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Inspiré d'une histoire vraie
Sir William Mitchell Ministre des affaires étrangéres
Joan Elizabeth Stanley, résidez-vous à cette adresse ?
RG. Vous êtes en état d'arrestation.
Que se passe-t-il ?
Vous êtes accusée
de 27 infractions au secret d'État, suivez-nous.
Autre actualité, l'enquête continue sur la mort
de l'ex-ministre des Affaires étrangères Sir William Mitchell.
Une déclaration sera faite au Parlement ce vendredi.
Asseyez-vous, s'il vous plaît.
Je ne veux pas d'avocat.
Je n'ai rien fait de mal.
Mme Stanley, vous êtes accusée de trahison.
Quoi ?
Sauf preuve du contraire,
votre nom sera révélé à la Chambre ce vendredi.
Pourquoi ?
L'affaire Sir William Mitchell vous pointe du doigt.
Si vous devez vous défendre, faites-le avant vendredi.
Je n'ai rien à défendre !
Votre dossier débute en 1938,
quand vous étiez à l'université de Cambridge.
Mme Stanley ?
Tricotons pour l'Espagne Pour la paix et la liberté
Ma chambre est au 3e étage.
Trop haut pour grimper.
Je suis sortie faire la fête.
Tu es aussi en 1re année ?
Littérature anglaise.
Sciences naturelles et Physique.
J'ai été dupée par tes oreillers.
Langues modernes.
Je peux t'emprunter une robe de chambre ?
Si un surveillant m'attrape,
je dirai qu'on buvait un chocolat chaud.
C'est du vison ?
Horrible, n'est-ce pas ? La cousine de ma mère l'a acheté.
Non, ça n'a rien d'horrible.
C'est différent.
Je te rapporte ça demain.
Merci infiniment.
Attendez un instant. Hé !
Bonjour !
C'est la fille chez qui je suis entrée par la fenêtre.
C'était un peu le bazar.
Ma mère était tellement occupée à commander mes tenues
que je n'ai aucun équipement, et encore moins de livres.
Tes parents refusaient que tu viennes ici ?
Mon père était ravi.
Et les tiens ?
Je suis orpheline.
Oh, je suis désolée.
Ce n'est rien, c'est arrivé il y a longtemps.
La grippe, en Russie.
Je suis allée vivre avec mon cousin Leo en Allemagne.
Il venait d'arriver là-bas.
Quand Leo est venu ici, je l'ai suivi.
Il est aussi étudiant ici ?
Non, à St. John's.
Tu sais quoi ?
Je cherche à justifier le fait qu'on soit les plus âgées ici.
La Russie, l'Allemagne, d'où les langues modernes.
Après les trois premières, c'est plus facile.
On est juifs, au fait.
- Je n'ai jamais rencontré... - Mazel tov .
Pardon ?
Tu viens voir un film avec moi demain soir ?
J'aimerais bien, mais je dois voir mon tuteur.
Allons-y !
Voici William.
William Mitchell.
Il est...
vicomte ou quelque chose dans le genre.
Kharak est un maharaja.
Sommes-nous les seules sans titre ?
William, Kharak.
Ravie de vous voir.
C'est mon cousin,
Leo.
Sur ton 31 pour un film.
Les socialistes aiment le glamour.
Tu dois être Joan.
Moi, c'est Leo.
Sonya dit que tu lui as sauvé la vie.
Pas exactement.
Bon film à vous.
Joan...
Pour la cause, nous mourrons
Les lâches fuiront et les traîtres mentiront
Mais notre drapeau rouge volera avec passion
Mme Stanley ?
À Cambridge, vous étiez proche des communistes
et vous alliez voir leurs films.
Oh, c'est donc à ce sujet ?
Tout le monde le faisait à l'époque.
Les films étaient affreux, mais il ne fallait pas le dire.
C'était à la mode.
Le monde était très différent.
Vous n'en avez aucune idée.
Dites-moi, Mme Stanley,
votre père était-il un socialiste ?
Dieu du ciel !
Eh bien, il était directeur d'école.
Il se souciait des gens ordinaires.
Il avait vu la marche de Jarrow en ville.
Mais lui, un socialiste ? Non !
Alors, qui vous a politisée ?
C'est une drôle de façon de dire ça.
Ma famille a fui l'antisémitisme en Russie
pour s'installer en Allemagne.
Pas la meilleure décision...
Lorsque je suis entré à l'université,
les brutes de Hitler étaient devenues inarrêtables.
Mais je ne me suis pas caché.
Non pas parce que j'étais un héros,
mais parce qu'il fallait leur tenir tête.
Bien dit, monsieur !
Mon action,
jointe à l'action des autres, a généré un mouvement !
Il est captivant.
Nous devons tous décider
dans quel camp nous sommes.
Belliciste !
Laissez-le parler !
La guerre a déjà commencé !
Alors qu'on nous vend la paix à tout prix,
nous sommes traînés
par de sombres forces.
Nous devons être unis !
Bannissons ces ennemis que sont l'apathie
et la haine !
Rassemblons-nous autour de l'espoir !
Du courage et de l'honneur !
Agissez ! Joignez-vous à nous !
- Superbe discours, Leo. - Bravo, jeune homme.
Ils ont essayé de le noyer.
Les nazis ?
Ils l'ont tabassé et l'ont jeté d'un pont.
Qu'en as-tu pensé ?
Très émouvant.
Émouvant ? Je voulais être passionnant.
Belle démonstration, Leo.
- Merci. - Oui, bien joué, l'ami.
Je m'inscris sur-le-champ.
C'était le meilleur des temps et c'était le pire des temps.
C'était l'âge de la sagesse,
c'était l'âge de la folie.
"C'était l'époque de la foi,
"c'était l'époque de l'incrédulité,
"c'était la saison de la Lumière,
"c'était la saison de l'Obscurité."
Le Conte de deux cités.
Livre premier, Ressuscité.
C'est ça, le communisme.
C'est Dickens.
Et c'est trop anglais pour toi.
Pourquoi as-tu voulu étudier la physique ?
Réponse intelligente :
en 1932, quand on a découvert le neutron,
le monde entier a changé et j'ai voulu participer.
Mais en réalité, c'est à cause des têtards.
Petite, avec ma sœur,
on se rendait à la mare et on en rapportait chez nous.
Ils sentaient mauvais, on leur a donné un bain chaud.
On les a ébouillantés.
- Tu es un monstre ! - Non !
Ça m'a donné envie de comprendre.
Et me voilà à étudier la physique.
Je veux te montrer quelque chose.
Allons-y.
Par ici.
Dis-moi, si tout ceci...
si le monde entier allait être détruit,
que sauverais-tu ?
Les pyramides.
- La tour Eiffel, peut-être. - Pourquoi ces choses ?
Pourquoi donc ?
Ce serait peut-être l'occasion de reconstruire la civilisation à zéro.
D'une toute nouvelle manière.
Ma petite camarade.
Je te verrai à la réunion ?
Mme Stanley ?
"Moi, Zinoviev, je répète
"que je suis entièrement coupable.
"Je suis coupable
"d'avoir été l'organisateur, avec Trotski,
"de la tentative d'assassinat sur Staline."
Staline l'a forcé à avouer ?
Non.
Ses aveux sont libres.
La presse occidentale dit le contraire pour discréditer l'URSS.
On voit pourtant
que ce n'est pas crédible.
Qui ça, "on" ?
La plupart des Anglais.
Ils jouent le jeu des ennemis de l'État
qui cultivent la confusion !
Les derniers mots de son associé, Kamenev, en disent long :
"Quelle que soit ma sentence, je la considère juste.
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