The first 179 lines.
*Jingle des informations à la radio.
*-Bonjour. "Vite, tu vas être en retard à l'école",
2 mois qu'ils n'avaient pas entendu ça.
C'est la rentrée des maternelles et des primaires
dans une ambiance covidée. On verra ça dans une école du Var.
Et merde!
*-... des parents qui ne comptent pas
renvoyer leurs enfants en classe.
L'école, les transports,
deux enjeux majeurs du déconfinement.
Dans ce journal : alcool interdit sur les berges parisiennes
en raison du monde au bord du canal Saint-Martin,
une vaste étude pour cartographier le virus en France,
puis pochettes, galettes vinyles et CD, ce fut aussi le...
Il éteint les informations et met de la musique.
*Musique rétro.
Miaulement.
Brouhaha de bureau.
-M. Dayan? -Oui.
-Inès Diallo, je suis l'associée de Me Rousseau.
Attendons-le en salle de réunion.
C'est par ici.
Il finit UN rendez-vous et il nous rejoint.
Allez-y, je vous en prie. -Merci.
Vous voulez un café?
— x I Un verre d'eau? VOTE
Euh... Oui, je veux bien.
-Allez-y, installez-vous, je vous en prie.
-J'ai l'impression qu'on se connaît. On s'est rencontrés ici?
lci? Non, y a peu de chances.
Ah bon.
-Par contre, c'est vrai, on a été très intimes.
Musique intrigante.
En fait, j'ai été votre patiente.
Générique.
C'était il y a
plus de 20 ans. 23 ans, précisément.
Mais pour quelques séances seulement.
Benoît n'est pas au courant.
C'est en lisant le dossier que je vous ai reconnu.
C'était il y a 23 ans?
Y a prescription.
-Ah, Philippe. Bonjour. Excusez-moi.
Comment allez-vous?
-Ca pourrait aller mieux. -Ouais...
-Euh... -Bon...
Asseyez-vous.
Vous avez fait connaissance avec ma nouvelle associée.
Me Diallo
est spécialiste de la responsabilité médicale.
J'ai pensé
que ses conseils nous seraient utiles.
Plus vite ce sera fait, plus vite
ce sera derrière nous. On s'y met?
Inès, tu veux commencer?
-M. Mohammed Chibane a porté plainte contre vous il y a 4 ans,
suite à la mort de son fils Adel Chibane,
votre ancien patient parti combattre Daesh en Syrie.
M. Mohammed Chibane vous accusait
de ne pas avoir détecté la fragilité psychique de son fils
et de ne pas avoir empêché son départ.
Le juge a conclu à un non-lieu,
mais la femme d'Adel Chibane a fait appel.
L'affaire a donc été reprise en 2018
par un juge qui a instruit à charge.
Il a relevé des indices graves
vous mettant en cause.
-Je sais tout ça. Alors qu'est-ce qu'on fait, là?
Bon... En fait, ça risque
de ne pas être aussi simple que prévu.
Vous avez été renvoyé
devant une chambre spécialisée
en matière de responsabilité médicale.
Ca veut dire quoi?
Ca veut dire
que ça risque d'être beaucoup plus tendu.
Comment ça?
Je croyais que vous étiez sûrs de la relaxe.
Nous allons tout faire
pour obtenir votre relaxe,
mais la présidente de la chambre devant laquelle vous comparaissez
est très répressive.
-Mais attendez, ça fait 4 ans que cette histoire somnole.
L'audience devait être une formalité,
et tout à coup, à 3 semaines du procès,
plus rien ne va.
-Peut-être, mais M. Chibane, en tant qu'agent de la BRI,
est intervenu au Bataclan la nuit du 13 novembre 2015,
et vous l'imaginez bien, le sujet des attentats
est toujours aussi sensible.
De plus, M. Chibane était jeune, en bonne santé,
père de deux enfants...
Pas le profil courant des affaires de suicide.
