The first 181 lines.
À un moment de ma carrière d'artiste,
j'ai décidé de ne plus "supporter les insensés".
Je m'appelle Eric Jonrosh.
J'ai écrit un best-seller,
The Spoils of Babylon .
Merci, Doris.
J'avais pâti du système hollywoodien avec le précédent,
The Spoils of Alabama .
Il aurait dû être adapté à l'écran avec Tuesday Weld et Rod Steiger.
J'ai commencé le tournage de The Spoils of Babylon en 1976.
J'y ai abruptement mis fin en janvier 1979
pour des raisons que je préfère taire.
Nous utilisions
un film inversible Tri-X 93 mm en nitrate inflammable
avec des objectifs anamorphiques cinémascoupelesouffle Henrik Zylet.
Le résultat est tout bonnement un chef-d'œuvre.
À l'origine, The Spoils of Babylon
durait 22 heures.
Ça a été jugé...
J'ai pas tout à fait fini.
Ça a été jugé trop long pour la télévision hertzienne.
La version abrégée de ce soir semble pâle à côté,
mais à mon humble avis,
est bien supérieure à ce qu'on voit aujourd'hui.
On avait la fine fleur des acteurs de l'époque.
Dans le rôle du jeune romantique, Dirk Snowfield,
sortant d'un contrat d'une semaine dans le feuilleton Telepathy Man .
Sir Richard Driftwood,
célèbre acteur de théâtre anglais pour la première fois dans un film,
interprétant un Américain, avec grand talent.
Et mon ex-femme, la très belle Lauoreighiya Samcake,
qui nous a quittés bien trop tôt.
Elle vit maintenant en Arizona,
avec un homme qui tient une chaîne de magasins d'articles de sport.
Il me faut un verre pour ce passage.
Il me faut... J'en ai deux, je sais. Il m'en faut trois.
La lumière a décliné sur Eric Jonrosh
et ma carrière d'auteur assez illustre.
Je vends toujours,
mais des jeunes prennent ma place. Je suis vieux.
Vieux, mais pas encore dans la tombe.
Vous verrez que j'ai gardé le meilleur pour la fin.
Savourez donc le premier épisode
de The Spoils ...
of Babylon .
FILMÉ EN CINÉMASCOUPELESOUFFLE
PRÉSENTÉ EN COULEUR
POUR LE PLAISIR DE VOS YEUX
EN SON SUPER-BIDOUILLÉ CLYDROPHONIQUE
SPONSORISÉ PAR LES MISSILES DE LA ROUTE
BUS À GRANDE VITESSE
BANQUET DU GRATIN
Arrête ! N'y pense plus.
Pitié ! Enfuyons-nous, toi et moi.
Recommençons à zéro.
Je m'appelle...
Devon Morehouse.
C'est ça, Devon Morehouse lui-même.
Mais je ne suis pas né sous ce nom.
D'où est-ce que je venais ?
Ça faisait des jours que je marchais...
sans aucun souvenir.
L'ENFANT TROUVÉ
Père, il y a quelqu'un sur la route.
Ouest Texas, 1931.
Que fais-tu là, fiston ?
T'as pas appris à parler ? Mon père t'a posé une question.
Que fais-tu ici tout seul ?
Il ne sait pas parler.
Il est peut-être tombé du train.
Je suis Cynthia Morehouse
et je compte être riche,
puissante et belle et riche un jour.
Comment tu t'appelles ?
Laisse-le tranquille.
Il parlera quand il en aura envie.
Tu décideras
du nom que tu veux porter le moment venu.
Ezéchias, Ezéchiel...
Steve,
Jim Bob, Skippy,
Jésus,
Jerry, Vladimir, Hortensio,
Mauricio,
Billy, Onus,
Johnny Onestep, Tyrone.
J'ai toujours bien aimé Clyde.
Mais désormais,
ton nom de famille,
c'est Morehouse, jusqu'à nouvel ordre.
Monte.
Voilà comment
je suis devenu un Morehouse.
Un nom né dans l'honneur, qui finira dans le sang.
Jonas Morehouse,
mon nouveau père, quitta sa vie aristocratique
pour miser sur le pétrole.
Il forait des puits.
Avant mon arrivée, il en avait déjà creusé 50
sans trouver la moindre goutte de pétrole.
Et pour couronner le tout,
en 1929,
la cupidité des hommes prit fin.
Le monde s'effondra.
Ruiné, il dut vendre
ses terres pour payer les impôts.
Quand j'intégrai la famille, il restait
une maison, 4 hectares de terre, un derrick,
une fillette de 9 ans et un esprit indomptable
du nom de Jonas
Morehouse.
Mangez votre ragoût d'écureuil.
On a du travail demain.
Prenez des forces.
J'en ai assez des écureuils.
Oignons et écureuils, y a que ça à manger !
Je veux des pâtisseries.
Mange. Tu en auras quand le puits donnera.
Il donnera jamais.
Ne dis pas une chose pareille !
Il y a du pétrole, et je vais le trouver.
Dieu m'a mis
sur terre pour une raison : extrapoler ce pétrole.
Vous n'utilisez pas "extrapoler" à bon escient.
Tu vois ces mains ?
Cette nation a été bâtie par des mains honnêtes comme ça,
africaines et chinoises,
trimant avec la conviction
que le dur labeur est une religion.
Il y a du pétrole dans ce puits.
Et je vais l'expurger.
Pas uniquement pour moi,
pas pour tout l'or du monde,
mais pour l'humanité tout entière.
Ce sera...
mon héritage.
Tu n'as pas avalé les sottises que père a débitées, quand même ?
Comment ça ?
Quand je serai grande,
je serai riche et je ne manquerai de rien.
Je ne lèverai pas le petit doigt.
Si t'as du pot, je t'épouserai.
Impossible, je suis ton frère.
Pas du tout !
On n'a pas de lien de parenté.
Embrasse-moi.
T'es folle ?
Allez !
Embrasse-moi !
T'en as envie mais t'as peur.
- J'ai pas peur. - Prouve-le.
Embrasse-moi.
Et voilà.
Le baiser qui a scellé notre destin.
Et c'était un long baiser.
Plus long que je m'y attendais,
vu qu'on n'était que des gosses.
Peut-être même trop long.
Ce baiser allait nous mener à notre perte.
Quel baiser !
Et nous n'étions pas seuls.
Le temps fila au rythme du travail et des pendules et des montres,
mais surtout du travail.
Les jours passèrent, puis les années.
Imperceptiblement, je devins un homme.
J'étudiais et travaillais dur
et j'appris ce que signifiait être le fils de Jonas Morehouse.
Ça veut dire quoi, tout ça ?
Vous avez encore reçu une lettre du banquier ?
Ça a pas d'importance.
Il peut venir prendre notre terre.
Alors ça veut dire qu'on est dos au mur.
J'aimerais te donner quelque chose.
Je la gardais au cas où...
Au cas où.
C'est une boussole.
Je l'avais pendant la guerre.
J'ai fait graver une inscription à l'intérieur.
Voilà.
"À mon fils Devon. Affectueusement, Jonas Morehouse.
"La chance sourit à l'homme déterminé."
No comments yet. Be the first to leave one.