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Boycottez MCA !
NEW YORK - AOÛT 1988
C'est devenu
une des pires controverses de l'histoire du cinéma.
Un film trop graphique
pour de nombreux croyants.
Comment Dieu vous jugera ?
D'après votre film ?
Votre avis ?
Je ne l'ai pas vu. Je ne sais pas.
Boycott !
J'ai lu le livre en 1971.
Ce n'est pas un film ordinaire.
C'est le plus important de ma carrière.
À cause de ma dévotion, du fait que je voulais devenir prêtre,
du fait de mes liens étroits avec l'Église.
Il était déterminé
à réaliser ce film un jour.
Moi, je ne voulais pas, car j'avais peur.
La polémique provient de la scène du rêve
dans laquelle le Christ couche avec Marie Madeleine.
C'est le pire abus
de l'histoire du cinéma.
Ce film fait preuve de mépris envers ceux qui croient
que Jésus est notre sauveur.
Je n'ai fait qu'explorer le personnage pour mieux le connaître.
Ses idées et lui.
On pourrait s'en inspirer.
Les catholiques doivent le boycotter ?
Il ne s'agit pas simplement de boycotter ce film.
Ceux qui iront le voir
commettront un péché envers le Saint-Esprit.
4. CINÉMA TOTAL
Boycott !
C'était à l'époque
de la montée de la droite religieuse dans ce pays.
Écoutez, Hollywood : "Ne faites plus jamais ça."
Hollywood veut faire sensation.
Ils cherchent à nous priver de notre rapport à Dieu.
En plus, les Juifs ont été stigmatisés.
Le Christ humilié par Hollywood.
Voilà le spectacle réservé à Lew Wasserman, le président de MCA.
Lew Wasserman a regardé dehors.
Un type déguisé en Jésus était poussé au sol
par un homme d'affaires juif qui le fouettait.
Il y avait des pancartes : "C'est la faute des Juifs."
Financé par l'argent juif !
Le réalisateur est juif ?
Non, mais il a été engagé par des Juifs.
On s'attendait à une certaine opposition.
Mais sa nature et sa véhémence
sont surprenantes, choquantes et attristantes.
Pourquoi les gens l'ont si mal pris ?
Ils n'ont pas vu le film.
Ils ont vu une version préliminaire du scénario
et ont cru qu'il s'agissait d'une liaison entre Jésus et Marie.
Ou une chose de ce genre. Cette méprise les arrangeait.
Avez-vous vu le film ?
Je ne veux pas le voir. Ni sniffer de la cocaïne.
Vous pourriez attendre le montage final.
On ne pourra plus empêcher sa sortie.
Ils n'ont pas vu le film.
PRÉSIDENT, UNIVERSAL
Le président d'Universal a eu du cran.
Il a avancé la sortie pour minimiser la controverse.
On a travaillé nuit et jour pour finir à temps.
J'aurais poursuivi le montage, c'est certain.
Mais ils voulaient sortir le film, on a dû se dépêcher.
C'est ce qu'on a fait. Il est sorti en août.
INTERDIT À ATHÈNES
Le film n'a jamais eu sa chance.
INTERDIT EN INDE
C'était violent.
Quelqu'un a placé une bombe dans une salle à Paris.
Il y a eu un mort.
Il n'a pas été projeté dans les grandes villes du pays.
Blockbuster Video a refusé ce film.
Ils avaient des films d'horreur, mais ils refusaient ce film.
Marty a dû être protégé par le FBI, une fois de plus.
Il recevait des menaces, son courrier était examiné.
C'était vraiment horrible.
Un soir, au restaurant,
j'ai vu le maître d'hôtel se pencher vers un serveur.
Il a dit : "L'antéchrist est parmi nous."
Oui.
J'ai lancé un dialogue sur la nature du Christ,
mais il est devenu trop sensationnel au lieu d'être sérieux.
Ça ne servait à rien de poursuivre le débat.
Il fallait répondre aux questions le plus honnêtement possible,
et...
oublier et passer à autre chose.
Malheureusement, le dialogue...
Lors de La Couleur de l'argent,
j'avais lu une critique de Wiseguy, de Nick Pileggi.
Ce livre a bien marché.
Il a fait la couverture de New York.
On m'a remis un message : "Appelez Martin Scorsese." Il a dit :
"Je veux en faire un film. Vous voulez collaborer ?"
