ആദ്യത്തെ 200 വരികൾ.
Vers 1680, des Hollandais, des Français et des Allemands,
fuyant les persécutions religieuses,
s'établirent dans le sud de l'Afrique.
Pendant 250 ans ces "Afrikaners" blancs
luttèrent contre la conquête britannique.
La ségrégation raciale, introduite par les Anglais,
devint une loi.
Les Afrikaners, non les Anglais,
donnèrent un nom au système: l'apartheid.
Notre histoire débute en 1930,
dans une ferme anglaise d'Afrique du Sud.
LA PUISSANCE DE L'ANGE
le suis né parmi les chants des faiseurs de pluie zoulous.
Ils appelaient la fin de la sécheresse
qui brûla la terre d'Afrique du Sud pendant 10 ans.
Ma mère me mit au monde
trois semaines après la mort de mon père.
Il mourut dans le bush, piétiné par un éléphant mâle.
Elle me donna son nom: Peter Phillip Kenneth Keith.
Mais, dès le premier jour,
elle m'appela par mes initiales, P. K.,
comme elle avait appelé mon père.
"Si tu peux commencer de gagner,
"ne jamais souffler mot de ta perte,
"Si tu peux forcer ton cœur,
"tes nerfs, tes muscles à te servir,
"longtemps après qu'ils t'ont abandonné,
"tenir quand il n'y a rien en toi,
"sinon la volonté qui leur dit de tenir..."
Ma mère me disait qu'elle était une enfant d'Angleterre,
ayant grandi parmi les livres et la musique.
Mais j'étais un enfant d'Afrique, je m'éveillais
dans les senteurs des jacarandas,
je m'endormais au chant des tisserins faisant leur nid.
"...tu seras un homme, mon fils."
Le fils de Nanny, Tonderai, était mon meilleur ami.
Depuis notre naissance, nous partagions tout:
les jeux, les travaux, les leçons.
Ma mère nous parlait de l'Angleterre,
Nanny de l'Afrique.
Maman trouvait cette vie parfaite,
sauf qu'il ne pleuvait jamais.
Madame, vite! Le bétail est en train de mourir.
Mon père était un fermier. Pas ma mère.
Par amour pour nous, elle s'efforça de le devenir.
Quand la peste décima le bétail, quelque chose en elle se cassa
et ne fut jamais réparé.
Le docteur ordonna
un repos complet à ma mère.
Il dit que je devais aller en pension.
Pour la première fois de ma vie, j'eus peur.
le n'avais jamais quitté la maison,
jamais été séparé de maman, de Nanny.
le voulais pleurer, mais je me retins.
le craignais de faire encore plus souffrir ma mère.
Maman va te donner le bracelet que papa lui a offert.
Je t'aime, P. K.
Elle me donna le bracelet
offert par mon père quand ils tombèrent amoureux.
Sois un bon garçon.
Sois sage.
Nous étions pauvres.
On ne pouvait m'envoyer que dans une école d'Afrikaners,
la plus ancienne des deux tribus blanches d'Afrique,
l'autre étant mon peuple, les Anglais.
Les Anglais nous ont chassés dans le désert,
mais nous sommes revenus plus forts qu'avant.
Ils ont versé notre sang sur cette terre,
mais nous sommes revenus plus forts qu'avant.
Parce que cette terre est à nous,
le Seigneur nous l'a confiée en un pacte sacré.
C'est notre devoir de nous lever et de chasser les Anglais!
De mater les Noirs!
Car les Écritures nous disent (Josué, 9, 20)
des fils de Cham, devenus noirs pour leurs péchés:
"Qu'ils soient fendeurs de bois et porteurs d'eau,
"qu'ils soient vos serviteurs."
Il nous appartient d'honorer ce pacte,
de reconquérir la terre, d'être plus forts que jamais!
À présent, prions.
le me rappelle ma première leçon. En 1896,
les Afrikaners avaient voulu renverser les Anglais,
mais l'armée anglaise était trop forte.
Les Anglais enfermèrent 26 000 femmes et enfants afrikaners
dans ce qu'ils nommaient "camps de concentration".
Beaucoup moururent de paludisme, typhoïde et fièvre bilieuse.
Seul Anglais de l'école,
j'étais tenu pour responsable de ces morts.
Jaapie Botha, l'élève le plus âgé, me le fit bien comprendre.
Tu sais ce que c'est, "P. K."?
Piss Kop!
Pissotière.
Non, c'est mon nom. Peter Phillip Kenneth Keith.
Pissons sur Piss Kop.
Ça va lui plaire, d'être Piss Kop!
