ആദ്യത്തെ 200 വരികൾ.
Mon père allait souvent écouter un pasteur revivaliste
qui s'était établi
sous un grand chapiteau.
Ça lui arrivait de m'emmener.
C'est la seule chose qu'on faisait ensemble.
Sûrement parce que là-bas, il avait pas besoin de me parler.
Je sais pas trop.
Je me souviens pas quel âge j'avais,
mais j'avais capté que ce type était une arnaque.
J'adorais l'écouter prêcher.
Il se faisait appeler Billy Grace.
Je peux te dire qu'il savait embobiner les gens.
Il retournait le cerveau de 300 personnes,
à chaque fois.
À la fin de son sermon, inutile de demander,
les gens voulaient lui donner leur fric.
Il passait la corbeille, ils lâchaient des billets.
Et je me rappelle qu'en voyant ces gens,
des gens de la classe ouvrière, qui galéraient,
filer leur argent durement gagné à Billy Grace,
je me disais :
"Quelle bande de pigeons !"
Donc ils font tourner la corbeille
et quand elle arrive à nous, elle est pleine.
J'avais jamais vu autant de blé.
Et là, je vois mon père déposer un billet de 20.
Tu l'as jamais connu, mais crois-moi,
tu pouvais pas lui faire cracher la moindre pièce.
Il bossait dans une conserverie,
portait la même chemise toute la semaine.
C'est pas qu'il était radin. Il était juste fauché.
Quand je lui demandais 2 $ pour m'acheter une glace,
c'est comme si je lui avais demandé de me lâcher un rein.
Alors quand j'ai vu la facilité avec laquelle il donnait 20 $,
je me suis dit que…
mon vieux était lui aussi un pigeon.
C'était 10 glaces qui partaient dans cette corbeille.
Quand il m'a tendu la corbeille, il devait bien y avoir 700 $ dedans.
20 $ feraient aucune différence.
Alors avant de la passer au pigeon suivant,
j'ai pris le billet de mon père.
J'allais pas laisser Billy Grace se taper mes glaces.
Enfin bref…
Mon vieux m'a vu faire.
Alors, après l'office, il m'a attrapé par le col,
m'a emmené voir Billy Grace en personne
et il m'a fait rendre l'argent.
Billy a été plutôt sympa.
J'étais humilié.
Quand on est rentrés,
mon père m'a mis une raclée
et il m'a privé de sortie pendant un mois.
Ça m'a mis dans une rage folle.
J'en voulais pas à Billy.
J'étais plutôt admiratif de sa petite combine.
J'étais remonté contre mon père.
Il gaspillait du fric alors qu'il en avait pas.
Il se faisait entuber.
Alors ce soir-là, je suis sorti en douce,
je me suis glissé par la fenêtre
de la caravane qu'il y avait à côté du chapiteau
et j'ai volé tout le contenu de la corbeille.
942 dollars.
Ça a été mon premier coup.
Et la dernière fois que mon père m'emmenait quelque part.
Tu m'avais jamais raconté cette histoire.
Faut croire que je m'en souvenais pas.
En prison,
on se souvient de plein de trucs qu'on avait oubliés.
Tu avais quel âge ?
8 ou 9 ans, je sais plus.
Tu te rappelles mon premier coup ?
Un vrai tour de magie.
Tu m'avais mise devant le centre commercial.
J'avais tellement le trac.
Oui, je sais. Mais ton timing…
Magnifique !
Tu t'es placée devant cette mère de famille
pile au bon moment.
Et quelle chute tu nous as faite !
T'as fait combien ? 150 $ ?
220 !
Enfin !
C'est vrai.
T'avais quel âge ?
7 ans.
Comment on gère Rand ?
Elle est loin d'être bête.
Oui, mais elle acceptera le marché.
T'as confiance en elle ?
Non.
Mais j'en ai pas besoin, je sais ce qu'elle veut.
C'est toi qui m'as appris ça.
D'APRÈS LE ROMAN DE MARISSA STAPLEY
Vous renoncez donc à votre droit d'être assistés par un avocat ?
