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1536. L'amour d'Henri pour Anne
a fait place à la colère et à la méfiance.
Son attention s'étant portée sur Jeanne Seymour,
Henri charge Cromwell de le débarrasser de la reine.
Pressentant sa disgrâce, les ennemis de la reine se rassemblent.
Bon sang !
Quand allons-nous manger ?
Je meurs de faim !
Quel est ton préféré ?
Le bonnet de bain ?
Il est joli, non ?
La brodeuse vient de le finir.
N'est-il pas mignon ?
Pour sa petite tête.
Cromwell ?
On m'a dit...
que quand vous avez cru le roi mort,
votre première pensée a été pour Marie la bâtarde.
Vous n'avez pas pensé à moi.
Ni à ma fille.
Ni à l'enfant que je portais.
Je ne peux préserver le trône...
pour une enfant au berceau.
Je ne peux préserver le trône
pour un enfant à naître.
Je vous ai soutenu.
Je suis responsable de votre ascension.
Et à la première occasion,
vous m'avez trahie.
Madame, n'y voyez rien de personnel.
Vous vous croyez grand.
Vous voulez vous passer de moi, mais vous oubliez l'essentiel.
Cromwell !
Si l'on vous a fait,
on peut vous défaire.
Je suis entièrement d'accord.
Nous voulons l'éviction de la concubine.
Nous savons que vous aussi.
"Nous" ?
Mes amis sont proches du trône.
Dans la lignée du roi Édouard.
Lord Exeter, la famille Courtenay.
Lord Montagu, son frère, Geoffrey Pole,
Lady Margaret Pole.
Ce sont les principales personnes au nom desquelles je parle.
Mais vous le verrez,
la majorité de l'Angleterre se réjouirait d'en être débarrassée.
La majorité de l'Angleterre n'en a cure.
Qu'attendez-vous de moi ?
Nous attendons que vous vous joigniez à nous.
Nous serions ravis de voir couronnée la fille Seymour.
Elle soutient la vraie religion.
Elle pourra ramener Henri vers Rome.
Et ceci pose problème.
Vous êtes luthérien.
Moi ? Non, monsieur.
Je suis banquier.
Qu'arrivera-t-il à Anne Boleyn ?
Je ne sais pas.
Le couvent ?
Voyez ce toutou.
Êtes-vous triste, Mark ?
Cela vous est interdit.
Vous êtes là pour nous distraire.
Relevez-vous.
Je suis déjà bien bonne de vous remarquer.
Qu'espérez-vous ?
Que je vous parle comme à un gentilhomme ?
C'est impossible.
Vous êtes d'un rang inférieur.
Non, madame.
Je n'espère pas de paroles.
Un regard me suffit.
Allez-vous me parler de mes yeux ?
Pourquoi le cajoler ?
On cajole trop les chiots, ici.
Certains prennent leurs aises.
Parlez-vous de moi ?
Je rosserais volontiers ce jeune chiot.
Pas ici, je vous prie.
Il est furieux,
car il s'imagine que je fais la cour à Lady Marie.
Chacun sait qu'il veut l'épouser.
En réalité,
je suis ici pour une autre.
- Savez-vous pour qui ? - Non, dites-le-moi.
Aucune idée.
S'agit-il de Lady Rochford ?
Non, elle est trop vieille.
Non, il s'agit de vous,
Madame.
C'est lui qu'il faut rosser, mon cher Norris.
Pour l'honneur de la reine d'Angleterre.
Voilà celui qu'il me faut.
Will Brereton n'a pas froid aux yeux.
Qu'y a-t-il ?
Tout le monde se dispute.
Tout ça à cause de ce Mark.
Selon moi,
on devrait le précipiter dans le vide.
Comme votre chien, Purkoy.
Refaites cela, et je vous rendrai la pareille.
Vous n'êtes pas reine.
Juste la fille d'un chevalier.
Et votre heure est arrivée.
Harry ?
Rendez-moi service.
Emmenez la femme de mon frère et noyez-la.
Quoi ?
Vous aviez juré d'aller au bout du monde pour moi.
J'avais parlé de Walsingham, je crois.
Ce serait une occasion d'y expier vos péchés.
S'il arrivait quoi que ce soit au roi, on nous croirait amants.
Vous comprenez, maintenant, pourquoi il ne vous épouse pas ?
Parce qu'il m'aime.
Du moins, il le prétend.
Pourtant, il refuse de le prouver en noyant Lady Rochford.
Allez-vous dévoiler tous vos secrets ?
Ou seulement certains ?
Il...
Rattrapez-le.
Je plaisantais. Rattrapez-le.
Il pourra en jurer.
Je suis une bonne épouse.
Rattrapez-le ! Harry !
Henri a entendu parler de la dispute avec Norris.
On voyait tout depuis le jardin.
Elle avait les mains...
Vous voyez la grande tapisserie du roi ?
Sur laquelle la reine joint les mains ?
Il n'avait pas l'air convaincu.
Vous n'êtes pas allée la réconforter ?
C'est votre maîtresse.
Je suis venue vous voir.
Avant leur mariage,
Anne pratiquait avec Henri.
À la mode française.
Vous voyez.
Je n'ai aucune idée de ce dont vous parlez.
Vous croyez m'humilier en me le faisant dire ?
Je ne suis plus pucelle.
Elle l'a amené...
à répandre sa semence de façon inappropriée.
Il trouve cela obscène.
Mais il n'a pas idée à quel point.
Mon mari George...
est toujours avec Anne.
C'est son frère. C'est naturel.
Il n'y a rien de naturel chez George.
Et rien n'est interdit.
Je les ai vus s'embrasser.
- Un frère... - Sa langue dans sa bouche.
Sa langue à elle dans la sienne.
Dois-je enregistrer ceci ?
Si vous avez peur de l'oublier.
Pourquoi ferait-elle ça ?
Vous le savez.
Pour mieux régner.
Si elle avait un garçon avec les traits de Weston ?
Ou ceux de Will Brereton ?
On ne parlera pas de bâtard, s'il ressemble à un Boleyn.
Suivez mon conseil.
Ne parlez à personne.
Suivez mon conseil.
Parlez à Mark Smeaton.
Laissez ça là, Mark.
Je croyais qu'il y aurait plus d'invités.
J'étais venu vous distraire.
N'en doutez pas.
Vous voyez, Mark,
mon maître, le roi,
et ma maîtresse, la reine,
sont en conflit.
Tout le monde le sait.
Mon voeu le plus cher est de les réconcilier.
On dit que vous fréquentez les ennemis de la reine.
Comment découvrir leurs habitudes, sinon ?
J'aimerais le croire.
Je vous comprends. À la cour, la défiance est de mise.
Je m'adresse à vous, car vous êtes proche de la reine.
Je voudrais savoir
pourquoi elle est si malheureuse.
Et si je peux faire quoi que ce soit pour y remédier.
Pas étonnant qu'elle soit malheureuse.
Elle est amoureuse.
De qui ?
De moi.
Ça vous étonne.
Pas tant que ça.
J'ai vu comme elle vous regardait.
Vous avez sûrement l'habitude d'attirer les femmes.
Vous êtes un très beau jeune homme.
On vous croyait sodomite.
Rich !
Je suis fait comme les autres.
Bien sûr, la reine pourra en attester.
Elle vous a essayé.
- Elle vous a trouvé à son goût. - Je ne dirai rien.
Non, ne dites rien.
Mais on peut imaginer. Elle ne manque pas d'expérience.
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