Il est prêt! Pas vrai, rooinek?
On a tout gardé pour toi!
C'est bon?
Ça va, il a sa dose.
T'en fais pas, Piss Kop, on t'en redonnera demain.
Était-ce la peur, la honte, ou les deux?
Après cette brimade sous la douche,
je commençai à mouiller mon lit.
Ta mère est morte.
le n'aurais jamais dû partir.
J'aurais dû rester pour m'occuper de ma mère.
Elle aurait guéri. J'en suis sûr.
Comme mon seul autre parent, mon grand-père,
vivait au Congo,
notre notaire décida de me renvoyer en pension.
Cette décision me terrifia.
le confiai à Nanny ce qui s'était passé,
et comment j’étais devenu incontinent.
Elle agit comme toute bonne mère zoulou:
elle fit appel au plus grand sorcier de sa tribu.
Un homme qui, selon elle, pouvait donner la santé aux malades,
et le courage aux lâches.
le n'avais jamais connu quelqu'un comme lui.
le priai en silence que sa magie fût plus forte que mon mal.
Il s'appelait Dabula Manzi.
Dabula Manzi dit
que mon mal venait de la peur au fond de mon cœur.
Il allait m'envoyer à la découverte du courage,
et enterrer ma peur.
Il traça trois cercles magiques sur le sol,
mit un poulet dans chaque cercle.
Le poulet qui en sortirait serait le plus brave.
Il me guiderait dans la quête du courage.
Dabula dit que l'esprit
des grands guerriers zoulous vivait en moi.
J'avais affronté le plus puissant animal,
dont j’avais peur
depuis que je savais comment mon père était mort.
J'avais gagné son respect par mon courage.
le ne mouillerais plus mon lit.
Dabula dit que toute l'Afrique me considérait comme un homme,
lié à elle par mon esprit et par mes rêves.
Il dit que je n'étais plus un Piss Kop.
Il me rendit mon nom, et me laissa garder le poulet.
Je le nommai "Masabindi".
En zoulou, ça veut dire "Mère Courage".
Le jour, il chassait les bestioles dehors.
La nuit, il se perchait au-dessus de mon lit
et ouvrait l'œil.
C'était mon meilleur et mon seul ami.
Un mois plus tard, la guerre éclata en Europe.
Ça me causa plus d'ennuis que l'incontinence.
Hitler avait juré de chasser
les Anglais d'Afrique du Sud.
Les Afrikaners attendaient passionnément ce jour.
le me répétai les paroles de Dabula Manzi,
en m'efforçant de ne pas avoir peur.
On tient le rooinek!
Piss Kop! Dieu a envoyé Hitler
pour nous délivrer des salauds d'Anglais
qui ont volé notre pays et tué les nôtres!
Nous allons prêter le serment du sang.
Quand Hitler viendra, nous tuerons les rooineks!
Nous jurons allégeance à Adolf Hitler!
Mort à tous les Anglais!
Dieu bénisse la Mère Patrie!
Pour crimes
contre le peuple Afrikaner, moi, Jaapie Botha,
juge et Oberführer,
condamne à mort ton poulet cafre et rooinek.
Pas mon poulet!
Pendez-le!
Tu vas payer pour la mort de nos grands-parents.
Tous les Anglais paieront,
et tu seras le premier!
Au nom d'Hitler et de la Mère Patrie,
je te condamne à mort, sale rooinek!
Imbécile!
J'enterrai Masabindi le lendemain.
le semblais perdre tous ceux que j'aimais, ou qui m'aimaient.
Ma mère, mon poulet... et à présent Nanny.
Tonderai et Nanny rentrèrent dans leur famille,
en Rhodésie du Sud.
le savais que je ne les reverrais jamais.
Des oiseaux de solitude volaient dans mon cœur
et y déposaient des œufs de pierre.
La tristesse rendait tout mon corps douloureux.
Mon grand-père revint du Congo dans sa maison de Barberton,
où vivaient des Anglais.
On m'envoya vivre avec lui.
Il disait que les enfants étaient un mystère pour lui.
le pensais que je ne me remettrais jamais.
J'ignorais comment éloigner les oiseaux de solitude.
Et puis un jour, grand-père m'envoya un de ses amis.
Un jour, Beethoven, mon âne, m'a indiqué un remède
pour guérir les petits garçons tristes.
Tu veux l'essayer?
Bon. Lève-toi.
Sur une jambe.
Très bien. Ferme les yeux.
Dis trois fois "absoloodle".
Ça va mieux?
Alors, ça prouve une chose.
Quoi donc?
Ne demande jamais conseil à un âne.
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