The first 200 lines.
Londres, 1943
C'était un temps où les choix étaient clairs.
Où la proximité de la mort donnait du prix à la vie.
L'heure était au courage, à l'honneur, à la passion et au sacrifice.
Voici l'histoire de deux êtres pris dans la tourmente...
qui se rencontrèrent et s'aimèrent.
Mon Dieu, c'est le bébé !
Ça va ?
Désolée, vous avez raté votre bus.
Je suis vraiment navrée...
- Vous avez raté le vôtre. - Il n'est pas à moi.
Je vous l'achèterai.
Chic ! Un riche yankee. Non, merci.
À défaut de bus, je vous paie un café ?
Je ne bois pas de café.
Je bois du thé.
Il n'y aura pas de bus avant longtemps.
C'est probable.
Vous buvez vraiment ce truc ?
Non, on le verse seulement dans les tasses. Pourquoi ?
- On dirait de l'eau bouillie. - C'est de l'eau bouillie.
Tout s'explique...
- D'où êtes-vous ? - De Chicago.
La ville des gangsters ?
Pas tous. Il y en a à Detroit, à New York.
- On a les meilleurs. - Vous en êtes un ?
On ne m'a jamais coffré.
- Vous dénaturez l'uniforme. - Comment devrais-je être ?
- Un petit mec. - Votre eau refroidit.
Demandons de l'eau chaude.
Allez...
D'accord.
- Et vous ? - Comment ça ? Moi, quoi ?
Qui êtes-vous ?
Je suis un petit mec, né à Londres.
J'y ai toujours vécu et y vivrai toujours.
- Vous travaillez ? - Dans un hôpital.
Je rassure les jeunes blessés, et ils me croient...
parce qu'ils veulent vivre.
Puis je les vois mourir. Je veux que tout ça cesse.
- Je gagnerai la guerre pour vous. - Ce serait gentil.
- Vous êtes basé à Londres ? - Non, à 1 h 30 de Londres.
- C'est mon jour de perm. - Vous êtes pilote ?
Oui, de B-25.
- Vous aimez voler ? - Je déteste marcher.
- Je m'appelle Halloran, et vous ? - Parlez-moi de l'Amérique.
- Vous êtes ravissante. - Parlez-moi de Chicago.
C'est très venteux. Je suis fasciné.
- Non, pas ça. - Pas quoi ?
- Je dois partir. - Je ne le veux pas.
- Je ne devrais pas être là. - Mais si.
Je dois partir.
Je dois prendre le bus. Il le faut.
- Je veux vous revoir. - Impossible.
Dans quelques heures je devrai rentrer.
Non, ne faites pas ça.
- Allons dans un abri. - Je ne peux pas...
Pourquoi ?
Cette fois, je ne vous laisserai pas partir.
Je ne vous laisserai pas.
- Je dois rentrer maintenant. - Je vous raccompagne.
C'est impossible. Je dois partir.
Je m'appelle David Halloran, de Chicago, et je ne vous laisserai pas.
- Votre nom ? - Désolée.
- Même là, vous refusez ? - Laissez-moi partir.
Je dois vous revoir. Dans quinze jours, jeudi.
- Je ne pourrai pas. - Rendez-vous ici.
Même endroit, ici.
- Non. - Je serai là, toute la journée.
- Non, je ne viendrai pas. - Je serai là.
Vous ne pouvez nier ce qui vient de se passer.
Il est trop tard.
L'objectif est ce terrain d'aviation au nord-est de Rouen...
guère maltraité lors de la dernière mission.
Ces cercles désignent les réservoirs de carburant.
Ils sont sous du béton. Il faudra taper plusieurs fois dans le mille.
Ce qui n'a pas été le cas la dernière fois.
Nous arriverons par l'est...
avec le soleil dans le dos. Ils ont deux chasseurs...
Il dit "nous" et il ne vient pas. "Nous", c'est nous.
Nous prévoyons une D.C.A. modérée. Nous approcherons à 12 000...
couverture nuageuse, 6 à 8 000. Nous larguerons à 6 000.
- J'aimerais être avec vous. - Restons et laissons-le partir...
Lt Halloran... une remarque à faire ?
Nous ne voudrions à aucun prix la manquer.
- Oui, colonel. - Oui, quoi, lieutenant ?
Oui, colonel, personne ne voudrait rater ça, mais je n'ai rien à dire...
donc on ne rate rien, colonel.
Décollage à 8 h. Bonne chance, messieurs.
"Une D.C.A. modérée." Ça veut dire quoi, hein ?
Une D.C.A. pas intense.
Mais D.C.A. quand même.
Bien vu. Il aimerait être avec nous...
Quelqu'un doit bien rester pour nous y envoyer.
Check radio.
Pilote à Farrell, tout est O.K. ?
Tout est en ordre, Lt. Radio O.K., munitions O.K.
Check radio. Pilote à Giler ?
