The first 200 lines.
Il y a peu de choses tout au fond.
Des millions de tonnes d'eau,
des pierres et du gaz.
De l'affection.
Du sang.
100 minutes. 1000 ans.
Des cendres. De la lumière.
Maintenant. Tout de suite.
Il y a un moment déjà.
Je vous l'ai déjà dit, non ?
Il y a bien peu de choses.
Le silence.
Et les mots.
Hanna Amiran est attendue chez le directeur.
Hanna Amiran ?
Vous êtes chez nous depuis 4 ans ?
Oui.
Nous sommes contents de vous.
Vous n'avez pas de souci à vous faire de ce côté-là.
Nous sommes très contents, je vous assure.
Tant mieux.
Le problème, c'est les autres.
Vos collègues, les employés, les gens avec qui vous travaillez.
Il y a eu...
des plaintes, des réclamations...
de la part du syndicat, vous voyez ?
Non, je ne vois pas.
Je suis renvoyée ?
Je dois m'en aller ?
Hanna, je vous le répète, nous sommes contents de vous.
Comment pourrais-je vous renvoyer ?
Le problème, c'est que depuis 4 ans,
vous n'avez jamais été absente ou en retard.
J'aurais du mal à vous renvoyer.
Prenez un mois de vacances, bon sang.
Un mois entier ?
J'ai des brochures...
au cas où il me prendrait l'envie de partir un jour.
Il y a des endroits magnifiques dans le monde.
Avec des palmiers, des transats sur la plage,
des serveurs qui apportent des cocktails...
de l'aérobic dans la piscine...
Tenez, regardez.
Prenez celles que vous voulez, j'en ai d'autres.
Plein d'autres.
Vous n'aimez pas les palmiers ?
Les palmiers, ça va, mais...
Mais quoi ?
On nous oblige à faire de l'aérobic ?
Et si on ne veut pas ?
Elle n'a jamais vu mon visage.
Mais je suis sa seule compagnie.
Elle me voit vêtue d'une salopette en velours rouge,
d'un polo en coton bleu clair.
La salopette est toujours rouge et le polo, toujours bleu.
Pourquoi ? Elle ne le sait pas.
Les cheveux ne sont jamais pareils.
Parfois, ils arrivent aux épaules, ou alors comme ça...
Une horrible coupe au bol.
J'aime le lait froid.
Quand il est chaud, ça me rend malade.
Inge à l'appareil.
C'est vous, Hanna ?
Si je n'entends pas respirer fort, je sais que c'est vous.
Vous avez répondu à ma dernière lettre ?
Vous les lisez ? Je ne vous demande pas d'y répondre.
Hanna...
Elle m'a raconté des histoires, ce soir, qui faisaient peur.
Elle s'est allongée à côté de moi jusqu'à ce que je m'endorme.
Elle caresse mes cheveux. Ils sont trop longs.
Il faut que je les fasse couper.
Jean-Claude Van Damme est plus musclé,
mais Vin Diesel est meilleur acteur.
Il y a pas vraiment de différences au niveau des muscles,
mais c'est sûr, Vin Diesel est meilleur acteur.
Tu veux un biscuit ?
J'ai pas pris ceux au chocolat, parce que t'aimes pas ça.
C'est pas juste pour une nuit ?
Laisse-moi faire les choses bien. C'est une urgence ?
Une véritable urgence ?
J'aimerais plus de sauce aigre-douce et du piment.
Désolé, mais je mange,
c'est ma pause déjeuner.
Je sais que t'es désolé.
Où je vais trouver une infirmière pour le soigner 2 semaines ?
Une infirmière ou un infirmier qui veut passer...
Je te rappelle.
Non, moi.
Je suis infirmière.
Désolé pour le bordel.
J'ai 3 enfants. Vous savez ce que c'est.
Il n'y a plus rien sur le siège ?
Dieu merci, le plus jeune n'a pas été malade.
L'odeur met des siècles à partir. C'est raide.
Même quand c'est nos enfants.
Vous y allez pour quelques jours, quelques semaines,
jusqu'à ce qu'il soit assez fort pour être transporté.
Comme il y a eu un mort, la boîte veut plus courir de risques.
Je parle pas trop vite ?
Non, je vous comprends.
