The first 200 lines.
-Je sais plus quoi en faire, de tes fleurs, moi.
T'en penses quoi ?
Je trouve ça bien, oui.
Oui.
Bonjour.
-Bonjour. -Ça va ?
Je prendrai un café et une tarte aux fraises.
-Très bien. -Merci.
Il est vraimentjoli, votre pull. -Merci.
Vous travaillez dans la mode ? -Ça se voit tant que ça ?
-Non, non. C'est ma patronne qui me l'a dit.
Vas—y. Je me débrouille.
Non, je vaist'at‘tendre.
Ah, c‘est vous.
On est en train de prendre le the. Entrez.
Ce sera pas long.
-"Je m‘appelle Alice. Je Viens de...
"Il ne sauraity avoir d‘autre issue a ma vie."
C'est un peu beaucoup, non ?
Faut pas faire de chantage, mais leur donner envie.
Une lettre de motivation. -Non.
-Non, mais Harold est un homme très sensible.
Ne vous en faites pas.
Qu'est—ce que tu en penses ?
"Il ne sauraity avoir d‘autre issue a ma vie."
C'est un peu beaucoup, non ? -Pourquoi vouloir faire cette école ?
Moi, j‘adore le pull d'Alice.
Il me fait penser a la collection printemps—été.
Jean—Louis a travaillé à partir des toiles de Rothko.
Ce serait bien d'en parler, non ?
Oui. C'est bien, ça.
Tu as choisi comment, tes couleurs ?
-En fait, je prends des vieux pulls etje détri... Je les détricote.
Etje teins la laine.
Comme ça fait pas le même effet a chaque fois, ça donne...
Enfin, ça donne cet effet.
-II faut le dire, c‘est super. Il faut peut—être des références.
C'est dans le dossier.
-Je vais vous chercher des livres.
Et c‘est quelle école ?
-L'école Duperré. Mais ça comprend tous les métiers dela mode,
du stylisme a la broderie. -Tu vas parler
de la tapisserie de Bayeux ?
C'est une très bonne idée.
C'est une merveille
Chaque fois qu'Agnès m'invite, je vais la revoir.
Comme Alice estjolie, maquillée.
Ça va...
Je comprends pas, Kévin,
pourquoi tu vas pas a Paris. -J'ai pas envie d'y vivre.
-Franchement, pour ce que tu fais ici, ça changerait quoi ?
C'est pollué, y a trop de monde.
Je le sens pas.
-N'y va pas. Tu t‘en fous, de cette femme. T‘aurais réussi sans elle.
Non, c‘est pas vrai.
-Va lui donner, et au pire, elle l'aime pas.
Tu trouves ça bien, toi ?
Si elle aimait ton pull,
y a pas de raison.
-C'est une écharpe, c‘est pas pareil.
Ben, si.
Elle sonne.
Bonjour.
Bonjour. Je viens voir Mme Bart.
-Entrez. -Je ne veux pas déranger.
Maman !
Maman !
Elle est pas la.
Bonjour.
-Bonjour. -Catherine.
-Vous lui donnerez ça de ma part ?
-De la part de...? -Alice, dela pâtisserie.
-Vous voulez lui laisser un mot?
-Dites—lui juste quej'ai réussi mon concours.
Ou ne lui dites rien, c‘est pas grave.
Elle a votre numéro ?
-Non. -Notez-le la, si vous voulez.
Ça va ?
Ah, bonjour.
Ben quoi, c‘est pour moi?
Qu'est—ce que c‘est ? Oh !
Merci beaucoup.
-La lettre m‘a aidée. Je suis rentrée dans mon école.
-Ah, vraiment? Je suis ravie pour vous.
J'ai trop chaud pour la porter, mais merci beaucoup.
Ce sont vos amis, dans la voiture ?
Oui. Ils m'attendent.
-C'est bien. Paris, l'année prochaine, ça va vous changer.
Ben, oui.
-Vous avez un logement? -Pas encore.
-J'auraisjamais du amener cette écharpe, c‘était horrible.
Excusez-moi. -Oui, Alice.
Vous avez terminé ? -Oui.
-Faut sortir de Modes & Travaux, Alice. Le sujet, c‘est l‘aérien.
Alors un oiseau, oui. Pourquoi pas ?
Mais donnez—lui une forme singulière, au moins.
Travaillez votre laine en pensant a la transparence,
a l‘impalpable.
Il peut pas décoller, la, votre oiseau.
Je sais pas, essayez de lui couper les ailes, pour voir.
Tu veux faire quoi, après ?
-Je sais pas. -Tu pourrais tenter la broderie.