J'ai aimé ce livre, il parlait d'un petit mafieux.
Personne d'important.
Mais il connaissait tous les aspects de la vie de la mafia.
Nick avait compris ça. Il le sait.
On a grandi dans les mêmes quartiers.
On n'a pas fini comme ça,
mais je suis allé à l'école avec ces types-là.
On m'a tiré dessus ! Au secours !
LES AFFRANCHIS / 1990
- Henry, ferme la porte ! - Coupez !
Il faut se dépêcher. Enlève-le le plus vite possible.
Je ne rapporte que des faits réels qui m'ont été relatés
par les gens présents.
C'était ce que voulait Marty. Il cherche la vérité.
Ce qui s'est vraiment passé.
Nick était un expert de la mafia,
et Marty avait grandi dans cette ambiance.
Leur scénario ne peut être que formidable.
Chaque image du scénario apparaît dans le film.
J'ai toujours voulu être un gangster.
Pour moi, c'était clair.
Tout était écrit. Je savais où placer la caméra.
Je l'ignorais à l'époque, mais il avait déjà vu le film.
Le film qu'il a réalisé, et la musique,
il avait tout ça en tête.
Je connaissais le montage. Les arrêts sur images.
Si j'allais en Floride, je mourrais.
L'IMAGE S'ANIME, L'ACTION REPREND
Sur le tournage, c'était simple,
car j'avais déjà tout écrit avec Nick.
LA CAMÉRA RECULE
La narration est libératrice.
C'est un type qui raconte une histoire dans la rue.
Voilà le sujet du film.
J'apprenais à magouiller. Un dollar à gauche, un dollar à droite.
Je vivais un rêve éveillé.
J'ai parlé à Henry pendant quatre ans.
J'ai parlé à sa femme et ses enfants.
Sans crier gare,
Marty a voulu ajouter la voix de Karen.
Marty voulait montrer différents points de vue.
Il y a des femmes, comme mes meilleures amies,
qui auraient tout arrêté
si leur copain leur avait demandé de planquer une arme.
Pas moi.
À vrai dire, ça m'a excitée.
À la fin, au tribunal, il s'adresse à la caméra.
C'est comme ça.
On contrôlait tout. On soudoyait les flics.
J'ai brisé un maximum de règles.
Il fallait prendre des risques, expérimenter.
On n'avait qu'à se servir.
Et maintenant, c'est fini.
Marty a vu le film, mais il a aussi entendu la musique.
J'écrivais une scène, il m'a dit : "Ajoute 'Cream'."
Je n'y comprenais rien. "Ajoute 'Cream' !"
C'était la scène où Robert De Niro est au bar,
regarde au loin et plisse les yeux.
Il se dit qu'il devrait tuer Morrie.
Marty faisait attention à la musique.
Il montait les scènes comme ça au stade de l'écriture.
Je crois qu'il est né monteur.
Avant le tournage, il savait que la fermeture du coffre...
coïncide avec le début de la musique.
Au fil de la scène,
il voulait inclure les Stones.
Ensuite, The Who.
Ce film, c'est...
RÉALISATEUR
...du montage à l'état pur.
Il a eu pitié de moi. Il m'a donné 10 mg de Valium.
Le montage joue un rôle prépondérant
sans que ça devienne étouffant.
Il a créé un nouveau langage.
Pour moi, c'est du cinéma total.
Du cinéma à l'état pur.
Ce film déborde d'une énergie incontrôlable.
Je devais braiser le bœuf, le porc et le veau
pour la sauce tomate.
Il a eu recours à de nombreux sauts de coupe
pour que ça semble saccadé.
J'étais à la maison depuis une heure...
À l'époque, ce n'était pas très orthodoxe.
- Oui. - C'est devenu courant.
Quand j'ai regardé dehors, l'hélico avait disparu.
On attend la narration suivante,
car dès qu'on entend Ray Liotta,
l'histoire va accélérer.
La musique des Affranchis contribue à accélérer le rythme,
comme le scénario.
Bon Dieu, je le vois !
Dans ce film,
la montée en puissance est permanente.
C'est une ascension ininterrompue.
C'est la journée de Henry. On l'a écrite.
On t'attend ailleurs ?
Tout était réel.
Espèce de salaud ! Je te déteste !
On finissait toujours par accélérer,
par saccader.
Jusqu'au moment où tout s'immobilise,
c'est quand Bo Dietl le met en joue et l'arrête.
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