à fiche des dragons.
Garde ton or, serpent du diable.
Que Dieu vous sauve tous.
Ainsi que le bateau.
Et l'équipage.
Ça va ? Tu es blessé ?
Merci, M. Clemens. - Avec plaisir.
On appareille dans l'heure.
Si vous avez menti sur la connaissance des bateaux...
je vous jette par-dessus bord, Astronome.
Merci, monsieur.
Larsen, veille à ce que cette bande d'hurluberlus soit prête pour le départ.
Gentil chien !
Larguez les amarres ! Hissez les voiles !
Rentrez les amarres ! Vite !
Faites en sorte que je puisse naviguer.
Le navire est aussi lent qu'une grosse truie.
Vous voyez ce mat là-haut ? C'est là qu'ils pendaient les pirates et les mutins.
Vous avez déjà vu un homme mort ? Moi, oui.
Vraiment ?
Je vais vous faire visiter le bateau.
La cabine du capitaine est derrière cette grande porte.
Elle est pleine de cartes et de croquis, mais je ne peux pas fouiner là.
Et voici Huckleberry. Mais on l'appelle Huck.
Salut, Huck.
Ça, c'est la cale.
À destination de Londres.
On tape toujours sur le bois en cas de problème...
ou pour la relève de la garde ou si le ciel est menaçant.
On l'entend depuis nos couchettes jusqu'à la cabine du capitaine par temps clair.
Je vous le jure.
Je l'ai entendu.
Je te crois, oui.
C'est ici qu'on mange. C'est un navire en bois très ancien.
Aujourd'hui, tout le monde veut des navires à vapeur.
Le capitaine dit qu'on n'en tire aucun plaisir.
C'est ça, le progrès... Peu importe le plaisir.
De votre capitaine ou de quiconque.
Le Demeter est un excellent navire. Sans nul doute.
Et voici mon équipage, M. Clemens.
Plus vite on les mangera, moins j'aurai de déjections à nettoyer.
Huck, tu connais les règles !
Voici la cambuse. Joseph !
Voici Clemens. Un médecin.
Un vrai.
On mange quand la cloche sonne six fois. Ni avant, ni après.
Évitez la cambuse. Et je ne sers personne qui souille le nom du Seigneur.
Il pense le dernier point. - Je pense tout.
Vous savez qui est saint Nicolas ? - Le patron des marins.
Vous n'êtes pas païen. Rendez grâce à Dieu pour les petites faveurs.
Toby, montre-lui ses quartiers et fais sortir ce cabot de ma cuisine.
Huck !
Le 6 juillet, on termina de charger.
Coton turc, dix barils de pétrole...
et des caisses privées à destination de Londres, avec neuf membres d'équipage.
Cinq matelots, un médecin de bord...
deux seconds, un cuisinier et moi-même, le capitaine.
Le vent était favorable.
L'équipage était d'excellente humeur.
Tout va bien, capitaine.
Vitesse de 12 nœuds, cap nord-est.
Il y a du jeu dans le gouvernail, mais ça va aller.
12 nœuds ? Alors on atteindra Londres bien avant le 6 août.
Oui, c'est d'autant mieux pour l'équipage.
Ils savent déjà comment ils dépenseront leur prime.
Ça va être mon dernier voyage, M. Wojchek.
Je vais acheter un cottage en Irlande. La campagne va plaire à Toby.
J'ai promis à ma fille que l'air du large ne compromettrait pas son avenir...
et j'entends tenir cette promesse.
Vous me succéderez au poste de capitaine du Demeter dès qu'on arrivera à Londres.
Vous êtes un excellent marin. Ce navire ne pourrait pas avoir de meilleur capitaine.
800 livres, par huit, moins la part pour le capitaine et le second...
égale à peu près 75 par personne. - 75 ?
J'irai chez un barbier et j'achèterai un costume chic.
Les Anglaises en raffolent. Presque autant qu'elles raffolent de moi.
Peut-être si tu mets ce costume sur ton visage.
Plaisantin ! Qu'allez-vous faire de votre paie ?
'L'âme bienfaisante sera rassasiée...'
'et celui qui arrose sera lui-même arrosé.'
Bien que le Seigneur ne verra aucun inconvénient à ce que je m'arrose.
75 livres ! Tu sais ce que je ferai avec un tel montant ?
Comme tu le fais toujours, Petrofsky.
Dans le bordel le plus proche et m'éclater durant un mois.
M. Abrams, s'il vous plaît. - Désolé, j'ai oublié le gamin.
J'ai presque neuf ans. Et je sais ce qu'est un bordel.
Vraiment ?
On y paie des femmes pour qu'elles enlèvent leur slip.
Elles font quoi ?
N'est-ce pas ? - Tu brûles, petit.
Et vous, M. Clemens ?
Notre client paie un gros bonus si on arrive à temps à Londres.
En tant que membre d'équipage vous toucherez votre part.
Comment allez-vous dépenser ça ? - Un nouveau petticoat ?
Ce que je désire dans la vie n'est pas à vendre.
Et de quoi s'agit-il ? - Comprendre le monde.
Plus je le découvre, moins il a du sens.
Le monde n'a cure du sens, M. Clemens.
Il ne doit peut-être pas être compris...
mais expérimenté et accepté.
Peut-être.
Mais je veux aller au fond des choses.
Et comprendre pourquoi le monde abrite tant de bonté et néanmoins...
N'est-ce pas ce que tout le monde souhaite ?
Au fin fond de soi.
Il a raison. Je veux bien sa part, dans ce cas.
Que diable se passe-t-il ? - Toby ?
Va voir comment vont les animaux.
Toby ?
Qu'est-ce qui leur prend ?
C'est sûrement à cause du temps.
Ils peuvent sentir qu'une tempête approche.
Toby, aide-moi.
Ça devrait les apaiser.
C'était quoi, M. Clemens ?
Va chercher le capitaine. Dis-lui que quelque chose est tombé dans la cale.
Tenez bon.
Qu'est-ce que...
Elle était dans la cale.
Une passagère clandestine.
Elle va mourir sans aide médicale adéquate.
Vous voulez l'aider ?
Dieu sait quelle infection due aux rats elle a.
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