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LETTRES D'IWO JIMA
À la mémoire de nos morts tombés pour la patrie à Iwo Jima
Creuser tout ça a dû être un sacré boulot !
Prends ma place.
Il y a quelque chose !
Doucement !
Hanako,
Nous creusons.
Nous creusons toute la journée, sans interruption.
C'est ici que nous combattrons,
et nous mourrons ici.
Hanako...
Suis-je... en train de creuser ma propre tombe ?
Je me rends au poste où mes hommes m'attendent.
Résolu à servir ma patrie,
à lui sacrifier ma vie.
Je crois avoir tout réglé à la maison,
mais je n'ai pu arrêter le courant d'air de la cuisine.
Je l'aurais fait,
sans ce départ précipité.
Cela me préoccupe encore.
Téléphone à Tarô pour qu'il s'en charge.
Merde !
Putain d'île !
Laissons-la aux yankees !
Rien ne pousse,
ça pue, on y cuit
et c'est pourri de bestioles !
Il n'y a même pas d'eau !
Elle fait partie de notre terre sacrée.
Qu'est-ce que tu y vois de sacré ?
Saigo.
Qu'on laisse cette île aux yankees !
Et on pourra rentrer.
Saigo !
Qu'est-ce que tu as dit ?
Que vaincre l'ennemi nous permettrait de rentrer.
Il a vraiment dit ça ?
Oui, mon Capitaine !
Garde-à-vous !
Je suis Kuribayashi.
Nous vous attendions. Je suis Ôsugi.
Vous êtes là depuis longtemps ?
3 heures, mon Général.
Toutes mes excuses.
La mort de Yamamoto
m'a interdit de vous câbler mon heure d'arrivée.
Je comprends.
Mon aide de camp, Fujita.
Vous avez mauvaise mine...
Ce n'est rien, l'eau d'ici ne me réussit pas.
C'est regrettable.
Allons à vos quartiers.
Je vais d'abord faire un tour de l'île.
J'appelle une jeep sur-le-champ.
Marchons pour maintenir notre forme.
La vôtre en premier, Ôsugi.
Voilà donc le mont Suribachi.
Sales traîtres !
Quelle honte !
Arrête !
Debout !
Que se passe-t-il ?
Ces soldats...
ont des propos antipatriotiques.
Je vois.
Tu crois que nous avons tant de soldats
pour nous passer d'eux ?
Non, mon Général.
Alors cesse de les frapper.
Prive-les plutôt de déjeuner.
Un officier doit utiliser sa tête plus que sa cravache.
À vos ordres, mon Général.
Qu'est-ce que vous creusez ici ?
Là ?
Des tranchées.
Pourquoi des tranchées ?
Nous pensons que les Américains débarqueront ici.
Arrêtez de suite.
Mais, mon Général...
Et ce n'est pas tout...
Donnez-leur plus de repos.
On les croirait tombés de la lune !
Arrêtez-vous !
Arrêtez-vous !
Pas de regret.
De toute façon, j'ai mal au ventre.
Un toast pour le général Kuribayashi.
Quel officier !
Meilleur que du saké !
Il a vécu aux USA.
Il ne veut pas de tranchées...
il aime les yankees !
Connard !
Il a étudié les Américains.
Il saura les battre.
Un type du 204e m'a dit
qu'un autre général devait commander cette campagne.
Mais il s'est désisté.
Alors Tôjô a nommé Kuribayashi à sa place.
Nozaki...
Tu écoutes tous les racontars.
Mais tes oreilles sont crades !
Arrête !
On ne peut pas faire confiance au 204e.
Ils dépendent de la Marine.
Je trouve que Kuribayashi est un vrai général.
Regarde...
Il nous a déjà libérés
de la corvée de tranchées, non ?
Il fait aussi chaud la nuit.
Continuez.
C'est plus vaste que je ne le pensais.
Je suis éreinté !
Itô, au rapport.
Merci d'être venu si vite.
Combien nous reste-t-il d'avions ?
41 chasseurs et 13 bombardiers.
Seulement ?
Les renforts à la Flotte de Saipan
nous ont coûté 66 avions.
La Flotte Impériale est notre seul recours.
C'est votre plan ?
Oui.
Je n'y vois pas nos fantassins. Où sont-ils ?
Je ne saurais vous dire.
Le colonel Adachi commande l'Armée de Terre.
Vous ne vous êtes pas concertés ?
Selon le code de la Marine,
face à l'ennemi...
Mais nous sommes en pleine guerre !
Ce plan ne marche pas.
Nos forces sont massées sur les plages.
Remontez l'artillerie.
Nous venons de la descendre sur la plage.
Et bien remontez-la.
Entendez-vous avec l'Armée de Terre.
Défendre le mont Suribachi est la priorité.
Je refais un tour.
Il fait nuit !
Je le sais.
Un vrai chieur.
Comme tous les généraux de l'Armée de Terre, Amiral.
Le courrier pour les familles...
Encore toi ?
Le courrier part quand il y a un bateau.
J'ai une famille nombreuse.
Mais tu n'écris qu'à ta femme ?
Tes oignons !
Je vais te rendre un service.
Tes lettres ne passeront pas la censure.
Qu'est-ce que tu fais ?
Avant, j'étais à la censure à Tôkyô.
Avant d'être rétrogradé ?
"Hanako, nous, simples soldats,
nous creusons..."
Ça va pas, ça passera jamais.
Attends...
Qu'est-ce qui te prend ?
Rends-moi ça !
C'est mieux...
Tu me remercieras plus tard.
Le suivant !
Abruti.
Feu !
Feu !
Visez juste !
Plus vite ! Ne ratez pas !
Saigo !
Tu es bigleux ?
Vise la cible !
Même mon fils de six ans ferait mieux.
Recommence !
Tu me fais honte !
Tu te prends pour un soldat ?
Pour t'apprendre,
tu nous cireras tous les bottes !
Va à l'arrière !
Mieux vaut entretenir son arme que ses bottes...
Vive l'Empereur !
Bon courage !
Fujita.
Que font ces tanks ici ?
Ils sont inutilisables.
On attend des pièces.
Depuis quand ?
Un mois environ.
Tarô,
Il y a beaucoup de voitures aux États-Unis.
Avant de traverser la rue,
je dois regarder plusieurs fois.
Elles circulent dans tous les sens.
Tarô, écoutes-tu ta mère ? Es-tu sage ?
Vous me manquez beaucoup.
Fujita.
Faites évacuer ces civils, et vite.
Bien, mon Général.
Hanako,
Nous avons une célébrité.
Le lieutenant-colonel Nishi. Médaille d'or olympique.
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