Fahrenheit 9/11

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Fahrenheit 9/11
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Published on: 2017-01-12
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The first 200 lines.

Tout ça n'avait donc été qu'un rêve ?

Dieu bénisse la Floride !

Ces quatre dernières années n'avaient pas existé ?

Regardez, c'est Ben Affleck !

Je rêve souvent de lui.

Il y a aussi le type de Taxi Driver.

Et le petit Stevie Wonder a l'air tout content,

comme si un miracle s'était produit.

Était-ce un rêve ?

Ou était-ce la réalité ?

C'était la soirée électorale de 2000, tout semblait se passer comme prévu.

À New York, Al Gore est donné gagnant.

Gore élu dans le New Jersey.

Al Gore est donné gagnant dans le Delaware.

C'est un État décisif.

Pardon de vous interrompre,

mais j'ai une nouvelle importante.

La Floride choisit Al Gore.

CNN annonce que la Floride rallie le camp d'Al Gore.

Et puis ce truc qu'on appelle Fox News,

décida de faire gagner l'autre gars.

Fox News annonce que George W. Bush gagne en Floride

et emporterait donc la présidence des États-Unis.

Les autres chaînes se dirent 1

"Si Fox le dit, c'est que c'est vrai !"

Sur toutes les chaînes, on a commis la même erreur

en donnant Gore vainqueur en Floride. Nous sommes désolés.

Ce que les gens ignorent,

c'est que le patron de la rédaction à Fox ce soir-là,

l'homme qui a fait gagner Bush,

n'était autre que son cousin, John Ellis.

Comment un type comme Bush a réussi un coup pareil ?

Avant tout, ça peut aider d'avoir un frère gouverneur de Floride.

Vous savez, on va gagner la Floride.

C'est moi qui vous le dis.

Vous pouvez l'écrire.

Ensuite, c'est mieux si votre directrice de campagne

supervise aussi les élections.

Son État chargera une société

de radier les électeurs susceptibles de ne pas voter pour vous.

On les reconnaît souvent à leur couleur de peau.

Et vos partisans devront faire un foin d'enfer.

On parle beaucoup trop de cette histoire de légitimité.

Enfin, il faut espérer que l'autre camp restera les bras croisés.

Même si les enquêtes indépendantes prouvent que Gore a gagné...

Si on recompte tous les bulletins, Gore l'emporte.

Aucune importance,

du moment qu'à la Cour suprême, les amis de papa votent comme il faut.

Même si je suis en désaccord total avec la décision de la Cour,

je l'accepte.

À présent, il nous faut accepter.

Un nouveau président a été élu.

Finalement, rien de tout ça n'était un rêve.

C'est vraiment arrivé.

Le jour où la Chambre des représentants et le Sénat

ratifièrent le résultat des élections,

Al Gore, à la fois vice-président sortant

et président du Sénat,

dirigea la séance qui intronisa officiellement

George W. Bush président.

Pour qu'un député puisse déposer une objection,

il lui suffisait d'obtenir la signature d'un seul sénateur.

M. le président, je suis fier de vous appeler ainsi...

Je proteste face à cet abus de pouvoir flagrant et scandaleux,

la fraude délibérée et la radiation...

Le président rappelle que conformément à la section 18

du titre 3 du Code des États-Unis, les débats sont proscrits en séance.

M. le président, je vous réponds que l'objection est écrite,

signée par un certain nombre de députés

mais aucun sénateur ne l'a signée.

Plusieurs de mes collègues députés l'ont signée

en soutien aux 27 000 électeurs du comté de Duval

dont 16 000 sont des Africains-Américains

qu'on a privés de leur droit de vote lors de cette élection.

L'objection est-elle signée par un sénateur ?

Elle n'est pas signée par un sénateur. Le Sénat fait défaut.

L'objection est écrite et signée de ma main

au nom de nombreux électeurs de ce pays,

notamment ceux du 9e district

et de tous les Américains qui pensent que la Cour suprême,

et non le peuple, a choisi le président.

Avez-vous la signature d'un sénateur ?

Malheureusement, M. le président, aucun sénateur n'a signé.

Je n'ai aucune autorité sur le Sénat, aucun sénateur n'a signé.

M. le président, elle porte ma signature

et celles de plusieurs électeurs de Floride.

Aucun sénateur ne nous soutient.

L'objection est-elle écrite et signée par un député et un sénateur ?

Elle est écrite et je me fiche qu'aucun sénateur ne l'ait signée.

Le règlement, lui, ne s'en fiche pas.

Pas un sénateur ne vola au secours des députés africains-américains.

L'un après l'autre, on les pria d'aller s'asseoir et de se taire.

C'est un jour sombre pour le pays.

Aucun sénateur n'a accepté de signer.

Je dois vous interrompre.

Jour de l'investiture 2001.

Temps maussade sur Washington, mais ça pourrait être pire.

- On veut quoi ? - La justice.

- Quand ? - Tout de suite !

