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D'APRÈS LES ROMANS D'ISAAC ASIMOV
Vous êtes très matinale.
J'ai fait des rêves étranges.
Plein de disputes avec des inconnus.
C'est cet endroit. Les rêves des autres m'atteignent.
Ravi de ne pas être mentaliste.
Je vais marcher.
Tu te lèves toujours aussi tôt ?
Je voulais voir la plage.
L'eau habite les rêves de ta mère.
Comment fais-tu ?
On appelle cela dévoiser.
Ne prononce pas tes pensées, dévoise-les.
Pas comme ça. Tu penses simplement très fort.
- C'est différent ? - Très.
Tellem nous apprend à utiliser la musique.
C'est mon timbre.
Si je pense au son,
je dévoise.
Tu en as un aussi.
Comme tout le monde ici.
J'ai un sifflet.
Je connais pas ton timbre, mais c'est pas ça.
Évidemment.
D'où tu tiens ça ?
- De Tellem ? - En partie.
J'ai toujours pu lire dans les pensées.
C'est comme ça que c'est arrivé.
Je peux te montrer.
Papa !
Mon pouvoir déplaisait aux gens.
Ils ont tué ma famille.
Tellem t'a sauvé.
Elle nous a tous sauvés.
C'est très calme.
Ils discutent, mais en dévoisant.
Parler à haute voix, c'est impoli.
Je leur dis de te raconter.
Je pouvais voir et sentir
tout ce qu'ils avaient vécu.
Toutes leurs souffrances.
Et leur soulagement.
Voilà pourquoi on se cache.
On sait des choses.
On sait quand les rois mentent et quand les maris vont voir ailleurs.
Ça peut se passer de deux façons.
On nous traite comme des dieux parmi les humains
ou comme des loups parmi les moutons.
Être un dieu, c'est lassant,
croyez-moi, et être un loup peut nous valoir la mort.
Les foules s'énervent vite, nous traitent de monstres de l'espace,
avant de nous égorger,
comme Josiah.
J'aime mieux mon plan, qui consiste à vivre entre nous.
On a besoin de vous.
À cause de la psychohistoire.
C'est dans sa tête.
La première crise, la deuxième.
Une fondation pour supplanter un empire décadent.
Votre plan vous a dicté de nous trouver ?
Il nous a appelés la Seconde Fondation ?
C'est une conclusion raisonnable.
Que je ne suis pas prête à faire.
Ce n'est pas notre combat. Je me moque de l'Empire.
Je me moque de vos Fondations.
Nous ne serons pas votre armée.
Vous serez des victimes, alors.
Dans de nombreuses années, un mentaliste accédera au pouvoir.
Il se fera appeler le Mulet.
Il détruira tout ce que vous avez construit.
- Gaal l'a vu. - Vu ?
L'avenir ?
Les nôtres sont capables
de bien des choses, mais de vraies prémonitions ?
- Non. - Vous vous trompez.
L'avenir qu'elle a vu est bien réel.
Elle peut vous le montrer.
Je saurai reconnaître un mensonge.
Vas-y.
Ça me va.
Mais à moi, je sais pas.
J'ai menti ?
Vous l'avez senti. Vous savez que c'est vrai.
Salvor est au courant ?
Oui.
Elle paraît ton âge, mais c'est ta fille.
C'est délicat.
Je n'ai pas besoin de tout savoir.
Tu veux la sauver, je sais.
Tu l'aimes.
On vient de se rencontrer.
Tu devrais l'aimer et ça te semble étrange
d'en douter, vu qu'elle est le fruit de tes entrailles.
C'est délicat, oui.
Je n'accepte pas un avenir inéluctable, tu ne devrais pas non plus.
Nos actions ont forcément un poids.
J'ai envie de le croire,
mais si ce que j'ai vu n'est pas l'avenir, alors quoi ?
Ton Hari...
Pour ton Hari,
c'est un avenir probable, mais on n'en sait rien.
Tout ça a été filtré
par sa vision des choses.
Tant que tu n'es pas prête
à explorer tes capacités,
tu ne sauras jamais ce que cette vision était.
