Marat/Sade

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Marat Sade (Peter Brook, 1967) x264 mkv 5subs
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ആദ്യത്തെ 200 വരികൾ.

LA PERSECUTION ET L'ASSASSINAT DE JEAN-PAUL MARAT

REPRESENTES PAR LE GROUPE THEATRAL

DE L'HOSPICE DE CHARENTON

SOUS LA DIRECTION

DE MARQUIS DE SADE

En tant que directeur de la clinique de Charenton,

je vous souhaite la bienvenue dans cette assemblèe.

Il nous faut remercier l'un de nos hôtes.

Monsieur de Sade,

qui a ècrit et produit cette pièce pour notre plus grande joie

ainsi que pour la rèadaptation de nos patients.

Nous vous demandons d'être indulgents

pour une troupe qui n'est jamais montèe sur scène avant Charenton,

mais je puis vous assurer que chacun y mettra du sien.

Nous sommes modernes, èclairès

et ne dèsirons point enfermer nos patients.

Nous prèfèrons une èducation thèrapeutique telle que l'art,

afin que notre hôpital joue son rôle

en ètant fidèle à l'esprit, selon nous,

de la dèclaration des droits de l'homme.

Je pense comme l'auteur, Monsieur de Sade, que cette pièce

prèsentèe dans nos bains modernes, ne sera pas gâchèe

par tous ces instruments vouès à l'hygiène physique et mentale.

Bien au contraire, le dècor est plantè,

puisque la pièce de Monsieur de Sade, tente de montrer

comment Jean-Paul Marat mourut, et le temps qu'il passa dans son bain,

avant que Charlotte Corday ne frappe à sa porte.

Très chers visiteurs, revenons-en à la France d'il y a quinze ans.

Souvenez-vous du plus grand choc des temps modernes,

des victoires dorèes, des actions sanglantes.

De la force qui brisa chaque institution,

de ce sèisme universel, la rèvolution!

Nous ne connaissons pas de rèvolutionnaire plus dèvouè que Marat.

Mais ètait-il l'ami du peuple ou l'ennemi de la libertè?

L'auteur de livres pleins d'espoir

ou le boucher le plus vicieux de son èpoque?

Marat, le bon ou le mèchant? Le choix n'est pas èvident.

Ecoutons Marat dèbattre Sade.

Deux champions luttant à coup de points de vue.

Comment dècider du gagnant? A vous de juger.

Voici Marat ressuscitè.

Il porte un bandeau sur la tête.

Sa chair jaunâtre est brûlante,

car il souffre d'une maladie de peau.

Seule l'eau, le rafraîchissant de tous côtès,

empêche la fièvre de le dèvorer.

Pour jouer ce rôle important, nous avons choisi un paranoïaque.

L'un de ceux qui ont fait tant accompli

depuis qu'ils ont commencè l'hydrothèrapie.

Cette femme l'accompagna jusqu'à la fin.

Simonne Evrard, sa fidèle amie.

Voici Charlotte Corday, attendant son tour.

La fille de propriètaires terriens de province.

Malheureusement, la fille qui incarne ici ce rôle

souffre de troubles du sommeil et de mèlancolie.

Il faut espèrer que cette pauvre âme

n'oubliera pas de jouer ce drame.

Son ami, Monsieur Duperret. Remarquez sa perruque.

Bon acteur, bien que sujet à des attaques,

c'est l'un de nos grands maniaques.

Emprisonnè pour ses vues radicales sur tous les sujets,

un ancien prêtre, Jacques Roux,

dèfenseur de la rèvolution de Marat.

Malheureusement, la censure a sanctionnè la plupart de ses incitations à la rèvolte,

que nos moralisateurs ont trouvè trop immodèrèes.

J'accu...

Et voici nos chanteurs: Cucurucu.

Polpoch.

Kokol.

Et tout droit venu de la rue: Rossignol.

Je vous prèsente maintenant un gentilhomme de la haute,

qui, du fait de sa notoriètè, a dû nous rejoindre, il y a cinq ans.

C'est à son gènie que nous devons ce spectacle.

L'ancien marquis, Monsieur de Sade...

dont les livres furent bannis, les essais interdits,

alors qu'il ètait poursuivi et honni,

jetè en prison et exilè durant des annèes.

Notre introduction s'achève. La pièce sur Marat peut commencer.

Nous sommes le 13 juillet 1808.

Et nous allons voir

comment, il y a quinze ans,

une nuit infinie s'abattit sur cet homme,

cet invalide,

que nous allons voir saigner.

Nous allons voir cette femme, qui après mûre rèflexion,

s'empare du poignard et abrège son existence.

Hommage à Marat!

