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MIMI MÉTALLO BLESSÉ DANS SON HONNEUR
Pour un avenir libre et prospère,
votez Cannamozza !
Cannamozza est votre candidat !
Travailleurs, savez-vous qui est Carmine Cannamozza ?
C'est un fils de chien, oui !
Celui qui manque de respect à M. Carmine Cannamozza
manque aussi de respect à Don Calogero.
Et demain, quand vous irez voter, rappelez-vous bien de ça.
Ceux de Cannamozza sont passés à la carrière, pour le vote.
Attends, on va en parler. Je finis et j'arrive.
Attendez-moi dehors.
Mimi !
Écoute.
J'ai trouvé un mégot. Je peux le fumer ?
Pas ici, avec le soufre. Tu vas tout faire sauter.
Je te le garde.
Tu n'as pas confiance en ton frère ou quoi ?
Si, j'ai confiance.
Celui-ci est à toi.
Et celui-là, c'est le mien.
On se les fumera plus tard.
- Ton frère va tout t'apprendre. - Alors, Mimi ?
Alors ? Rien. Je veux pas voter pour Cannamozza,
mais je veux pas d'ennuis.
Ils vous tiennent par la peur.
Vote pour qui tu veux ! Tu n'as rien à perdre !
Et mon travail, alors ?
À la carrière ?
Ils te paient une misère !
Tu crois que c'est un bon boulot ?
- Non. - Eh ben, voilà !
Tu as raison.
Merde !
Tu es un vrai crétin, ignorant et prétentieux !
Un vote secret ? Ici ?
Ils comptent même nos poils du cul. Ils savent tout !
Mon fils, dans la maison de Ciccio Mardocheo,
on a promis de donner 6 voix et on donnera 6 voix.
Oui. C'est un homme d'honneur.
S'il s'y est engagé, il doit le faire.
Sinon on va le retrouver
le cœur arraché dans sa main
et les oreilles découpées !
Oh ! Ça brûle !
Quoi ? Je t'ai brûlé, Cicciuzzu ?
Oui, tu m'as brûlé,
espèce d'idiote ! Merde !
Pourquoi ce grand nettoyage pour les élections ?
Pour voter, il faut des pieds propres ?
Pour qui on doit voter déjà ?
Ça fait 3 mois que Don Calogero nous le rabâche !
Il s'est engagé avec Cannamozza.
Lui, il s'engage et nous, on doit l'élire ?
- Oui. - Oui.
Moi, je voterai pas pour lui.
- Mais pourquoi ? - Je l'aime pas.
On te dit pas de l'épouser, juste de voter pour lui !
Ça te plaît, ça, hein ?
- Ça te plaît, hein ? - Tais-toi. On va nous entendre.
Mais qu'est-ce qu'il y a à entendre ?
Ils dorment tous.
Rosalia, tu es la femme.
Tu dois aider un peu. Tu dois dire quelque chose.
- Quoi donc ? - Ce que tu veux !
Tu vas pas encore faire cette tête ?
On dirait une chèvre a l'abattoir !
Tu me coupes l'envie. C'est pour ça qu'on n'a pas d'enfants.
C'est ta faute.
Si tu voyais ta tête...
Me regarde pas.
Je vais pas faire l'amour à un coussin !
On dirait que tu te sacrifies.
Mais parle, fais quelque chose ! Comme une femme !
Ça me fait honte.
Ça y est, c'est la fontaine maintenant.
Va te faire foutre, Rosalia.
Et je t'interdis de voter pour Cannamozza !
Ne te laisse pas intimider par les hommes de Don Calogero.
Ils sont là pour nous faire peur.
Le vote est secret.
Donne le tien à la gauche.
Personne ne le saura.
Secret ? Vraiment ?
Totalement secret.
Carmelo Mardocheo...
Mes respects.
Je voulais te dire
de ne pas t'embêter à venir à la carrière.
Du travail, pour toi, il n'y en a plus.
Il n'y en aura plus jamais.
Pour nous, tu n'existes plus.
Mais pourquoi ?
Moi, je le sais.
Toi, tu le sais.
Et Dieu, lui-même, le sait.
Non ?
Tu m'as pas dit que le vote était secret ?
Eh ben, ça, ça prouve qu'il ne l'est pas.
