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SEX ADDICT
Je suis née avec sept clitos.
Ces sept-là, je les connais, je peux les toucher.
Sept clitoris distincts, demandant sans cesse de l'attention.
Je pense en avoir plus de sept.
Les autres sont si bien cachés que seul un médecin les trouverait.
J'en ai assez des médecins.
Les médecins qui sondent, qui touchent...
Toujours et encore des médecins...
Pour certains, j'étais l'exemple
du syndrome d'excitation génitale persistante.
Mais pour la plupart d'entre eux, j'étais la fille au vagin bizarre.
Regardez-les, ils ne voient rien.
Ils ne savent pas
qu'une bizarrerie se cache parmi eux.
C'est ce que je suis, une mutante.
Une grotesque abomination.
Une jolie petite horreur.
Attendez... Regardez le bad boy qui se pavane.
Qu'en dites-vous ? Vol de voitures, c'est sûr.
Possession de drogues...
Agression, viol, meurtre ?
Ça commence à devenir intéressant.
Je le tiens !
Ce n'est pas son Q.I. qui m'intéresse.
Il va servir à nourrir la bête.
Une bête si unique qu'elle reste encore à découvrir.
Une nouvelle espèce.
Pour les médecins, je suis une erreur génétique,
mais je crois être un produit de l'évolution.
La femelle du futur se nourrira d'orgasmes
comme vous dévorez des hamburgers et des frites.
De toute façon, je ne suis pas une fille normale.
Parfois... la plupart du temps,
j'aimerais trouver plus qu'un mec normal.
Je vais te tabasser la chatte.
Parle-moi de tes tatouages.
Les singes de la sagesse.
Mon codétenu m'a tatoué ça car je l'ai pas balancé.
Et celui-là...
c'est la diablesse qui a volé mon cœur.
Celui-là, "Nique le monde".
Je vais te niquer comme ça.
Non.
Jouis en moi.
Espèce de grosse salope.
Ça vient, ça vient !
Non, n'y allez pas. Ignorez-le.
Ce n'est pas un vrai bébé.
Une grossesse dure 9 mois. Les miennes, 2 heures.
Mes bébés sont de faux bébés.
Mes bébés sont des abominations inachevées.
Occupez-vous de vos oignons et ignorez-le !
En général, j'évite de les tuer mais ça arrive parfois.
Parfois, ça devient trop bestial, ou c'est de la légitime défense.
Parfois, je pète les plombs. Pourquoi pas ?
Je cherche pas l'amour.
Je veux baiser et que le mec disparaisse.
Ni noms ni câlins, juste du sexe.
Surtout quand je suis enceinte, ce qui arrive un peu trop souvent.
Je veux trouver un coin tranquille pour accoucher
de mon bébé monstre et m'en débarrasser.
Ouais, t'es super sexy !
Allez, montre-moi ce que tu as dans le ventre.
Espèce de salope, fais voir que tu la veux.
Combien tu prends, sale pute ?
C'est ça, t'es un beau gosse !
Lèche tes lèvres !
Je veux que tu les mouilles.
Dis-moi où elles ont traîné !
J'adore ton cul !
Vas-y, remue-le pour moi.
Montre ce que tu as sous le capot.
Je sais pas, il manque quelque chose.
Va chercher le Mamiya avec le 180 pour faire des essais.
J'aime les hommes en uniforme.
Lâche-moi la grappe, sale conne !
Qu'est-ce qui cloche chez toi ? T'as aucun respect.
T'es une coco ou quoi ?
Les valeurs morales ont disparu par votre faute.
On a fait la guerre pour des putes comme toi.
Il n'y a plus de respect pour le pays et le reste.
T'as pas de valeurs, elles sont aux chiottes.
Casse-toi de là !
Parfait, tu peux me tuer maintenant.
C'est dans la boîte !
Tu sais, tu étais à ça de rencontrer le roi de Nazareth.
Ça te plaît ?
Je ne sais pas.
J'en ai un album entier. Tu peux jeter un œil.
Jen, j'ai trouvé un super lieu pour la séance Mass Appeal.
C'est une baraque de 22 chambres à Brooklyn.
Grave !
Elle appartenait à Père divin, le pasteur, ça ira ?
Ça me semble bien.
Putain !
Je n'avais jamais rien vu de tel.
Ma collection secrète de photos érotiques. Sexy, non ?
Plutôt effrayantes.
Un catalogue d'amants.
Photographiés dans un moment de passion,
au cœur de leur intimité.
J'appelle ça "le visage de l'extase".
Elles sont assez perturbantes.
