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Un village français : Saison 1 - Épisode 1 L’atterrissage.
12 JUIN 1940
Je t’avais dit que je n’ai plus de sulfaméthoxazole. Amène-les ici.
Écoute, on risque d’avoir des centaines de réfugiés dans les prochains jours.
Donc j’ai besoin de kits d’urgence, de bandages, de sérum...
Je sais que les trains ne circulent pas.
Mais envoie un camion, une ambulance, quelque chose...
Les Allemands ont percé jusqu’à Besançon.
- Mon Dieu ! - C’est la fin.
Et l’accouchement continue quand même ?
Ce bébé ne restera pas dans le ventre de sa mère parce que les Allemands arrivent !
Dès que la ligne sera rétablie, appelle Besançon pour chercher des médicaments.
Et annule tous les rendez-vous. Sauf si c’est vraiment nécessaire.
Et qu’est-ce que je dois dire ? Que les Allemands arrivent ?
Non, certainement pas, cela sèmerait la panique. Dis plutôt...
Je vais bien trouver quelque chose.
Papa a appelé. Il dit que les Allemands sont à Lyon.
On l’entend depuis deux semaines, mais on ne voit rien venir.
On va refaire pour eux la bataille de la Marne.
Mais je ne veux pas qu’il parte avec l’école, en tout cas.
Les nazis sont encore à plus de 100 km.
Une armée ne parcourt pas 100 km en un jour.
- Qu’est-ce que tu en sais ? - Mais maman, tous mes amis y vont.
- Tu es sûre qu’il est en sécurité ? - 100 km, Jeanine !
D’accord. Puisque ça te rend si heureux, c’est bon.
- Prépare-toi, garçon. - Et n’oublie pas ton masque à gaz.
Madame, c’est terrible. Nos poules sont bloquées à Lons-le-Saunier.
Mais c’est incroyable. À chaque
fois c’est la même chose. On ne peut compter sur rien.
On peut prendre du bœuf ?
Non. On ne va pas manger de steak pour mon anniversaire !
Va à la ferme et prends trois poules. Ce ne seront pas des poules de Bresse...
Je ne vais pas faire des kilomètres pour des poules.
Mais ce n’est pas pour trois poules, c’est pour moi.
D’accord, j’y vais.
- Je t’aime. - Nous aussi !
Marie ?
- Marie ? - Oui, monsieur Schwartz, je suis là.
- Je dérange ? - Non.
Des nouvelles de Laura ?
Rien depuis sa lettre. Mais ça ne veut rien dire.
La radio dit que le courrier est complètement bloqué.
J’ai besoin de trois poules pour l’anniversaire de Jeanine.
Il y a un problème avec la boucherie. Je dérange ?
Non, je déplace le buffet, il est assez lourd.
Je t’aide.
C’est bon... Voilà, comme ça c’est bien.
- Pourquoi tu veux le déplacer ? - Je ne sais pas, en fait.
Pendant que je trayais ce matin, j’ai pensé que le buffet
serait mieux contre le mur à côté de la cheminée.
Vas-y.
Excuse-moi.
- Tu as vu mes poires ? - Oui.
Quand vas-tu chez tes cousins dans les Landes ?
Ma mère ne veut pas, elle dit que c’est trop loin.
Tu es déçu ?
Au début je faisais semblant d’être déçu, mais je préfère rester ici.
Comme ça on peut passer tout l’été ensemble !
Peut-être qu’il nous arrivera quelque chose.
Vendredi nous donnons un concert à l’église Saint-Christophe.
C’est une pièce d’orgue, une fantaisie de Couperin. J’ai deux billets.
Je peux t’aider, Émile ? Je voudrais venir avec toi.
Mais tu crois qu’ils laisseront le concert avoir lieu avec tout ce qui se passe ?
L’espoir fait vivre.
Je voulais ça depuis des mois.
- Depuis qu’on s’est embrassés à Noël. - On s’embrasse chaque Noël.
Oui. Mais cette fois ton mari n’était pas là.
Et maintenant qu’est-ce qu’on fait, monsieur Schwartz ?
Pour commencer, il faut parler.
Non.
Non. Ce serait trop étrange. Mon Dieu !
Monsieur Schwartz, nous sommes fous d’avoir fait ça.
Non !
Je dois vraiment y aller.
Je veux vraiment te revoir. Il faut qu’on parle.
Demain vers onze heures, ça te va ?
- Je serai dans le champ. - Et mes poules ?
- Tu ne m’as pas encore donné mes poules ! - Je n’en ai pas.
J’ai quelques coqs et de vieilles poules pondeuses, mais
rien que tu puisses manger.
On peut s’arrêter là. Qu’en penses-tu ?
On s’installe sous les arbres et on commence l’herbier.
Enfants !
Les cuisiniers installent les nappes. Et les autres : Comportez-vous.
Rangez vos affaires. Surtout vos masques à gaz.
- Il y a même de l’alcool. - Je ne te crois pas.
Pourtant si.
Calmez-vous, les garçons. Arrêtez de faire du bruit.
- Regarde là-bas ! - Un canon.
Écartez-vous, les garçons. Vous êtes fous ? C’est dangereux. Ça peut exploser.
Dégagez de là.
Peut-être qu’on devrait aller ailleurs.
On continue ?
Non, il n’y a pas de risque. Il n’y a pas de tête d’obus.
C’est du matériel abandonné par nous.
C’est quoi une tête d’obus ? Ça doit être quelque chose de sale.
