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14 AVRIL 1865
22h15
THEATRE FORD VILLE DE WASHINGTON
Bonjour, John.
Je ne fais de mal é personne, sauf é moi-méme.
Je vous comprends.
S'il vous plaTt, n'oubliez pas que vous vous adressez é ma fille,
et en ma présence.
Oui, je lui offre mon coeur et ma main,
comme elle les veut... vides.
Je sais, M. Trenchard, que vous ignorez les maniéres de la bonne société.
Et ce fait, seul, excusera I'impertinence
don't vous vous étes montré coupable.
Les maniéres de la bonne société ?
Je les connais assez pour te retourner les poches,
vieille bougresse, attrape-nigaud.
TUER LINCOLN
Le soir du 13 avri/ 1865,
John Wilkes Booth élabore un plan pour tuer Abraham Lincoln...
PENSION DE HERNDON WASHINGTON, LE 13 AVRIL 1865
...mais aussi pour décapiter le gouvernement des Etats-Unis.
Une guerre civile qui a duré quatre ans
touche é sa fin.
Alors que la ville de Washington féte la reddition
de /'armee confederee de Robert E. Lee,
Booth et ses co-conspirateurs comp/otent un triple meurtre, coordonné avec soin.
Et...
- M. Powell. - C'est pas Powell.
C'est Payne.
Révérend Payne, James Wood, ou Mosby.
Attention é vos pseudonymes, M. Powell.
Choisissez-en un, au cas 0U les autres vous fassent trébucher.
Le secrétaire d'Etat n'est pas prét d'aller 0U que ce soit.
Il est cloué au lit et se remet difficilement.
Il s'est trouvé un infirmier.
Un petit bout d'homme nommé Robinson qui s'occupe désormais de lui.
Et puis, il y ale valet négre.
Le médecin, du nom de Verdi, lui rend visite le matin et le soir.
M. Herold. Quand vous travaillez é la pharmacie,
vous arrive-t-il de livrer des médicaments é des patients
sur demande de leur médecin ?
Avec des instructions personnalisées quant é I'administration du médicament ?
Oui, certainement. C'est chose courante.
Assez courante, oui.
Préparez un paquet pour M. Powell,
le révérend Payne, James Wood ou Mosby ici présent,
qu'il livrera demain soir au secrétaire d'Etat William Seward.
Au 17 Madison Place, Lafayette Square.
Oui, Monsieur. Je le ferai.
M. Atzerodt, vous descendrez au Kirkwood demain matin.
La suite du vice-president Johnson est au premier etage.
Je ne veux pas... Je ne peux pas.
Il est trop tard, George.
Nous avons tous complote ensemble.
Pour I'enlever, oui.
Pour kidnapper un homme, pas le tuer.
C'est un acte de guerre
et tu y es lié.
C'est un tas de goudron don't tu ne peux pas t'échapper.
Et aprés-demain soir, quand nous aurons accompli notre besogne,
nous serons tous
COHHUS comme 88S auteurs.
Je m'en suis assuré.
Nous serons acclamés comme des héros.
Nous nous retrouverons ici demain soir é 21 heures.
Powell et Herold rendront visite au secrétaire d'Etat,
M. Atzerodt ira voir le vice-président,
etje me rendrai au théétre de Grover
pour voir une représentation d'A/adin ou la Lampe magique.
Et lé...
Je tuerai un tyran.
Voici la véritable histoire du meurtre d'Abraham Lincoln,
le premier assassinat d'un président américain
et peut-étre le crime le plus retentissant de I'histoire de la Nation.
Le complot de John Wilkes Booth pour assassiner Lincoln
n'est pas la premiére opération clandestine
ayant pour cible le 16e Président des Etats-Unis.
De 1861 é mars 1865,
au moins cinq complots denlévement ou d'assassinat furent échafaudés,
bien qu'aucun n'ait été mis en oeuvre.
Aucun... A part un, peut-étre.
HUIT lvlols PLUS TOT AOUT 1864
Abraham Lincoln se dirige seul, comme a': son habitude,
du ministére de la Guerre é sa maison de Soldiers' Home
0U sa famille passe /es mois d'été trés chauds.
Aidez-moi, mon gargon !
Du calme.
Oui, au bas de la colline, c'est ce qui lui a fait si peur.
Et... ll a rué
et m'a séparé d'un haut-de-forme qui m'a cofité huit dollars.
Soldat Nichols, je vous suis reconnaissant.
Votre chapeau, Monsieur.
Je I'ai trouvé au bas de la colline.
Il a désormais la ventilation adéquate pour ces mois d'été trés chauds.
Assurément, un homme rentrant de la chasse a vidé son fusil
en guise de précaution avant de I'amener chez lui.
Les rumeurs concernant un tireur franc me font courir un plus grave danger
que votre silence sur cette affaire.
Je vous demanderai de ne rien dire de cette aventure.
Monsieur, je...
Je vous serai doublement reconnaissant.
Oui, Monsieur.
