ആദ്യത്തെ 200 വരികൾ.
Grandeur et décadence de Fred A. Leuchter, Jr
Je me suis mis à fabriquer du matériel d'exécution
car j'étais effaré par l'état déplorable
de l'équipement utilisé dans la plupart des prisons d'État,
qui transforme souvent les exécutions en séances de torture.
Un jour, un État m'a demandé d'examiner ses chaises électriques.
L'état du matériel m'a surpris
et je leur ai suggéré des changements
pour améliorer le matériel
et garantir une exécution humaine.
Outre ces recommandations,
j'ai consacré mon temps et mon argent
à mettre au point un nouvel équipement
destiné aux États où l'on exécute par électrocution,
bien moins cher que ce qu'ils devraient payer
s'ils engageaient des ingénieurs pour des améliorations de détail.
Le matériel est standardisé.
Il répond aux normes requises pour l'électrocution
et ne coûte pas plus cher que le matériel d'usine,
alors qu'il est artisanal.
Ils paient avant tous les pièces, la main-d'œuvre et l'installation,
plus 20% de marge, ce qui est honnête.
Nous allons tester ce système
ici, à la prison d'État du Tennessee.
On branche sur cette machine le mécanisme d'exécution,
qui considère la chaise comme un corps humain.
Il y a ici plusieurs résistances très puissantes
et 4 ventilateurs.
Je vais mettre en marche ces ventilateurs
pour lancer le refroidissement.
Passons à l'alimentation électrique.
Nous allumons l'interrupteur principal.
Comme vous le voyez,
le voltage est monté à 2640 volts.
Testons la console de commande de la chaise électrique.
On déclenche le système de sûreté intégré.
Puissance maximale. Ordinateur.
Et j'appuie sur le bouton.
Le corps humain n'est pas facile à détruire, c'est dur de tuer
de manière humaine et indolore
sans infliger de graves dégâts au corps de la personne.
Un excès de courant grille les tissus.
Parfois, s'il y a trop de courant,
la chair se détache du corps comme la viande d'un poulet grillé.
L'exécution doit se faire en deux décharges.
En 1/240ème de seconde, la première décharge
endommage ou détruit le système nerveux central.
La décharge se prolonge près d'une minute.
L'adrénaline se répand dans le sang.
La seconde décharge attaque de nouveau le système cardiaque.
Et il n'y a plus d'adrénaline pour le faire redémarrer.
Le condamné est mort.
Si, au cours de l'exécution, le voltage n'excède pas 2000 volts,
le système cardiaque n'est pas complètement détruit,
et 20 ou 30 mn plus tard,
le cœur du condamné redémarre tout seul,
et le condamné
est ressuscité.
Il faut rappeler les témoins,
remettre ce légume sur la chaise électrique
et le ré-électrocuter.
Un système de maintien en vie ou d'exécution, c'est pareil.
Le système doit marcher sans faille
pendant toute l'opération.
Si le système de maintien en vie est défectueux, le malade meurt.
Avec un système d'exécution défectueux,
le condamné survit, mais il n'est plus humain.
Ce n'est plus qu'un légume décérébré,
ce qui est bien pire que d'être exécuté.
Mon père travaillait dans les prisons du Massachusetts.
Il supervisait les transports,
à la vieille prison de Charlestown,
puis à celle de Walpole,
une prison neuve rebaptisée Cedar Junction.
Comme tous les jeunes, je l'accompagnais au travail.
J'ai commencé quand j'avais 4 ans.
J'ai visité tous les quartiers,
y compris le couloir de la mort.
J'ai visité la pièce où on avait exécuté Sacco et Vanzetti.
Les prisonniers
m'ont appris des choses, souvent illégales,
mais qui m'ont beaucoup servi :
crocheter une serrure, ouvrir un coffre.
J'ai appris de drôles de choses étant petit.
Des exécutions, je connaissais l'envers du décor,
et j'y suis venu
par souci humanitaire, à cause de tous ces cas
où la mort devient torture.
Par exemple, en Floride, il y a deux ans,
quand on a exécuté Jesse Tafero, sa tête a pris feu.
Une autre fois, la chaise s'est brisée,
et le condamné
se tordait par terre en hurlant
pendant 40 mn, le temps de réparer la chaise électrique.
Le transformateur a cédé.
