ആദ്യത്തെ 200 വരികൾ.
Yukio Mishima était l'auteur le plus célèbre du Japon.
À sa mort, il laissa 35 romans, 25 pièces,
200 nouvelles et 8 volumes d'essais.
Le public suivait passionnément sa vie privée et son uvre.
Le 25 novembre 1970, Mishima et quatre cadets de son armée privée
entrèrent au Q.G. De l'Armée de l'Est,
séquestrèrent le commandant en chef et s'adressèrent à la garnison.
MISHIMA une vie en quatre chapitres
Bonjour.
Bonjour, M. Mishima. Voulez-vous votre petit déjeuner ?
Pas aujourd'hui.
Où sont les enfants ?
Votre femme les a emmenés à l'école.
Récemment j'ai perçu une accumulation de choses
qui ne peuvent s'exprimer dans une forme objective
telle que le roman.
Les mots ne suffisent plus.
"Aux éditions Shinchosha. 25 novembre 1970"
Aussi ai-je trouvé une autre forme d'expression.
Tout se passe comme prévu ?
Lisez ceci dans la voiture.
J'arrive.
Avez-vous reçu ma lettre ?
Soyez-en sûr, notre petit drame vous impressionnera.
Et amenez un photographe.
Quand j'examine ma première enfance,
je me vois comme un petit garçon à la fenêtre,
observant sans fin un monde que j'étais incapable de changer,
espérant toujours qu'il changerait de lui-même.
Espérant toujours qu'il changerait de lui-même.
Agé de sept semaines, ma grand-mère m'enleva à ma mère.
Ferme les rideaux !
Il est l'heure
de la visite à sa mère.
Non !
Il doit me masser les jambes.
Dites-lui que je suis trop malade cette semaine.
La semaine prochaine.
Tu serais mort...
si tu étais resté avec ta mère.
Une plante délicate comme toi...
ne doit pas sortir.
Si tu tiens tant à la voir, va-t'en !
Quitte-moi pour toujours !
Sois un bon petit, masse-moi les jambes.
C'est merveilleux.
Il n'y a que toi qui saches faire du bien à grand-mère.
Je veillais sur ma grand-mère dont la santé déclinait.
Elle me racontait des histoires et choisissait mes camarades.
Lors de grandes occasions,
elle m'emmenait au théâtre.
Pardon, madame.
Ne demande pas pardon à cette racaille.
Tu te rends compte, quelle foule !
Quand j'étais jeune,
les gens avaient encore du savoir-vivre.
Mange ton repas.
Regarde. Toute cette agitation...
Tu n'es qu'une plante fragile.
Le théâtre, c'est exaltant.
Maintenant, tu es assez grand.
Avant, tu n'aurais pas pu le supporter.
Et si on t'avait laissé jouer avec des garçons
à tous les coins de rues...
Le théâtre pouvait tout embellir et même changer le monde.
Par ici.
Regarde, chéri.
Quand j'eus douze ans, ma grand-mère mourante
m'autorisa à retourner avec ma mère.
Cette année-là, j'entrai à l'école secondaire.
Bande de froussards !
À qui le tour ?
Qui c'est celui-là ?
Le poète,
un vrai dur.
Regardez, je tremble !
- Il va te tuer ! - Le chéri de sa maman !
Très tôt, je compris que la vie
consistait en deux éléments contradictoires.
Les mots, qui pouvaient changer le monde,
et le monde même,
qui n'avait rien à voir avec les mots.
Chez la plupart des gens,
le corps précède le langage.
Dans mon cas, les mots étaient venus d'abord.
LE PAVILLON D'OR 1956
Je ne comprends pas un mot.
Tu t'appelles Mizoguchi. Je sais ce que tu veux.
Qu'on devienne amis : On est tous deux infirmes.
Tu es bègue et j'ai un pied bot.
D'accord. Je pense la même chose.
Tu es encore puceau, hein ?
C'est ce que je me disais.
Les filles ne veulent pas de toi,
et tu n'oses pas aller chez les putes.
Si tu cherches un autre puceau, tu te goures.
Bégaie ! Vas-y, bégaie !
On dit que les puceaux sont beaux,
mais tu n'as rien de beau.
Les gars comme nous,
c'est comme les belles filles.
On en a marre d'être regardés.
C'est comme...
un miroir...
qu'on ne peut pas... briser.
Tu te prends trop au sérieux.
Tu fais tout un plat de ton bégaiement.
Tu ne serais pas un peu poète ?
Le Pavillon d'Or...
Il est trop beau.
Un séminariste.
C'est encore pire.
Dis-toi bien
que tu ne seras jamais aimé.
C'est pareil pour tout le monde.
Tu peux amener les filles à aimer ton infirmité
au lieu de la haïr.
Viens, je vais te montrer.
Vous l'avez fait exprès !
Que puis-je faire ?
Vous allez partir ?
Aidez-moi à me lever.
Il y a un docteur près d'ici ?
J'habite tout près.
Soudain, je découvris
une image qui m'avait attendu des siècles pour me prendre au piège.
La beauté parfaite du jeune corps blanc
attaché à un tronc d'arbre, les mains liées.
Je tremblais de joie. Je sentis mon ventre s'animer.
Ma main esquissa instinctivement un geste jamais appris.
Mon besoin de transformer la réalité était une nécessité urgente,
aussi importante que manger ou dormir.
Magnifique.
La beauté du paysage, c'est l'enfer, pas vrai ?
Emmène-la à l'écart et baise-la.
C'est ce qu'elle veut.
Mais comment ?
Fais-lui prendre en pitié ton bégaiement.
Qu'elle le vénère.
C'est pour ça qu'on est là.
Bégaie !
Elle tombera peut-être amoureuse d'un bègue.
Tu bégaies ?
Toutes les infirmités sont ici aujourd'hui ?
On se sépare.
Rendez-vous ici dans deux heures.
Tu veux rentrer ?
Il lui fait croire qu'elle est une sainte.
C'est sa technique.
Comment le sais-tu ?
Allons !
Qu'est-ce que tu crois ?
Que fais-tu ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
C'est bien ce que je pensais.
Il paraît que tu ne vas plus à l'école ?
Es-tu malade ?
Maître...
C'est indigne d'un séminariste.
Maître...
Rien n'est insupportable à ce point.
Ça te passera.
Non. Tout...
...est sans pouvoir.
Que s'est-il passé ?
Elle s'est enfuie ?
Il était aussi... petit que ça, puis il a grandi...
et rempli le monde comme...
une gigantesque musique.
C'est...
le pouvoir
de l'éternité
de la beauté.
Elle nous empoisonne.
Elle étouffe...
notre vie.
Assez d'orgueil !
La beauté est comme une dent gâtée.
Elle vous râpe la langue, elle fait mal...
insiste sur son importance.
À la fin, on se la fait arracher par le dentiste.
On regarde la petite dent pleine de sang
au creux de la main
et on se dit : "Ce n'était que ça ?"
Il en va ainsi.
Seul le savoir
peut faire une arme de tout ce qui est insupportable.
La beauté...
est devenue...
mon ennemie.
La vie n'est supportable que quand j'imagine
que le Pavillon d'Or...
a été détruit.
Les bombardiers américains vont arriver.
Alors...
je serai libre.
À 18 ans, ma classe fut affectée à la défense passive.
J'écrivais des nouvelles et des poèmes,
mais rêvais de faire la guerre
et de mourir pour l'Empereur.
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