The first 174 lines.
Ma grand-mère, Mildred, de Jackson,
possédait une boutique de cadeaux où mon frère et moi
étions toujours fourrés, quand on lui rendait visite.
Elle ne savait pas dire non
quand je lui réclamais une nouvelle peluche,
et ma collection a fini par compter
20 à 30 baleines, tigres, chiots
et autres.
De retour à la maison,
j'alignais mes nouvelles petites créatures
dans l'entrée de la maison,
prétendant qu'elles attendaient sagement leur table
dans le restaurant de renommée mondiale
que je possédais et gérais.
En toute franchise, on n'y servait principalement,
rien.
Je sortais de ma chambre,
pour encaisser deux éléphants,
un anniversaire inter-espèces de 6 invités.
Parfois même pour un tatou solitaire
qui voulait juste un morceau.
Peu importe l'assortiment,
ils devaient quasiment tous
patienter des heures avant de s'asseoir.
C'était bon à ce point-là.
Pas de pieds, pas de mains, pas de problème.
Aucune discrimination.
Par malheur,
mon établissement a mystérieusement fermé
à mes 11 ans.
Mon beau-père voulait faire un feu de joie de mes peluches,
mais ma mère les a planquées dans un vieux coffre.
Et si ma carrière de comédienne et de conteuse d'histoire
est au point mort,
je peux toujours ressortir mes anciennes peluches,
et rouvrir mon restaurant.
C'était mon histoire de la semaine.
Bienvenue à l'aéroport International de Los Angeles.
Les tapis à bagages sont situés à l'étage inférieur...
Toilettes Dames
Dernier appel, vol 4017 pour la Nouvelle-Orléans.
Tig, t'as vu ta tête ?
Seigneur, tu fais peur.
Merci, Remy.
- Oh, mon Dieu. - Je te l'ai dit au téléphone,
- je ne suis... - T'étais malade.
- Tu te sentais pas bien. - Je sais, mais je...
Oui.
C'est... la chimio ?
Non, la maladie intestinale,
- le "Clostridium difficile". - La diarrhée ?
Enfin, si tu tiens à le cacher.
Bienvenue à l'aéroport International de la Nouvelle-Orléans...
Comment va maman ?
Toujours sous respirateur.
On va la débrancher.
T'es venu pour ça.
Merci, Bill. Et bonjour.
Bonjour, Tig.
BAIE SAINT LUCILLE MISSISSIPPI
C'est pas elle.
C'est indubitablement elle, Tig.
Regarde le nom sur le lit.
Bill, voyons.
Je le sais, juste que...
Peu importe.
L'infirmière va débrancher le respirateur.
Des questions ?
Sur la mort ?
Sur le processus.
Va-t-elle mourir aussitôt ?
Possible.
Ça peut prendre des heures, voire des jours.
Prêts ?
Elle n'aimerait pas rester comme ça.
Je suis d'accord.
Par ici, s'il vous plaît.
Je suis là, si besoin.
Il est 16 h 30. Je dois rentrer nourrir le chat.
Bonkers mange à 17 h, précises.
On ne peut pas te remplacer ?
Bonkers est une chatte âgée.
Il lui faut une portion précise.
D'accord. Je t'y conduis.
Tig, tu restes ici ?
Vous êtes sûrs qu'on n'a pas besoin d'être 3 pour nourrir Bonkers ?
Oui, bien sûr que je reste ici.
On revient.
1 message vocal : MAMAN
Équipe Bleue en soins intensifs.
Équipe Bleue, soins intensifs.
Vous avez appelé ?
Oui, d'ici.
Madame, que puis-je faire ?
Ma mère s'arrête de respirer pendant 10 secondes,
et j'arrête pas de penser que c'est son dernier souffle.
C'est... pour bientôt ?
Et c'est votre mère, Caroline ?
Vos mains. Montrez-moi vos mains.
Nettoyage.
Je vais t'attraper !
Vous avez appelé ?
Vous pourriez refaire ce truc
de lui dégager la gorge ou les poumons ?
Elle ne respire plus.
C'est un peu le but.
Je pensais qu'en étant débranché
on s'endormait, ou...
comme une bougie qui s'éteint.
J'ai l'impression d'être assise à l'écouter
se noyer.
Vous vouliez quelque chose ?
Je pense que ma mère...
Oui, je suis désolée, elle est partie.
Et maintenant ? Je pars et voilà ?
Vous partez et voilà ?
Non.
Je suis désolée.
Vous ne pouvez pas la laisser.
Désolée.
Je l'ignorais.
Oh, seigneur, ça serait la folie.
Oui.
Je le réalise maintenant.
Bye, Caroline. Prends soin de toi.
- Bye. - Merci à tous.
Meilleurs voeux.
- Merci. - Sois gentille.
- Bye, Caroline. - On t'aime.
- Bye, Caroline. - Ça a été un plaisir.
Excusez-moi ?
Je fais quoi là ?
Vous pouvez rentrer.
On s'occupe de tout.
Excusez-moi.
On part par où ?
Je vous conduis.
On va prendre à droite. D'accord ?
Merci.
Tu t'es bien amusée ce soir ?
Non, pas ce soir.
Tu es morte.
Bonjour.
Désolé de pas être revenus, hier soir.
Tu sais, Bill et moi, on peut s'en occuper.
Tu devrais peut-être
te reposer. T'as toujours mauvaise mine.
Tu devrais faire une sieste.
Merci.
C'est maman qui les a cueillies ?
Il y a 2 jours.
On devrait les jeter bientôt.
Je ne veux pas d'abeilles ici.
Laisse une abeille venir parfois.
Bonkers, bouge.
Bouge, Bonkers. Bouge, minette.
C'est Brooke. Une seconde.
Allô ?
- Tu te sens comment ? - J'en sais rien.
T'en fais pas, je suis là.
Tu n'avais pas besoin de moi mais je voulais venir.
- Où es-tu ? - À l'aéroport.
J'ai fini la campagne L'Oréal, l'autre publiciste m'a dit de partir.
- Quoi ? - J'ai réussi,
mais on peut jamais savoir avec le genre passif-agressif.
Bref, bonne nouvelle je suis libre.
T'as débarqué ?
Oui, je vais prendre un taxi.
Je passe te prendre.
Il me faut 12 beignets.
C'est pour un décès.
C'est la nouvelle voiture de maman ?
C'était.
Tu devrais la ramener à Los Angeles.
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