-Adel ne s'est pas suicidé, il a été tué en Syrie.
-Ca, c'est la version que nous défendons.
C'est l'unique version.
Si cette version était la seule recevable,
Il n'y aurait pas matière à procès
et vous n'auriez pas besoin d'un avocat.
Les éléments du dossier montrent que M. Chibane
était fragile à l'époque où il vous consultait.
Comme la plupart des gens
qui atterrissent dans mon cabinet.
-Des éléments du dossier indiquent qu'à plusieurs reprises,
Il aurait agi de manière impulsive au cours de sa thérapie.
Il a quitté sa femme, il a démissionné de la police,
et il a décidé sur un coup de tête de partir faire la guerre à Daesh.
D'après le rapport de la DGGE,
quelques jours après l'arrivée de Chibane en Syrie,
son groupe a été attaqué,
tous les hommes se sont repliés, sauf lui.
Pour l'accusation, vous auriez pu éviter ce drame.
C'était votre devoir,
en tant que psychiatre, d'intervenir pour l'empêcher de partir.
Il y a des failles à votre dossier.
-Merci. Je commence à comprendre.
-Et la présidente ne vous fera pas de cadeau.
-Vous cherchez à me faire peur? -Pas du tout.
-Tu parlais de failles, je propose qu'on les identifie.
Dans sa déposition,
la femme de Chibane affirme que son beau-père est,
je cite,
“mort suite à une dépression causée par le décès de son fils".
-On va aussi bientôt m'accuser d'avoir tué son père.
-La mort de Mohammed Chibane un an après le décès de son fils
n'a rien d'un détail. La partie civile
va s'en servir pour justifier le montant des dommages et intérêts.
-M. Mohammed Chibane a fait un infarctus.
II souffrait d'hypertension bien avant le décès de son fils.
-Oui, mais on connaît les effets d'un choc émotionnel.
On nage en plein délire.
Philippe, notre objectif
est de rendre votre défense imperméable,
de parer tous les coups portés contre vous.
Je sais, l'exercice n'a rien de plaisant,
mais faites confiance
a Inès. Elle a défendu
de nombreux professionnels de santé
poursuivis pour faute. -Y a pas de faute!
Comment je dois le dire?
-Effectivement, l'absence de faits matériels qualifiés
est le point fort de votre dossier.
Mais la justice n'est pas une science exacte.
Et l'application de la loi
est toujours une affaire d'interprétation.
Vous devez en savoir quelque chose.
J'ai lu dans votre dossier que vous aviez divorcé.
Quel rapport?
-Préparez-vous à ce que le sujet soit abordé.
-Non, mais ils n'iront pas sur ce terrain-là.
-Vu la temporalité, Ils ne vont pas s'en priver.
La partie adverse va pointer
les difficultés de couple de M. Dayan,
que cette crise personnelle le perturbait,
qu'il n'a pas accordé à son client l'attention méritée...
-L'intimité du prévenu n'a pas sa place dans les débats.
Musique entêtante couvrant la conversation.
Si l'accusation s'abaisse à ça, c'est qu'elle est acculée.
Parce qu'établir un lien hypothétique
entre vos difficultés conjugales
et votre défaillance envers Chibane
serait malhonnête.
Vous avez de bons rapports avec votre ex-femme?
Philippe?
Vous avez de bons rapports avec votre ex-femme?
Oui, excellents.
Avec mes 3 enfants aussi.
Je me suis installé il y a 2 ans en banlieue,
et tout va très bien.
Bon, tu vois.
M. Dayan,
j'aimerais vous dire que l'audience sera une formalité,
mais ce serait vous mentir.
On a peu d'éléments attestant votre parfaite implication
dans la thérapie de M. Chibane.
À ce sujet, je n'ai pas trouvé vos notes dans votre dossier.
-Oui, parce qu'elles n'existent pas. -Comment ça?
En séance, je me concentre
sur ce que dit le patient, je l'écoute,
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