ആദ്യത്തെ 200 വരികൾ.
LE FESTIN NU
Rien n'est vrai ; tout est permis. - Hassan / Sabbah -
Dealers du monde entier, il y a un paumé imbattable :
le paumé de l'intérieur. - William Burroughs -
L'exterminateur.
Tu veux que je crache dans ta gueule ?
- Tu veux ? Tu veux ? - J'ai plus rien.
T'as plus rien ?
Ça c'est bien !
T'as plus rien ? Impossible ! Tu la bouffes ?
Le Chinois m'a truandé.
Plus lien. Leviens vendledi.
Marrant, hein ?
Très marrant, ce que t'as dit.
Plus rien !
Tu le peins, tu le dessines, tu l'écris,
les gens le lisent
et ils le revivent. C'est ton seul contact avec eux.
Ré-écrire, c'est mentir, trahir ta propre pensée.
Or, repenser...
le flot, le rythme, le jaillissement des mots,
c'est trahir.
Et ça c'est un péché, Martin. Un péché !
Je n'accepte pas
cette interprétation catholique de mon besoin
de ré-écrire chaque mot au moins cent fois.
La clé, c'est la culpabilité,
pas le péché ! Coupable de ne pas écrire mieux,
de ne pas étudier chaque donnée sous tous les angles
et tout mettre en balance.
Et la culpabilité de censurer ta pensée ?
Tes pensées primordiales les plus honnêtes !
C'est ce que tu fais en t'escrimant à ré-écrire.
Ré-écrire, c'est censurer, Bill ? Si oui, je suis foutu.
Faut exterminer toute pensée rationnelle,
voilà ma conclusion.
Qu'est-ce qu'il raconte ?
- Je parle sérieusement ! - Lui aussi.
Ça marche, l'extermination ?
On m'a piqué ma poudre à cafards. On veut me couler !
C'est un signe du destin !
Écris des romans pornos.
Oui, à 120 $ par semaine.
Ça rapporte. Je peux te présenter l'éditeur.
Nous, on va en pondre un.
J'ai arrêté d'écrire à dix ans.
Trop dangereux.
Seulement si on te lit ! On a pas ce problème.
J'ai trouvé mon métier : exterminateur.
Bien sûr, Bill.
Le monde a besoin d'exterminateurs intellos !
Tu l'as dit !
Tu auras des ennuis
si tu te laisses piquer ta poudre à bestioles.
Minute. Vous avez des tuyaux ?
Rien de précis, mais...
On soupçonne que c'est un problème domestique.
Qu'est-ce que tu fais ?
Tu n'étais pas censé savoir.
Mais j'ai vu. Alors ?
Je me shoote ta poudre à parasites.
Tu veux essayer ?
Tu n'es pas forcé.
J'en ai manqué en plein boulot.
Arrête de prendre ça, Joan.
C'est rationné comme le sérum anti-serpent.
Fais comme tout le monde. Coupe-le avec du laxatif pour bébés.
Les cafards chieront tant qu'ils crèveront.
C'est un bon job. Si tu en piques encore,
je serai viré.
C'est...
c'est une défonce très littéraire.
Très littéraire.
Tu en as parlé à Hank et Martin ?
On l'a juste...
essayé ensemble, au débotté.
Ils n'ont pas aimé. Moi, si.
C'est quoi, une défonce littéraire ?
On a un effet Kafka... On devient un cloporte.
Essaie.
Je sais pas trop...
Nos métabolismes sont très différents.
Le tien et celui de Kafka ?
Je croyais que tu avais lâché ces conneries.
Je le croyais aussi. J'ai dû louper le coche.
Personnellement,
j'aime mieux la pyréthrine que le fluorure.
Avec la pyréthrine, tu tues le cafard devant Dieu et le client.
Mais le fluorure...
tu le saupoudres, les cafards le bouffent...
et ils deviennent gras comme des cochons.
Justement, Bill... si tu veux engraisser,
lâche ton régime à la poudre jaune et mets-toi
à cette bonne mixture au fluorure !
Vise le Chinetoque !
Il pète le feu ! Regarde-le engouffrer ça !