Grâce à l'astuce de l'électricien de la prison,
on a fait passer des câbles au-dehors
pour se brancher sur le réseau public.
Du reste, la compagnie d'électricité n'a pas protesté.
Un autre fois,
le transformateur a pris feu, il a explosé,
et le seul résultat,
c'est que le condamné a perdu connaissance.
Il s'en est sorti indemne, sans lésions cérébrales.
La chaise a été réparée 6 mois après
et l'exécution a été réussie.
Mais il a eu de la chance. Il a reçu
une décharge électrique massive,
l'équipement a explosé et pris feu,
et il s'en est sorti sans la moindre brûlure.
Peu à peu, je me suis dit
que l'équipement de tel ou tel État avait des dysfonctionnements.
Et un jour, j'ai compris que c'était partout ainsi.
Les chaises étaient fabriquées par des prisonniers,
ou des électriciens incompétents.
Ils se contentaient de copier
la photo d'une chaise existante.
L'électrocution d'un éléphant
L'État du Tennessee m'a contacté
en prévision de sa nouvelle prison.
Je devais inspecter l'équipement existant
et évaluer ce qui pouvait être conservé.
Le seul impératif,
c'était de conserver leur chaise électrique,
qui datait de 1898,
car son bois
gardait en mémoire toutes les électrocutions passées,
et ce bois avait autrefois servi pour la potence.
La chaise elle-même
était plus petite qu'on aurait pu le croire.
On aurait dit un modèle pour enfant ou pour femme.
On s'est contenté d'élargir la chaise
et de la rehausser.
On a changé l'alimentation électrique
pour éviter les "grillades".
Comme on n'arrivait pas à harmoniser
le vieux bois avec les pièces neuves,
il a fallu repeindre la chaise
avec une peinture spéciale à base de résine époxy,
celle qu'utilise la NASA
pour le fuselage de la navette spatiale.
Steve, beau-fils de Fred,
décrit l'arrivée de la chaise à la maison.
C'était en 89, je crois.
J'allais encore à l'école.
En rentrant, j'ai vu cette caisse dans le jardin.
C'était une chaise électrique.
Fred et mon oncle étaient là avec le pied-de-biche.
Ils ont dû forcer la caisse, tout dévisser...
Une chaise électrique dans le jardin !
Je ne m'y attendais pas,
contrairement à Fred.
C'est dur de manœuvrer dans les escaliers
avec une chaise en chêne de 100 kg.
Mais d'abord, bien sûr,
on y a assis et attaché Fred.
Moi, j'ai refusé.
J'avais fait développer quelques pellicules,
des photos de travail détaillées,
pour avoir une vue d'ensemble avant le démontage.
En les regardant, j'étais stupéfait.
On a pris une loupe
pour essayer d'identifier cette chose,
comme un ajout à l'image.
À ce que je sais, certains objets projettent une aura.
Exposés à des champs électromagnétiques
intenses, certains objets
absorbent cette énergie
et projettent une aura.
C'est un mystère :
avons-nous photographié une entité réelle ?
Peut-être hante-t-elle encore le Tennessee.
Ou bien elle s'est échappée quand j'ai démonté la chaise.
Je l'ignore.
Enfin... s'il y avait vraiment quelque chose.
Puis l'État du New Jersey
m'a engagé comme consultant
pour la mise au point d'une machine d'injection mortelle.
En effet, ce mode d'exécution
constitue un dilemme presque insoluble,
même pour le personnel médical.
Ils avaient décidé d'utiliser une machine
pour injecter aux condamnés les solutions chimiques
en temps voulu et selon les doses prescrites.
Ainsi, on éliminait le facteur humain.
J'ai étudié le problème
et j'ai proposé un système de fonctionnement.
La seringue est actionnée par un piston sur colonne d'air.
Cela crée un circuit de va-et-vient entre la machine
et le système cardio-vasculaire.
Ainsi, le condamné absorbe la solution
à un rythme acceptable pour son organisme et ses vaisseau sanguins.
Les médecins, ravis,
devaient convaincre les responsables de la prison.
Le directeur adjoint
s'ennuyait pendant la réunion,
sans doute parce qu'il ne comprenait rien à ce que je disais.
Puis une phrase l'a fait réagir.
Un médecin dit : "Fred a conçu le casque de la chaise électrique
utilisée en Caroline du Nord."
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