The first 200 lines.
Je pense juste que l'argent, les vêtements et l'adulation
sont une nécessité pour toi,
et que certains poursuivent un but sans même savoir pourquoi.
C'est un crime d'être ambitieuse ?
Un crime ? Bien sûr que non.
Sauf si ton ambition revêt une forme perverse
et que tu ne recules devant rien pour obtenir ce que tu veux.
On dit que les femelles sont plus dangereuses que les mâles.
Je crois que j'ai toujours rêvé d'être célèbre.
J'ai grandi avec les actrices glamour des films en noir et blanc.
Lana Turner, Rita Hayworth, Barbara Stanwyck.
Elles étaient sexys.
Prison d'État de Floride 8 octobre 2002
Tu vas refaire une émission spéciale sur moi ?
Non, un documentaire.
Tu veux parler des sept salauds que j'ai été obligée de tuer ?
Tu es célèbre dans le monde entier.
On t'appelle Aileen Wuornos,
la Prostituée de l'Enfer,
la Demoiselle de la Mort.
Je préfère l'Ange de la Mort, ça me va mieux.
On espérait autre chose.
Un truc dont tu n'as encore jamais parlé.
Putain ! Je vais devoir répéter ça combien de fois ?
Pas beaucoup, j'imagine.
Car ils peuvent venir me piquer à tout moment.
Demain, Aileen. Ton exécution a lieu demain.
Donc, tu veux un truc exclusif ? Un scoop ?
Je parie que tu sais pas qu'à l'époque,
j'étais jeune et belle...
et mariée.
Tu veux parler de ton mariage avec le président du club nautique ?
Commodore. - Pardon ?
On dit pas président, mais commodore. Tu veux que je t'en parle ou pas ?
Pardonne-moi. Je t'en prie, continue.
Parle-nous de ton mariage avec le commodore.
Tu veux que je te raconte une histoire ?
Je vais te raconter une putain d'histoire.
DeLand, Floride 4 juillet 1976
Ben quoi, pétasse ? - J'ai dit que j'embrassais pas.
T'as dit que tu faisais tout. Et j'ai payé pour tout.
Lâche-moi, connard.
Putain !
Bordel ! Tu m'as pété les dents, salope.
Comment je peux rentrer chez moi comme ça ?
Ma femme va me tuer. - Dis que tu t'es fait braquer.
Voilà ce que tu vas faire. File-moi gentiment ton portefeuille,
puis casse-toi en vitesse.
T'es une petite tigresse, hein ?
Mais maintenant, tu vas payer pour ça.
J'étais différente à l'époque.
J'y connaissais rien à la vie et j'étais beaucoup plus jeune.
Et aussi un peu plus jolie.
plage privée accès interdit
Hé, comment tu t'appelles ? - Aileen.
Mes amis m'appellent Lee. - Enchantée. Moi, c'est Jennifer.
Mes amis m'appellent Jen ou Jenny.
Viens t'asseoir près de nous.
Allez.
Allez, viens.
Les gars, je vous présente Lee. Lee, voici toute la bande.
Salut, Lee. - Merci.
Comment ça va ? - C'est une très belle plage.
La plus belle plage privée du comté de Volusia.
Et d'ici, t'as la meilleure vue.
Alors, d'où tu viens ?
Grady, fous-lui la paix.
On passe juste du bon temps, pas vrai, Lee ?
C'est un nom plutôt masculin, Lee.
Ton père t'appelait comme ça car il savait pas si t'étais une fille ?
Grady, arrête. Mitch, interviens. - Oui, fous-lui la paix, mec.
Ta mère t'a abandonnée quand elle a découvert que t'étais une gouine ?
Lâche-le. Du calme. - Tu sais que dalle sur moi.
Désolée.
Désolée, je voulais pas gâcher votre fête.
Laisse-moi te ramener.
Mitch... - Vas-y.
Lee, attends.
Laisse-moi, je veux pas d'ennuis. - Grandis un peu, merde.
Je trouve ça génial, ce que t'as fait.
Qu'est-ce que tu veux de moi ? - Rien.
Juste apprendre à te connaître.
Si ce que tu as fait s'apprend, tu seras une héroïne
aux yeux des filles qui n'ont pas osé lui tenir tête.
T'as un endroit où dormir ?
Viens dormir chez moi. J'ai de la bonne herbe à la maison.
Au bicentenaire et au meilleur pays du monde.
À la terre des opportunités.
Viens.
Je suis revenue parce que ma mère est tombée malade l'année dernière.
Elle est morte il y a quelques mois.
Mon père a besoin de moi, alors je suis là.
J'espère que t'aimes l'eau russe.
Bon, maintenant, dis-moi d'où tu viens vraiment.
Du Michigan.
Du Michigan ? OK.
T'as encore de la famille ou des amis là-bas ?
Non, plus personne.
Plus personne à qui je tiens.
Enfin, j'ai un frère.
Il s'appelle Keith.
Je me suis cassée quand j'avais 12 ans.
Merci, chérie.
J'ai oublié de te dire que j'avais invité une amie à dormir hier.
Bonjour, vous.