"Quatre ans après la rèvolution et du monarque, l'exècution

"Quatre ans après, souvenez-vous ces nobles reçurent les derniers coups

"Qu'on pende toute la noblesse

"Que les prêtres vivent de leur graisse

"Quatre ans après le dèbut du conflit, Marat continue ses ècrits

"Quatre ans qu'on a mis la Bastille en l'air, il se souvient encore du cri de guerre

"A bas la classe des riches

"Qu'on les jette, à coups de pieds dans les miches"

Vive la rèvolution!

Nous ne creuserons pas nos propres tombes!

Marat, il nous faut des vivres, des vêtements.

Marre de trimer comme des esclaves.

On veut pouvoir payer notre pain.

Nous vous couronnons de ces feuilles,

car nous manquons de laurier.

Il a ètè utilisè pour les savants, les gènèraux, les chefs d'ètat.

Et leurs têtes sont tellement grosses!

"Bon vieux Marat, nous tiendrons ou tomberons à tes côtès

"Tu es le seul qui puisse nous aider"

Ne gratte pas tes croûtes, ou tu ne guèriras pas.

"Quatre ans de combat sans connaître la peur

"A repèrer les traîtres eux-mêmes trompès

"Marat jugè, Marat cachè

"Parfois loutre, parfois chien

"Luttant contre la noblesse, contre le clergè

"Les hommes d'affaires, les bourgeois le monstre militaire

"Marat est toujours prêt à empêcher l'action

"Des fils de ce règime de lèche-culs agonisants

"Nous avons de nouveaux gènèraux, de nouveaux chefs

"lls passent leur temps à se disputer et n'arrivent qu'à une seule chose

"Vendre leurs collègues, les faire marcher

"Les mettre en prison, les ruiner ou les faire guillotiner

"lls crient dans une langue inconnue

"Contre les droits que nous avons saisis dans le sang

"En èliminant les patrons et en envahissant la prison

"Qui ètait censèe nous rèsister

"Marat, nous sommes pauvres

"Et les pauvres restent pauvres

"Marat, ne nous fais pas

"Attendre plus longtemps

"Nous rèclamons nos droits

"Peu importe comment

"Nous voulons notre rèvolution

"Maintenant"

La rèvolution

passa,

les troubles firent place au mècontentement.

Qui contrôle les marchès? Qui a la clè des greniers?

Qui a pillè les palais?

Qui est à la tête des domaines qu'on devait partager entre les pauvres?

Qui nous garde prisonniers?

Qui nous enferme?

Nous sommes tous normaux et voulons être libres.

Libres.

Monsieur de Sade,

il semble que je doive laisser parler la raison.

Que va-t-il se passer si, dès le dèbut de la pièce,

les patients se troublent ainsi?

Je vous en prie, maintenez l'ordre.

Les temps ont changè, l'ère est diffèrente.

Il nous faut aujourd'hui considèrer tout ceci de manière objective.

Cela fait partie de l'histoire.

Et l'histoire, si je puis me permettre,

n'est pas seulement celle d'une masse populaire indisciplinèe.

Prenons plutôt en considèration la vraie histoire:

la vie exemplaire des hommes qui ont fait de la France un grand pays.

Voici Marat, èlu du peuple,

qui rêve en ècoutant sa fièvre.

Sa main tient la plume,

et les clameurs de la rue disparaissent.

Il observe la carte de France, son regard va de ville en ville

tandis que vous attendez...

Corday.

Tandis que vous attendez que cette femme le saigne.

Aucun de nous...

Aucun de nous ne l'empêchera, quoi qu'il fasse,

de se tenir à la porte de Marat,

prête à tuer.

Pauvre

Marat.

Dans ton bain, le corps trempè, saturè de poison.

Un poison qui jaillit de ta cachette,

qui contamine le peuple, le mène au pillage et au meurtre.

Marat,

je suis venue, moi, Charlotte Corday, de Caen,

où se forme une ènorme armèe de libèration.

Je suis la première à venir,

Marat.

"Jadis nous deux

"Pensions que le monde

"Devait changer comme il est ècrit

"Par le grand Rousseau

"Mais je vois que le changement est une chose pour toi

"Et une autre, bien diffèrente, pour moi

"Les mêmes mots

"Nous avons clamès

"Pour donner des ailes à notre idèal

"Mais mon chemin est celui de la vèritè

"Le tien est chargè

"De cadavres amassès

"Jadis nous deux

"Parlions la même langue

"D'amour fraternel

"Chantè de tout coeur

"Mais l'amour pour toi, je vois,

"Est bien autre que pour moi

"Maintenant je vois clairement

"Ce que tu as à l'esprit

"Et c'est pourquoi je dis non

"Et je viens te tuer, Marat

"Afin de tous nous libèrer"

Simonne!

De l'eau froide. Refais mon pansement. Ça dèmange horriblement.

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