Voici Abraham Lincoln,
un homme d'Etat autodidacte qui a aboli I'esc/avage
et mettra un terme é la guerre, sauvant ainsi I'Union.
Et pourtant, pendant ses quatre ans et 41 jours au pouvoir,
I'intensité de la haine qui lui est vouée,
méme au sein de son propre parti,
est extréme, méme pour notre époque.
Mais si I'assassinat d'Abraham Lincoln a permis de le sanctifier,
de faire d'un président controversé un martyre bien-aimé,
il a aussi permis de déformer la vérité sur son assassin.
John Wilkes Booth, un homme passionné et admiré,
en passe de devenir un des plus grands acteurs de son époque
est réduit par I'histoire é un scélérat sans relief
et présenté comme un fou.
Plus fort. Plus vite ! Allez !
REPRESENTATION DE RICHARD Ill
ACADEMIE DE MUSIQUE CLEVELAND, OHIO
- Bon sang ! - Ce n'est pas grave, mon vieux.
Allons, pour I'amour du Ciel, sauve ce combat.
Maintenant... laisse I'esprit du premier-né Ca'l'n
régner sur tous les foyers,
que finisse cette scéne grossiére
et que I'obscurité enterre les morts.
Rideau ! Tirez le rideau.
- M. Booth ? - Pourquoi, M. McCollum!
- M. Booth, je suis vraiment navré. - Venez, vieil homme.
On dirait que vous vous étes vidé de votre sang.
Pas un mot de plus.
Si vous aviez touché I'oeil, ce serait une mauvaise nouvelle.
Mais vous I'avez évité, et c'était...
Hé bien... C'était splendide !
Laissez-moi vous payer un verre é tous !
Lui, c'est John Wilkes Booth,
troisiéme fils d'une dynastie d'acteurs.
Ildéskafl non seulement interpréter les réles
qui ont rendu son pére et ses fréres célébres,
mais d'apporter au théétre un nouveau jeu d'acteur,
un réalisme et un naturalisme sur le vif qui n'appartiennent qu'é lui.
Il est né eta grandi dans le Maryland, un Etat frontiére,
un Etat esclave qui n'a pas fait sécession,
John Wilkes Booth est aussi un zélote du Sud,
don't la haine d'Abraham Lincoln n'est rien de moins que fanatique.
DOMICILE D'ASIA BOOTH
1020 RACE STREET PHILADELPHIE
En octobre 1864, Booth prend contact avec /es services secrets confederes.
Et peu aprés la réé/ection de Lincoln, il décide d'enlever le Président.
II s'arréte é Philadelphie pour voir sa soeur Asia,
et chez elle, I! écrit une Iettre.
A qui de droit:
Bien ou mal, Dieu me jugera, pas les hommes.
Je ne porte d'amour qu'é la terre du Sud.
Ce n'est pas un déshonneur de vouloir faire, pour elle,
de cet homme un prisonnier, lui qui est responsable
de tant de ses malheurs.
Edwin, notre frére, a voté pour lui ?
- Oui. - Pour un faux président.
Un pantin du Nord qui veut anéantir I'esclavage
par le vol, le viol et le meurtre !
Oh, mon Dieu. Permets-moi d'en finir.
Ce pays a été béti pour I'homme Blanc,
pas pour I'homme Noir.
Asia... Enferme cela dans ton coffre.
Je reviendrai peut-étre la chercher.
Mais s'il m'arrive quoi que ce soit,
ouvre-la seule
et envoie les lettres en suivant les instructions.
Une pour notre frére Junius, une pour notre soeur Rosalie et une autre...
A qui de droit.
Un Confédéré, qui fait son devoir selon sa responsabilité.
J. Wilkes... Booth.
As-tu le choix,
O, agneau du sacrifice ?
Incline-to!' et bénis Ie royaume qui vient
- sous le régne d'Abraham. - S'il te plait !
Quand naTtra ton enfant ?
Dans cinq mois, peut-étre moins.
Que Dieu te bénisse, ma soeur.
Prends soin de toi.
Essaie d'étre heureuse.
Je ne trouverai le bonheur que le jour 0U je reverrai ton visage.
Je vais réparer ga pour toi, mon fils.
GALERIE GARDNER VILLE DE WASHINGTON 5 FEVRIER 1865
Le 5 février 1865,
Abraham Lincoln se rend au studio du photographe Alexander Gardner.
Sommes-nous préts, M. Gardner ?
Je le suis, M. le Président. Si cela ne vous dérange pas,
mettez-vous de I'autre cété de la table, cet angle vous est favorable.
Aprés quatre ans et plus de morts que pour aucun autre conflit
dans /'histoire de la Nation, la guerre de Sécession est presque terminée.
Mais /'image prise ce jour-lé sera le dernier portrait officie/
du 16e Président des Etats-Unis.
Abraham Lincoln a six semaines a' vivre.
Taddie.
Avec de la malice pour personne
et la charité pour tous,
avec fermeté dans le droit que Dieu nous donne de voir ce droit,
efforgons-nous...
SECOND DISCOURS D'lNVESTITURE DE LINCOLN
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