The first 200 lines.
Tout à l'heure,
je t'enverrai le film ainsi que cet enregistrement.
Si ça se passe comme je le crois,
personne ne t'enverra le dernier film.
Tu devras venir le chercher par toi-même.
Stop.
Stop !
Stop !
Reviens en arrière s'il te plaît.
Elle entre dans le cercueil et on reste là jusque...
Là.
Là quoi ?
C'est là que tu commences le fondu.
Fondu au noir, et on affiche le mot "Fin".
Et le cercueil en flammes ?
On n'en a pas besoin. On vire ça.
Je vais essayer d'être clair.
Quoi ?
C'est pas bon.
Ça aussi ?
Pourquoi ?
Elle regarde la caméra pendant tout le plan.
Elle entre dans le cercueil, et elle nous regarde.
Je crois qu'il reste d'autres prises. On pourrait les utiliser.
Tu rigoles ?
C'est le seul truc bien de tout le film.
- C'est l'heure, on y va ! - Non, je vais rester.
- À lundi. - Salut.
J'ai une idée pour esquiver le générique.
Elle regarde les spectateurs, qui comprennent automatiquement
qu'elle est enchantée de devenir un vampire.
Ils ne sont pas tristes pour elle.
Le récit est bouclé, fin du film.
Fondu au noir, on ne la plaint pas.
Écoute.
L'important est de savoir
ce que veut le public. On se fiche de tout le reste.
Cinéma superflu.
Arrête ton char.
José, je te comprends pas.
Je te comprends pas du tout.
Tu as l'air bizarre.
Si on bosse comme ça, on est sûrs de gâcher le film.
Et il n'était d'ailleurs pas si mal.
Jusqu'à aujourd'hui.
Mieux que La Malédiction , dont tu étais si content.
- Tu trouves ? - Si je te le dis.
C'est parce que tu as rencontré Ana sur ce film, et tu roucoulais.
Va chier.
Et cette histoire n'a rien donné, au final.
Pardon d'insister, mais tu déconnes.
Le tournage s'est fini hier, tu as conduit toute la nuit
pour passer la journée à bousiller le film.
On regarde une autre prise, et au lit !
Je ne veux pas d'autres prises.
Je veux celle-ci, avec un fondu comme je t'ai dit.
Oui, monsieur. Pas de problème.
Un fondu ? Je vais te le faire.
Enchaîné ? Je te l'enchaîne, pas de problème.
Mais lundi, que je t'entende pas réclamer
les chauves-souris ou le cercueil en flammes.
Pas de cinéma machin ou chose. Parce que là j'en ai plein les...
Le cinéma quoi ?
- Je me fous du cinéma. - Ça, on peut le dire !
Bien sûr. Tu sais pourquoi ?
Parce qu'en définitive...
Ce n'est pas moi qui aime le cinéma...
- Mais le cinéma... - mais le cinéma qui m'aime.
Va te faire foutre.
Ainsi s'achève notre programme dédié à l'opéra.
Il est 22 heures,
et la température sur la Gran Vía est de 28 degrés.
C'est vous ?
Vous voilà de retour. Et ces films, alors ?
- C'est du boulot, hein ? - Oui.
Une petite minute. J'ai un paquet pour vous.
Le facteur l'a apporté la semaine dernière.
C'est un recommandé, j'ai signé pour vous.
Si on leur laisse, des fois on ne revoit jamais le colis.
J'ai voulu le donner à Mlle Ana, mais elle s'est enfuie.
- Comme ça. Je l'ai pas revue depuis. - Elle est ici ?
Oui, elle est arrivée il y a environ deux jours.
Voyons, on est vendredi aujourd'hui ?
Vendredi... Samedi.
Elle avait ses bagages avec elle, et m'a demandé où vous étiez.
J'ai dit que vous rentriez en fin de la semaine.
Je suis allé chercher le paquet,
quand je suis revenu elle était déjà au troisième.
Elle n'aime pas être dérangée, alors le paquet est resté ici.
Tu dégages tout de suite, ça m'est égal.
Tu dégages tout de suite, ça m'est égal.
Tu dégages tout de suite, ça m'est égal ! Ça m'est égal !
Ana.
Ana !
... dans l'émission de ce soir.
À quand la fin
de ces insupportables pellicules ?
Débarrassez-vous-en avec le shampooing ZP11 de Revlon.
ZP11 combat efficacement les pellicules grâce au pyrithione de zinc.
Shampooing ZP11, par Revlon.
José, c'est moi, Pedro. Tu te souviens de moi ?
