ആദ്യത്തെ 200 വരികൾ.
Oh !
Oui, peut-être...
Non... Un autre.
Tiens ! Peut-être aussi.
- Ah, la vache ! -
C'est pas une vache, c'est de la neige.
Aïe, aïe, aïe !
- Attention ! Attention ! -
- Merci. - De rien.
- Oh ! -
Sasha,
depuis longtemps maintenant, se sent...
C'est pas "Sasha se sent"... Sasha est une petite fille.
C'est une petite fille dans un corps de garçon.
Il est clair, depuis qu'il est en âge d'identifier son sexe,
il vous dit toujours : "Je suis une petite fille".
C'est pas qu'il me dit : "Je suis une petite fille".
C'est qu'au départ, Sasha me disait :
"Quand je serai grand, je serai une fille."
Oui ?
C'était au tout début.
- Depuis quel âge ? Deux-trois ans ? - Deux ans et demi.
- Deux ans et demi ? - Oui, au tout début.
Et je lui dis : "Ben non !"
Et puis, en fait, c'est resté.
Jusqu'au jour où j'ai vraiment compris que...
que c'était pas une passade.
C'est pas un passage, comme les autres enfants.
C'est quelque chose qui revient régulièrement ?
- Non, c'est que ça ne part pas. - Ça ne part pas ?
- Sasha est une fille. - D'accord.
Sasha déteste son zizi.
Sasha déteste le fait
de pas pouvoir porter un jour un bébé dans son ventre.
- Sasha m'en parle. - D'accord.
- Il l'a verbalisé devant vous. - Ah oui !
Alors, je vais vous poser des questions par rapport à la grossesse.
- C'est une grossesse désirée ? - Oui.
Oui ? Et pendant votre grossesse, vous avez évoqué,
vous avez essayé de penser au sexe de l'enfant que vous portiez ?
Est-ce que vous avez, vous, éventuellement,
inconsciemment désiré avoir une fille ? Ou pas.
Pas inconsciemment. Je voulais une fille.
Vous vouliez une fille ? D'accord.
Et quand vous avez appris que le sexe de votre enfant était un garçon,
comment vous l'avez vécu ?
Je l'ai mal pris. C'est drôle, parce qu'aujourd'hui,
là, le 21, c'est le jour où j'ai appris, en 2010, que j'attendais un garçon.
Un garçon.
- J'ai été très déçue. - Vous avez été déçue ce jour-là.
Hm...
Et c'est vrai que c'est compliqué de...
Parce qu'on se dit :
"Tout ça, c'est ma faute s'il a une vie compliquée,
si...
si mon gosse peut pas jouer comme les autres."
- Hm... - C'est...
C'est un sentiment de culpabilité que vous avez en permanence.
- Oui. - Tous les jours.
C'est une question que le papa se pose pas.
- C'est l'avantage des hommes. - Oui.
Les mamans, quand il y a un problème avec nos enfants, à la naissance,
comme j'ai pu en avoir pour Valentin par exemple...
- On se dit que c'est notre faute. - Oui, bien sûr !
"Qu'est-ce que j'ai mal fait ?
Est-ce que j'ai pensé tellement fort à un truc que...
Est-ce que j'aurais dû faire ci ?
Ou est-ce que j'ai mangé un truc ?"
Et...
- On remet tout en question. - Oui.
On se remet soi en question, parce qu'on se dit
qu'on est censés apporter que du bon à nos enfants,
et peut-être que, juste par une pensée,
juste par un désir, on leur apporte des trucs.
Et donc...
Et puis à l'école, on m'a quand même
fait comprendre
que c'était...
En gros, que c'était moi qui poussais Sasha à être une fille,
et que c'était...
- Euh... - Justement,
au niveau de l'école, on vous a proposé de rencontrer une psychologue scolaire
ou est-ce qu'on vous a conseillé de rencontrer une psychologue ?
Vous n'avez jamais consulté par rapport à ça ?
Ben, pour trouver un psychologue, un pédopsy ici,
quand on les appelle, ils disent : "Oui, oui, oui !"
Et ils rappellent jamais.
Depuis le mois d'octobre, j'attends...
Moi, je suis pas compétent en la matière.
Je pense qu'il faut effectivement vous orienter
vers quelqu'un de très spécialisé dans ce domaine.
Je pense qu'on doit trouver ça quand même,
pas forcément ici, c'est sûr, peut-être même pas sur Reims.
Il faudra peut-être migrer vers la région parisienne.