Il l'avale pas.
- Il fait semblant. - Tu parles !
À force, ça lui fait plus rien.
Comme les cafards !
Tu en as ?
Je veux une recharge.
William Lee ?
- Qu'est-ce qu'y a ? - Hauser et O'Brien...
Brigade des Stups. On vous embarque
pour détention de substance dangereuse.
Tu as un méchant dossier.
Toute cette came qui est passée dans tes veines !
Avant, j'allais mal. Maintenant, je suis marié. Je travaille.
Tant mieux, Bill. C'est bien.
Ça c'est quoi ?
C'est mon boulot. Pour tuer les cafards.
Ça tue les cafards, il dit !
C'est pas impossible. Je voudrais voir.
Moi aussi.
Je veux voir aussi.
Mince, les gars...
je peux pas, j'ai déjà trucidé mes derniers morpions.
Très marrant.
Mais coup de bol...
on a une bestiole ici.
T'as raison !
Voyons si ce truc jaune va la tuer.
On repassera plus tard, pour voir si ça a marché.
Bonne chance.
William Lee ?
J'ai organisé tout ça pour avoir ce tête-à-tête.
Je suis votre officier traitant.
- Mon quoi ? - Officier traitant.
Vous êtes mon agent.
Et moi, je rends compte à votre contrôleur.
Allons, M. Lee, ne jouez pas au minus avec moi.
Ce serait grotesque, non ?
Oh oui !
Dites-moi...
voudriez-vous me frotter un peu de poudre sur les lèvres ?
Bien sûr.
Et maintenant...
comme vous devez vous en douter,
j'ai reçu des instructions pour vous du Centre de contrôle.
C'est au sujet de la petite personne.
La quoi ?
La petite personne. Votre petite personne !
- Votre femme. - Alors ?
Votre femme n'est pas vraiment votre femme.
C'est une agente de l'Interzone Incorporated.
Il faut la tuer. Tuez Joan Lee.
Il faut agir vite. Cette semaine.
Et ça doit être fait avec élégance.
L'Interzone Inc. ?
Une organisation basée dans l'Interzone,
ce port franc bien connu de la côte nord-africaine.
Un havre pour les laissés-pour-compte de la terre.
Un chancre infesté dans le bas-ventre de l'Occident.
Pourquoi cette femme, une Américaine de la classe de Joan,
travaillerait pour une boîte aussi merdique ?
Qui vous dit que Joan est une femme ?
Mieux... qui vous dit qu'elle est
un être humain ?
C'est-à-dire ?
Je ne peux rien dire de plus.
Où allez-vous ?
Ne faites pas ça !
Ça se paiera !
On s'est fait piéger. Faut quitter New York.
Une minute...
Explique !
On m'a épinglé pour la poudre jaune.
Cette saleté me fait halluciner.
Je sais plus ce que j'ai dit aux deux pieds-plats,
ni comment j'ai filé !
Tu as de la poudre pour demain ?
Réponds ! Tu en as ?
Bon Dieu, Joan...
tu es vraiment accro !
C'est pour les cafards, cette poudre !
J'ai pris de mauvaises habitudes, oui,
mais je ne mérite pas un bon point pour l'originalité ?
Ça pourrait te tuer !
J'en sais rien...
C'est une telle attirance...
comme quand on se sent aimantée par un ancien amoureux.
Dis, Bill...
tu veux en frotter un peu sur mes lèvres ?
Tu veux bien ?
S'il te plaît.
Où t'es passé ce matin ? On t'attendait à l'Automat !
J'ai eu un pépin.
J'ai paumé le matériel... façon de parler.
On a appris ça.
On t'a vu partir avec la flicaille.
Ils rendront pas la poudre à Cohen.
C'est une preuve.
C'est franchement embarrassant.
Alors tu voulais chouraver la mienne !
Tu es incorrect, Edward. "Chouraver"... c'est incorrect.
C'est un boulot que je fais pour un copain.
C'est les centipèdes... Ces mille-pattes
deviennent arrogants. Ils ont même attaqué ses enfants.
Crois-moi...
No comments yet. Be the first to leave one.