ആദ്യത്തെ 200 വരികൾ.
- C'est un nouveau médicament ? - Je sais pas.
- Plus fort ? - Pareil.
- Ils ont dit quoi ? - Rien. Tout va bien.
Pourquoi ils l'ont changé alors ?
- Pourquoi tu me dis pas la vérité ? - Je viens de te la dire.
- Tu as quelque chose ? - Non.
10 000 pesos ?
Maman, tu ne penses qu'à l'argent. Donne-moi 20.
Non.
Prends pas ma voiture. Tu la laves et tu la gares !
Regarde cette lettre de la Deutsche Bank, la plus grande banque allemande.
Elle est signée par son directeur, Paul Aschreiner.
Ça dit que cette semaine, le président des États-Unis
signera le décret qui débloquera les fonds.
- Rends-moi mon argent. - Fais-moi confiance.
- Tu dis ça depuis un an. - C'est un investissement à long terme.
De quoi j'ai besoin ?
Attestation de compte bancaire et copie de ta pièce d'identité,
pour qu'ils te virent l'argent.
- J'ai pas de compte bancaire. - Et ?
- Javier, rends-moi mon argent. - Poète, tu es stupide ?
C'est une opportunité en or.
Faut savoir flairer les affaires quand elles se présentent.
Ce que tu as investi, c'est rien comparé à ce que tu vas recevoir.
Écoute.
Mon contact me dit que les bons sont en cours de rachat.
Avec l'approbation du gouvernement du Zimbabwe.
Tu as investi dans des obligations d'une valeur de dix millions de dollars.
Je ferai de toi un millionnaire, petit salaud. Je te le dis.
Tu pourras écrire tes poèmes
dans une belle ferme avec une rivière.
- Je dois juste passer par ton compte ! - Je te donnerai rien.
Je te demande rien. On va me faire un virement.
- J'ai dit non. - Pourquoi tu me fais ça, maman ?
Maman ?
Maman ?
Maman ?
Maman.
Qu'est-ce que tu as ?
- Je dois m'asseoir. - Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tu as quelque chose ? - Ça va passer.
Dis-moi la vérité.
- Tu m'énerves. - Moi ?
Je suis vieille. Je ne serai pas toujours là.
Tu veux mourir ?
Je t'aiderai.
Et je partirai avec toi, si tu veux.
Quoi ? Partir avec moi ?
Tu as bu ?
Óscar Restrepo, poète né à Santuario en 1968.
Historien de l'Université d'Antioquia.
Grand admirateur et connaisseur de José Asunción Silva,
auquel il dédie certains de ses poèmes.
En 1992, son livre Los Desusos
a reçu le premier prix du 5e Concours national de poésie
organisé par le Centre culturel Pepe Sixto Aguinaga.
Merci beaucoup. Bonsoir.
Tout d'abord,
merci beaucoup, Alonso,
de m'avoir invité à partager ma poésie
dans ce beau sanctuaire de mots
où chaque poète est un petit dieu,
et chacun de vous, en interprétant le poète,
est un autre petit dieu.
Óscar Restrepo se définirait comme un rêveur éternel, perpétuel.
Un chercheur de chimères à travers les mots.
J'ai commencé à lire à 12 ans
puis à écrire des vers.
À 15 ans, déjà, je me sentais, je me croyais poète.
C'était ma seule prétention.
Être un poète malheureux et vaniteux.
Je dis "malheureux"
parce que la souffrance a été la matière première de ma poésie.
Ceux qui ont lu mes livres peuvent en témoigner.
Je m'identifie à Wilde quand il dit...
"Où il y a de la souffrance, il y a un sol sacré."
Mais je dois admettre que nous, les poètes, sommes hyperboliques.
Et cette hyperbole,
cette exagération constante de notre souffrance,
nous la poussons au troisième, voire au quatrième degré.
Un de mes lecteurs m'a dit un jour...
"Poète...
"Comment pouvez-vous écrire un poème aussi beau, mais aussi triste ?"
- Je lui ai cité Ernesto Sabato... - Óscar !
Quel poème tu vas lire ?
Aucun poète n'a atteint la virtuosité de José Asunción Silva
dans ce putain de pays.
Sa scansion, son rythme, sa musicalité. En cent ans. Aucun.
- Me dites pas qu'il était meilleur que... - Qui ?
Celui qui a gagné le prix, avec la moustache.
- García Márquez ? - Oui, qui a écrit L'Alchimiste .
- L'Alchimiste , c'est de Paulo Coelho. - Non.
García Márquez a écrit Cent ans de solitude .
Oui. García Márquez, le meilleur.
García Márquez était assoiffé de reconnaissance.
José Asunción Silva, lui, n'a jamais écrit pour la reconnaissance.
- Et personne ne le connaît. - Personne ?
Ah mec... Regarde ça.
