The first 200 lines.
Dix mille pages...
Ma vie et mes amours.
Cela fait presque une femme par page.
Que je suis fatigué !
Mais il reste une histoire que je n'ai pas couchée sur le papier.
Francesca.
Une histoire qu'il ne m'appartient pas de conter. en vérité...
Alors. gardez-la pour vous.
Combien de temps ?
Je ne sais pas.
C'est pour un homme. Tu es une catin.
Je suis une comédienne.
Quelle différence ?
Giacomo...
Sois gentil avec ta grand-mère.
Tu sais que je t'aime.
Ecoute-moi...
Regarde.
Un jour, tu retourneras à Venise.
Et je viendrai t'y retrouver.
Je te le promets.
Elle veut dire...
quand je serai morte.
Ce n'est pas de sa faute.
Elle a ça dans le sang.
La fièvre de l'amour.
Irrésistible.
Sophia, mon amour...
Mon mari !
Votre mari est l'homme le plus heureux de Venise, et il l'ignore.
Et il est heureux qu'il ne soit pas à Venise.
Mon doux amour, je vous aime plus qu'aucune autre.
Vous êtes mon rêve incarné.
Je vous en prie, faites-moi encore l'amour !
Casanova, dites-moi que je suis la seule.
Assurément.
Je le dis toujours.
Chérie !
- C'est moi ! - Mon mari !
Je connais bien Casanova. C'est tout à fait lui.
Le glacier est-il passé ?
Et il repassera demain.
Ne croyez pas ce qu'on raconte.
Je ne conquiers pas. Je suis conquis.
Je ne cherche pas la gloire, en amour.
Et qu'est-ce donc, signor Casanova, que vous recherchez ?
Un moment d'éternité.
Dites-moi...
Ce curieux ordre auquel vous appartenez...
Est-il très strict ?
Très.
Ni bijoux ni toilettes avant le coucher du soleil et...
retour en cellule dés...
Est-ce l'heure ?
Ne partez pas.
Il le faut.
Mais ?
Comment saurais-je...
que vous êtes vraiment Casanova ?
Casanova ! Les gens de l'Inquisition sont là.
Pardonne-moi.
Vite ! S'ils t'attrapent, ils te pendront.
Attends ! Dis-moi que j'ai été la seule...
Tu es la seule.
Tu ne m'oublieras pas ?
Jamais.
Où est Casanova ?
J'ai fait vœu de sil...
La damnation éternelle...
pour une nuit avec Casanova !
Ça en vaut la peine.
...fruit de nombreuses heures d'études,
par les plus éminents penseurs, dont moi-même.
Je ne suis pas passéiste.
Je ne dis pas : "La place d'une femme
"est à la cuisine et au lit..."
Evidemment, c'est là sa place.
Je dis :
"Qu'elles reçoivent leur éducation
"à la maison".
Pour la science et la philosophie,
les femmes ne servent qu'à nous distraire,
à nous ramener à nos appétits terrestres.
Je dis donc qu'aucune femme
ne mettra jamais les pieds dans cette université.
La parole est à mon contradicteur.
Maître Giordano, de Padoue.
Trop tard, messieurs.
Laissez-moi vous démontrer qui cloue l'autre au sol.
La femme, c'est l'air
et le feu, et la légèreté et la force.
Comme ce petit vaisseau
qui monterait au ciel
s'il n'était lesté
de sacs de sable.
Le poids mort des hommes aux têtes pleines de sable.
Seule une femme argumente avec un jouet !
Si cela venait de l'esprit supérieur d'un homme, je ravalerais mes paroles.
Avalez donc ce libelle
du philosophe Bernardo Guardi.
Il vit ici, dit-on.
Bernardo Guardi. Ce fou !
Attendez que l'Inquisition s'en occupe !
Traitez-le de fou,
mais il comprend mieux les femmes qu'aucun homme ici présent.
Et a sûrement plus de succès dans leur lit, également.
Il est là !
Saisissez-le !
Messieurs, mes excuses.
Vous voyez ?
Le poids mort des hommes.
Je ne comprenais pas ce qui se passait.
Il m'a ensorcelée.
Il disait être le Saint-Esprit.
Et cela s'était déjà produit.
Vous êtes accusé de débauche, violation de domicile...
hérésie, à savoir... fornication avec une novice...
Pas si novice que ça.
Crimes pour lesquels vous serez pendu, à l'aube.
Et cette fois, vos amis haut placés ne pourront rien pour vous.
M. l'inquisiteur... le Doge.
Dalfonso...
Prince... Nous parlions justement de vous.
Qu'est-ce qui vous amène ?
Je m'intéresse à quelqu'un.
Moi aussi, je m'y intéresse !
Cette fois, le prisonnier a été condamné grâce au témoignage d'une nonne !
Je m'intéresse à votre témoin.
Sœur Béatrice ?
Un mot.
Ignorez-vous qui elle est ?
Qui ?
La future maîtresse du Cardinal Lopresta.
Il m'a confié le soin de préserver sa virginité.
Elle part pour Rome, aujourd'hui.
Votre témoin est la Sœur Béatrice du Cardinal Lopresta.
Sa sœur ?
Mon Dieu, ces Romains !
Réfléchissez, Dalfonso. Qui se verra reprocher
de l'avoir mêlée à l'affaire Casanova ?
Prenez votre temps.
Moi ?
Il semble s'agir
d'une nouvelle confusion d'identité.
Vous êtes libre.
Je suis votre ami. Mais Rome me menace.
Venise, je le crains, est accusée de faire le lit de...
d'être un énorme lit...
avec des draps en soie
et des livres hérétiques sous le matelas.
La population s'y abandonne au plaisir physique
et au scepticisme.
N'abusez pas de ma sympathie.
Je vous bannis de Venise.
Je ne fais qu'adorer la beauté. Quel mal à cela ?
Adorez-la à Paris, à Londres.
- Je ne puis quitter Venise. - Pourquoi ?
J'attends quelqu'un.
Vous pourriez l'attendre en vain.
Elle m'a promis qu'elle viendrait.
Vous ne comprenez pas.
Je vous bannis pour votre bien.
Sauf si...
Quoi ?
Si vous trouvez une épouse respectable.
Une femme de bonne famille vous protégerait.
Une épouse ?
Ce sera bientôt carnaval,
durant lequel les autorités tolèrent nos écarts.
Et vous en faites déjà assez.
C'est dans quelques jours.
Ne perdez donc pas de temps.
- D'ici là, aucun écart. - Une épouse !
Plus de scandales...
Marié !
Ni duels ni soirées arrosées.
Bonjour, Lupo.
Nous nous faisions du souci.
A raison. Nous allons nous marier.
Félicitations. Avec qui ?
Nous ne savons pas encore. Des visites ?
Logeur, tailleur, caviste. Les créanciers.
Quel état ! Où avons-nous passé la nuit ?
Je me sens déjà marié. Des habits propres...
Nous allons faire notre marché.
La comtesse Morelli-D'Aosta.
Non, elle ronfle.
Je me souviens.
Véronique Costello.
Divine.
La duchesse d'Urfé.
N'a-t-elle pas empoisonné son mari ?
J'avais oublié.
Giuletta Badalamente.
Hélas, elle n'a pas empoisonné son mari.
Si vous nous disiez ce que nous cherchons ?
Je ne sais pas. Beauté, pudeur, pureté...
Tout ça.
Lupo...
Nous avons vu une apparition.
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