The first 200 lines.
Bonsoir, monsieur.
Par ici.
Du champagne ?
C'est Bob le chat.
Puis-je avoir votre attention ?
Merci.
Bienvenue
à la fête de Noël de nos auteurs de l'année.
Certains visages me sont familiers,
d'autres non,
et c'est un plaisir
de vous réunir ici aujourd'hui.
Cette soirée s'annonce fabuleuse...
Mais j'aimerais d'abord accueillir l'un de nos nouveaux auteurs,
James Bowen,
et son compagnon, Bob.
Le récit de la rencontre de ces deux êtres
et de leur salut mutuel, dans les rues de Londres,
a ému les lecteurs du monde entier.
Et nous sommes ravis de vous annoncer
que James travaille d'arrache-pied à son nouveau roman.
N'est-ce pas, James ?
Nous aurons la joie de le publier en août.
Qu'est-ce qu'on fait ici ?
Alors, M. Bowen, qu'avez-vous prévu de beau
pour Noël ?
Une dinde accompagnée de légumes, devant la télé.
Et des feuilletés pour lui.
Donc, rien de spécial ?
Pour nous, ça l'est.
Bien sûr, excusez-moi.
Puis-je saluer Bob ?
Oh, Jacqueline Wilson.
Bonjour, Jacqueline.
- Je vous en prie. - Merci.
Salut, Bob.
J'adore vos livres.
Comme c'est gentil.
Pas Bob,
puisqu'il ne sait pas lire.
Je vois que vous vous éclipsez.
- Je vous comprends. - C'est tellement chic.
En tout cas, mes félicitations pour votre nouveau roman.
Ou plutôt, ma compassion.
- Je le vois à votre regard. - Ah bon ?
Vous ne l'avez pas commencé ?
Non, pas encore.
Je n'arrive pas à trouver de sujet.
Je connais ça.
Je suis sûre que vous trouverez une idée.
Elles arrivent quand on s'y attend le moins.
Je vous souhaite bonne chance.
- Merci. Ce fut un plaisir. - Pour moi aussi.
Trop chouette, votre chat.
Lâchez-moi !
J'ai rien fait, lâchez-moi.
Tenez-le bien.
Arrête un peu ton cirque.
- Bouge pas. - J'ai rien fait.
Qu'est-ce qui se passe ?
Pourquoi vous le maintenez au sol ?
Tiens donc.
C'est notre ami des chats.
Ça faisait un bail.
Ah, c'est vous.
Toujours aussi charmant.
Allez voir ailleurs si j'y suis.
Que se passe-t-il ?
Encore un musicien qui joue sans autorisation.
On a dû le maîtriser.
Excusez-moi.
Je vous ai dit de dégager.
- Vous le connaissez ? - Non, mais il a rien fait.
Il jouait ici, à Camden,
et non pas à Westminster. - Et ?
Pas besoin d'autorisation pour jouer à Camden.
Vérifie.
C'est idiot. Embarquons-le
et rentrons tous chez nous.
Vous savez qu'il a rien fait d'illégal.
Oui, confirmé.
Laissez-le partir.
Que je le laisse partir ?
J'en reviens pas.
Je veux porter plainte pour agression.
Reste pas là, ça vaut mieux.
- Il va se sauver. - Du calme.
Alors, racontez. Vous êtes l'avocat de Harry Potter ?
Pardon ?
Toutes ces histoires d'autorisations. Et ce chat magique.
Disons que je connais un peu la loi.
Il est cool, votre chat.
La plupart du temps.
Je l'ai vu toiser l'autre trouduc.
Il vous connaissait.
Oui, c'est un fantôme du passé.
Lui et nous deux, on a des antécédents.
Bob.
Et un burger maison.
Je peux vous demander l'addition ?
Et une soucoupe ?
Merci.
Ils servent à manger dans les foyers.
Ça se voit tant que ça ?
J'évite les foyers maintenant.
Un coup de cutter.
À travers mon duvet.
Heureusement, on m'a pris que ma banane.
Je vois.
Essaie Monmouth Street.
Une bouche d'aération envoie de l'air chaud.
Vous êtes un travailleur social ?
Ou bien un missionnaire ?
J'ai été comme toi.
J'étais à la rue.
Accro à l'héroïne.
Les toxicos,
je les déteste.
Pas autant qu'ils se détestent.
Comment vous avez décroché ? Grâce à votre chat ?
Il m'a aidé.
J'en ai tiré quelques leçons.
Par exemple, si on tombe, c'est pour mieux se relever.
Sauf qu'on peut pas toujours.
Surtout si on peut se raccrocher à rien.
On se dit qu'on est rien,
qu'on a rien à offrir. - Je sais.
Vous savez rien.
Je sais pas pourquoi je suis venu.
Vous êtes qu'un donneur de leçons, comme les autres.
J'aurais dû les laisser m'embarquer.
Assieds-toi et finis ton assiette.
Donne-moi cinq minutes.
Pas de sermon, c'est promis.
Juste une histoire.
D'accord ?
Assieds-toi.
Cinq minutes.
Ça remonte à quelques années. J'étais devenu clean.
C'était le dernier Noël où on jouait dans la rue.
M'en veux pas trop.
Même pas "s'il te plaît" ?
Désolé. On n'a plus rien.
Non, non. Viens là.
Reste ici, d'accord ?
Je reviens tout de suite.
Fermez à cause des éléphants !
Où est mon ami Bob ?
Il m'a envoyé chercher son petit-déj'.
C'est un malin, je te l'avais dit.
Tu fermes tard ? Je dois repasser créditer mon compteur.
À 22 h.
J'attends une livraison ce soir. Mon stock de Noël.
Encore une semaine à entendre ce mot.
C'est pas non plus ma période préférée.
Ah, sa date anniversaire.
Désolé, Moody.
T'en fais pas.
Enfin...
y a pire que Noël.
On doit tous croire en quelque chose.
Noël, Krishna,
le cricket.
Moi, je suis... un semi-bouddhiste.
Un semi-bouddhiste ?
Oui, je crois un peu au bouddhisme, au karma.
Ce genre de trucs.
Le karma.
On récolte ce que l'on sème.
Comme ce fabricant de beurre.
Je vais avoir droit à une histoire.
Il était une fois un fermier.
Son meilleur client était un marchand
qui lui commandait un kilo de beurre par mois.
En échange, il donnait au fermier
de la farine, des haricots et...
un kilo de sucre.
Un jour, le marchand
pesa le beurre, mais il faisait 900 grammes
et non pas un kilo. Il se mit en colère.
"Je vais te dénoncer à la police !"
Le fermier resta poli.
Il répondit qu'il était trop pauvre pour s'acheter des poids.
Il pesait le beurre avec le seul poids qu'il avait.
Le kilo de sucre.
Exactement.
Fais du bien, on te le rendra.
- Fais du mal... - Moins de beurre tu auras.
Pour Bob.
Joyeux Krishna.
Merci.
Surprise !
Bon sang !
J'ai pris ton double de clés.
Ça te plaît ? C'est pour te remonter le moral.
Ce qui me remonterait le moral, c'est qu'on me remette
le gaz et l'eau chaude.
Ma dernière douche remonte à 3 jours.
C'est donc ça, l'odeur.
Viens. Régale-toi.
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