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Second souffle pour la Brasserie Romantique
Brasserie Romantique
- Le saumon, sous vide et au frigo. - Oui, chef.
Sale temps ce soir. Mais aucune annulation.
Très bien. On affiche complet.
Kevin ?
Euh, ma petite...
- Tiens. Pour ta Saint-Valentin. - Merci, Angelo.
Mais je comprends pas pourquoi on bosse à personnel réduit ce soir.
Ne commence pas. On n'a que la moitié des couverts, ça ira.
OK, mais c'est un menu 4 services plus amuse-gueules.
- On aurait pu régler ça autrement. - On ne va pas faire des tables de 4.
C'est vrai, mais on aurait pu gonfler les prix.
- Salut. - Bonjour, Emma. C'était bien l'école ?
Rasoir.
- Et j'ai faim. - 10 euros de plus par menu ?
J'avais entendu ta première remarque. Embrasse ton père.
- Papa. - Ah quand même.
Mais Pascaline, l'amour, ça a un prix.
On changera les prix quand on aura une seconde toque.
Une seconde toque ? Faut une plus grande cuisine, plus de personnel.
Un plus grand resto, quoi.
Où est Lesley ? Il devrait déjà être là.
Tu peux me faire un simple steak, papa ?
Pommes de terre rissolées et peu de légumes.
Oui...
Emma.
Oh, désolée.
On chercherait pas un truc plus grand ? Un appart avec deux chambres.
Il y en a un à quelques rues d'ici et...
Emma, t'es censée retourner chez ta mère bientôt.
- Tu l'as appelée aujourd'hui ? - Oui.
Pas le temps, elle devait donner le biberon aux jumeaux.
Donne-moi ça.
- Elle est contente d'être quitte de moi. - C'est ce que tu crois.
Elle a tout le temps pour les deux braillards et son mec.
Ce serait quand même trop cool, tantine.
Toi et moi dans un appart.
Je ne sais pas.
- Je ne te dérange pas, si ? - Non, bien sûr que non, ma puce.
Viens, on descend.
Lesley ?
Emma, ne t'assieds pas là.
Ici.
- Bonjour, chef. - Ah, voilà notre étudiante de Gand.
Eh bien ? T'es si chique.
- La classe. - Merci. C'est la Saint-Valentin.
- Emma. Salut, Kev. - Salut, Ingrid.
- Pascaline. - Chef.
Quelle cuisson, mademoiselle ? Saignant, bleu, chaud ?
À point, papa.
Ah, Ingrid.
Le serveur pro a encore quinze minutes de retard.
- Quart d'heure académique. - C'est quasi tous les jours.
- Y en a marre, il n'est pas fiable. - Calmos.
- Il n'est jamais à l'heure. - Tu le connais.
Il ne va pas tarder.
Ce soir, après le dessert, c'est fini, il est viré.
Arrête, t'auras oublié d'ici là.
Bonjour, Pascaline.
Bonjour, Frank.
- J'ai fait une réservation. - Ah oui ?
- À quel nom ? - Janssens.
- Avec un "s" à la fin. - Janssens.
- Pour deux personnes ? - Juste moi. C'était une surprise.
Si tu me laisses entrer du moins.
C'est réservé aux couples ce soir, Frank.
Je t'invite et on mange ensemble. Qu'en penses-tu ?
C'est mon resto, j'ai du travail.
Il a beaucoup changé.
Il a l'air plus petit, mais plus chic.
- Un vrai resto. - Merci.
On a gardé le nom Brasserie.
C'est ton frère ? C'était quoi son nom ?
Que fais-tu là, Frank ?
Je voulais te voir.
Et goûter ta bonne cuisine.
J'ai vu que vous avez une toque au Gault & Millau. Bravo.
- Je ne mords pas, Pascaline. - Non...
Suis-moi.
Merci.
C'est un menu fixe avec les vins assortis ce soir.
Il n'y a rien à la carte et l'apéritif est inclus.
Apéritif d'Amour...
Champagne avec liqueur de rose sur base de grappa
S'il te plaît.
- On pourrait prendre l'apéro ensemble. - Désolée, j'ai des clients.
- Ah ! Bonsoir. Salut, Roos. - Salut, Pascaline.
- T'es superbe. C'est joli. - Merci.
J'aime pas la Saint-Valentin. Pardon, je devrais me taire.
- Je vais gâcher ta soirée. - Mais non.
Je ne voudrais plus d'une autre voiture. Pas question.
Oui, mais la couleur n'est pas un problème.
Oui. Et l'option cours jusqu'à demain, prenez donc votre temps.
On a la meilleure table.
Oui, oui, oui.
Oui.
Vous pouvez m'appeler quand vous le voulez. OK. Oui.
Vous aussi. À bientôt.
Désolé.
Chérie...
J'ai pensé à toi...
S'il te plaît.
- Je peux deviner ? - Bien sûr.