Mais bon, ça, c'est pas insurmontable pour vous.
Youpi !
Gagné !
Hé, Sasha !
J'osais pas en parler, au départ.
Je savais pas trop ce qui se passait.
Je...
Je découvrais, moi aussi.
Mais je pense vraiment que la chose qui m'a le plus marquée...
Sasha avait quatre ans.
Il me disait encore : "Maman, quand je serai grand, je serai une fille."
Et je lui ai dit : "Non, Sasha ! Tu seras jamais une fille."
Et là, Sasha s'est mise à pleurer. Mais c'était pas...
C'était un vrai pleur de douleur.
C'était vraiment le pleur de...
Je venais de foutre sa vie en l'air.
Je venais de briser tous ses rêves
en disant ça.
Et... on reconnaît les pleurs de douleur de nos enfants.
Et...
Et là, je me suis dit : "Mais qu'est-ce que t'as dit ?"
Et donc, j'ai essayé de rassurer Sasha,
mais le mal était fait de toute façon.
Et après, ça a été long
pour rassurer Sasha.
Je lui disais...
Je comprenais pas. Je savais pas ce que c'était que tout ça.
Donc, j'ai commencé à me renseigner un peu.
Je me suis dit : "C'est plus profond que juste une envie d'être comme maman.
C'est pas ça."
Ça, c'était... Ouais.
C'était difficile.
On était assises ici.
Enfin, moi, j'étais assisse, elle était debout.
C'était vraiment... le regard
paniqué.
Genre, "mais qu'est-ce que je vais devenir
si je peux pas être une fille ?"
Le plus léger que vous pouvez faire.
Le deuxième rang, vous êtes prêts ?
Allez-y.
Comme tu veux, Sasha.
T'es pas obligée de faire comme la copine.
Essayez encore plus léger.
Sarah, tu...
Oui ! Encore tout délicat.
Mais on peut avancer.
Vous êtes prêtes ?
Allez-y. Top !
Et puis un jour,
il m'a demandé une robe.
Alors, on est allés chercher une robe.
J'étais gênée.
Dans le magasin, j'étais gênée.
Je... C'est pas une fierté, hein...
J'étais gênée. J'avais peur du regard des autres. Clairement.
Et puis, Sasha a essayé sa robe.
Une petite robe avec une Minnie.
Et je l'ai vue se regarder dans le miroir, dans sa robe. Et y avait
tellement de bonheur
qu'après, le regard des autres, j'en ai plus rien eu à faire.
Je me suis interrogée.
Je me suis dit : "Est-ce que c'est pas ta faute
d'avoir tellement voulu une petite fille que c'est arrivé ?"
Après, je me suis dit : "Peut-être que Sasha..."
J'avais perdu des bébés avant, des petites filles.
Je me suis dit que Sasha a trouvé la méthode pour rester en vie.
"Je vais vous faire croire que je suis un petit gars, mais pas du tout."
Ses testicules étaient pas descendus. Y a plein de trucs comme ça.
Et pourquoi Sasha, c'est le seul de mes enfants qui a un prénom mixte ?
Pourquoi ? Je me dis que finalement, c'était écrit, c'était comme ça.
Sasha !
Sasha !
Ouais, Sasha ! C'est bien.
J'étais un petit peu surpris de pas...
Et puis...
...comment...
pas vexé, mais étonné de pas m'être rendu compte.
C'est vrai que je suis pas tout le temps là.
Elle est plus présente avec les enfants, donc le relationnel est pas le même.
Mais non, au niveau...
par rapport à Sasha...
...la question se pose même pas. C'est...
C'est mon enfant. Point.
Pour moi, c'est même pas une question de tolérer.
Pour moi, c'est...
C'est Sasha. Point.
1, 2, 3, soleil !
J'ai pas dit : "Non, tu seras un garçon, quoi qu'il arrive."
Moi, je veux le bien-être de Sasha.
Je veux impérativement que ça se passe au mieux,
même si pour l'instant, je me rends compte
que déjà à son âge, à huit ans, c'est pas facile.
Vadim, tu bouges.
Sasha l'a même pas vu.
Je t'ai entendue, Soline.
1, 2, 3, soleil !
1, 2, 3, soleil !
On se tient la main ?
- On va gagner tous les deux. - OK. Ouais.
- Prêts ? - Oui.
1, 2, 3, soleil !
Et toi, tu descends.
1, 2, 3, soleil !
Oh, mon petit cœur !
Hein ?
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