Je ne pourrai pas t'aider.
Je dois penser à mes enfants.
C'est l'anniversaire de Salvor, au fait.
Bienvenue sur Trantor.
Nous allons bientôt nous amarrer.
Puis-je vous aider
à quitter le berceau ?
Oui, merci.
Je suis le frère Constant. Comment vous appelez-vous ?
Celle-qui-brille.
C'est beau.
J'avais jamais vu de Spacien.
Nous sommes humains.
Oui, je sais.
Je savais pas que la génétique pouvait être aussi élégante.
Nous perfectionnons encore cet art,
même si c'est l'Empire qui l'a initié
il y a 600 ans,
quand il nous a asservis.
Superbe vue.
Trantor est le centre de la galaxie ?
Pas au sens propre.
Cet honneur revient à un trou noir supermassif.
Franchement, je sais pas si c'est vrai, même au figuré.
C'est dur d'imaginer la chute d'un endroit pareil.
Le sang arrête d'abord de circuler aux confins.
Il faudra encore un peu de temps
pour que la pourriture atteigne le cœur.
Bienvenue à l'astroport, le joyau de la galaxie.
Tu crois que l'Empire va se montrer réceptif ?
Partons du principe que notre mission sera rejetée.
Bienvenue sur Trantor, l'œil de l'Empire.
J'aurais jamais cru revoir ce spectacle un jour.
Pardon.
Je sais que c'est étrange.
J'ai imaginé cette scène, enfant.
Avancez jusqu'à la ligne.
Bienvenue. Avancez.
But de la visite ?
Je suis un émissaire de Terminus, je représente les Spires.
Je suis en mission diplomatique.
Les Spires ? C'est exotique.
Malheureusement, l'Empire ne reconnaît plus
certaines de ces planètes.
Oui, les prétendus mondes barbares.
C'est justement de cela que nous autres barbares
aimerions discuter,
Timandra.
Je vous donne un visa provisoire.
Vous êtes enregistré.
Allez à l'Officium Externa demain.
Avancez.
Vous êtes deux.
On n'est pas mariés.
Allez-y avec lui.
Vous êtes sur son visa.
Merci, Timandra.
Elle est terrifiante tout en étant aimable.
D'après ceci, l'hôtel est à la station Sunside 1.12.
L'hôtel attendra. Le travail de missionnaire
n'a pas beaucoup de bons côtés.
Mais ce soir, on est sur l'œil de l'Empire
et c'est le Prophète qui paie les notes de frais.
Vous êtes détendu pour un homme entouré de voyants hostiles.
Gaal peut se débrouiller avec Tellem. Moi, je nuis à nos chances.
J'ai les orteils dans l'eau fraîche pour la première fois en deux siècles.
Oui.
Les orteils dont vous ne vous rappelez pas l'arrivée.
C'est pour ça que vous êtes là.
Pour un petit interrogatoire.
Vous étiez immortel, plus ou moins.
Vous donner un corps vous a rendu vulnérable.
Pourquoi elle l'a fait, cette femme mystère ?
Je pense que vous allez me le dire.
Je vois pas d'avantage évident.
Ça renforce peut-être mon évangile.
Un récit messianique
nécessite une mort et une résurrection.
Vous avez ressuscité avec le Sanctuaire.
D'accord. Quelle est la réponse, selon vous ?
C'est le contraire.
Quelqu'un a peut-être peur que vous réduisiez tout à des chiffres.
Quelqu'un veut que vous ayez quelque chose à perdre.
- Vous ne m'aimez pas. - J'ai pas dit ça.
Mes liens avec Gaal vous déplaisent.
Je veux pas qu'elle oublie
les gens qui habitent les planètes qu'elle veut sauver.
Gaal m'a joué un tour cruel.
Elle ignorait les conséquences.
Elle les avait déjà vues.
Quand j'ai rejoint le Cassandre .
Si elle ne savait pas, c'est parce qu'elle n'a pas réfléchi.
Gaal m'en veut de ce qui est arrivé à Raych, à eux deux.
Mais je n'ai découvert leur relation
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