Le problème, c'est le bruit,
le boum boum de la pompe. On ne l'entend pas partout.
C'est pas un lieu de vacances.
Quand il n'y aura plus de pétrole, ce qui arrivera vite,
nos petits-enfants utiliseront de l'alcool ou de la bouse de vache.
Et ils transformeront ces endroits en hôtels, en spas,
en parcs d'attractions.
Je passe prendre les médicaments prescrits par le Dr Sulitzer.
Vous voulez regarder la liste ?
Si le docteur les a demandés, c'est bon.
Bien sûr.
Il y a des niveaux différents.
Si ça vient d'en haut...
C'est la pyramide du pouvoir.
Où est-ce qu'on va ? Ça a de l'importance ?
Ça la dérange de flotter au-dessus de 50 000 tonnes d'acier,
qui sont frappées par 28 000 vagues chaque jour,
et parfois, plus encore ?
C'est tout ?
Tuer le temps avant que le temps ne nous tue ?
C'est tout ?
Des vagues et encore des vagues. Jamais deux semblables.
Hanna, l'infirmière qui va s'occuper du blessé.
Comment il s'appelle ?
Josef. Le médecin est avec lui.
Vous trouverez le chemin ? C'est en bas. On doit charger...
Hanna, je prends vos affaires ?
C'est par ici.
Martin !
Martin, viens nous aider !
Je ne sais pas si c'est plus loin.
D'habitude, je suis à la raffinerie.
Je ne suis venu que 4 ou 5 fois.
Demandez une visite complète,
sinon vous allez vous perdre.
Je demande à Dimitri, c'est le chef à bord.
Vous ne fumez pas ? J'ai oublié de dire qu'ici, c'est non-fumeur.
Vous imaginez pourquoi.
Très bien.
Moi, j'essaie d'arrêter.
Vous devez être l'infirmière que Victor a trouvée.
Hanna Amiran.
Vous avez déjà soigné des brûlés ?
Victor m'a dit que oui.
J'ai travaillé dans un service de grands brûlés.
Parfait.
Il a des fractures à un bras et une jambe.
Il a été brûlé sur le corps et au visage,
et ses cornées ont été touchées.
Il ne pourra rien voir pendant deux semaines.
Peut-être moins, mais d'ici là, on l'aura transféré.
Suivez-moi.
C'était la chambre de Josef.
C'est la plus proche de l'infirmerie.
Désolé, j'ai pas eu le temps de ranger.
Celui qui m'a engagée m'a parlé d'un son continu,
un bruit.
On a éteint les machines.
Depuis l'accident, la plateforme...
On a tout arrêté. On attend de savoir ce qui va se passer
pour nous,
les employés.
On y va ?
Je lui ai donné un calmant.
Ses blessures au visage sont très douloureuses.
Je vous ai dit qu'il serait aveugle un moment.
Je mets ça au frigidaire ?
Oui, bien sûr.
Mettez tout dedans.
A cause de l'humidité.
C'est extrêmement humide, ici.
Vous avez travaillé dans notre pays ?
C'est important ?
Une fracture, c'est une fracture. Une brûlure, aussi.
Ici comme ailleurs.
Je prends sa température, le soigne, l'aide à uriner et le lave...
Je l'ai fait avec des gens plus gravement blessés que lui.
Si ça empire, je vous appelle, je suppose ?
Oui, bien sûr. Excusez-moi.
Vous m'appellerez du bureau de Dimitri.
Ma femme est étrangère, elle aussi.
Elle est colombienne.
Je n'ai aucun préjugé.
Je n'aimerais pas que vous pensiez que j'en ai.
Je ne suis pas comme ça.
Peut-être que vous ne l'êtes pas,
mais moi, je le suis.
Eh bien, ça commence comme ça.
Vous avez un nouveau message.
Josef, bonjour.
C'est moi.
Je lis Les lettres d'une nonne portugaise.
Je le relis. Je sais, c'est bête...
mais quand je le lis, j'ai l'impression de te parler.
Comme si j'étais près de toi. Et je ne culpabilise plus.
Je rêve de toi chaque nuit.
Peut-être parce que je me couche en écoutant ton message
qui dit que tu aimes languir de moi.
Josef,je t'aime.
Comme cette nonne portugaise, et même plus.
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