- Oui, Lt ? - Ça va ?
Tout est en ordre, radio et munitions O.K.
Pilote à tourelle. Lucas ?
Oui, Lt, je suis paré. Munitions et radio O.K.
Soute à bombes fermée ? Volets verrouillés ?
Cimino ?
Pourquoi ils rendent si difficile l'accès à ce machin ?
J'y viendrais pas de mon propre gré.
D'en sortir devrait être difficile, on ne pense qu'à partir d'ici.
Ces machins sont faits de métal, non ?
Avez-vous essayé d'en soulever un ? Impossible.
Parce qu'ils sont en métal et que le métal c'est lourd.
Vous me croyez pas ? Essayez d'en soulever un...
vous bousillerez votre dos. Et c'est tout.
L'air c'est pas lourd. Ce tas de ferraille est lourd...
plus lourd que l'air, bien plus lourd.
Vous ne comprenez pas ? Ce truc devrait être incapable de voler !
Mon Dieu, je déteste ces machines.
Leader à escadrille, cible à 20 miles. Descendons à 6 000 pieds.
Bien compris, descendons à 6 000.
Leader à escadrille, gardez vos positions, cible à 12 miles.
Descente : 1 000 pieds/minute.
Ils nous tirent dessus.
Ils ont oublié de leur dire...
que la D.C.A. devait être modérée aujourd'hui.
Cible à 7 miles.
Coupe le moteur.
- Coupé. - Faisons demi-tour !
- Cible à combien ? - 5 miles. Demi-tour !
On doit ralentir.
- On va y passer. - On va se faire exploser !
Cible à combien ?
Trois miles. Vous délirez ou quoi ?
Cimino, tu vois Hyer ?
Si Dieu existe, il s'est pas emmerdé à envoyer Hyer à Yale...
pour qu'il crève dans un avion, et comme Hyer est à bord...
Dieu trouvera un autre moment pour nous avoir.
Je me fierais pas à ça. On est sur la cible.
Le moteur va tomber. Je largue tout et on rentre.
Attends.
Fumier ! On est sur la cible !
Chef, tu dis quoi ?
Il tient bon. Si tu veux attendre je marche.
Au poil. Le sergent York est à bord ! Je te hais, Lucas !
On est sur la cible, je largue les bombes.
On est sur la cible, je le jure !
Tu t'y prends un peu tôt parce que tu as peur de plonger.
On attend un peu.
Sachez que je déteste le Lt Halloran...
- matricule 057327... - 969.
Qu'il largue les bombes.
Si on rate la cible, on sera obligés de revenir.
On est vraiment sur cette putain de cible !
Largue les bombes !
Elles sont parties.
Dieu que j'aime pas ça !
Je me cachais depuis une heure, pour t'observer.
- J'avais peur que tu me voies. - Tu as toujours peur ?
Oui. Pas avant, quand on était dehors...
mais ça me prend ici, je me sens bizarre.
- J'ignore ce que je fais ici. - Tu le sais.
Oui, je sais.
- Je n'ai plus faim. - Moi non plus.
Jeudi. Je peux revenir à Londres jeudi.
- Ton nom ? - Je ne peux pas.
- Je t'en prie. - Non.
J'ai peur. Tout ça arrive trop vite.
Je parie que tu t'appelles Fred et que ça te gêne.
Fred...
je crois que je t'aime.
Leader à escadrille : cible à 20 miles. Amorcez la descente...
- larguez vos bombes à 8 000 pieds. - 10 000 pieds.
Ouvrez la soute.
Soute ouverte.
Et ça recommence. Pourquoi tirent-ils toujours sur nous ?
À cause des bombes.
Aucun humour. On n'apprécie pas la plaisanterie ?
- 9 000. - Cible à 5 miles.
- Cible à combien ? - Trois miles.
- Altitude ? - 8 500.
On est pratiquement dessus.
- Altitude ? - 8 200.
- 8 100. - Largue-les.
- Maintenant ? - Larguées ! Halloran, je t'aime.
Oui, Dieu existe. Mesdames et messieurs, Dieu existe.
Vivement la messe.
Le croisement perruche-tigre, ça donne quoi ?
- Je l'ignore. - Quand il chante, écoute-le.
Tu trouves ça drôle ? Petite effrontée.
- C'est de ta faute. - Pourquoi ?
Les enfants sont à l'image des parents.
Tu crois ça ?
Si c'est vrai, pourquoi Caine n'a pas de moustache ?
À cause de sa mère.
Dennis ne dit plus papa ni maman. C'est formidable.
Tu trouves ?
Je suis trop âgée pour vous appeler maman et papa.
Tu ne m'appelles pas "maman et papa".
Vraiment, je devrais t'appeler Paul.
- C'est ce que tu souhaites ? - Oui, Paul.
- Et je t'appellerai Margaret. - Et je t'appellerai...
Alors je garde "maman".
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