The first 159 lines.
Madame,
pourquoi Nonna est partie avec le baron ?
M. Clark…
Je ne sais pas non plus.
Madame ?
Excusez-moi. Je vais rentrer chez moi.
VICTORIA OF MANY FACES
ÉPISODE 7 : J’AI DÉSORMAIS DE MERVEILLEUX SOUVENIRS
Victoria ? Quelque chose ne va pas ?
Nonna va sûrement être adoptée par une famille noble.
Plaît-il ? Nonna est d’accord avec ça ?
On dirait.
Je ne comprends pas. On s’en sortait bien, non ?
On était heureuses ensemble, non ?
Vous êtes là, Victoria ?
Je n’ai pas envie qu’il me voie aussi maussade.
Si vous n’ouvrez pas, je forcerai la porte !
Ce n’est pas verrouillé.
Mme Yolana m’a contacté.
Nonna est partie chez des nobles ?
Pour être franche,
j’étais persuadée qu’elle resterait toujours auprès de moi.
Mais elle a le droit de décider de sa propre vie.
Victoria…
Nonna a sans doute une idée derrière la tête.
Venant d’elle, ça ne m’étonnerait pas.
N’empêche, l’adoption serait tout à son avantage.
Avoir des parents nobles
lui garantirait de ne jamais manquer de rien.
Ce serait plus sûr.
Ne dites pas ça. Vous vous dévalorisez.
Vous êtes une femme admirable qui vit avec courage.
Nonna reviendra.
C’est d’autant plus dur
qu’il vaudrait mieux pour elle qu’elle reste là-bas.
C’est à Nonna de déterminer ce qui la rendra heureuse, Victoria.
Ne vous inquiétez pas pour elle. Elle finira par rentrer.
Vous avez raison.
Pour lui faire plaisir à son retour,
je vais coudre sur ses habits les boutons qu’elle a choisis.
Merci, capitaine.
Je me sens bien mieux.
Je vais préparer à manger. Vous avez dîné ?
Je n’ai pas grand-chose.
C’est suffisant. Ça a l’air bon.
Je ne doute pas que Nonna reviendra,
mais si cette situation vous est intolérable,
n’hésitez pas à aller la chercher.
Si vous n’osez pas,
je vous accompagnerai.
Par égard pour son opinion, je patienterai.
Entendu.
En attendant, il va falloir que je m’habitue à son absence.
Tiens donc !
Miles,
pourriez-vous m’aider à m’entraîner ?
D’accord.
C’est quand vous voulez.
Et voilà,
je vous ai tranché les yeux.
J’ai perdu ! Encore une fois !
Volontiers.
Votre fille n’est pas là ?
Elle séjourne ailleurs.
J’ai évité vos points vitaux et visé la hanche.
La hanche d’un vieillard est un point vital…
Vous vous considérez comme un vieillard ?
Vous retrouvez enfin le moral !
Oui.
Merci beaucoup.
Repassez quand vous voulez !
Je me suis bien amusé, aujourd’hui.
Miles ne m’a pas posé de question.
En outre, j’ai pu confirmer mes soupçons.
M. Clark,
je comprends votre point de vue,
mais je tiens à respecter le choix de Nonna.
Moi, je ne l’aurais pas laissée partir !
Que fabriques-tu ?
En te promenant la nuit habillée comme ça,
tu risques d’attirer des personnes malintentionnées.
Pourquoi tu as fait ça ?
J’ai dormi six nuits là-bas, comme convenu,
mais aujourd’hui, ils m’ont enfermée dans la chambre.
En plus, ils m’appelaient Dolores
et ils voulaient que je leur dise « père » et « mère ».
Pas question. Je suis pas Dolores, et ce sont pas mes parents.
Comment t’es-tu échappée ?
Je me suis suspendue au bord de la fenêtre et j’ai lâché.
Je me suis bien réceptionnée en faisant une roulade.
Je t’ai dit de ne faire ça qu’en cas d’urgence.
C’en était une. On m’a enfermée
et on m’a forcée à remplacer une fille morte.
J’avoue. C’était horrible de verrouiller ta porte.
N’empêche, tu aurais pu refuser leur offre dès le départ.
Pourquoi as-tu accepté ?
Parce que Mme Eva était embêtée.
Dans ces moments-là, elle serre toujours son mouchoir.
Du coup, j’y suis allée. Ils ont dit que je pourrais refuser.
Tu avais déjà vu Mme Eva dans l’embarras ?
Oui, quand j’ai donné un coup de genou à M. Clark.
Ne me dis pas que tu as frappé M. Clark !
Bah si.
Il voulait une démonstration.
Montre-moi un coup de genou !
– D’accord. – Ouille !
Qu’est-ce qui vous prend ?
À quoi s’amuse-t-elle quand j’ai le dos tourné ?
Quoi ? Elle s’est enfuie du manoir du baron pendant la nuit ?
Comme ils doivent être inquiets,
nous allons leur présenter nos excuses.
Non, vous devriez éviter de les rencontrer.
Je les contacterai moi-même.
Il y a quatre ans, une fièvre ardente s’est propagée dans la capitale.
Beaucoup d’enfants et de vieillards y ont succombé.
Clark a contracté la maladie et a souffert de la fièvre,
mais heureusement, il a survécu.
Seulement, mon mari étant ministre des Affaires étrangères,
le bruit a couru qu’on avait utilisé un remède étranger.
C’était faux, mais la rumeur a persisté malgré nos démentis.
Un jour, le baron Hanson est venu nous voir.
Il nous a suppliés en pleurant de lui donner le remède,
sans quoi sa fille finirait par trépasser.
Mme Eva, vous n’êtes pas responsable de ce qui leur est arrivé.
Logiquement, non.
Sauf qu’ils ne sont pas rationnels.
Pardon de vous avoir impliquées dans nos problèmes.
Nonna et vous avez souffert à cause de nous.
Le lendemain,
le baron Hanson nous a adressé une lettre et des colis.
Il nous remercie de leur avoir permis
de prétendre quelque temps qu’ils avaient à nouveau leur fille.
Nonna, il y a des robes, des chaussures,
des accessoires et des sacs.
Ah bon…
J’en ai eu le cœur serré.
Qu’ont éprouvé ces parents en se séparant de ces affaires ?
Ont-ils accepté que personne ne remplacerait jamais leur enfant ?
Je me demande si mes parents étaient tristes
quand ils ont renoncé à moi à mes huit ans.
Mon frère a intimé
au baron Hanson de ne surtout pas oublier que vous êtes
la tutrice légale de Nonna.
Même M. Edward est intervenu en ma faveur ?
Il faudra que j’aille le remercier.
C’est inutile.
Il vous est reconnaissant d’avoir aidé notre oncle.
Nonna, on ne t’a rien fait de mal, chez le baron ?
Non.
J’étais juste un peu mal à l’aise avec la dame.
Elle arrêtait pas de m’appeler Dolores
et elle pleurait en disant que la famille était enfin au complet.
Mais ça va, maintenant.
Tu es vraiment forte et gentille.
Vicky…
Oui ?
On pourrait pas vivre avec Jeff ?
Ça alors !
J’aimerais bien, mais c’est impossible.
No comments yet. Be the first to leave one.