Qui voulait un couteau ?
Mais il n’y a pas de danger.
Enfants...
Arrête maintenant, ce n’est pas un jouet. Viens manger maintenant.
Regarde là, un avion.
Les gars, arrêtez, c’est quelqu’un des nôtres.
Nous n’en avons déjà pas beaucoup...
Bonjour, Michiel.
- Bonjour, Ines. - Bonjour, monsieur Schwartz.
- Tiens, j’ai quelque chose pour toi. - Bonne nouvelle ?
- Bonjour, Marcel. - Bonjour, monsieur Schwartz.
Donc, nous n’atteindrons pas juillet.
Même si nous excluons le trafic d’esclaves suisse
considération, je suis à moins de douze mille.
Il devra fermer, au moins pour un mois ou deux.
Et si nous transportions nous-mêmes les cargaisons et sautions Transport Chauveau ?
Ce que nous perdons en essence, nous le gagnons en n’externalisant pas.
Non, à moins que les Espagnols n’acceptent de prolonger la journée sans augmentation de salaire.
Ce ne sont pas des esclaves.
Penses-tu que ça me fait plaisir ?
- Il doit y avoir une autre solution. - Eh bien, je n’en vois aucune.
J’y pense depuis trois jours, mais je ne trouve pas de solution.
Dis, sais-tu par hasard où je peux trouver trois poulets ?
- Chez le boucher ? - Bien sûr.
Monsieur Schwartz, la police.
- Monsieur Schwartz ! - Commissaire ?
Je n’attendais pas votre visite.
Excusez le dérangement, mais... Mon collègue, Jean Marchetti, de Dijon.
Marcel Larcher, mon chef d’équipe. Que pouvons-nous faire pour vous ?
Nous enquêtons sur une section communiste qui s’est réorganisée dans la région.
Et vous n’avez rien de mieux à faire maintenant ?
Eh bien, je ne sais pas non plus.
À la chasse aux Boches plutôt qu’aux Français.
Ce que nous voulons, c’est simplement trouver les gens qui diffusent ça.
Communistes.
Tu sais qu’on m’a déjà assez attrapé en 1936, je peux
vous assurer qu’il n’y en a plus qui travaillent dans mon entreprise.
Regardez ça. Vous imprimez ça ?
Eh bien, si on le compare au tract, on voit qu’ils sont
faits sur la même machine. Avec quelques défauts d’encre ici et là.
Vous avez ici une cellule assez organisée pour
imprimer et distribuer des tracts. C’est grave.
De toute façon, c’est impossible, je connais mes employés.
J’ai parlé à l’inspecteur de vos Espagnols.
Les Espagnols, je les connais moins.
Ce sont des réfugiés républicains, j’imagine ?
Docteur Larcher ? Je ne savais pas que vous étiez ici.
Vous ne saviez pas qu’une de vos employées est en train d’accoucher ?
Oui, bien sûr. Et ? Comment ça va ?
Il serait bien qu’elle puisse pousser.
C’est la police. Ils veulent inspecter l’écurie.
Ne t’inquiète pas, ça ne prendra pas longtemps.
Traduisez, s’il vous plaît.
Pousser.
Bonjour, docteur.
Poussez, ça va bien. Ça peut aller mieux.
Levez-vous, s’il vous plaît.
Savez-vous que les Allemands ont percé à Besançon ?
On m’a dit qu’ils préparaient une contre-attaque.
Allez, madame, nous devons sortir ce bébé.
Où est l’homme qui traduit ? Ignace ?
Ce n’est pas un drapeau, hein ?
Ce sont des communistes.
C’est en espagnol.
Mais c’est du vieux matériel. Janvier 1939, mars 1939.
Où est la machine à imprimer !
- La police sait qu’on imprime ici. - Nom de Dieu !
Donne-moi les affiches. Ils vont entrer bientôt.
Quoi d’autre ?
Il y a les cahiers du bolchevisme.
Il y a aussi les tracts “Polizei”.
On fait quoi ? On fuit ?
Avec les Allemands, je ne vois pas où aller.
Dépêche-toi... Calme-toi.
Encore la même chose.
Ne t’inquiète pas. Le patron est déjà assez occupé.
Qu’est-ce qu’il cherche ?
Ce sont des avions allemands ! Ils vont nous tirer dessus !
Comment allez-vous, les enfants ?
Ne bougez pas. Bruno ?
Ne bougez pas, les enfants. Bruno ?
Bruno ! Oui ?
Marceau, tu saignes, mon chéri.
J’ai mal !
Ne t’inquiète pas, je m’occupe de toi. Bruno ?
Bruno ? Que se passe-t-il ?
Michaël ?
- On fait quoi maintenant, maîtresse ? - Ne bougez pas.
Ça va, les enfants. Restez calmes.
Un pas en arrière. On nous emmène.
Je suis sûr que Marcel a une explication.
À part lui, qui a accès à cette machine ?
Je ne sais pas. Ines, ma secrétaire, à peu près tout le monde.
Qu’est-ce que c’est ?
- Je ne sais pas. - On dirait une explosion !
- Qu’est-ce que c’était ? - On dirait une explosion sur la colline.
Les Allemands !
Les Allemands !
Je crois avoir vu des chars.
Dégagez.
Nous devons rentrer. Nous devons quitter Villeneuve.
Je ne peux pas laisser la femme et le bébé comme ça.
Marcel, sois raisonnable. Rentre chez toi. Dis à Hortense
de fermer les volets et de m’attendre.
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