Bonjour. - Bonjour, Lee.
Où as-tu trouvé cette robe de chambre ?
Elle était dans la salle de bain...
et je ne trouvais pas mes vêtements ce matin.
Oui, je me suis dit que tu voudrais dormir,
alors je les ai mis à la lessive.
Désolée, ça te dérangerait de mettre autre chose ?
Elle appartenait à ma mère. - Non...
Vous êtes très bien dans cette robe de chambre.
Jennifer, tu me présentes ton amie ?
Oui, désolée, papa.
Voici Lee. Elle est nouvelle ici.
Lee, je te présente mon père, Lewis Fell.
Les gens l'appellent le commodore. - Un commodore ? Je les adore.
Je ne suis pas ce genre de commodore.
J'organisais des croisières pour des gens riches et désœuvrés.
Maintenant, c'est juste un hobby.
Vu la baraque, vous ne vous en êtes pas trop mal sorti vous aussi.
J'ai réalisé de bons investissements.
Je suis ravie de vous rencontrer, monsieur.
Mes employés m'appellent monsieur. Mes amis m'appellent Lewis.
Mes amis m'appellent Lee, mais...
un beau gentleman comme vous peut m'appeler Aileen.
Vous voulez du café, Aileen ? - Oui.
Bon sang ! Papa, ça va ?
Oui, ça va.
Ce foutu lino finira par me tuer.
Sur votre tombe, vous pourrez toujours mettre :
C'est ici que Lewis a cassé sa pipe.
Heureusement, vous étiez là pour me sauver, Aileen.
J'espère qu'on vous reverra plus souvent.
Oui, merci.
J'étais ravie de vous rencontrer, M. Fell. Je veux dire... Lewis.
C'est ici que Lewis a cassé sa pipe.
Merci.
De quoi ? - De l'avoir fait rire.
Il n'avait pas ri depuis longtemps. - Pas de souci.
Il a besoin de s'amuser un peu.
Je ne sais pas ce que tu comptes faire,
mais avec les autres, on va aller faire du shopping et boire un verre.
Pas de problème. J'ai bien compris.
Je vais partir. - C'est pas ce que je voulais dire.
Je me demandais si tu voulais nous accompagner.
Écoute, t'es sympa. C'est gentil de m'avoir laissée dormir ici, mais...
j'ai pas d'argent à claquer au centre commercial.
Pas besoin d'être si gentille avec moi. Je suis pas du tout comme toi.
J'essaie juste d'être ton amie.
Ça me plairait que tu restes un peu, et à mon père aussi, je crois.
Je vais chercher mes affaires. Faut que j'y aille.
Je sais pas ce que c'était, mais soudain, j'ai eu cette envie...
Je crois qu'on peut dire d'aventure.
Quand on n'a rien, on n'a rien à perdre, pas vrai ?
Alors je me suis dit : Qu'est-ce que je risque ?
Laisse-nous entrer. - Chut, mon père dort.
Bien, allons nous baigner tout nus. - Non, pas maintenant.
Bordel... - Qu'y a-t-il, Jen ?
Si je me sentais coupable ? Je sais pas, moi.
Deux semaines plus tard
En plus, j'en avais déjà assez bavé dans la vie.
Il était temps que j'aie ma revanche.
Je ne suis pas douée pour les discours...
mais je vais te dire ce que je ressens dans mon cœur.
Lewis...
dès l'instant où je t'ai vu, j'ai su que tu étais l'homme de ma vie.
Je t'aime, Lewis Fell.
Et je peux aussi dire ce mot :
Oui.
Par le pouvoir de Dieu et celui qui m'est conféré par l'État de Floride,
je vous déclare, Lewis Gratz Fell
et Aileen Carol Wuornos, mari et femme.
Vous pouvez embrasser la mariée.
Ils ont tous dit que le mariage était condamné d'avance,
mais comme un sage l'a dit un jour : Qu'est-ce qu'ils en savent ?
Tu n'es pas obligée de déménager dans le pavillon, Jenny.
C'est toujours ta maison. - Non, c'est la tienne et la sienne.
De toute façon, il serait temps que j'aille vivre seule.
Mais j'ai promis à maman de veiller sur toi et c'est ce que je ferai.
Mais à une distance de sécurité.
Tu sais que j'aimerai toujours ta mère, mais elle n'est plus là.
J'ai pas droit à un peu de bonheur pour ce qui me reste à vivre ?
Bien sûr que si, papa, mais tu n'étais pas obligé de l'épouser.
J'espère qu'on pourra de nouveau être amies.
Dans tes rêves.
J'aime ma fille. Je ne voulais pas lui faire du mal.
Bien sûr que non, chéri.
Les liens du sang ne sont pas toujours plus forts que tout.
Je suis là pour toi maintenant. Je serai toujours là.
Allons nous coucher.
Un double whisky, pur. - Deux.
Dure soirée ?
Parle-moi, au moins, vu que je t'ai payé un verre.
Je t'ai rien demandé.
Tu pourrais me payer un verre.
Même offrir une tournée générale. - Et toi, tu devrais la fermer.
Pourquoi tant d'agressivité, chérie ?
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