Ça te parait pas important ?
- García Márquez sur le billet de 50. - Surestimé !
Achète à boire avec.
La vie de José Asunción était un véritable poème.
Il avait 30 ans quand il s'est tiré une balle dans le cœur.
- Criblé de dettes... - On en a tous.
... et dévasté par la mort de sa sœur bien-aimée Elvira.
Une nuit...
Une nuit pleine de parfums,
de murmures et de bruissements d'ailes. Une nuit...
où brûlaient,
dans l'ombre nuptiale et humide,
les fantastiques lucioles !
PREMIÈRE PARTIE - L'ÉCHEC
Fais tes valises et dégage. Je ne veux pas de toi ici.
Qui s'occupera de maman ? C'est moi qui vis avec elle.
Et tu veux la tuer pour ça ?
Tu peux te suicider, mais tu ne l'emporteras pas avec toi.
Carlos, sors, s'il te plaît.
Tu as 15 minutes pour faire tes valises.
Pourquoi tu as dit ça à maman ?
- Elle va mourir. - Elle ne va pas mourir.
- Elle va bien pour son âge. - Elle a quelque chose.
C'est toi qui ne vas pas bien.
Et ton problème d'alcool ?
Ça va relativement mal.
Si maman meurt, tu feras quoi ?
Y aura plus sa pension et Carlos te mettra à la porte.
- Je verrai. - Tu finiras à la rue.
Qu'est-ce qui t'est arrivé, Óscar ?
Tu étais brillant, tu enseignais, et regarde-toi.
Depuis quand tu ne travailles pas ?
- Je suis poète. - Tu es chômeur.
Poète je suis, si être poète...
- Arrête tes conneries. - J'attends de l'argent d'une affaire.
- Quelle affaire ? - Une très grosse affaire.
- Tu as pensé à Daniela ? - Non, Yolanda. Me fais pas ça.
- Qu'as-tu fait pour elle ? - Yolanda, parle pas de ça.
Tu l'appelles ?
Ça suffit. Évite ce sujet. Me fais pas chier ! Assez !
Pourquoi tu n'acceptes pas ?
Je ne vais pas être prof de lycée, et encore moins enseigner la philosophie.
Tu dois le faire, tu n'es pas en position de choisir.
- C'est pas mon truc. - C'est quoi, ton truc ?
J'écris un livre.
Un livre... Óscar, bon sang !
On va faire une chose.
Je vais dire à Carlos
que toi et moi, on a passé un accord pour qu'il te mette pas à la porte.
Je vais dire à William que lundi matin, tu seras à l'école.
Mais tu dois t'engager envers moi.
- Je m'en vais. - Óscar.
Je m'en vais !
Prends pas ma voiture.
Salut.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien.
Je voulais juste dire bonjour. Comment vas-tu ?
Bien. Et toi ?
Bien.
- Je suis en train de déjeuner. - Ah bon ?
Pardon. Je repasse plus tard.
Toi, tu as déjeuné ?
Tu veux entrer ?
Ta mère est là ?
Elle sait pas encore, elle examine différentes options.
Mais elle doit se décider vite,
l'examen approche.
Qu'est-ce qui t'attire ?
Je sais pas.
Communication audiovisuelle. Philologie. Langues.
Très bien. Où tu veux étudier ?
Idéalement, à l'Université d'Antioquia.
Moi j'aime pas trop l'Université d'Antioquia.
Elle finira comme ces trublions, à jeter des pierres. Non ?
C'est très difficile de toute façon.
Si elle est pas acceptée, elle ira à l'Université de Medellín.
Je sais pas.
Comment ça, tu sais pas ? Tu sais bien !
Elle a honte parce qu'elle est chère.
Je devrais faire un emprunt. Mais bon, quand il faut...
- Combien ? - 9 millions par semestre.
Je peux t'aider.
Tu as 5 ou 10 000 pesos ? Je te rembourserai.
Voici mon premier livre publié.
Et ça, c'est le deuxième.
- Le Prix national de poésie ? - Oui.
Magnifique.
- Tu étais très jeune. - Je devais avoir 24...
25 ans.
Tu as déjà enseigné au lycée ?
Non, mais à l'université. J'étais professeur d'université.
Et qu'est-ce qui s'est passé ?
À la recherche de ma propre voie, je me suis consacré à l'écriture.
Je sais quel genre de personne tu es. Ta sœur a été très honnête avec moi.
Je ne te jugerai pas.
Je pars du principe que tu veux apporter à cette institution,
pour enrichir les étudiants.
Qu'il s'est senti mal. Que c'est pas pour lui.
Qu'il se voit pas enseignant. Qu'il est poète.
Óscar, parle à Yolanda.
Il veut pas parler.
- Óscar, tu m'entends ? - Il écoute.
No comments yet. Be the first to leave one.