Plus de boulot pour moi ?
Il n'y en a plus pour moi !
Salopard de putain de sa mère !
Mimi !
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Hein ? - Il y a qu'on ne veut plus de moi !
- Quoi ? - Don Calogero m'a banni.
- Non ? - J'ai plus de boulot !
J'en aurai plus jamais !
Alors, je pars à Turin !
- Quoi ? - Ce pays de cocus !
Viens travailler sur les chantiers, comme moi.
Ils veulent plus de moi !
Qu'ils aillent se faire foutre !
À Turin, le travailleur, on le paie !
Il est libre et respecté, même par Agnelli !
Si tu pars, c'est eux qui gagnent ! C'est ici qu'on doit se battre !
Non ! Je m'en vais à Turin ! Là-bas, il n'y a pas de mafia !
On n'a pas affaire a des charognards comme lui !
Les bons comptes font les bons amis.
Êtes-vous dans des partis, syndicats, associations ?
- Non, monsieur. - Non.
Très bien. Parce que si ce que vous voulez,
c'est la sécurité sociale, les horaires fixes...
je ne peux rien pour vous.
Non. Moi, je peux seulement aider ceux qui veulent bien
travailler sans nous faire chier.
Donc, demain matin,
vous commencez à 6 h.
Vous gagnerez le double
de ce qu'on vous paie en Sicile pour une journée de boulot.
500 lires, l'heure.
Nets, bien nets.
Si vous n'avez nulle pan où aller,
Papagiovanni peut vous faire héberger à la pension.
C'est 200 lires la nuit pour l'hébergement.
Nous, à L'Association des Frères Siciliens,
on est tous amis et frères.
Mais vous devez faire ce qu'on vous dit
et sans en parler autour de vous.
Sans en parler à personne, c'est compris ?
Parce que moi, je vous rends service...
et si quelqu'un devait se montrer ingrat,
ça me déplairait au plus haut point.
C'est bien clair ?
- Emmenez-les Là-bas. - Allez, on y va.
Avancez, allez.
On y va. Commencez à prendre leurs noms.
Allez, dépêchez-vous.
Allez.
Eh toi, salut ?
Hé, camarade ! À Turin, le chapeau, on le fait avec du papier journal.
Qu'est-ce que tu fais ?
Tu crois qu'on te paie pour pisser ?
Tu feras ça à la pause.
Allez, au boulot !
- On peut même pas pisser ! - Pisse quand même.
Tu t'en fous.
Moi aussi, je vais pisser bien comme il faut sur leurs têtes !
Un homme est tombé !
Un accident !
C'est quoi, ce bordel ?
Nicola !
Nico.
- Il s'est fait mal ? - Il a l'air mon.
Nom de Dieu, quelle merde !
Fiston, aide-le. Donne-lui un coup de main.
Les gars, on arrête pour aujourd'hui. On rentre à Turin.
Allez, allez !
Le groupe Tricarico a fini. Venez !
Dépêchez-vous !
Gullotta, charge-toi de tout. Je reviens vite.
C'est inutile d'aller à l'hôpital.
Il a vraiment l'air mon.
- Oui l'a emmené, lui ? - Tu fais quoi, là ?
J'étais à bord quand vous êtes partis.
Pourquoi tu l'as appelé ?
- Moi ? - Je te faisais confiance ?
Allez, on le balance le plus vite possible.
- Quoi ? - On n'y est pour rien.
Il travaillait sans permis.
C'est pas notre faute s'il est tombé de là-haut.
Allez, sortez-le.
- On connaît même pas son nom. - C'est Sparano Nicola.
Qui va nourrir sa famille ?
Tu nous prends pour une œuvre de charité ou quoi ?
Allez, on y va. La voie est libre. Balancez-le.
Non ! Vous devez penser à sa famille !
Toi, tu vas avoir des ennuis.
Sortez-le.
Attention !
Vite, vite !
Où tu vas ?
Arrête-toi !
Tu vas le regretter !
Lui, ce soir, il ne rentrera pas à la pension.
Ne recommence pas !
Tu t'échapperas pas !
Attention à vous ! Je ne suis pas comme Nicola, moi.
S'il m'arrive quelque chose, vous le paierez cher !
Je me charge de lui.
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