Las primeras 137 líneas.
C’est donc toi qui vas m’éclairer sur cet ouvrage ?
JAADUGAR - LA LÉGENDE DE FATIMA
Je n’en reviens pas !
Il s’est vraiment procuré Les Éléments.
ÉPISODE 4 OTCHIGIN, LE PRINCE DE FEU
Tolui s’est donné cette peine pour moi.
Comment t’appelles-tu ?
J’avoir pour nom Fatima, madame.
J’aider vous dans votre étude.
Je compte sur toi.
J’avoir une question…
Pourquoi vous avoir cherché ce livre ?
Il n’avoir pas grande valeur.
« Le point être sans aucune partie. »
« La ligne être une longueur sans largeur. »
Ce n’être que des évidences. Ça n’être pas très utile.
Certainement.
J’ignore pourquoi elle convoitait Les Éléments,
mais la valeur des livres échappe totalement à ce prince Tolui.
Peut-être me le céderait-elle si elle s’en désintéressait.
Des évidences…
Tu as sûrement raison.
C’en sont peut-être pour vous.
Néanmoins, pour nous, ce livre est celui d’un avènement.
Il contient le savoir de l’Ouest, inconnu dans les steppes.
Tolui, mon époux, est l’otchigin.
Le « prince de feu », celui qui protège le feu du foyer.
Les aînés prennent leur indépendance et possèdent leurs propres pâturages.
Seul le dernier-né reste auprès des parents
et assure la préservation des biens de la famille.
En sa qualité d’otchigin, Tolui sera un jour l’empereur.
Mais, vois-tu,
il n’est pas très conciliant.
Et pas que lui, c’est souvent le cas des gens par ici.
Ils ne connaissent que la vie dans les steppes.
Le monde s’étend tellement plus au-delà !
Je veux apprendre à connaître
toutes ces terres foulées pour les sabots mongols.
Depuis fort longtemps déjà,
vous avez déchiffré le mouvement des astres.
Vous êtes même parvenus à calculer la taille de la Terre !
Cet homme est allé au bout du monde ?
Bien sûr que non. Il a employé la géométrie.
Pourquoi les évidences le sont-elles ?
À force d’exemples, Euclide a démontré ces théorèmes universels.
Acquérir et transmettre ce savoir aux générations futures,
tel est mon devoir en tant que prochaine impératrice.
Comment est-il possible que cette femme
me mette à ce point hors de moi ?
N’avez-vous donc aucune idée des drames qui ont conduit cet ouvrage jusqu’ici ?
Nous acceptons la charité de nos bourreaux
et nous les en remercions,
mais imaginez-vous dans quelle misère nous vivons ?
Vous ignorez donc totalement ce que je peux ressentir en cet instant ?
Que t’arrive-t-il ? Tu as mal quelque part ?
Non.
Vous être merveilleuse.
J’être aux anges de pouvoir être à votre service.
Je faire de mon mieux.
J’en suis tout aussi ravie. Je compte sur toi.
Tu dois être épuisée. Tu peux te retirer.
Je prendre congé.
Tu es sûrement l’une de ces sages dont nous avons besoin.
J’ai honte d’admettre que mes sentiments ont vacillé à ce moment-là.
Je n’oublierai pas.
Moi seule ne dois pas oublier cette indignation.
Jamais je ne fléchirai
devant cette femme !
Te revoilà, Fatima.
Merci infiniment d’avoir bravé cette tempête de sable.
Non, ce n’est rien.
D’après les Mongols, le printemps vient après ces tempêtes.
Notre printemps persan me manque.
Ma mère peine à s’accoutumer à la vie ici.
Fatima.
Tu es convoquée chez dame Sorgaqtani.
Elle désire recevoir sa première leçon.
J’y vais de ce pas.
Fatima ! Qu’est-il arrivé à ta figure ?
Les Mongols ont beaucoup trop d’animaux.
Ils ne font que m’embêter.
Peut-être un peu, oui…
Mais une fois apprivoisés, ils sont plutôt mignons.
Si tu le dis.
C’est notre deuxième hiver ici.
Tu es plus en forme ces temps-ci, maman.
Je me suis enfin faite à la vie chez les Mongols.
Par contre, le froid, c’est une autre histoire !
Allez, avancez.
ÉTÉ 1224
Voilà trois ans que Sitara était devenue l’instructrice de Sorgaqtani.
L’armée mongole avait vaincu le chah du Kharezm,
cet empire d’Asie centrale,
et faisait un retour triomphal sur leurs terres.
Afin d’accueillir l’armée, Sorgaqtani et les siens
se rendirent au sud-ouest des monts Altaï
et célébrèrent la victoire par un banquet et une grande chasse
dans la vallée de l’Emin.
Père !
Hülegü ! Kubilaï !
J’ai abattu une biche.
Et moi, un lièvre.
Ça, ce sont mes fils !
Père !
Et c’était ma première chasse. Incroyable, hein ?
Extraordinaire, oui !
Prince Hülegü, prince Kubilaï.
Le Grand Khan ne va pas tarder, veuillez vous préparer.
Fatima, regarde ce que j’ai chassé.
En voilà une magnifique biche.
Cela n’a pas dû être facile non plus d’abattre un lièvre agile.
Je n’ai aucun mérite, je me suis juste entraîné.
Qui est cette jeunette ?
L’instructrice que vous m’avez amenée pour étudier Les Éléments.
Ah, cette fille d’érudit !
Elle remplit bien son devoir ?
À merveille. Elle est intelligente, pleine de tact,
et j’aime quand elle sourit ainsi, elle retrouve l’insouciance de son âge.
Au-delà des Éléments, elle est très compétente.
Encore heureux !
J’ai fière allure, hein ?
Tu as l’air fort.
La tradition veut qu’on enduise de graisse les doigts
des enfants revenus de leur première chasse.
Le Grand Khan vous fera cet honneur.
Le Grand Khan s’en vient !
– Allons-y, Kubilaï. – Oui !
Gengis Khan, l’empereur des Mongols.
Le seul et l’unique, celui qui avait bâti un vaste empire.
Le destin de toutes ces personnes basculerait d’ici trois ans.
Quand tomberait ce géant qu’était Gengis Khan,
l’Histoire se mettrait en marche.
ÉTÉ 1227
N’ayez crainte, Grand Khan.
L’avenir des Mongols s’écrira
selon vos dernières volontés.
Père…
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