Chanel n° 5.
- Comment t'as deviné ? - C'est pareil que l'année passée.
- Non... - Si.
Tu savais que c'est tout ce que Marilyn Monroe portait au lit ?
Tu me l'as déjà dit l'année passée.
- Non... - Si.
- Merci. - S'il te plaît.
S'il te plaît.
Tables 3 et 7, trois couverts.
C'est pour la sauce, t'inquiète.
Toujours pas de Lesley ?
- C'est qui ? Il est seul ? - Oui.
- Janssens. Eh merde. - Reste polie avec lui, tu veux ?
- Il est peut-être du Gault & Millau. - Mais non, Angelo.
T'en sais rien. Ce sera ta faute si on n'a pas une seconde toque.
Bon sang, puisque je te dis que non, Angelo.
- Oh, désolé, frangine. - Concentre-toi plutôt sur ton tartare.
Chef.
- Tout va bien, collègues ? - Lesley.
Je suis là, on peut commencer, chef.
Dites, les gars, c'est la Saint-Valentin.
Un steak pour la demoiselle.
18 h 45, Lesley, ça fait une demi-heure. Où étais-tu ?
- Désolé, ma moto ne démarrait pas. - C'était une question rhétorique.
- Ce n'est pas la peine d'y répondre. - OK, mais ma moto ne démarrait pas.
Bouge et va servir l'apéro. Il y a deux tables. On en reparle après.
OK. Encore une sale soirée ?
Papa, le steak n'est pas à point.
C'est comme ça que je le sers, ma petite Emma.
S'il vous plaît.
- S'il vous plaît. - Merci.
Walter, quelle surprise ! J'ignorais que tu fêtais la Saint-Valentin.
Table 13.
Tartare de saumon aux pommes et chou-rave.
Voilà.
Le tigre est de sortie, vieux ?
Je reviens.
Raconte, Walter, qui est l'heureuse élue ce soir ?
Elle s'appelle Sylvia. On a rendez-vous à 18 h 45.
Elle a un peu de retard alors.
- Elle vient en transports en commun. - C'est toujours risqué, ça, Walter.
- Où l'as-tu rencontrée ? - L'ordi, c'est le premier rendez-vous.
- Eh bien, Walter ! - On ne s'est jamais vus.
- Elle signe toujours avec un S majuscule. - C'est peut-être le S de Sensuelle.
- Tu crois ? - Ou de Soupe au lait.
- Bonsoir. - De Keyzer.
J'ai réservé pour deux, mais je suis seule.
Pas de problème. Suivez-moi.
- Vous désiriez cette table ? - Oui.
Je vous débarrasse ?
Merci.
Une très bonne soirée, madame.
J'étais assise de l'autre côté.
- J'attends votre rendez-vous pour l'apéro ? - Il a annulé.
Il a tort.
Laissez-moi tranquille.
- Je peux vous débarrasser ? - Ah oui, merci.
- Vervaeke. - Suivez-moi.
Mais qui voilà ?
- Bonsoir, M. Vervaeke. - Restez assis.
Bonsoir, madame.
Vervaeke. Des Entreprises Vervaeke. Il a transféré toute sa flotte chez moi.
C'est si chic !
- Contente ? - Oui.
- Bonsoir, Vangroothuizen. - Table 6.
- Cinq tables, huit couverts. - D'accord.
- Ingrid ? - Oui ?
C'est la Saint-Valentin, hein ?
- Oui, et alors ? - Euh... Je...
Je me demandais juste si tu ne voudrais pas...
- Kevin, où en est la sauce ? Allez. - Oui, chef.
Alors, Emma ? Le steak est bon ?
S'il vous plaît.
- Bonsoir. - Bonsoir. Claessens.
- Table 9. - Veuillez me suivre.
Par ici, oui.
Que faites-vous ici, M. Janssens ?
Je sais, j'aurais dû venir plus tôt.
Mais je n'arrivais pas à décider si c'était le bon choix de venir et...
Je n'étais que peu de temps en Belgique. Pour l'enterrement de mon père.
Je repars tout à l'heure. Un taxi vient me prendre à 21 h 30.
À 21 h 30 ?
Pas de souci. Je servirai le dessert à temps.
Je l'amènerai en même temps que le café.
T'es mariée ?
Et toi ?
- Séparation à l'essai. - À l'essai ?
Oui, mais ça va devenir définitif.
- Et le taxi ? - Le taxi ?
- Il t'emmène où ? - À Zaventem, à l'aéroport, désolé.
- J'ai un vol pour Buenos Aires ce soir. - Buenos Aires ?
- C'est là où on... - Où on voulait aller ensemble.
Oui...
J'y travaille à l'ambassade de Belgique.
- Je suis un diplomate-navette. - Ah bon ? Ça te va bien, ça.
Contente que t'aies trouvé ta voie, Frank. Vraiment, je suis sincère.
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