Ce que je t'ai envoyé, écoute et regarde-le.
Ou plutôt, dévore-le et digère-le.
Immédiatement, si possible.
C'est peut-être urgent. Tu n'as...
... peut-être pas reconnu ma voix,
mais si tu te souviens de moi tout ça ne devrait pas t'étonner.
C'est toi ?
José, c'est moi, Pedro. Tu te souviens de moi ?
Ce que je t'ai envoyé, écoute et regarde-le.
Ou plutôt, dévore-le et digère-le.
Immédiatement, si possible.
C'est peut-être urgent.
Tu n'as peut-être pas reconnu ma voix,
mais si tu te souviens de moi tout ça ne devrait pas t'étonner.
Tu te souviens ?
C'est vrai, nous nous sommes rencontrés seulement deux fois,
Malgré tout,
je suis convaincu que seul toi peux comprendre ce qui c'est passé.
Après tout, si je ne t'avais pas connu
je serais toujours en train de filmer ma tante ou ma cousine Marta.
Il lui fait faire n'importe quoi :
chanter, danser, jouer du piano, cuisiner...
Il l'a filmée partout sauf aux toilettes.
D'accord, mais que veut-il faire ?
Il y a une histoire, un script ?
- C'est un documentaire ? - Aucune idée, il ne montre rien.
- Non ? - Même pas !
Le seul à avoir jamais vu ses films doit être mon ex-mari.
- Carlos ? - Oui.
Ça devait être tellement bizarre qu'il ne se sont plus jamais parlé.
Qu'a dit Carlos ?
Je ne sais même plus, j'ai tout oublié de ce porc.
En tout cas, il m'est arrivé plusieurs fois
en passant devant la chambre de Pedro
de l'entendre pleurer en regardant ses films.
Et ?
Comment ça ? Ils ne sont pas censés faire pleurer.
Il pleure parce qu'il les déteste, il est horrifié.
Par ses propres films ! C'est incroyable, non ?
C'est presque sacré, pour lui.
Ralentis, c'est à droite !
J'aimais beaucoup Marta.
Comme tu le sais, elle m'a enseigné les trucs indispensables
pour arriver à suivre ma voie
et ne pas subir le rythme imposé par les autres.
Tu vois ce que je veux dire.
Enfin, elle a beaucoup mûri récemment
et commence à me materner
Elle croit pouvoir me suivre comme quand on était petits.
- Tu parlais de ton cousin. - Ah oui.
Donc, mon cousin est un...
cinémaniaque !
- T'es pas nette non plus. - Il est un peu brut, quoi.
- Quoi, le film ? - Non, Pedro.
Ça m'étonne pas, s'il ne mange, baise ou dort jamais...
Je t'ai dit qu'il mangeait, baisait ou dormait rarement, nuance.
Bon, et quel âge a-t-il ?
Eh bien... ça dépend.
Comment ça ?
Disons qu'il est en vie
depuis 27 ans, mais son âge ce serait plus...
12 ans.
J'en connais pas mal.
Ça m'étonnerait.
Regarde !
Il est là !
Arrête-toi.
Arrête.
Donne un coup de klaxon. Où est-il ?
Je vais lui donner la pellicule.
Pedro ! Pedro, c'est moi !
Quand tu est venu repérer la maison
pour un futur tournage,
ça faisait longtemps que je cherchais de l'aide.
Tu n'étais pas le premier...
Quel pellicule ? T'es débile ?
Regarde ce que tu as fait, abrutie !
- Allez, dégage. - Pedro, tu es impossible !
Merde, merde, merde !
- Il ne cuit pas, là-dessous ? - S'il cuit ?
Tu te rappelles, à Noël ?
Trente-neuf, quarante...
Tu te rappelles des champignons ? Enfin, certains morceaux.
Et c'est le lapin de Paco qui se baladait partout
qui avait fini par les manger.
- Non, c'est Luís qui avait un lapin. - Ah oui, c'était chez Luís.
- Et alors ? - Qu'est-ce qui est arrivé après ?
On n'arrivait plus à te différencier du lapin.
Exact !
Seulement, c'est le lapin qui avait mangé les champignons,
et pas nous.
... mais tu étais le meilleur.
D'habitude, les gens que Marta ramenait à la maison
ne méritaient pas du tout que je change mon comportement.
Je préférais me tromper plutôt que de devoir m'expliquer.
Mais avec toi, c'était différent.
Tu faisais du cinéma,
tout en étant prédestiné à le haïr profondément.
Ton magnétisme t'a trahi.
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