Le jour de l'investiture de George W. Bush,

des dizaines de milliers de gens envahirent les rues de Washington

pour tenter de récupérer ce qu'on leur avait volé.

Ils jetèrent des œufs sur sa limousine.

Et parvinrent à immobiliser le cortège.

La traditionnelle marche du président jusqu'à la Maison-Blanche fut annulée

et la limousine accéléra afin d'éviter que la manifestation ne dégénère.

Aucun président n'avait vécu un jour d'investiture comme celui-là.

Et au cours des huit mois suivants,

les choses ne s'arrangèrent pas pour George W. Bush.

Il ne parvenait pas à nommer ses juges,

il avait du mal à faire passer ses lois,

et le parti républicain perdit la majorité au Sénat.

Sa cote de popularité commença à chuter.

Il ressemblait déjà à un président sur le départ.

Puisque tout allait de travers,

il fit ce qu'on aurait tous fait,

il partit en vacances.

Durant les huit mois précédant le 11 septembre,

selon le Washington Post, George W. Bush fut en congé

42 % du temps.

Si je joue trop bien, on dira que je bosse pas.

Pas étonnant que M. Bush ait eu besoin de repos.

Être président, c'est beaucoup de boulot !

Certains vous accusent de vous prélasser souvent au Texas.

Ils ne connaissent pas le sens du mot "travail".

Je me démène. Pas besoin d'être à Washington.

Vous n'imaginez pas

ce qu'on fait avec les téléphones et les faxes.

Qu'allez-vous faire aujourd'hui ?

Karen Hughes va venir, on va travailler sur des choses.

On va travailler sur des choses, des dossiers.

Je travaille sur des projets.

Vous verrez...

Des décisions vont être prises ici et on les annoncera ensuite.

La première fois que je l'avais vu, il m'avait donné un bon conseil.

Gouverneur Bush, je suis Michael Moore.

Tenez-vous tranquille.

Trouvez un vrai travail !

Et sur le travail, il en connaissait un rayon !

Qui veut de la semoule ?

Se détendre à Camp David.

Faire du yacht à Kennebunkport.

Ou jouer au cow-boy dans son ranch du Texas.

J'adore la nature, me balader en pick-up avec mes chiens.

George Bush passa tout le mois d'août au ranch

où la vie était moins compliquée.

Les tatous adorent creuser pour attraper des insectes.

L'autre jour, j'ai vu Barney...

enfoncé dans un trou,

à la poursuite d'un tatou !

Ce fut un été inoubliable !

Puis, il quitta le Texas

et alla dans son deuxième endroit préféré.

Le 10 septembre, il rejoignit son frère en Floride

où ils examinèrent des dossiers avec des gens importants.

Et ce soir-là, il alla se coucher dans des draps fins français.

Il est sûr de ses chiffres à propos des forces irakiennes ?

Rajeunissez-moi !

J'entends comme un souffle.

Pas trop fort, j'ai pas envie que ma tête explose.

J'ai un micro, là.

Un, deux, ici le bureau ovale. Essai de micro.

Le 11 septembre 2001,

près de 3000 personnes, dont un de mes collègues, Bill Weems,

périrent dans l'attentat le plus grave jamais perpétré aux États-Unis.

Les cibles étaient les symboles de la finance et de l'armée américaines.

Si vous l'avez vu, si vous savez où il est...

appelez-nous. Il est père de deux petits enfants.

Au moment des attentats,

M. Bush se rendait dans une école primaire de Floride.

Quand on l'informa qu'un avion avait percuté l'une des tours,

où un attentat avait déjà eu lieu 8 ans avant,

il décida de poursuivre sa séance de photos.

Quand un avion percuta l'autre tour,

le secrétaire général s'approcha de M. Bush et lui dit :

"La nation est attaquée."

Ne sachant pas quoi faire,

n'ayant personne pour lui dicter sa conduite,

et les services secrets ne se ruant pas sur lui pour l'évacuer,

M. Bush resta assis là

et continua à lire "My Pet Goat" avec les enfants.

Presque sept minutes s'écoulèrent sans que personne ne fasse rien.

Alors que Bush était assis dans cette classe,

s'est-il dit qu'il aurait dû venir plus souvent au bureau ?

Qu'il aurait dû organiser au moins une réunion

sur la menace terroriste avec son chef du contre-terrorisme ?

Ou qu'il avait eu tort de réduire le budget du FBI contre le terrorisme ?

Il aurait peut-être dû lire le rapport de sécurité

qu'on lui avait remis le 6 août 2001

qui disait qu'Oussama Ben Laden préparait un attentat

et projetait de détourner des avions.

La menace ne l'avait peut-être pas inquiété

parce que le titre du rapport était trop vague.

Je crois que c'était :

"Ben Laden résolu à attaquer les États-Unis."

Un titre pareil en ferait sursauter plus d'un.

Mais comme à son habitude,

George W. se contenta d'aller à la pêche.

Les minutes s'écoulaient et George Bush restait assis là.

Peut-être qu'il se disait :

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