Et la boisson chaude, c'est pour nous amadouer ?
C'est ça qu'on vous apprend ?
Le compte crypto existe bien.
Il me faut le code d'accès pour convertir l'argent.
On en est pas encore là.
Vraiment ?
Alors je vous écoute.
L'immunité.
Vous retirez les charges et commuez la peine de mon père.
L'argent ne vous achètera pas ça.
Vous savez même pas ce qu'on propose.
"On" ?
Qui ça, "on" ?
Il n'y a pas de "on" ici.
Vous n'avez rien pour moi.
Elle et moi, on est la même personne.
Faux.
Vous étiez un appât.
Et vous serez de retour en cellule
d'ici une heure.
Vous aussi, si vous n'avez rien de mieux à me donner.
Joli discours.
- C'est le débit qui va pas. - Pas vrai ?
Vous l'avez déjà donné, peut-être dans cette même pièce.
Quand on bluffe, ça doit sonner plus naturel.
Je ne m'adressais pas à vous.
Vous disiez ?
- Je peux vous donner Priscilla. - Sans garantie.
Peut-être, mais c'est votre meilleure chance.
C'est pas moi que vous voulez.
Les choses ont changé quand vous avez volé ce fric.
Vous pouvez pas me tirer dessus et fixer vos règles.
- J'ai tiré sur personne. - Quoi ?
Vous expliquerez ça au tribunal.
C'est complètement ridicule.
On a quoi contre eux, Gates ?
Racket, blanchiment d'argent, fraude,
vol de biens publics, conspiration, usurpation d'identité.
Et c'est juste ce qui me vient là.
Sans parler de l'État qui va vous tomber dessus
pour votre petit rodéo dans La Jolla.
C'est la perpétuité.
La perpétuité.
Lucky ?
Vous allez passer le reste de votre vie
en prison.
Et comme votre fille et vous êtes la même personne,
je vous renverrai pas à Lompoc.
Vous irez dans une prison de haute sécurité.
ADX Florence.
Vous connaissez, John ?
Je suis sûre que oui.
Gates.
On l'appelle comment ?
L'Alcatraz des Rocheuses.
23 heures par jour à l'isolement.
- Allez vous faire foutre. - Pardon ?
Allez vous faire foutre.
Très bien.
Attendez.
Dites-moi ce que vous voulez.
Je veux que vous me donniez Priscilla.
Mais je veux aussi Whittaker.
Quoi ?
Whittaker doit récupérer l'argent en personne.
Whittaker ne se montre jamais. Il reste hors des radars.
Alors vous comprenez mon problème.
Vous voulez qu'elle se fasse tuer ?
Vous vouliez un marché.
Voilà le marché.
C'est des conneries.
Priscilla vous donne toute l'opération.
Gates,
tu veux bien emmener John à la cuisine ?
Il a un petit creux.
Non, merci, j'ai pas faim.
Je crois que si.
Comment savoir si vous allez pas encore me baiser ?
Vous pouvez pas.
Je faisais mon boulot.
Et s'il fallait que je manque à ma promesse faite à une voleuse,
alors tant pis.
N'y pensez même pas.
Quoi ?
Vous regardez les issues.
Une mauvaise habitude.
Vous détenez ma fille, alors je vais pas filer.
Mais si je voulais, je me serais déjà volatilisé.
Vous êtes un vrai artiste.
Ce terme, "artiste".
Je ne suis rien de plus qu'un escroc.
Parce qu'il y a une différence ?
L'art implique qu'il y ait création. Je ne crée rien.
Y a rien de spirituel là-dedans, aucune inspiration.
C'est juste l'instinct de survie.
Il y a d'autres moyens de survivre.
Pas pour moi.
Si vous le dites.
On n'a pas de donuts à Lompoc.
Vous en voulez un ? Les flics adorent les donuts.
Je suis pas flic.
Si vous le dites, mon vieux.
Pourquoi un détenu mange des donuts dans mes locaux ?
Vous êtes allée voir le procureur, dans mon dos, encore une fois,
et vous avez fait sortir John Armstrong !
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