ആദ്യത്തെ 200 വരികൾ.
LE SECRET DE VERONIKA VOSS
Aidez-moi ! C'est insupportable, cette douleur !
Elle me déchire ! Elle me ronge !
Elle m'anéantit !
Je vous en supplie ! Ayez pitié ! Miséricorde !
Je vous donnerai tout ce que j'ai. Corps et biens !
Tout !
Parfait. Tout.
Merci.
Maintenant, je vous appartiens. Tout ce que j'ai est à vous.
Je ne peux plus vous donner que ma mort.
Inutile, elle est sans valeur.
Merci.
Poison insidieux, 142/5e, clap de fin.
Merci, Veronika.
Tu as été sublime. Bouleversante.
C'est mon métier, bouleverser.
Je suis très fier de toi.
Et moi, très reconnaissant.
C'est lui qu'il faut remercier.
Sans lui, je ne serais rien.
Votre scénario est admirablement construit, M. Rehbein.
Tu m'as mal comprise.
Ce n'est pas seulement son scénario.
C'est son amour qui me donne ma force.
Son amour.
Je vous offre un abri ?
Et votre protection ?
Si vous voulez. Pourquoi pas abri et protection !
Tenez, mon manteau. Vous allez prendre froid.
- Comment vous appelez-vous ? - Robert Krohn.
Vous êtes très aimable, M. Krohn.
Asseyons-nous. Il y a de la place, devant.
Non, restons debout ! Je vous en prie !
Les gens vont me reconnaître, vous comprenez ?
Ils vont me regarder, parler de moi,
peut-être même me parler, vous comprenez ?
Oui, je comprends.
Merci... beaucoup.
Téléphone.
Pour toi.
Si tu buvais ta bière, au lieu de la renverser !
La nuit, entendre ce qui n'a jamais été entendu.
Non, il dort.
Le centième nom d'Allah.
Le coup de timbale non-écrit, lorsque Mozart mourut.
Quand ? Où ?
Les conversations intra-utérines...
Je lui passerai le message.
Une femme
te donne rendez-vous pour le thé.
À 17 h, au Privileg.
Une certaine Mme Voss.
Connais pas.
Elle non plus, sans doute.
Pour dire que tu es un homme charmant !
Reporter sportif ! Ça doit être passionnant.
Quelquefois.
Les gens qui se battent sont passionnants. Victoires, défaites.
Et vous ?
Moi ?
Parlez-moi de vos victoires.
Vous savez, ma vie est assez monotone.
Plus de victoires, plus de défaites.
Au téléphone, c'était votre femme ?
Mon amie.
Vous l'aimez ?
Si je l'aime ?
On se supporte.
Je peux vous appeler Robert ?
Vous vous en êtes voulu, non ?
De ne pas m'avoir reconnue.
N'est-ce pas, vous ne m'avez pas reconnue ?
Pas au premier coup d'œil.
Vous voyez ? On ne me la fait pas !
Vous savez, ça m'a mis du baume au cœur
que quelqu'un s'intéresse à moi.
Sans savoir que je suis Veronika Voss. Que je suis connue.
Enfin, j'étais à nouveau un être humain !
Le cinéma n'est pas la réalité, bien sûr.
Cette lumière est atroce. Je vous en prie.
Allumez les chandeliers, et éteignez ça.
Ombres et lumière !
Les deux secrets du cinéma. Vous saviez ça ?
Je ne vais pas souvent au cinéma.
Vous pouvez l'étudier à mon exemple.
Vous me trouvez belle ?
Oui. Très belle.
Je vous trouve très belle.
Avec des côtés ombre et des côtés lumière.
Vous avez 300 marks ?
J'ai vu une broche.
J'ai vu une broche adorable !
Et quand je veux quelque chose, il me le faut.
Merci. Vous m'attendez ?
Donnez-moi une broche de 300 marks.
Dépêchez-vous, enfin ! J'ai dit
une broche de 300 marks, ce n'est pas si difficile que ça !
Que pensez-vous
de celle-ci ?
Elle fait presque 300 marks,
285, exactement.
Qui suis-je ?
Une mystérieuse inconnue, ou...
Vous ne devineriez pas.
Moi, je vais deviner qui vous êtes :
un homme qui a commandé une bière
pour se donner le temps de décider
s'il va tromper son amie avec la mystérieuse inconnue.