Je n'arrive pas à savoir s'ils ont l'orgasme de leur vie
ou s'ils se font tuer.
Où est la différence ?
Je suis étonné.
Ne le prends pas mal,
j'étais persuadé que t'étais gouine.
Ou une fille du genre asexué, qui ne baise jamais.
Je t'ai jamais entendue parler de mecs.
Il n'y a rien à raconter.
Je croise ces inconnus la nuit dans des bars ou des boîtes.
Ou dans le caniveau.
J'ai eu mes 1res règles à cinq ans,
elles n'ont jamais été normales.
Je saignais beaucoup.
Une fillette qui saignait sans arrêt,
ça a fait flipper les parents.
Le jour de mes 8 ans, mes règles furent très abondantes
et je perdis 1/5 du sang que j'avais dans le corps.
Mes parents horrifiés m'ont hospitalisée.
C'est là qu'on a découvert que j'étais différente.
C'était bien pour toi aussi ?
Un des effets secondaires de mon sexe mutant
est l'hypermétabolisme.
Mes organes reproducteurs fonctionnent à un rythme accéléré.
Quand j'étais petite, avant de connaître le sexe,
j'avais des orgasmes multiples en marchant.
À l'âge de huit ans, à l'école, dans le break de mon père,
pendant le dîner,
je n'avais qu'à croiser mes jambes,
rebondir un peu plus sur mon vélo
ou jouer dans le jardin et je jouissais.
Plusieurs fois.
Pour moi, tout le monde jouissait plusieurs fois par jour.
Mon vagin a évolué, mon corps était en surrégime.
Concevoir un bébé et accoucher en moins de deux heures
était nouveau pour moi.
C'était quelque chose qui me dégoûtait.
Évidemment, je peux utiliser une contraception classique
mais comme je ne veux pas d'enfants, et pas de bébés monstres,
j'adore la sensation d'avoir un être essayer de sortir de mon corps.
Parfois, c'est mieux que la jouissance.
Le terme "nymphomane" a été inventé
par des hommes craignant la liberté sexuelle des femmes.
Les hommes affichent leurs conquêtes
alors que les femmes sont traitées de "salopes" ou de "putes".
Je suis tout ça, et plus.
Je suis peut-être la seule véritable nymphomane.
Cependant, et vous aurez du mal à me croire,
j'ai eu mon 1er amant il y a deux ans.
Les médecins et mes parents m'ont persuadée
que mon sexe était si répugnant qu'aucun garçon ne voudrait de moi.
Tout a changé avec Ryan.
Je croyais l'aimer. Je lui faisais confiance.
Quand je lui ai parlé de ma malformation,
il a su trouver les mots.
Chérie, ta malformation ne me gêne pas.
Ne la laisse pas se mettre entre nous.
Ne laisse rien se mettre entre nous.
Rien ne pourra nous résister si on est ensemble.
Ce qu'on partage est spécial.
Si spécial que je veux passer ma vie avec toi.
J'aime tes lèvres, tes cheveux, ta peau.
Du matin au soir, je ne pense qu'à toi.
Je ferais tout pour toi, chérie.
Je veux passer ma vie à faire ton bonheur,
à te protéger.
Tu es tout pour moi. Tu donnes un sens à ma vie.
Je ne parle pas de sexe.
Mais de mariage, d'enfants, de vieillir ensemble.
Que notre amour évolue.
Je ferai tout pour que ta 1re fois soit grandiose.
Tu me désires autant que je te désire.
Tu le sens, n'est-ce pas ?
- Lève-toi ! - Quoi ?
- Allez, faut que tu partes ! - Ryan ?
Faut que tu partes ! Allez, lève-toi, putain !
Casse-toi de là, espèce de monstre !
Sors de chez moi !
Évidemment, je ne me comporte plus de la même façon.
Contrairement aux autres "nymphos",
mes besoins ne sont pas psychologiques.
Ils sont physiques.
Ça commence par un picotement chaud et humide,
comme une flamme liquide,
qui grandit jusqu'à ce que ma chatte soit en feu.
Il s'étend ensuite dans mes veines,
sous ma peau, parcourt mes bras, mes jambes, mes seins,
jusqu'à ce que mon corps s'embrase et tremble
comme si ma chair brûlait et se changeait en cendres.
Seul un orgasme peut me libérer.
En fait, une bite est pour moi comme une dose pour un camé.
J'ai longtemps détesté Dieu.
Quel créateur m'aurait faite ainsi ?
Je voulais Lui cracher au visage et Lui arracher les yeux,
Lui infliger la même douleur qu'Il m'avait infligée.
Mais j'ai fini par Le comprendre.
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