C'est très précis, non ?
Je suis pas du tout précisé.
-C'est très précis, ce que tu fais.
-Non, c‘est nul. T'as vu ce qu'elle a dit.
Si je lui coupe les ailes, il reste quoi, de l'oiseau ?
-Tu connais Brancusi ? -Je connais rien, moi.
-C'est un sculpteur. Il a fait des oiseaux sans ailes.
Il a fait une bite, aussi : Princesse X.
C'est beau, comme nom, non ?
Oui.
-Tu veux prendre un verre ? -Non, merci.
-Salut, Alice. -Salut, Rodolphe.
-Je cherche le livret de famille. -Tu le ramènes.
Oui, bien sûr.
-Tu veux dîner avec nous ? -Non, je peux pas.
Je vais retrouver Antoine, a côté.
Il a proposé à Alice de venir ici.
-Oui. C'est le fils dela dame à l'écharpe.
Quelle écharpe ?
-Non, mais rien. Arlette pense que je connais bien Antoine.
-Tu veux venir avec nous ? -Non.
Mais, Alice, tu sorsjamais.
J'ai pas besoin qu'on me tienne la main.
-C'est pour offrir une petite place aux artistes
qui refusent de se vendre aux assassins. Kafka l‘a dit.
Finalement, tu as pu venir. -Oui.
-Bonjour. -Salut.
-Dire "Je suis contre tout" et le vomir partout,
ça sert a rien. Faut une pensée forte, pas dela paresse.
Bref... -Tu bois quelque chose ?
-Un demi. Rodolphe ?
Non, ça va. Merci.
On était ensemble au lycée. On se voit moins.
Oui, tu me l'as dit.
-Ah oui, c‘est vrai. Je me répète, des fois.
Arlette n‘est pas trop bavarde ?
-Non. J'aime bien l'écouter, ça me dérange pas.
-Tiens. -Merci.
-Merci. -C'est pour moi.
Non, non, c‘est pour moi.
Merci, Alice.
Et alors, comment ça se passe, chez sa grand-mère ?
C'est bien.
Et puis, c‘est grand.
Merci, en tout cas. -Ben, de rien. C'est normal.
Salut.
Ça va?
C'est drôle. C'est la que je viens pour voir la mer.
-J'aime beaucoup Arromanches.
C'est trés Jacques Tati, comme ambiance.
A part les souvenirs de guerre, mais ici, personne n‘est mort.
-J'aime bien les fleurs au bord des champs. C'est le bordel.
On dirait que c‘était comme ça avant qu'on y soit.
Qui "on" ?
Les humains.
-Ah, les humains. Nos amis les humains.
Elle rit.
Quoi ?
-Rien. C'est comme tu le dis.
Rodolphe m‘a dit que t'étais à HEC. C'est bien ?
Ah oui, HEC, c‘est bien.
Maisj‘y suis pas très heureux.
Pourquoi ?
-Je fais dela photo depuis longtemps etj'aimerais en faire vraiment.
Et tu vas en faire quoi, de tes fleurs ?
Je vais essayer de les interpréter.
On nous demande toujours ça :
dire ce qu'on aime et traduire ce qu'on ressent.
-Et ça te plaît? -Oui.
Maisj'ai l'impression que...
C‘est comme si une porte s‘était ouverte sur un monde immense.
C‘est bête, tu vas faire un détour. -Tout va bien.
C‘est vraiment pas loin.
C'est… C'est la.
-Je rentre a Paris demain, en voiture. On peut rentrer ensemble.
Non.
C'était bien ?
Oui.
Mais c‘est con, t‘aurais du venir.
-Et… C‘est qui, le mec qui t'a ramenée ?
-C'est Antoine, le fils dela dame à l'écharpe.
On s‘est croisés par hasard.
Je faisais du stop.
Tu sais, les bus, faut attendre
-L'autre nuit, j‘ai vu une émission sur une artiste.
Elle tricote avec des moineaux morts.
Ça m‘a fait penser a toi.
Un jour, en se promenant, elle a marché sur un moineau mort,
et sous ses sandales, elle a senti que c‘était froid.
Donc elle lui a tricoté un gilet.
-Annet‘te Messager. Elle est très connue.
C'était sympa. Tu l'as vue ?
-Non. La dame chez qui je vis, elle regarde des DVD.
C'est rare, chez les vieux.
-Elle est toujours gentille ? -Oui, je l'aime bien.
Elle est comme toi : gourmande.
Sauf qu'elle est toute mince. -Elle a dela chance.
Moi, c‘est pareil, je brûle tout.
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