C'est ça ?
Ne dites rien.
Ça vous obligerait à mentir.
Laissez, c'est pour moi. Merci, ça va.
J'ai été ravie de vous connaître, mais je dois m'en aller.
J'ai rendez-vous avec mon producteur. De cinéma.
Il a fait son premier million grâce à moi, il pense au second.
Je n'ai vraiment pas envie d'enchaîner, mais comment dire non ?
Jolie broche, vous ne trouvez pas ?
Il m'offre la vedette. Alors, que faire ? Et un rôle en or !
C'est mon mari qui a écrit le scénario.
Il ne m'écrit que des rôles sur mesure.
Il faut absolument que vous veniez nous voir. Mais je me sauve.
Au revoir, Robert.
Appelez-moi Veronika.
Au revoir, Veronika.
Pourquoi vous me regardez comme ça, gras-double ?
Veronika, mon petit ! Ça ne va pas ?
Prätorius !
Si, la pleine forme.
Elle n'a pas plu au monsieur qu'elle devait éblouir.
Pouvez-vous me dire
ce que je peux faire d'une broche qui ne séduit pas ?
Vous ne pouvez pas me répondre. Eh bien, remboursez-moi !
Je n'ai peut-être pas été claire ?
Veronika Voss !
J'ai tout de suite reconnu votre voix.
Vous n'imaginez pas le plaisir que vous me faites.
Bien entendu, nous allons rembourser Mme Voss.
Vous vous rappelez ? 1944, je crois ? À Berlin ?
Oui, je me rappelle.
Mais le film avait été tourné en 1943.
La première a été annulée. Je m'étais acheté une belle fourrure...
Je m'en souviens comme si c'était hier.
Votre mari était nerveux à cause des bombardements.
Et il y avait de quoi.
Deux mois après, mon magasin a été bombardé.
J'ai pu sauver votre photo.
Mais vous n'aviez pas eu le temps de la dédicacer.
Malgré tout... c'était la belle époque !
Toutes les époques sont belles ! Je vais tourner un nouveau film.
Quand il sera fini, je vous donnerai une photo plus récente.
J'en serai heureuse.
Et pour la sortie, je vous achèterai un autre bijou.
Espérons que mon mari sera moins nerveux, pour la dédicace !
Je vous y ferai penser. Mes salutations à votre mari.
300 marks pour un cocktail !
Alors là, vive l'escroquerie !
Pardon ?
Elle est belle ?
Tu m'as parlé ?
1951, 1950, 1949.
Sa grande époque a été pendant la guerre, à la UFA.
Elle a eu une histoire avec Goebbels.
C'est faux.
Il l'a interdite.
Tu parles ! Il la protégeait.
Elle tournait film sur film.
Même si après, elle a raconté le contraire,
et qu'à la Culture, on l'a crue.
Où tu as eu ce tuyau ?
À la Culture.
Ils sont aveugles !
Les acteurs sont bêtes, menteurs et vaniteux.
À la Culture, ils sont...
Dis donc, tu changes de discours ?
Je m'intéresse à la culture.
Qu'est-ce que tu lui veux, à la Voss ?
Ce n'est pas un as du foot.
J'ai peut-être envie de sortir avec elle. De prendre un verre...
Je vois. Ça fait trois ans qu'elle n'a pas tourné.
Vous feriez un beau couple... de piliers de cabaret !
Quoi, elle boit ?
Tous les acteurs boivent.
Et quand ils sont sur la touche, ils biberonnent !
C'est une loi de la nature.
Elle a bousillé son mariage aussi.
C'est vrai ? Ou c'est juste des cancans ?
Autre loi de la nature :
avec les acteurs, il n'y a pas de fumée sans feu !
Parce qu'ils sont bêtes, menteurs et vaniteux.
Exactement.
Merci beaucoup, Grete.
Si jamais je peux te rendre service...
Ça m'étonnerait. Le sport veut qu'il y ait un gagnant,
et je ne m'intéresse qu'aux perdants !
Tu n'as pas l'adresse de Voss, par hasard ?
C'est une perdante, non ?
Moi, c'est la chute qui m'intéresse.
Une fois au tapis, c'est fini. Demande à son agent.
Karla Petrowitsch, 24 05 33.
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